Monétarisme et coup d’état institutionnel des banquiers étatsuniens

ROBERT BIBEAU

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières au combat. Si le peuple américain permet un jour que les banques contrôlent sa monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleurissent autour des banques priveraient les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise »Voilà ce qu’écrivait Tomas JEFFERSON Président des États-Unis d’Amérique en 1802.

            Les représentants du grand capital, tel T. Jefferson, aime bien ostraciser une section de leur classe et l’opposée à une autre section,  afin de maintenir le balancier de la propriété des moyens de production et d’échange en faveur de toute leur confrérie «confédérée» à cette époque- bien avant le grand schisme du Sud. La grande Guerre sécessionniste NORD contre SUD – fédéré contre – Confédéré – n’aura lieu que des années plus tard, quand deux modes de production opposés – esclavagiste versus industriel capitaliste – ne pourront plus cohabités dans le même pays et l’un devra disparaître pour que l’autre s’épanouisse sur les centres de centaines de milliers de cadavres ouvriers.

            Mais n’anticipons pas sur la marche de l’histoire. Pour le moment ce qui nous préoccupe c’est que JEFFERSON, représentant de la bourgeoisie marchande et industrielle montante des  États-Unis d’Amérique du Nord avait compris que les banquiers du Nord, l’autre fraction de sa classe prospère, constituaient un danger pour toute sa classe rassemblée.

            Ce dont  JEFFERSON avise chacun, via ce communiqué, c’est que le contrôle de la monnaie dans une économie capitaliste montante doit être une fonction exclusivement réservée à l’État bourgeois en tant que médiateur des divers intérêts divergents de la classe bourgeoise dominante.  Si un jour le capitaliste industriel et le capitaliste marchand devait remettre son sort entre les mains du capitaliste financier (le banquier vorace) – monopolisant l’émission de monnaie – cette marchandise qui représente toutes les autres marchandises – alors le capitaliste industriel et le capitaliste commerçant et tous leurs commettants (c’est ici que Jefferson introduit quelques considérations sur le «peuple» et les «gens» et les «enfants» de la Nation)  deviendraient assujettis au crédit – aux monopoliste de l’argent-roi – le représentant, le quantum et la mesure de toute richesse en système capitaliste des riches.

            Malgré qu’il ait été Président des États-Unis d’Amérique, T. JEFFERSON n’a pu empêcher la marche inexorable de l’histoire de l’économie politique impérialiste moderne dans cette  Amérique triomphante. Et le cartel des dix grandes sœurs – des dix grandes banques – s’est effectivement emparé de la fonction de production du crédit-monnaie – qu’il ne pouvait éviter d’assumer quoi que vous en pensiez – ainsi sont gravées les tables de la loi divine de l’économie politique capitaliste.

            En 2008, la prophétie de JEFFERSON s’est accomplie  – et si temporairement l’accalmie s’est rétablie n’ayez crainte d’autres cataclysmes économiques se préparent qui encore une fois donneront raison à la prémonition de JEFFERSON «priveraient les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise ». Ainsi va la vie au pays du profit périclitant.

À lire :  http://www.edilivre.com/demonetarisation-et-monnaies-alternatives-martin-daniel.html

Et aussi :  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/surabondance-de-capitaux-toxiques-dans-les-pays-imperialistes/