M. Harper que vont faire nos soldats en Syrie?

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OSCAR FORTIN :

Les journaux de fin de semaine couvraient une déclaration de notre Premier ministre canadien à l’effet que l’armée canadienne était prête pour une mission en Syrie. En tant que Canadien, je demande à M. Harper sur la base de quels principes l’armée canadienne irait en Syrie.

Le Canada, du temps de Lester B. Pearson, prix Nobel de la paix et premier ministre canadien, avait la réputation d’un pays respectueux du droit international ainsi que des institutions multilatérales rattachées aux Nations Unies. L’élaboration de ses politiques internationales tout autant que ses interventions dans des pays tiers inspiraient respect et confiance.

Le peuple canadien se doit de connaître les fondements ainsi que les objectifs recherchés par une intervention du Canada en Syrie. Il est important que le Peuple canadien sache si son gouvernement suit les règles du droit international ou s’il s’est converti en délinquant par rapport à ces mêmes règles.

En Syrie, il y a un gouvernement légitime qui gouverne avec plus de 50 % de son électorat aux priorités du Peuple syrien tout comme, ici au Canada, nous avons un gouvernement qui, avec moins de 25 % de l’électorat et moins de 40 % des votes émis aux urnes, gouverne, nous l’espérons bien, en fonction des intérêts du Peuple canadien. Tout ceci pour dire que le gouvernement de Syrie a toute la légitimité d’un gouvernement correspondant au droit international et de ce fait ayant droit à toutes les prérogatives d’un État souverain et indépendant.

S’il fallait que le Canada envoie ses soldats en territoire syrien sans que ce soit en accord avec les autorités syriennes, il se convertirait en un pays délinquant et promoteur de terrorisme contre un gouvernement légitime. M. Harper sait mieux que quiconque que les changements de régime sont ceux voulus par le peuple dans le cadre d’un processus démocratique et constitutionnel. Toute tentative d’interférer dans ce processus devient antidémocratique et tout à fait illégale.

Que dirait M. Harper si des gouvernements étrangers s’improvisaient pour créer au Canada des conditions pour un changement de régime ? Il aurait vite fait de dire que cette responsabilité incombe au Peuple canadien et non aux pays ou puissances étrangères.

Je demande donc à M. Harper de nous dire sur quelles bases le Canada s’autoriserait à envoyer ses forces armées en Syrie. Je demande également aux chefs des divers partis de l’opposition ainsi qu’aux députés (es) d’exiger de M. Harper des réponses claires sur cette question. Des élections s’en viennent et le moment est propice pour que le Peuple canadien ait la possibilité de se prononcer sur les questions de politiques étrangères et sur les principes qui orientent l’usage des forces armées canadiennes dans les pays étrangers. Ce sont des milliards de dollars que le gouvernement canadien y investit. Il est important que nous sachions

Ce n’est pas parce que nous sommes à proximité d’un pays délinquant dans ses interventions étrangères que les Canadiens doivent le suivre. Je crois que le Canada doit retrouver sa personnalité d’un pays indépendant et souverain, profondément attaché au respect du droit international et définitivement opposé à toute combine visant à s’en détourner. Il faut se rappeler ce vieux principe en droit : on ne peut faire indirectement ce que la loi ne permet pas de faire directement.

Je termine, en relevant un dernier fait i que nos médias n’ont pas vraiment relevé, mais qui dit jusqu’où le gouvernement canadien peut en arriver dans sa délinquance internationale. Il s’agit du rôle joué par une professionnelle de l’Ambassade du Canada à Caracas, Venezuela, dans la préparation d’un coup d’État militaire qui fut heureusement démontée par les autorités vénézuéliennes le jour précédent son exécution. Cette personne de notre Ambassade était alors de mèche avec les auteurs de ce plan criminel de renversement d’un gouvernement démocratique et légitime. D’ailleurs, le gouvernement du Venezuela a reçu l’appui le plus total de tous les pays de l’Amérique latine qui se sont déclarés offusqués par une telle manœuvre. L’Amérique latine et les Caraïbes se veulent une terre de paix. Par de telles complicités, le Canada y perd son âme et sa dignité. C’est tout le peuple canadien qui en devient victime.

Le gouvernement Harper doit choisir entre la délinquance de son voisin du sud ou le respect du droit international, placé sous la juridiction des Nations Unies. Il doit choisir de servir les intérêts du peuple canadien ou ceux des administrations étasuniennes.

