Qui emportera la chefferie ?

peladeau

  Au moment où les fins stratèges politiques supputent, spéculent et devisent à propos des chances de chaque candidat présumé de ravir le poste de «cheuf» du PQ, Le webzine LES 7 DU QUÉBEC vous annonce le nom du vainqueur et la bataille qu’il devra entreprendre contre la Coalition Avenir Québec afin d’unir la bourgeoisie nationaleuse québécoise afin non pas de faire un référendum ou de renégocier le pacte confédéral mais simplement de remettre sa faction à la gouverne de «l’assiette au beurre» provincial.

Nous avions publié ce texte le 11 avril 2014 et il n’a aucunement perdu de sa verdeur insolente.

 

Le réalignement péquiste

 

Les péquistes préparent leur réalignement politique et c’est le tandem Gérard Bouchard (le frère du toupet) et la danseuse parisienne, Louise Beaudoin, qui se sont lancés dans la mêlée afin d’orienter le post mortem de la «souveraineté-association». Bernard Landry – la belle-mère vernaculaire – prépare le terrain pour son patron, le milliardaire Péladeau (PKP), alors que Bouchard et Beaudoin ont pour mission de convaincre les militants de la première heure (les plouks séparatistes) qu’ils doivent militer dans un parti «souveraineté-association» sans jamais espérer la souveraineté, inaccessible, puisque le peuple québécois n’en veut pas et de bon droit [voir ici].

 

C’est que l’option ne «pogne» plus et la CAQ «renouvelée» est en train d’arracher les sous-vêtements de la mariée péquiste sans rien lui laisser. Chaque «nationaleux» réactionnaire y va de son refrain, le plus candide, un dénommé Trudel, avoue tout bonnement qu’il faut changer de boniment et il déclare sans ambages : «Le discours traditionnel du Parti québécois ne marche plus en 2014, abonde Rémy Trudel, ex-ministre dans les gouvernements de Lucien Bouchard et Bernard Landry. « Il faut faire un exercice très profond, ardu, soutenu [pour] définir la formule [par laquelle] le Québec [pourra] se prendre en main.»… changer de boniment voulait signifier l’ex-ministre péquiste [voir ici].

 

La «job» de PKP dans ce contexte de défaite sera de négocier la fusion de la CAQ et du PQ. Ceci n’est possible qu’à la condition que le parti de René Lévesque conserve ses militants de plus en plus conscients de se faire filouter dans un marché de dupes où ils servent de pelleteries aux Bigots péquistes. De toute manière, les véritables indépendantistes à tout crin se sont déjà enfuies du PQ vers Québec SoliTaire, le parti social-démocrate type NPD, mais en plus chauvin, ou vers Option Nationale.

 

Récemment, dans le quotidien Le Devoir, la dame de la Sorbonne, acoquinée avec la French connection politique, raconte des balivernes, et calomnies les jeunes afin de préparer la réorientation de sa formation qui sera bientôt sous la tutelle d’un milliardaire descendu dans l’arène politique pour réorienter «la patente à René». Pour rediriger la faction nationaleuse péquiste vers le pouvoir gouvernemental et le partage des crédits et des programmes de subventions étatiques de l’État plus du tout providentiel. La danseuse Beaudoin déclarait ceci au quotidien à la solde : « Le projet [souverainiste] se présente dans un monde très différent de celui dans lequel il est né. Dans un contexte de mondialisation, les rêves collectifs ne sont plus très présents. Peut-on continuer aujourd’hui à avoir une vision de ce type-là ? (…) J’y ai cru à ce moment, à cette montée de fièvre souverainiste. Je pense que le projet identitaire [de la charte] est fondamentalement progressiste, mais les jeunes vouent aujourd’hui un caractère sacré aux droits individuels ».

 

La dame patronnesse Beaudoin, à la queue leu leu derrière les égéries du parti des intellectuels, héritiers de Lionel Groulx et de Maurice Duplessis (deux fascistes), raconte des bobards à propos des jeunes générations. Elle calomnie les jeunes qui se sont battus comme des damnés en 2012 – solidairement et communautairement avec tous les autres jeunes – ceux du futur, pas encore parvenu à l’Université, contre les hausses de frais de scolarité, que madame Marois leur a refilée après avoir prétendu les annuler. Des jeunes de nombreux pays, dont ceux des États-Unis, sont venus les rencontrés afin de connaître les secrets de leur mobilisation militante et collective et solidaire et pas du tout individualiste – tout, sauf l’égocentrisme individualiste des bobos péquistes comme le prétend la valseuse Beaudoin.

