“Parlons un peu d’or, pour changer”

 

Il est faux de dire que la confiance envers le dollar reste forte. De fait, le dollar surabondant, mais pas encore dévalué officiellement, sert d’instrument spéculatif sur les bourses du monde –  contre l’OR justement – afin d’en réduire temporairement la valeur car de l’autre main les spéculateurs achètent par anticipation l’or qui n’est pas encore sorti des mines. Cet  OR  qui dans quelques années sera livré, et alors les mêmes boursicoteurs spéculeront l’or à la hausse, s’étant débarrassé de leurs billets verts sans valeur.  Évidemment, les  Fonds de  gestion de nos  fonds de pension seront tous floués, ensevelis sous des monceaux de papiers-dollars de Monopoly sans valeur. Les petits porteurs, qui n’ont pas droit de décision, perdront le peu d’économie mis de côté pendant leur vie.  Nous avons enrichi le texte de l’auteure de nos commentaires  en lettres foncées  NDLR.  Robert Bibeau Éditeur.  http://www.les7duquebec.com

 


Source Business. La récente chute de l’or intrigue. Elle montre que la confiance dans le dollar reste encore solide mais tout peut changer rapidement.

Au dernier fixing, l’or vaut 1 192,60 $ l’once. Remettons les choses en perspective.

Nous affectionnons l’or (et le bitcoin) parce que c’est une monnaie « anti-système ».

 

Evolution du cours de l’or ces 10 dernières années

 

Le système monétaire actuel repose sur du crédit disponible en quantité illimitée à un taux d’intérêt forcé à la baisse. Il ne tient que parce que la plupart des gens pensent que les crédits seront remboursés, y compris par les générations futures dans le cas des emprunts d’Etat.

Au contraire, l’or est disponible en quantité limitée. Lorsque la confiance a disparu, lorsqu’on ne veut plus faire crédit, l’or sert de monnaie ultime. C’est à ce moment là qu’il redevient précieux. C’est pour cela que malgré toutes leurs folies, les banquiers centraux en conservent encore.

La baisse récente de l’or dont le cours est exprimé en dollar prouve que les gens ont toujours confiance dans le dollar. Les taux d’intérêt en dollar ont récemment remonté et même si l’inflation aux Etats-Unis n’est pas négligeable, le dollar s’est apprécié par rapport aux autres monnaies.

Ajoutons aussi une composante saisonnière. C’est la saison des achats d’or en Asie or la baisse des monnaies des pays émergents qui renchérit le métal jaune freine les ardeurs.

Bref, malgré des taux d’intérêt réels (taux d’intérêt diminué du taux d’inflation) légèrement négatifs à court terme, le dollar est encore préféré à l’or. Le dernier chiffre d’inflation aux Etats-Unis est à 2,90 %. Un bon du Trésor à 1 an rapporte 2,42%, un bon du Trésor à 2 ans rapporte 2,64% et un bon du Trésor à 10 ans rapporte 2,96%. Donc, si vous avez une monnaie qui se déprécie par rapport au dollar, stocker votre argent en prenant un bon du Trésor à 10 ans vous rapporte 0,06% alors que l’or ne vous rapporte rien.

Revenons à la courbe d’évolution de l’or depuis 10 ans. Un paroxysme de méfiance concernant le système monétaire a été atteint en 2011. C’était à la fois la « crise de la dette en euro » et le moment où la Fed se livrait à une création monétaire sans vergogne depuis novembre 2010 (date du premier quantitative easingou QE).

 

Finalement, l’incendie de la « crise de la dette en euro » a été noyé sous les liquidités de la BCE et les QE de la Fed n’ont semé de l’inflation que dans la sphère financière, gonflant les prix de tous les actifs financiers mais pas les salaires ni les prix.  (Pour cette courte période historique = mais voici que l’inflation – inévitable s’invite à la table et le futur sera  gris pour les  cheveux gris et pour les autres.  NDLR)

La confiance a été partiellement restaurée. Partiellement, car l’or n’est cependant pas revenu à son niveau de pré-crise (environ 800 $ l’once) et encore mois à son niveau de pré-crise de 2008 (200 $ l’once).

Quand la confiance sera-t-elle à nouveau sapée?

Pour que la méfiance revienne enflammer le cours de l’or il faudrait que :

  • La Fed revienne sur son opération de resserrement monétaire et lâche à nouveau les taux (ce que souhaite Donald Trump) (ne faisant que reporter à plus tard l’immense crash boursier qui se prépare.  NDLR)
  • Les taux d’intérêt réels aux Etats-Unis deviennent très négatifs en raison d’une remontée de l’inflation (la remontée de l’inflation est en cours mais cette fois  tous le jeux disponible ayant déjà été utilisé – il sera  impossible de jouer la baisse des taux d’intérêts qui fait augmenter la masse monétaire  en circulation – masse monétaire déjà surabondante. NDLR)
  • Soudainement, les amateurs de dollar décident que les déficits américains deviennent insoutenables (Faux, ce ne sont pas les amateurs de dollars, mais les spéculateurs boursiers qui à un moment donné seront pris de frénésie et tenteront de se débarrasser de leurs dollars plombés feront grimpé le prix de l’once d’or à des niveaux inimaginables.  NDLR)

Il y a là-dedans plus de psychologie que de technique.

Dans toutes les désastreuses expériences monétaires, l’inflation monétaire précède l’inflation des prix. Le passage de l’une à l’autre, la transmission, se fait lorsque les gens – au lieu de stocker la monnaie en surplus ou de « l’investir » dans des actifs dont les prix leur apparaissent tout-à-coup excessifs – décident de la dépenser. Alors, l’incendie de l’inflation des prix se propage rapidement. (Fumisterie que l’auteure propage, car les sommes mirobolantes dont on parle ici ne peuvent être investies car elles entraîneraient une surabondance de marchandise – alors que le pouvoir d’achat des consommateurs est à la baisse.  Et quelques centaines de multimilliardaires ne sauraient consommer des milliers de tonnes de marchandises.  Le système s’est bloqué lui-même. NDLR).

 

Aujourd’hui, on peut seulement constater qu’en janvier 2016, un point bas des matières premières et de l’or a été touché. Depuis, la confiance n’est plus ce qu’elle était puisque l’or a remonté, malgré le resserrement monétaire de la Fed. Mais le prix de l’assurance anti-inflation qu’est l’or reste encore très raisonnable.

L’or comme le bitcoin sont disponibles en quantité limitée et ne dépendent pas de manipulations des banques centrales. Aujourd’hui, l’or est un des rares actifs dont le prix ne soit pas soufflé par la bulle de tout. Ceci suffit à le rendre attractif. L’or est redevenu un investissement contrarien, c’est-à-dire injustement délaissé.  (Faux, l’or n’est pas délaissé c’est qu’il n’est pas disponible sur les  marchés  au point que les spéculateurs boursiers achètent les  livraisons d’or avant que ce métal ne soit sorti de la mine, préparant ainsi l’arnaque qui les  rendra riche et rendra des milliards de pauvres gens encore plus pauvres.  NDLR)

 

COMPLÉMENT DE LECTURE SUR  L’OR QUI QUITTE LES ÉTATS-UNIS – RÉCUPÉRÉ PAR LEURS PROPRIÉTAIRES  :  https://www.alterinfo.net/L-or-quitte-les-coffres-americains-signes-de-la-prochaine-guerre-monetaire-mondiale-et-des-conflits-armes_a140823.html

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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