Prostitution : quand la vertu ouvre un boulevard au vice

 

LE YETI :

Bon d’accord, la prostitution c’est pas bien, le corps c’est sacré, le vendre c’est un péché, l’acheter ou le louer encore pire, un sacrilège ! Et maintenant que fait-on ? Une loi !

Une loi digne de celle sur la Prohibition de l’alcool qui fit jadis les beaux jours d’Al Capone et de ses acolytes mafieux. Les maquereaux peuvent se frotter les nageoires, ils ont de beaux jours devant eux. Les vertueux viennent de leur libérer un peu plus le trottoir.

Dites-nous donc, Mme Najaud-Belkacem, ce qu’elles vont devenir les putes une fois que vous aurez vertueusement dégouté leurs clients en les verbalisant ? Sinon être encore plus marginalisées dans des bouges scabreux et contraintes de s’en remettre aux seules bouées de sauvetage qui leur restera, les proxénètes.

Le peuple n’est pas un ange de vertu

Croyez-vous vraiment que votre loi va éradiquer la prostitution, le plus vieux métier du monde ? Dites-nous donc en quoi maintenir l’illégalité du commerce des drogues a empêché celui-ci d’être florissant ?

Vous et vos copains parlementaires bien-pensants avaient la même réaction régressive que les “manifestants pour tous” face aux homos, ou ces intègres révolutionnaires mitonnant leur Grand soir en oubliant que celui-là n’est possible qu’avec un peuple préalablement formaté pour.

Le peuple n’est pas un ange de vertu, Mme Najaud-B. Il est animé par des pulsions plus ou moins contrôlées, pas toujours reluisantes côté morale. Il fume, il boit, il convoite honteusement la femme ou le mec de son meilleur pote, il est en perpétuel combat pour essayer d’imposer sa domination à son voisin.

Gouverner, ça n’est pas plier le peuple à votre conception de la vertu, mais le prendre comme il est en essayant d’en prévenir les débordements. Pas de l’évangéliser, ni de le lobotomiser contre ses “mauvais” penchants, mais de canaliser ces derniers.

(On se demande d’ailleurs bien pourquoi vous ressortez ce sujet pseudo vertueux à ce moment délicat pour votre gouvernement si balloté dans l’opinion.)

Le doit du travail pour les travailleuses/travailleurs du sexe

Si vous voulez vraiment lutter contre les abus de l’alcool, de la drogue ou de la prostitution, il faut les maintenir dans le cadre de la légalité, pas condamner leurs adeptes à s’en remettre aux mafias qui n’attendent que ça.

N’en déplaise aux culs-bénis, la prostitution est un métier comme un autre. Et si le corps n’est pas une marchandise comme les autres, c’est un outil de travail comme dans bien des professions manuelles guère plus reluisantes.

Pour en protéger les travailleuses/travailleurs, il n’y a pas trente-six solutions, on ne les met pas au ban de la société, on leur accorde le droit du travail et les protections sociales qui vont avec.

C’est marrant, quand des conflits sociaux dégénèrent, vous ne recourrez pas à la contrainte légale, vous demandez aux partenaires sociaux de discuter autour d’une table. Combien de péripatéticiennes consultées pour établir votre loi anti-prostitution ?

C’est dire la considération dédaigneuse dans laquelle vous et vos prêcheurs parlementaires tenez celles et ceux dont vous prétendez protéger la petite vertu.

3 pensées sur “Prostitution : quand la vertu ouvre un boulevard au vice

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    12 décembre 2013 à 10 10 31 123112
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    OUI, bien sûr. Je ne comprends pas pourquoi on en parle encore..

    Pour la drogue, je comprends la prohibition: c’est la façon pour l’État – pas comme État, mais comme gang d’exploiteurs prévaricateurs – d’aller chercher son pourcentage, dans le profit gigantesque qu’il y à faire, quand on contrôle une assuétude, à vendre très cher ce qui ne coute presque rien.

    ( Noter que ce chantage qui ne porte maintenant que sur les accros aux drogues interdites, sera peu a peu universalisé à TOUT le monde, à mesure que la pharmaceutique s’installera dans son rôle d’association de malfaiteurs de connivence avec l’État.)

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/08/24/la-penurie-de-medicaments/

    Les « drogues », je comprends, Mais la prostitution ? NON. Il n’y a pas assez d’argent à y faire dans une société permissive, les variables sont difficiles à gérer, c’est une tâche « labor-intensive » qu’il n’est pas facile de mécaniser… Non vraiment, je ne vois pas d’avenir à la prostitution, sauf en prime pour la vente de pornographie, ou pour des marchès très spécialisé, comme la pédophilie où le sado hard. Or là, la question n’est plus de légiférer, mais d’appliquer la loi. Encore une sotte qui a voulu se rendre intéressante ! Ils ne savent plus que faire, pour cachar qu’ils ne font rien de ce qu’ils devraient faire.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/20-lemancipation/

    PJCA

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    12 décembre 2013 à 19 07 00 120012
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    @ùLe Yeti
    «Gouverner, ça n’est pas plier le peuple à votre conception de la vertu, mais le prendre comme il est en essayant d’en prévenir les débordements. Pas de l’évangéliser, ni de le lobotomiser contre ses “mauvais” penchants, mais de canaliser ces derniers……….. on leur accorde le droit du travail et les protections sociales qui vont avec.»

    Inutile d’engager des spécialistes pour faire des rapports creux sur la situation : qu’on laisse travailler les prostitués(es) en paix, qu’on cesse de les harceler et de les humilier, qu’on les considère comme des citoyens(nes) à part entière.

    Carolle Anne Dessureault

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