PKP peut-il être l’homme de l’indépendance du Québec?

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OSCAR FORTIN : 

Vous aurez compris que lorsque je parle de l’indépendance du Québec, je parle tout autant de l’indépendance économique que de l’indépendance politique. 

Je lisais dans le journal en fin de semaine une déclaration de PKP qui exprimait sa détermination à conquérir l’indépendance du Québec et à faire en sorte que les Québécois et Québécoises soient plus riches. Une déclaration qui couvre bien les deux volets indissociables de l’indépendance. 

Qui est PKP pour moi ? 

Il est quelqu’un qui a relevé le défi de faire croître l’entreprise créée par son père et d’assurer à tous les actionnaires de l’entreprise de bons rendements. Il a su jouer toutes les cartes du capitalisme et les opportunités du libéralisme économique pour jouer à fond ses cartes gagnantes. De nombreuses personnes ont été victimes de ces lois du capitalisme au service d’actionnaires financiers et spéculatifs aux ambitions illimitées. Les syndicats peuvent en dire quelque chose. 

Pour les humanistes, dont je prétends être, et les socialistes, il y a là des irritants importants pour croire que cet homme saura faire du pouvoir de l’État un outil de conquête et de développement de l’indépendance politique et économique du Québec. Plusieurs peuvent déjà le soupçonner de jouer ses cartes pour s’enrichir encore davantage et consolider ainsi les intérêts de son entreprise dans laquelle il dispose de la majorité des actions. Pour bon nombre de ces gens, un capitaliste de la trempe de PKP ne peut pas, du jour au lendemain, se transformer en un homme d’État, entièrement dédié au bien commun du Peuple québécois. La question es de savoir s’il peut-il faire siens les intérêts politiques et économiques de ce peuple ? 

Aussi curieusement que cela puisse paraître, je pense que le capitaliste PKP, à la tête de l’État dont les actionnaires sont tous les Québécois et Québécoises peut être l’homme de la situation. Voici comment je m’explique cet engagement. 

D’abord, comme bon entrepreneur, il va faire le relevé de l’ensemble des richesses du Peuple québécois. Il va les identifier et s’assurer qu’elles soient développées au meilleur coût pour que leur rendement soit mis prioritairement à la disposition des impératifs du bien commun de la Société québécoise. Loin de délester l’État de ses richesses, il va les transformer de manière à ce que leur rendement soit une assurance pour le développement des programmes de santé, d’éducation, de logement, de transport, etc. 

Je pense que PKP, à partir du moment où il prend pour acquis que l’État est là pour servir prioritairement et au mieux le bien commun du peuple québécois, il devient alors  l’homme de la situation. Pour ce faire, et pour qu’il n’y ait pas d’équivoque sur cet engagement, une des premières tâches devra être la mise en place d’une constituante, sachant que les actionnaires du nouvel État québécois veulent en être des acteurs importants. Quoi de plus rassurant, en effet, que d’œuvrer sur la base d’une constitution qui définit les règles du jeu et donne à ses gestionnaires les paramètres leur permettant de travailler au développement de la nation. L’entrepreneur PKP ne sera pas seul pour faire le travail. Tout un peuple sera là pour l’accompagner à partir du moment qu’il aura fait la démonstration que sa présence à la tête de l’État est pour servir pleinement et en toute priorité les intérêts des Québécois et des Québécoises. 

L’État québécois est, pour ainsi dire, la plus grande entreprise du Québec dont l’objectif est la mise en valeur de toutes ses richesses pour répondre en priorité aux impératifs du bien commun de la société. Toutes les entreprises intermédiaires et privées doivent s’ajuster à la priorité de ces impératifs, et PKP est celui qui saura les y obliger. Autant, il aura été exigeant pour ses travailleurs, autant il saura l’être avec les entrepreneurs. Si l’État québécois a été par le passé une dépendance des grandes fortunes et oligarchies du pays, il ne saurait en être de même d’un État devenu indépendant, politiquement et économiquement. Dans ce dernier cas, le peuple doit être le premier servi

200px-Morales_20060113_02CorreaSi j’avais une suggestion à faire à PKP, ce serait d’aller rencontrer certains dirigeants de pays émergents de l’Amérique latine qui ont su transformer leur État pour en faire un outil de développement pour leur peuple. Les deux noms qui me viennent à l’esprit sont Rafael Correa et Evo Morales. Le premier est un économiste, diplômé d’Harvard. Il est président de l’Équateur depuis 2007. Ses réalisations et ses luttes en font une référence pour plusieurs pays tant en Europe qu’en Amérique latine. Le second, Evo Morales, est le premier président maya de toute l’histoire de la Bolivie. Depuis 2005, il a fait du pays, considéré comme le plus pauvre de l’Amérique latine, un pays de plus en plus autonome et économiquement indépendant. Cette année, en dépit de nombreuses difficultés, la croissance a été de 5.5 % du PIB, un des plus élevés du Continent. Il a su rapatrier au profit de l’État les richesses naturelles que ses prédécesseurs avaient sacrifiées au profit de multinationales. Aujourd’hui, c’est le peuple qui en tire les principaux profits. 