Je ne pense pas que l’on puisse combattre le terrorisme en se transformant soi-même en terrorisme, passant au-dessus du droit et des droits internationaux. L’occasion est tout indiquée pour aborder ces questions de grande importance. Ces questions doivent s’étendre au pourquoi de la présence canadienne en Ukraine, en Irak et en divers autres endroits dont on se garde bien d’en informer le peuple canadien.

Il est temps que ceux et celles qui ont l’ambition d’un Canada indépendant et souverain prennent la parole pour questionner ces autorités qui se donnent blanche pour décider, derrière des portes closes, des plans de conquêtes et de domination qui n’ont rien à voir avec les intérêts légitimes du peuple canadien.

Oscar Fortin
Le 21 mars 2015
http://humanisme.blogspot.com

2 pensées sur “M. Harper que vont faire nos soldats en Syrie?

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    22 mars 2015 à 9 09 00 03003
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    @ Oscar

    Tu poses une question essentielle – cruciale.

    Je vais te donner la réponse que Harper me peut pas te donner mais qui est la vérité.

    L’économie impérialiste canadienne est intimement imbriquée avec l’économie impérialiste américaine et mondiale. Ceci implique que le Canada puissance secondaire notamment en terme militaire, joue souvent les supplétifs – et l’éclaireur des troupes américaines – ou de l’OTAN, ou encore des mercenaires de DAESH à la solde des USA dans le cas spécifique du Proche-Orient. DAESH armé, entretenu et payé par un consortium (États-Unis-Arabie Saoudite-Qatar et Turquie) a pour tâche de faire le travail d’agression que les troupes américaines ont été incapables de réaliser en Irak et en Syrie (via l’opposition djihadiste en Syrie).

    Mais pour attaquer encore et encore les troupes syriennes du haut des airs cette fois – en soutien à DAESH et à l’opposition des mercenaires islamistes (aussi payés par les même pays prénommés) l’OTAN a besoin de savoir où sont planqués les missiles SAM 300 et SAM 400 russes en territoire syrien (manoeuvrés par l’armée syrienne). Ceci afin de détruire ces bases de missiles anti-aériens avant de bombarder la Syrie en soutien à l’assaut de Daesh.

    Les troupes canadiennes qui seraient sensé rester à l’arrière pour entrainer et former se font tuer à l’avant-garde en territoire irakien près de la Syrie car les troupes canadiennes servent d’appât – demain les avions canadiens – afin de faire tirer les missiles SAM et ainis les localisés précisément par satellite américain.

    Ne t’inquiète pas cependant. L’Iran qui est toujours le pays visé derrière tout ceci – tout comme la Russie – l’Iran dis-je a lancé ses troupes à la chasse aux djihadistes et à mon avis les troupes américaines de DAESH vont passer un mauvais au Proche-Orient.

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    22 mars 2015 à 10 10 30 03303
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    Robert, je comprends votre raisonnement fondée sur la dépendance économique et politique du Canada à l’endroit de l’empire étasunien. Si nous nous en tenons à ce raisonnement et aux conclusions que nous en tirons, le droit international ne fait plus partie de nos politiques internationales. Seul le droit de l’empire qu’il s’octroie lui-même a force de loi. Si tel est le cas et je le pense, pourquoi cacher aux canadiens ce jeu au service de l’empire.

    Personnellement, je crois que le Canada pourrait maintenir des relations normales avec les États-Unis, comme ce fut le cas sous la gouvernance de Lester B. Pearson et de P.E, Trudeau sans tomber aussi bas dans la dépendance et la soumission aux dictats de Washington. Je pense que le peuple canadien est un peuple capable de respecter ses obligations internationales dans le cadre des lois et droits internationaux, tout en se respectant lui-même comme nation souveraine et État indépendant. Si nos gouvernants ne mènent pas le combat, qui le fera?

    À ce tire, il faut reconnaitre le courage de ces peuples de l’Amérique latine qui ont décidé de s’affranchir de l’Empereur sans se dissocier du peuple Américain et de ses valeurs. Ils en paient évidemment un prix, mais ils l’assument dans la dignité et la légitimité. C’est le cas, entre autres de la Bolivie, de l’Équateur et du Venezuela. Qui dit s’ils ne deviendront pas nos propres libérateurs.

    Merci Robert de me donner l’occasion de développer davantage ma pensée

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