Qui se préoccupe du déficit commercial grandissant ?

Au cours de cette élection bidon, qui se préoccupe du déficit commercial grandissant qui a pourtant une incidence très importante sur l’économie et sur les conditions de vie des Québécois et des Québécoises ? En trente années, de 1981 à 2012, la balance commerciale du Québec a enregistré sept (7) années de légers surplus (entre un et sept milliards de dollars) et elle a enregistré 25 années de déficit s’étalant entre un et trente milliards de dollars annuellement. Ceci signifie que davantage d’argent (dollars canadiens) quitte la «Belle province» qu’il n’y a de devises étrangères qui entrent dans la «Pauvre province» qui accumule déficit par-dessus déficit commercial. La balance commerciale concerne les échanges de biens et de services entre le Québec et les pays étrangers (la balance commerciale entre le Québec et les provinces canadiennes est équilibrée). Les services comptent pour peu dans ce bilan négatif. Par contre, l’échange de «biens», de marchandises constitue la part du lion dans ce déficit léonin.

C’est comme si chacun d’entre vous, dans votre foyer, vous achetiez chaque année beaucoup plus que ce que vous gagnez en revenu (salaire et prestations). Vos cartes de crédit, votre hypothèque, et votre emprunt sur l’auto augmenteraient chaque année plutôt que de diminuer. À la longue, les prêteurs finiraient par augmenter votre taux d’intérêt à l’emprunt puisque votre foyer présenterait un facteur risque beaucoup plus important. Et probablement qu’après un certain temps, ils cesseraient de vous prêter, sauf le «Shylock» du coin de la rue à un taux d’intérêt mensuel démentiel. Il ne vous resterait plus qu’à déposer votre bilan, ce que l’on appelle une faillite personnelle.

Les économistes péquistes sont parfaitement au courant de tout ceci et ils sont conscients de cette très grande faiblesse de l’économie capitaliste québécoise. C’est la raison pour laquelle le petit homme d’affaires fédéralo-souverainiste, monsieur Blanchet – le collecteur – et son épouse, la chef Marois, annonçaient récemment qu’un Pays du Québec «totalement indépendant après le référendum gagnant (!)» conserverait le dollar canadien à l’effigie de la Reine Élisabeth II, donnant l’urticaire aux séparatistes d’Option Nationale et de Québec Solidaire. La magouille est simple, il s’agit par ce tour de passe-passe de conserver le train économique québécois accroché au convoi canadien et de faire assumer le déficit commercial du Québec par les autres provinces canadiennes.

Inutile de vous dire que pas un des «économistes» patentés de Québec Solidaire et d’Option Nationale ne comprend quoi que ce soit à ces mimiques économiques, chaque parti se contentant d’affirmer que «Notre Pays du Québec on le veut et on l’aura, quoiqu’il en coûte aux ouvriers québécois qui sont à n’en pas douter prêts à donner leur vie pour que Françoise, Amir et Manon commandent la République du sirop d’érable libre et en faillite».

À la décharge de ces valeureux patriotes ignares (des affaires économiques), je dois dire que la Fédération canadienne court elle aussi à sa perte, moins vite que le Québec, il est vrai, mais d’un bon pas cependant.

C’est que, voyez-vous, la crise économique systémique frappe tous les pays capitalistes sans distinction de statut confédéral, fédéral, républicain, monarchique, bicaméral, laïc ou islamiste, anglican ou mormon. Le statut juridique de la «Belle province» n’a absolument aucune incidence sur l’économie du Québec, sauf qu’en restant dans la Confédération canadienne, la province en faillite peut faire couvrir son déficit commercial répétitif par les surplus commerciaux des autres provinces canadiennes (en termes de la valeur de sa monnaie, de sa cote de crédit et de ses taux d’intérêt, s’entend).