Dans ces pays, contrairement à l’idée répandue, le libéralisme économique continue d’exister, mais pas comme force dominante qui décide du destin des peuples. Les multinationales sont soumises à des règles tout comme les entreprises privées. Dans ces deux États, c’est l’État, en union avec le peuple, qui décide de ce qui est bon et ce qui ne l’est pas pour le peuple. Ce ne sont plus les oligarchies dominantes qui décident de ces choses. On y applique la consigne qui dit : l’État autant que nécessaire et le privé autant que possible. Ce n’est plus le peuple au service de l’économie, mais l’inverse.

Le pouvoir du peuple pour le peuple, incarné dans un État responsable et à son service, est à la base de la gouvernance.

Si PKP se met dans la tête de transformer l’État québécois pour en faire l’outil majeur de développement au service des intérêts du peuple, il sera alors l’homme de la situation. On ne le verra plus comme quelqu’un qui veut privatiser le bas de laine des Québécois (richesses naturelles, Caisse de dépôt, Sociétés d’État, etc.) en les vendant aux plus offrants, mais quelqu’un qui saura le mettre à l’abri des prédateurs aux ambitions illimitées tout en le faisant croître au profit du Québec.

 Un Pierre Karl Péladeau de cette trempe viendrait chercher mon vote et celui de centaines de milliers de Québécois et de Québécoises. 

Autrement, le risque demeure grand que ce soit du pareil au même.

Oscar Fortin

Le 29 novembre 2014

http://humanisme.blogspot.com

 

 

 

 

10 pensées sur “PKP peut-il être l’homme de l’indépendance du Québec?

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    4 décembre 2014 à 5 05 38 123812
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    Entre PKP, l’austérité libérale-conservateur en vue de financer davantage l’oligarchie financière américaine, la révolution marxiste-léniniste romantique lequel choisir? Auriez-vous un autre choix à proposer? Peut-être n’y a-t-il en réalité aucun choix et nous allons tout droit à la catastrophe tout en croyant que nous avons les solutions absolument idéales à tous nos problèmes sociaux-économiques et environnementaux. Alors il ne nous reste plus qu’à prier pour qu’un miracle fabuleux se produise.

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    4 décembre 2014 à 8 08 57 125712
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    M. Lefuneste, je ne pense pas que le choix soit celui que vous signalez dans votre commentaire. Si vous lisez bien mon article, le choix porte surtout sur un État qui assume pleinement ses responsabilités par rapport au bien commun de l’ensemble de la Société. Un État qui ne soit pas dirigé prioritairement par des objectifs d’intérêts privés qui ne cadrent pas avec ce bien commun. Lorsque je parle de l’État autant que nécessaire et du privé autant que possible, je marque ce choix qui s’impose si on veut que l’État s’assume pleinement ce pourquoi il existe: outil entre les mains d’un peuple pour assurer son développement et le bien commun de tous. Je ne vois pas ce que vient faire votre référence au marxiste-léniniste romantique dans le cadre de cette réflexion. À moins, évidemment que vous preniez pour acquis que toute intervention de l’État en fonction du bien commun de la société soit du marxisme-léniniste romantique. En ce sens, il serait bon que vous nous donniez votre compréhension du rôle de l’État dans le développement d’une société.

    Avec tout mon respect

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      4 décembre 2014 à 16 04 01 120112
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      Je pourrais faire l’exercice d’écrire un long texte sinon un livre sur ce qu’est l’État et ce qu’il faudrait y changer pour l’améliorer, beaucoup d’autres l’ont déjà fait et ça n’a pas change la destiné de l’humanité qui mue par l’État, est de s’autodétruire par la surpuissance technologique et financière.

      L’idéal de l’État est en faillite, pauvre Hegel, il doit se retourner souvent dans sa tombe ces temps-ci. Les idéaux de la révolution des lumières sont en faillites. Personne ne peut prétendre de changer le courant de l’Histoire ni Pierre Karl Péladeau ni les québécois en mal de souveraineté ni même les marxistes.