 

Nous avions écrit le 24 mars 2014, deux semaines avant l’élection bidon, que le dernier référendum perdant (1995) était derrière les petits vieux de la pseudo-souveraineté et ne reviendrait plus jamais [voir ici]. En 2012, dans un volume, nous avions expliqué que la stratégie du chantage à la souveraineté avait fait long feu [voir ici].

 

Le dernier référendum perdant a été la dernière chance dont a bénéficié une fraction de la bourgeoisie moyenne et de la petite bourgeoisie cléricale, artistique, intellectuelle et syndicale pour vendre sa salade sécessionniste.

 

Qu’adviendra-t-il ?

 

Les opportunistes, les petits hommes d’affaires, les artistes, les intellos à gogo et les bobos arrivistes sont placés devant un dilemme dantesque et compromettant : 1) Tenter de continuer à surfer sur le chantage à la «souveraineté» afin de décrocher le pouvoir (l’accès à l’assiette au beurre du patronage, aux dessous de table et aux enveloppes brunes) espérant arracher des points d’impôts à Ottawa avec absolument aucune chance de gagner et continuer de pourrir dans l’opposition. 2) Mettre l’option bidon en quarantaine pour se présenter comme l’alternative de pouvoir des riches à chaque huit ans à l’Assemblée de la «race» souveraine (sic). Mais la CAQ à Legault occupe déjà ce terrain alternatif opportuniste. Il ne lui manque que quelques points pour détrôner le PQ (25% à 23%).

 

Dans le coin gauche, la bourgeoisie a aligné un milliardaire (qui contribuait généreusement à toutes les caisses électorales avant sa conversion pseudo-souverainiste). Dans le coin droit, la bourgeoisie a choisi un multimillionnaire, ex-ministre du Sérail pseudo-souverainiste, recyclé bon administrateur de l’assiette au beurre. Vous devez comprendre que la petite bourgeoisie cléricale, artistique, enseignante, journalistique, intellectuelle et bureaucratique syndicale ne décide de rien et ne dispose d’aucun pouvoir économique dans la société capitaliste bourgeoise. C’est sa classe de tutelle, c’est-à-dire le grand capital, qui lui signifie les postures qu’elle doit adopter.

 

Le grand capital a parlé en 1995 et il avait dit : «fini les folies du chantage à la souveraineté pour arracher des points d’impôts à Ottawa. Assez c’est assez.» La petite bourgeoisie n’a pas écouté et elle s’est entêtée et voilà le résultat. Elle devra se résigner et oublier la République souveraine du Sirop d’érable et se mettre en rang pour obtenir la pâtée gouvernementale.

 

Nos pronostics

 

Nous pensons que Péladeau le «marchand» des techniciens Québécois francophones de Vidéotron ; Péladeau la garcette – champion des lockouts – avec le soutien du SPQ-libre (sic) et des intellos à gogo, rapatriera les troupes pseudo-souverainistes. Fini l’effigie de Lionel Groulx, de Reggie le Chevalier, de Bourgeault, de Bouchard le fasciste, et de René le père de la renégociation de la confédération-association. Les ténors intéressés au magot gouvernemental sauront mettre leurs troupes au pas afin de se présenter aussi uni que possible devant le gourmand et narcissique Legault, le précurseur.

 

À notre avis, le milliardaire, propriétaire de 40% des médias québécois devrait emporter le panier de crabe et diriger le parti d’alternance de pouvoir à l’Assemblée Nationale de la Province de Québec. Un autre scoop que nous aurons éventé avant que les comploteurs «nationaleux» ne se soient entendus dans l’antichambre du Salon rouge. Bien entendu PKP aura des déclarations ferventes de souverainiste édenté. PKP est bien conseillé et il saura raviver l’illusion nationaliste des militants de sa formation politique afin que les travailleurs d’élection bidon conservent un peu de courage.

 

Comme chacun sait, seule la classe ouvrière nous intéresse. Les salariés n’ont rien à gagner dans cette galère péquiste-caquiste et nous devons les laisser s’entredéchirer. De la sorte, ils exposent leur opportunisme respectif, leur soif d’argent et de prébendes, leurs appétits d’émoluments, de fonctions et de primes de séparation. Quant à nous, poursuivons notre marche hors des sentiers de la politicaillerie bourgeoise, de l’opportunisme et de la collaboration de classe. Au bout du chemin la véritable indépendance, la souveraineté économique collective et socialiste nous attendent, car la classe ouvrière est le sel de la Terre mère nourricière. Le sentier sera encore long et sinueux, rempli d’embûches, mais la crise économique systémique du capitalisme travaille en notre faveur.

 

8 pensées sur “Qui emportera la chefferie ?

