Olivier Berruyer : le «miracle anglais» est de la foutaise

LE YETI :

Olivier Berruyer (les-crises.fr) ne décolère pas : « incroyable de lire autant de bêtises dans la presse. » Les bêtises ? Celles propagées par Le Monde ou l’Express (version belge) sur un prétendu miracle de la reprise et de l’austérité réunies en Grande-Bretagne.

« Royaume-Uni : après la récession, la reprise » (Le Monde)

« L’Angleterre a gagné son pari : austérité et croissance peuvent aller de pair » (Express.be)

Notre pointilleux actuaire règle le compte de ces affirmations fantaisistes en un graphique et deux arguments uppercuts.

Croissance et deficit en Europe et aux États-Unis de 2003 à 2013
Croissance (lignes continues) et déficit (lignes pointillées) en Europe et aux États-Unis de 2003 à 2013 (source Eurostat)

Une croissance minable financée par un déficit record

Bon, d’accord, légère reprise anglaise en 2013, mais « pas de quoi non plus se rouler par terre », ricane Olivier Berruyer. Surtout si on ramène cette reprise au critère bien plus significatif de la croissance par habitant (un minable +0,5%) !

Pire encore, cette croissance du PIB qui n’atteint même pas les 2% a été financée par un déficit public situé entre 6 et 8% ! Mdr, notre Berruyer :

« Rôôôôô, 35 Md€ de croissance avec 130 Md€ de déficit -– quel rendement extraordinaire ! Faut continuer mes amis… »

Exactement ça, puisque ça marche, continuons de plus bel ! Pour fêter le “miracle économique” de son pays, David Cameron vient encore de renforcer les mesures d’austérité avec une nouvelle baisse des aides sociales en 2014 (sauf pour les députés britanniques).

(NB : les plus sagaces des lecteurs auront remarqué sur les courbes impitoyables que la “reprise américaine” ne vaut guère mieux !)