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    4 décembre 2014 à 9 09 03 120312
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    @ tous

    Le phénomène PKP pose pour le Québec (à une échelle très réduite par rapport à l’économie mondialisée, globalisée, inter-reliée, intégrée et internationalisée) la problématique du rapport entre l’économique – la base de toute réalité sociale et et le politique, le premier étant la finalité et le moteur du second.

    Poser la question à propos de la capacité de PKP, un petit milliardaire basée sur l’exploitation des moyens de communications et des travailleurs d’un secteur des services – (revues peoples, réseau de télécommunication par cable, téléphonie cellulaire, télévision et journaux populistes) ici au Québec de changer le monde entier et de renverser le courant de crise économique mondiale et de descente aux enfers du capitalisme international jusqu’a la guerre mondiale qui se prépare.

    Poser la question c’est y répondre. NON Pas plus PKP que Couillard ou de Harper ne peuvent ni ne pourront faire ce que OBAMA et Poutine et le président de la Chine ne peuvent faire.

    L’économie capitaliste ici au Québec est intimement intégrée à l’ensemble économique mondialisée et la crise économique est mondiale car toutes les grandes entreprises du monde sont inter-connectées par leurs actifs spéculatifs boursier. Aussi bien Quebecor que Power Corporation des Demarais que General Motors et Nestlé et Renault en France.

    PKP n’a même pas su préserver Quebecor World le premier imprimeur du monde que son père lui avait légué du temps de la relative prospérité de l’économie impérialiste mondiale.

    PKP n’a pas su préserver Quebecor-Videotron des secousses de la crise financière de 2001 qui a failli emporter l’empire Videotron-Quebecor ne fut-ce une généreuse aide de la Caisse de Dépot et de Placement qui absorba 2,5 milliards de pertes après l’achat de Videotron par Quebecor à la famille Chagnon qui elle conserva son précieux pactole de 3 milliards de dollars. En effet PKP n’avait avancé que 500 millions pour s’accaparer d’une entreprise cotée frauduleusement à 3 milliards de dollars en bourse. Quand la crise des technologies d l’information s’abattit sur le monde international des technos Vidéotron revient à sa vraie valeur 500 millions de dollars et la Caisse encaissa la perte à même nos rentes de retraite à vous et à moi.

    L’histoire de ce milliardaire est la même que celle de tous les autres. C’est l’État capitaliste à leur service qui crée et soutient ces milliardaires de pacotilles jusqu’au prochain crash boursier.

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    4 décembre 2014 à 9 09 19 121912
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    @ tous
    Prenons quelques instants pour étudier l’autre aspect de l’affaire PKP à la tête du faux parti «indépendantiste» québécois.

    La question nationale n’existe pas au Québec. La question nationale – essentiellement une question bourgeoise ne concernant en rien la classe ouvrière – a été résolue en 1867 entre Cartier et MacDonald.

    Alors que vient faire PKP dans cette galère ? PKP un grand capitaliste miteux s’est présenté candidat PQ dans le but de déloger la clique de la mère Marois et prendre le contrôle de la machine politique péquiste afin par la suite de s’emparer du pouvoir d’État à Québec afin de recommencer une ronde de négociation – un second Lac Meech – un second «beau-risque canadien» pour ceux qui ont connu cette époque peu glorieuse du père Lévesque le héros des bobos petits-bourgeois québécois.

    Pour le moment – visant la conquête du PQ – l’opportuniste PKP va radoter le mot indépendance sur toute les tribunes jusqu’au vote péquiste – puis dans la deuxième ronde du tour de manège le CHEF PKP successeur du Cheuf Lévesque et du Cheuf Duplessis le vrai père des péquistes-fascistes va transformer son discours en menace contre les autres sections de la grande bourgeoisie canadienne dont lui-même PKP fait partie.

    PKP va menacer ses semblables de séparer le Canada si le gouvernement canadien (Trudeau Justin sera alors installé à Ottawa) ne lui accorde pas davantage de points d’impôts et de retour de taxes et une meilleure péréquation de façon à ramasser lus d’impôts à distribuer à sa classe des petits hommes d’affaires sponsorisés par l’État des riches – les wefares corporates bums – les grosses compagnies vivant de l’assurance sociale pour les milliardaires.

    Problème pour PKP en vue – Trudau aura été placé là à Ottawa par d’autres milliardaires justement pour lui bloquer la route à lui et à ceux de l’Alberta et de Terre-Neuve qui souhaitent s’évader avec le maigre magot canadien – et tous les mettre sous la botte de la clique des capitalistes monopolistes de Montréal et de Toronto.

