Nouveaux signes avant-coureurs du krach

Par Marc Rousset. Sur Boulevard Voltaire.

 

Bernard Arnault, le président de LVMH, vient de déclarer, dans Le Figaro : « Quant à la prochaine crise, nous sommes dans un monde économique où, en quelque sorte, la gravité a disparu. Les taux d’intérêt sont nuls, et l’argent coule à flots. Il n’y a pas eu de crise depuis 2008-2009, or je n’ai jamais connu de période de plus de dix ans sans crise. Tant que les taux d’intérêt sont bas, ça ira. Mais avec tout cet argent, le risque d’éclatement d’une bulle est réel. […] La situation ressemble à celle du début des années 2000, avant l’éclatement de la bulle Internet. » Quant à Ray Dalio, le président fondateur de Bridgewater, il est en train de parier à la baisse, sous forme d’options de vente, échéance mars 2020, 1,5 milliard de dollars pour une correction substantielle, d’ici mars 2020.

La crise du marché monétaire au jour le jour « repo » aux États-Unis couve toujours avec une injection de morphine quotidienne renouvelable de 100 milliards de dollars par la Fed. Le Financial Times, lui, s’inquiète pour le système des retraites dans le monde et particulièrement aux Pays-Bas, suite aux taux d’intérêt insuffisants de rendement pour les caisses de retraite, avec une probable diminution à venir des pensions. En France, la crise du financement des retraites n’est que l’arbre qui cache la banqueroute totale du pays, avec 2.500 milliards d’euros de dette publique impossible à rembourser et des intérêts tout aussi impossibles à régler, si les taux augmentent.

La nouvelle politique du chèque d’Emmanuel Macron, qui augmente la dette au lieu de réduire les dépenses publiques, est suicidaire pour le pays. Il faut réduire la dette, même si les taux sont négatifs, car il faudra toujours rembourser le principal. Gérard Bekerman, le président de l’AFER, constate que l’État économisera, cette année, près de 5 milliards d’euros sur la charge de sa dette en France, mais que l’altruisme des épargnants a ses limites, d’autant plus que rien n’est figé en économie ; il reste convaincu que ces taux repartiront un jour à la hausse.

Il ne faut donc pas s’étonner si ça bouge du côté de l’or, excellent baromètre partout dans le monde, de l’effondrement monétaire à venir : aux États-Unis, la Caroline du Sud devrait être le troisième État, après le Wyoming et l’Oklahoma, à faire de l’or défiscalisé un moyen de paiement, à l’égal du dollar, avec donc possibilité d’avoir un compte en banque en or. L’Allemagne, pour la première fois depuis 1998, a acheté de l’or. La Pologne vient de rapatrier 100 tonnes d’Angleterre. Quant à la Banque centrale des Pays-Bas, elle a rapatrié un tiers de son or détenu aux USA, Canada et Royaume-Uni et elle a pu écrire sur son site : « Si le système s’effondre, notre stock d’or pourra servir de base afin de le reconstruire. L’or instaure la confiance en la stabilité du bilan de la banque centrale. Il crée un sentiment de sécurité. »

À New York, il y a de gros paris, actuellement, sur l’or à 4.000 dollars l’once en juin 2021. Goldman Sachs voit l’or à 1.600 dollars pour 2020. Si l’on en croit les analyses graphiques du fonds américain Crescat Capital LLC, l’or serait sur le point de s’envoler d’ici 2 ans entre +91 % et +147 %, tandis que le S&P 500 devrait diminuer de -27 %. Selon cette société, nous subissons la propagande du gouvernement américain et de la Fed, qui fournissent l’hydrogène du ballon dirigeable des marchés actions. Les bénéfices sont en baisse, en réalité, et « la croissance est aussi vigoureuse qu’une nouille bien cuite », elle se languit à moins d’un pour cent. Le feu qui couve va bientôt se déclarer et « le ballon à hydrogène des marchés actions pourrait exploser en conséquence ».

Quant aux performances passées de ces vingt dernières années, les chiffres sont assez surprenants, si l’on en croit les calculs avec graphiques très sérieux à l’appui de Charlie Bilello, un investisseur américain mondialement connu. Le rendement des actions internationales serait de +110 %, celui des actions américaines (S&P 500) de +221 %, celui des obligations américaines, en raison de la baisse récente des taux d’intérêt, de +329 % et celui de l’or, baromètre de la monnaie, de +365 % ! L’effondrement monétaire brutal à venir ne serait donc que la continuation d’une dévalorisation rampante et continuelle de la monnaie.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

Une pensée sur “Nouveaux signes avant-coureurs du krach

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    4 décembre 2019 à 11 11 29 122912
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    @ Tous

    Notre collaborateur financier Marc Rousset rapporte ceci : « Gérard Bekerman, le président de l’AFER, constate que l’État économisera, cette année, près de 5 milliards d’euros sur la charge de sa dette en France, mais que l’altruisme des épargnants a ses limites, d’autant plus que rien n’est figé en économie ; il reste convaincu que ces taux repartiront un jour à la hausse. »

    J’irais plus loin que Marc, en disant qu’en économie toute BAISSE appelle une PHASE de HAUSSE = inéluctablement. Hausse des taux d’intérêts IL Y AURA NÉCESSAIREMENT et elle sera aussi soudaine et virulente RECTIFICATRICE que la baisse des taux aura été surfaite – opportuniste et inappropriée.

    La hausse des taux viendra sanctionné l’entourloupe – l’arnaque monétaire (virtuelle) – contre l’économie productive réelle (l’économie manufacturière et de la construction). Donald Trump et son clan le savent parfaitement – mais ils achètent du temps avant le grand effondrement comme l’indique M. Carrière : « le gouvernement américain et la Fed, fournissent l’hydrogène du ballon dirigeable des marchés actions », qui ne pourra qu’exploser quand il aura atteint sa capacité maximale de bulle spéculative. Ce qui ne préviendra pas mais éclatera un vendredi noir comme un autre mais plus viral que tous les autres.

    Robert Bibeau

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