Ces déficits répétitifs sont les conséquences directes des accords de libres-échanges signés entrent le gouvernement du Canada – bénéficiant du soutien inconditionnel de monsieur «de souche» Bouchard, du pseudo-économiste Bernard Landry et son copain Parizeau et de toute la clique péquiste comprenant le petit homme d’affaires ci-haut mentionné et «PKP-la menace référendaire», en plus de Monsieur Charest «le frisé» et des économistes libéraux patentés. Conséquence directe de ces accords passés (l’accord avec l’Union européenne est encore trop récente pour avoir aggravé la situation – ça viendra, patientez) les importations québécoises en provenance de la Chine, aux salaires de misère, sont passées de 3,5 milliards CAD en 2002 à plus de 9 milliards CAD en 2013. L’usine de la GM est fermée, en juin ce sera Electrolux, et après-demain, ce seront d’autres usines de la couronne nord et de la couronne sud de Montréal qui déguerpiront.

Ce que reflètent ces chiffres sur le déficit commercial (voir l’article des Caisses populaires Desjardins en annexe) c’est que dans la division internationale du travail impérialiste, le Québec a reçu le rôle (et les ouvriers canadiens de Timmins n’y sont pour rien) de fournisseur de matières premières et d’énergie électrique à bas prix, rôle que le Québec capitaliste remplissait adéquatement jusqu’ici. Comme la crise économique systémique – une crise de surproduction suite à l’insolvabilité des marchés de consommation – a entraîné la réduction de la production, donc les minéraux, le bois, les produits semi-ouvrés du Québec trouvent de moins en moins preneurs à l’extérieur, tandis que les consommateurs québécois continuent d’acheter la guenille et les pacotilles importées de Chine par Wall Mart et Target et Home dépôt pour le marché québécois (les capitalistes québécois ne contrôlent même pas la commercialisation de la guenille chinoise sur le marché du Québec).

Tant que la cote de crédit collective nous le permettra et tant que les différents gouvernements à Québec et à Ottawa nous laisseront encore un peu d’argent pour consommer, nous pourrons continuer à nous endetter. D’ici là, chaque niveau de gouvernement (municipal, provincial, fédéral) fera tout pour nous transférer le fardeau de leur dette et de leurs déficits sur le dos jusqu’à ce qu’il ne nous reste rien pour payer que nos yeux pour pleurer avec Manon, Amir et Françoise.

Aucun des polichinelles en course dans cette mascarade électorale n’aborde ces questions cruciales qui préoccupent réellement les gens qui se demandent combien de temps ils pourront continuer à vivre à crédit, menacés de perdre leur emploi, poursuivis par des créanciers voraces qui menaceront de ne plus leur prêter, même à taux usuraires.

Les ouvriers québécois sont préoccupés de leur survie et de celle de leur famille et n’ont aucun temps à perdre avec ces salmigondis électoralistes qui ne peuvent rien pour contrer ce déclin (1).

(1) Pour se mobiliser : https://www.facebook.com/groups/apa.montreal/

ANNEXE

Article complémentaire sur Desjardins Études économiques : https://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/actualites/point_vue_economique/pv052213.pdf

16 pensées sur “Qui se préoccupe du déficit commercial grandissant ?

  • avatar
    2 avril 2014 à 9 09 56 04564
    Permalink

    L’homme est là, en train de jouer son destin (et même, que voulez vous de plus, le destin de son espèce). Il le joue sans le connaître, cela va sans dire, mais sans plus même se soucier de l’appréhender de quelque manière, ce qui est grave. Et qui plus est, avec des cartes truquées … Un jour viendra où l’homme sortira du labyrinthe ayant à tâtons retrouve dans la nuit le fil perdu de l’Être.

    Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 13 01 11 04114
    Permalink

    Bonjour, ‘Aucun des polichinelles en course dans cette mascarade électorale n’aborde ces questions cruciales…’ et je me suis aperçu qu’ils ne l’ont probablement jamais fait. Avec https://www.youtube.com/watch?v=MWGWmRONV9M j’ai découvert HIER que ça se sait depuis longtemps. Ça me met TRÈS en COLÈRE. Comment se fait-il que rien n’ait été fait en plus de 50 ans?!!

    Pour la monnaie, la question que je me pose est que s’il est vrai qu’il y aura une monnaie ‘nord-américaine’, l »américor’ comme certains le suggèrent, pour les USA-Mexique-Canada, serait-il inutile de créer à court terme une monnaie ‘québécoise’? Et dans la Communauté Européenne, les différents ‘pays’ utilisent la même monnaie. Ma question est: Est-ce que la France a un mot à dire sur l’implantation d’une usine en Espagne comme le Canada a son mot à dire sur l’implantation d’une usine au Québec?

