Mort de l’axe Paris-Berlin-Moscou

Titre original :  LA NOUVELLE GEOPOLITIQUE DE L’UNION EUROPÉENNE CE SONT LES TROIS POINTS D’APPUI DE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN DANS L’UNION EUROPÉENNE : PARIS – BERLIN – VARSOVIE

 

Par : Luc MICHEL  pour EODE GEOPOLITIQUE/  28.08.2016.   Source : http://www.eode.org/

 

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L’Axe Paris-Berlin-Moscou qui entendait faire contrepoids à Washington en Europe est bien mort et la géopolitique qui le sous-tendait obsolète (seuls quelques esprits passéistes et autistes y croient encore dans la droite française et, plus grave, la diplomatie russe).

 

LA MANIPULATION DES NOSTALGIES GEOPOLITIQUES EN EUROPE PAR WASHINGTON : AGITER POUR RÉGNER

 

Fort intelligemment, fort machiavéliquement, Washington utilise ses trois vassaux en agitant leurs nostalgies géopolitiques de grande puissances défuntes :

 

* Nostalgie à Varsovie de la GRANDE-POLOGNE des XV-XVIIe siècle, capable de rivaliser avec Moscou, dont la sphère d’influence allait de la Baltique à la Mer noire, et qui avait annexé des provinces aujourd’hui bélarusses, roumaines et ukrainiennes. Nostalgie assumée puisque le courant dominant de la géopolitique étatique polonaise se résume lui-même au slogan « de la mer à le mer » ! Dans les plans des géostratèges américains, la Pologne joue un rôle central contre la Russie, puis ensuite comme acteur central de la IIIe guerre mondiale dont le cœur, pronostiquent-ils, sera le combat pour la possession de la Mittel-Europa et des Balkans ;

 

* Nostalgie à Berlin de la GRANDE-ALLEMAGNE des IIe (Guillaume II) et IIIe Reich, domination de la Mittel-Europa , des Balkans et de la Mer noire, avec la satellisation à Berlin de la Roumanie (agrandie de la Moldavie), amorcé avec l’élection à la présidence roumaine avec l’appui de Mme Merkel du germano-roumain Klaus Ioannis, et de l’Ukraine (par exemple, le maire de Kiev, l’ex boxeur Klitshko, a un passeport allemand et est membre de la CDU-CSU). Sans oublier le « retour de l’Allemagne en Afrique », théorisé par le ministre Steinmeier.

 

* Nostalgie à Paris d’une GRANDE France, puissance mondiale, dominant l’UE, gendarme de l’Afrique. On est à Paris dans une incompréhension tragique de la « Géopolitique de la Grande-Europe » (Thiriart, Von Lohausen), puisque c’est précisément le réalignement de Paris et le retour dans l’OTAN orchestré en 2007-2008 par le « parti américain en France » (dixit Thiriart et le général de Gaulle), les Sarkozy, Hollande, Valls et cie, qui a mis un terme au rôle géopolitique mondial de la France, organisé par de Gaulle, précisément en tournant le dos aux USA.

 

Le lecteur attentif aura compris immédiatement le cœur du problème : ces nostalgies s’opposent entre elles. La Grande-Allemagne et la Grande-Pologne sont des projets concurrents, dont les visées en Roumanie ou en Ukraine par exemple, sont antagonistes. Et autre exemple, le « retour de l’Allemagne en Afrique », aux nostalgies néocoloniales avérées, soutenu par Washington, s’oppose aux intérêts d’une Françafrique bien mal en point.

 

LA POLITIQUE DES POLITICIENS EUROPEENS VA A L’ENCONTRE DES INTERETS DE LEURS PEUPLES

 

La vassalisation de Paris, Berlin et Varsovie n’apportera rien de bon à leurs peuples. Ni aux pays convoités par les nostalgiques de grandeurs géopolitiques défuntes. Deux pays sont particulièrement menacés par ces rêves de grandeur de leurs puissants voisins : l’Ukraine et la Roumanie, qui, ironie de l’histoire, sont aussi de bons sujets de l’empire américain.

 

* L’Ukraine, qui est de facto dans les mains américaines, et aussi via l’OTAN dans celles de Berlin et Varsovie, est l’objet de projets de partages entre ses alliés atlantistes : Pologne, Roumanie, Hongrie ont toutes des visées territoriales (issues des Années 1918-44) sur l’Ukraine. Des cartes d’une petite Ukraine, dépecée, réduite à Kiev, circulent déjà !

 

* La Roumanie, elle, est l’exemple même d’un « darwinisme géopolitique », où les grands états avalent les petits, et ainsi de suite. Bucarest a en effet elle aussi des nostalgies géopolitiques, elles aussi agitées par Washington : celles de la GRANDE-ROUMANIE de 1918-44, ayant alors avalé des provinces hongroises, polonaises, russes et ukrainiennes, et jusqu’à Odessa en 1941-44. Bucarest a des visées ouvertes sur la Moldavie (ex Bessarabie russe), la Transdniestrie (PMR, capitale Tiraspol, la « Transnistrie » des médias de l’OTAN), la Bucovine du Nord ukrainienne. Mais elle est elle-même convoitée économiquement par l’Allemagne et utilisée comme un pion par les américains (ayant accepté l’installation de radars et de missiles US sur son sol, la Roumanie est devenue une cible directe pour les missiles nucléaires russes).

 

Les pronostics des géostratèges américains sur la future IIIe Guerre mondiale (entre 2040 et 2070) et le rôle de la Roumanie sont éclairants : le choc principal se fait entre la Grande-Pologne et la Grande-Turquie néo-ottomane (Washington y agite aussi des nostalgies géopolitiques) pour le contrôle des Balkans). Après avoir servi de champs de bataille principal, dévastée par des frappes nucléaires tactiques, à la fin de la guerre, la Roumanie … est cédée à la Grande-Turquie et redevient une province néo-ottomane. Tout ce scénario diabolique est décrit in-extenso par Georges Friedman, le patron du puissant Think Tank US STRATFOR, dans son livre « The next hundreds year » ! Les roumains semblent inconscient de ce que leur réserve « l’alliance américaine » ?

 

LA NOUVELLE BOURGEOISIE COMPRADORE « EUROPEENNE »

 

Et on en revient à la « Géopolitique de la Grande-Europe », dont l’un des théoriciens, le général autrichien Von Lohausen (disciple de Thiriart), disait précisément à propos des guerres du Golfe et de l’Afghanistan que « la participation des dirigeants européens aux guerres des USA et de l’OTAN se faisait contre les intérêts fondamentaux à long terme de leurs peuples » !   Et on comprend alors pourquoi l’UE est un projet géopolitique mort-né, lorsque l’on assiste au traitement de ce Brexit, qui a tellement mis à mal Bruxelles, précisément par les trois capitales qui portent les valises de Washington en Europe. Lenine avait forgé la notion fondamentale de « bourgeoisie compradore » (à partir de la colonisation de Macao, en Chine, par les portuguais), où comment pour garder une partie du pouvoir économique et politique, une bourgeoisie se soumet à un maître impérialiste. Nous voilà face à la nouvelle bourgeoisie compradore « européenne » …

 

LUC MICHEL / EODE THINK TANK

 

Photo : Jean-Marc Ayrault (France), Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Witold Waszczykowski (Pologne). La diplomatie de l’UE au service de la vassalisation de l’Europe occidentale et centrale par Washington !

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