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    5 octobre 2014 à 17 05 50 105010
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    L’héritage animal fait que les êtres humains eux-mêmes sont attirés par les brutes : les « vertus » guerrières et les capacités à opprimer, piller, voler, mentir, tuer. Même des gens de culture déjà humanisée disent volontiers respecter « l’ambition », sans se préoccuper de savoir si celle-ci est asservie à des valeurs spécifiquement humaines et donc largement sociales. D’où une fausse objectivité qui prétend reconnaître des dons particuliers aux saligauds suragressifs, et qui n’est que fascination bestiale pour des pervers étanches à l’empathie. Il n’y a ni charme ni don spécial des chefs, des salopards. Il y a détermination psychotique chez eux, puis résonance incontrôlée mais non incontrôlable chez des citoyens potentiels, malheureusement en général inhibés en troupes et troupeaux.

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      6 octobre 2014 à 9 09 41 104110
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      Bonjour, ‘ L’héritage animal… ‘ : Selon une théorie (voir http://endemia.nc/images/arbre_faune.gif entre autres) l’adn du vivant aurait subi des changements aléatoires qui auraient produit les différentes espèces, ce qui fait que l’adn humain partage des ‘données adn’ avec plusieurs espèces.

      Quand on dit de l’un qu’il a une face de rat, un regard de vipère, qu’il est brutal comme un taureau, doux comme un agneau…

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        6 octobre 2014 à 14 02 28 102810
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        Entre pubs, bondieuserie et matraquage médiatisé, aux Etats-Unis un tiers de l’électorat est mentalement irrécupérable. Il constitue, à force de références à dieu et dollar, un sûr volant de sécurité pour déchaîner l’hystérie et la manipulation

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    6 octobre 2014 à 17 05 51 105110
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    @Huet Robert
    Vous faites erreur. Vous attribuez au prolétariat des caractéristiques strictement des capitalistes voraces et cupides.
    Que la bourgeoisie hégémonique et en contrôle des médias – de l’information – de l’éducation – de la culture et de la religion dans nos sociétés de classe parviennent à présenter ses tares comme des qualités et à les inculquées à une partie du prolétariat j’en conviens.
    Mais le mal se résorbe contrairement à ce que vous écrivez.

    Vous n’avez jamais remarquer que «l’Électorat» comme vous le nommez se réduit comme peu de chagrin aux USA. Je ne sais pas s’ils seront 50% à «voter» aux prochaine sélections USA

    Car ils ont compris que toute cela n’était que fumisterie. La plupart des ouvriers qui ne vont pas voté.
    Allez-vous voter Robert ? Si oui vous seriez à la traine de la classe ouvrière américaine qui elle en a fini ave ces mièvreries.

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      6 octobre 2014 à 21 09 11 101110
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      La passion (agressive) pousse à se trouver de fausses « raisons » (par refoulements) : sans jamais le percevoir, l’humain cherche à garder bonne conscience en se livrant aux décharges agressives les plus folles et criminelles. Telle est la source de toutes les idéologies et recherches « d’absolu ».

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      6 octobre 2014 à 21 09 25 102510
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      Ce n’est pas par des incantations et jeux verbaux qu’on répond aux besoins de guérir les maladies physiologiques ou politiques : voilà la prise de conscience la plus nécessaire. Cependant les réflexes de primates poussent à l’acceptation aveugle des dominants, et l’autoritarisme est encore très vivace (« vous ne sauriez penser mieux que » Marx, Moïse, Jésus, Bouddha ou Mahomet) qui fait taire les larges majorités des foules dans les larges majorités des cas.

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    7 octobre 2014 à 8 08 12 101210
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    Parlant d’incantations et de jeux verbeux et de maladies psychosomatiques mon ami Huet je trouve que vous vous débrouiller assez bien.

    Désolé je ne mange pas dans l’auge de l’hystérie du nirvana et du Karma.

    Sorry.
    Robert Bibeau

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    7 octobre 2014 à 12 12 31 103110
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    Très chère Extrême: vous me dégoûtez : si profondément que les images qui me viennent pour l’exprimer sont aussi immondes que vous. Aussi n’est-ce pas par convention respectueuse de vos semblables que je vous interpelle en « très cher » : mais parce que je songe à ce que vous coûtez, vous et vos pareils, à infecter de plus en plus lourdement la planète entière. Car on vous retrouve partout, puant de la gueule jusque dans les lieux qu’on croirait encore préservés ; et vous paraissez partout sous la forme que vous cherchez à éviter le plus, et où vous êtes le plus reconnaissables : celle de crétins interchangeables.

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