    Répondre
    • avatar
      2 avril 2014 à 14 02 41 04414
      Permalink

      Comme disait Croc: ‘C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle ‘!

      Répondre
    • avatar
      2 avril 2014 à 20 08 33 04334
      Permalink

      T’as bien raison André. Ces enfants devraient voter à la place des adultes selon ce que j’ai entendu d’eux…

      Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 15 03 04 04044
    Permalink

    @ RB
    Comment penser au déficit commercial. quand on en est encore a finasser des non-réponses grossierement vidées de sens et d’un cynisme total au questions les plus simples.

    Madame Marois, ici, s’est surpassée:

    « Questionnée pour savoir ce qu’elle ferait si un médecin juif de l’hôpital Jean-Talon souhaite garde sa kippa, elle ( Madame Marois) a répondu : « Dans la loi et les règlements que nous proposons, il est possible de trouver des voies de passage ».

    En langage clair:  » Si nous imposons quoi que ce soit, nous verrons
    à ce qu’il ne soit pas nécessaire de s’y conformer.  » Est- ce que c’est de cà qu’on veut à la tête de l’État ? PItoyable !

    PJCA

    Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 15 03 14 04144
    Permalink

    Un bon joint de marijuana y’a rien de mieux pour calmer sa montée de lait, moi je vote Bloc pot.

    Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 15 03 26 04264
    Permalink

    @ RB

    « Philippe Couillard ne sait pas si l’état des finances publiques lui permettra de maintenir l’enveloppe de 150 millions sur sept ans pour la stratégie numérique culturelle annoncée par le gouvernement péquiste ».

    « – On a un cadre financier. Il faut que tout ça entre dans notre cadre financier» – a répondu le chef libéral – lors d’une conférence de presse sur la santé mercredi. »

    En langage clair, la réponse, c’est NON. Mais Couillard étant tout sauf couillu, il cache ce NON sous une double négation, (dans un discours sur la santé ! ) , pour que les intellos qui en menent trop large à son gôut dans les medias, n’aient pas la chance de protester avect le 7 avril.. Personne ne verra rien, les gens sont cons…

    Est-ce d’un fin finaud roublard et hypocrite qu’on veut à la tête de État ?

    PJCA

    Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 19 07 52 04524
    Permalink

    @ Coupio je ne comprends absolument rien à vos propos qui ne doivent demander aucune réponse je suppose.
    @Gilles H Une monnaie nord américaine = j’espère que NON = Jamais. Mais si les maitres du monde le décide on devra vivre sous la dictature américaine encore plus serrée que présentement…ce qui n’est pas peu dire. NON en effet su BIG BOSS USA impose une monnaie on aura pas besoin d’une monnaie québécoise. De toute facon le Québec NE SERA JAMAIS un pays – tout référendum est perdue d’avance – les québécois sont plus intelligent que cela. Alors une monnaie québécoise n’est pas à discuter.
    CE n’est pas la FRANCE qui a un mot à dire si une grande usine s’installe en Espagne c’Est Bruxelles – la capitale transnationale qui a son mot à dire par sa législation et sa gestion de l’EURO transnationale.

    @ PJC La dame Marois finasse à propos de la charte car elle sait déjà que c’est la charte qui l’a coulée dans cette élection depuis avant même qu’elle l’annonce (L’élection) C’est même la raison pour laquelle j’ai annoncé avant tout le monde (avant l’élection) que le PQ allait à la défaite et que les sondages PRÉ-ÉLECTIRAUX étaient faux juste pour attirer la dame en élection pour la rosser ensuite. Un peu comme BOISCLAIR qui ne pouvait qu’être rosser même si les sondages bidons lui ont été favorables quelques semaines.

    Si aujourd’hui la Dame Marois ressort la charte ce n’est pas parce que cette carte est gagnante mais pour sauver son électorat traditionnel et ses comptés surs sachant déjà qu’elle a non seulement perdu le pouvoir mais peut-être la majorité aux mains de Couillard.