    Et les peuvres péquistes en deuil pour la deuxième fois en seront quitte pour revivre le deuxième round de la guerre des clans Trideau Lévesque – Trudeau-PKP jusqu’a plus soif

    La classe ouvrière n’a rien à faire de cs élucubrations nationaleuse où elle sert de chair à canon dans la guerre des riches pour le partage d’une dépouille de moins en moins appétissante car entre temps l’immense crise économique aura passé par ces rivages de détresse.

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      4 décembre 2014 à 12 12 58 125812
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      Merci Robert pour tes deux commentaires qui brossent un portrait de PKP qui ne saurait répondre aux attentes d’un peuple à la conquête de son indépendance politique et économique. Je ne saurais voter pour un tel PKP.

      La question qui se pose est de savoir si une personne peut à un moment ou à un autre faire un saut qualitatif dans sa perception d’un État dédié prioritairement au bien commun d’un peuple. Il m’arrive de penser à un de ces hommes, grand propriétaire terrien, membre membre des oligarchies nationales du Honduras qui fut élu Président de ce pays en représentation du Parti libéral autan oligarchique que le Parti national. Cet homme, du nom de Manuel Zelaya, fit ce saut qualitatif en prenant conscience des grandes contradictions qui conduisaient à la plus grande pauvreté de la grande majorité du peuple et à l’enrichissement de cette minorité dominante. Il a dit c’est assez, basta, et il s’est mis à l’avant scène de la lutte du peuple hondurien. Ce sont les oligarchies, ses amis d’hier, et Washington qui le sortirent du pays à la pointe des armes.

      Ces conversions ne sont pas légions, mais elles sont possibles. PKP peut-il s’y laisser entraîner? Je dis, si jamais c’était le cas je voterais pour lui. Disons que la porte reste ouverte…à ce saut qualitatif.

      Il y a bien des logiques de la raison qui sont parfois déjouées par des logiques de la vie.

      Avec tout mon respect

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    4 décembre 2014 à 21 09 59 125912
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    Bonsoir Oscar,

    Je retiens cette phrase : « Je pense que PKP, à partir du moment où il prend pour acquis que l’État est là pour servir prioritairement et au mieux le bien commun du peuple québécois, il devient alors l’homme de la situation ».

    Il est à souhaiter que de plus en plus de gens s’imprègnent de cette vision : L’ÉTAT EST LÀ POUR SERVIR PRIORITAIREMENT ET AU MIEUX LE BIEN COMMUN DU PEUPLE.

    Peut-être que PKP n’est pas l’homme de la situation, peut-être l’est-il ! C’est toujours à ses fruits qu’on reconnaît un arbre. Je crois aussi que personne n’est ni blanc ni noir…

    Ce qu’il m’importe de souligner ici, c’est l’urgence que de plus en plus de personnes comprennent que l’État est au service du bien commun. C’est une affaire de conscience en évolution.

    Merci, Oscar, de votre réflexion.

    Merci Oscar pour votre ouverture d’esprit.

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    4 décembre 2014 à 23 11 12 121212
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    Merci Carolle pour votre commentaire. L’État est l’outil du peuple pour sa croissance et son développement.

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    17 mai 2015 à 1 01 06 05065
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    Personne ne fera de PKP un homme d’État capable de guider un peuple vers sa libération politique et économique… Nous ne pourrions jamais insérer PKP dans la même phrase qu’Hugo Chavez Bolivar ou même rafael Correa … Un capitaliste pur et dure comme PKP et sa conjointe Julie Schneider ne vise qu’à prendre le pouvoir et à continuer à bénéficier des croutes de pains du fédérale en menaçant Ottawa de faire l’indépendance si celui-ci ne lui accorde pas ce que eux veulent … le peuple passera en dernier dans toute cette histoire…

    la politique c’est un monde à part vous savez : je me rappelle qu’avant les élections de Lucio Guttierez en Équateur au début des années 2000 j’y ai crû (il parlait contre le FMI le Néo libéralisme et avait un passé d’ex militaire ayant pris la défense des indigènes pour renverser boucaram (je crois) pourtant la première chose qu’il a fait a la présidence ça été de négocier avec le FMI et la BM….

    Alors qu’on me présente un capitaliste (Souverainiste) et nouvellement social démocrate… me laisse de glace ….

    Monsieur fortin je vous félicite pour vos textes sur la politique latino-américaine et sur la lucidité politique dont vous faites part …..

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