    Elle tente de sauver les meubles car le seul article qui l’a fait planter – ce pourquoi je la hai jusqu’à la mort est l’article sur le congédiement des infirmières et puéricultrices voilées. Elle n’en réchappera pas la s….
    Tout comme le frisé à Charest est mort (politiquement) de son agression contre les étudiants.

    Je te prédis que le prochain PM qui attaquera de front une section ou une autre du peuple québécois sera lessivée comme les autres PM.

    Répondre
  • avatar
    2 avril 2014 à 23 11 13 04134
    Permalink

    Le seul pouvoir réel est celui de la rue. Les divers groupes de notre société l’ont prouvé au printemps 2012. L’éducation est la pierre angulaire de la future économie d’une société.

    En ce qui a trait aux dettes cumulées… Serions-nous à l’aube d’un renouveau mondial amenant leurs annulations ?

    Répondre
  • avatar
    3 avril 2014 à 7 07 18 04184
    Permalink

    Le système mondial est une partie d’échec truqué et contrôlé par les dirigeants mondiaux.
    La seul différence d’avec le jeu conventionnel le Roi est le même des deux côtés soit les Dirigeants de la Planète. D’un côté la Reine les USA et leurs pièces maîtresses le G-7 de l’autre la Russie et la Chine et cie. Le reste des pays ne sont que les Pions.
    Le Canada est au service inconditionnel de sa Reine les USA. Imaginer un instant l’importance du Québec.
    Les politiciens sont nos ADMINISTRATEURS ils n’ont AUCUN POUVOIR pour créer de la richesse tout est conditionnel et géré par l’économie mondiale. IMPOSSIBLE, il est IMPOSSIBLE, et il sera toujours IMPOSSIBLE pour eux de créer la richesse nécessaire pour exécuter leurs promesses électorales. Ils ne sont pas des créateurs de richesse ils ne sont que des administrateurs.
    Ex. Pauline et les droits miniers qu’a-t-elle été capable de faire? RIEN absolument RIEN malgré toutes les belles promesses de son élection précédente.
    Le problème (l’erreur) est que nous leurs avons donnés des cartes de crédits à notre nom, cartes que nous pourrons JAMAIS rembourser et ils le savent et ils s’en foutent.
    @ M. Bibeau je seconde entièrement votre position ( De toute facon le Québec NE SERA JAMAIS un pays – tout référendum est perdue d’avance – les québécois sont plus intelligent que cela.)
    Sur l’échiquier Mondial le Québec n’a pas plus d’importance qu’Hérouxville.
    Pour ceux qui n’ont pas écouté le reportage suggéré par M. André Lefebvre dans son commentaire ci-haut https://www.youtube.com/watch?v=1I9mpgNR6v8 S.V.P NE PAS L’ÉCOUTER.
    Garder vos illusions car c’est triste à mourir. 🙁
    De toute façon je suis porteur de bonnes nouvelles, je démarre un parti politique dont le but est la séparation d’Acton Vale du reste du Québec.
    Si cela ne fonctionne pas je suis propriétaire de 150 acres de terre ce qui est comparable à la Principauté de Monaco.
    Appuyé par un référendum positif de ses deux citoyens, je demanderai l’indépendance de la Principauté Lambda de la ville d’Acton Vale.
    À qui la chance j’ai des lopins de terre 50 m X 50 m à vendre. Vous serez enfin MAÎTRE CHEZ VOUS en autant que vous obéissiez à MES lois.
    Je signe
    Prince de la future Principauté Lambda
    P.S. M. D. Boisvert si jamais vous lisez ce commentaire j’ai un terrain de choix pour vous

    Répondre
  • avatar
    3 avril 2014 à 9 09 38 04384
    Permalink

    Bonjour, Si l’argent mène et que notre fierté n’a plus d’importance, aussi bien déménager en Ontario. Bonne chance à tous.

    Répondre
  • avatar
    3 avril 2014 à 9 09 59 04594
    Permalink

    Très difficile de payer la taxe municipale et scolaire avec de la fierté.
    A quand un article sur la FIERTÉ QUÉBÉCOISE?

    Répondre
  • Ping :Les Voix du PANDA » Blog Archive » BILAN D’UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE BANCALE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *