Ralentissement de la croissance en Chine

 Source  INFO-BREF no 401. Août 2015. Paris.

 Pourquoi le ralentissement de la croissance chinoise inquiète les Bourses

 Les craintes des marchés concernant l’économie de la Chine ont été accentuées vendredi par la publication d’un indicateur d’une activité manufacturière en forte baisse dans ce pays parfois qualifié d' »usine du monde ».

 

« L’investisseur a peur! » a résumé Franklin Pichard, le directeur de Barclays Bourse. Il « s’interroge sur la réalité du niveau de croissance chinoise, craignant qu’un atterrissage trop brutal de l’économie n’entraîne un ralentissement plus prononcé de l’économie mondiale », juge-t-il.

Et ces craintes se sont traduites par des pertes sur les marchés financiers en ce vendredi 21 août. Le CAC 40 a perdu 3,19 %. Londres était également en repli de 2,83%. Wall Street a lourdement chuté, l’indice vedette Dow Jones perdant 3,12% et l’indice composite Nasdaq, qui concentre les valeurs technologiques, 3,52%.

Pourquoi une telle inquiétude?

La croissance chinoise était de 7,4% l’an dernier, à son plus bas niveau depuis 1990, et a encore reculé à 7% pour les deux premiers trimestres de 2015. C’est bien au-dessus des taux de la plupart des autres puissances économiques mais la dévaluation surprise du yuan le 11 août fait soupçonner une réalité pire que ce que Pékin veut bien reconnaître.

La croissance du PIB chinois au deuxième trimestre correspond en effet exactement aux prévisions annuelles du gouvernement, rendant certains observateurs dubitatifs, notamment après la publication d’une série de mauvais indicateurs. Et la déroute des marchés financiers en juin et juillet n’a fait qu’ajouter à la morosité.

En quoi une croissance ralentie pose-t-elle problème sur le plan intérieur?

Les experts jugent que le parti communiste doit continuer à améliorer les conditions de vie des Chinois pour préserver son pouvoir. Et le taux de croissance permettant au gouvernement de créer assez d’emplois pour endiguer la contestation sociale est généralement estimé autour de 7%.

En quoi est-ce un problème international?

Au lendemain de la crise financière de 2008, avec des économies américaine et européenne affaiblies, le monde attendait de la Chine qu’elle tire vers le haut la croissance planétaire.

Avec 1,3 milliard de consommateurs potentiels, le pays est un important marché pour les biens manufacturés, si bien que tout ralentissement de la demande se fera vivement ressentir au-delà de ses frontières.

La panique est-elle justifiée?

Les analystes sont divisés sur cette question. L’indice PMI des directeur d’achats, au plus bas depuis six ans, « confirme que l’économie n’est toujours pas sur une bonne assise et nous attendons un modèle de croissance molle pour le deuxième semestre, avec tous les risques afférents », affirme la banque Barclays dans une note.

« Nous continuons de croire que l’atmosphère est actuellement exagérément pessimiste, et que l’appui politique limitera les risques afférents pour l’activité économique dans les prochains trimestres », affirme au contraire le cabinet Capital Economics.

La volatilité des marchés pourrait aussi mettre en échec la volonté du gouvernement de réorienter l’économie vers un modèle de croissance plus durable accordant une plus grande importance à la consommation des ménages.Et Pékin pourrait recourir comme par le passé à une relance de l’investissement public pour soutenir l’activité.

Jusqu’où peuvent chuter les marchés chinois et la monnaie?

La Bourse de Shanghai est retombée vendredi à son niveau du 8 juillet, lors de sa précédente chute, avant que le gouvernement, apparemment déterminé à empêcher que son indice tombe en-dessous des 3.500 points, ne mette en place un vaste plan de sauvetage. Ce niveau reste toutefois nettement supérieur aux 2.230 points d’il y a un an.

Après la dévaluation surprise de près de 2% du yuan le 11 août, qui a entraîné sa chute de près de 5% la semaine dernière face au dollar, la monnaie chinoise devrait encore baisser d’ici la fin de l’année, peut-être jusqu’à 6,6 yuans pour un dollar, contre 6,4 actuellement, selon la banque japonaise Nomura.

Les trois indices majeurs perdent plus de 3%
Pire séance pour le S&P-500 depuis fin 2011
Le Dow Jones officiellement en correction

 

par Chuck Mikolajczak

NEW YORK, 22 août (Reuters) – La peur d’une contagion à l’économie mondiale du ralentissement de la croissance chinoise a fait vivre vendredi à Wall Street sa pire séance depuis près de quatre ans.

Les trois indices de référence ont perdu plus de 3%, le Dow Jones entrant officiellement en correction avec un recul de 10,1% par rapport à son pic du 19 mai et le Standard & Poor’s 500 subissant son plus fort recul en pourcentage sur une séance depuis novembre 2011.

Le Dow Jones a perdu 530,94 points, soit 3,12%, à 16.459,75 points. Le Standard & Poor’s 500, plus large, a reculé de 64,84 points (3,19%) à 1.970,89 points, passant sous la barre des 2.000 points pour la première fois depuis le 2 février. Le Nasdaq Composite a cédé 171,45 points (3,52%) à 4.706,04 points.

Sur l’ensemble de la semaine, le S&P perd 5,8%, sa plus forte baisse hebdomadaire depuis septembre 2011. Le Dow Jones cède lui aussi 5,8% et le Nasdaq abandonne 6,8%.

La glissade de Wall Street cette semaine suggère que les investisseurs considèrent que les actions valent trop cher dans un contexte de hausse modérée des bénéfices et de baisse des prix de l’énergie.

Il faut y ajouter la perspective d’un renchérissement prochain du coût du crédit, même si les paris restent ouverts sur le moment que choisira la Réserve fédérale pour relever ses taux d’intérêt.

UN MARCHÉ NERVEUX

Tous les indices sectoriels ont fini dans le rouge, celui des valeurs de l’énergie perdant 3,48% avec la baisse des cours du brut léger américain, passé en séance sur le Nymex sous les 40 dollars le baril pour la première fois depuis 2009.

Signe de la nervosité du marché, l’indice de volatilité du CBOE a bondi de 48,3% 28,38, au plus haut depuis octobre.

Dernier en date d’une série d’indicateurs macroéconomiques décevants, l’indice PMI manufacturier « flash » publié vendredi suggère que l’activité manufacturière en Chine a connu en août sa plus forte contraction depuis la crise financière et conforte les craintes d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise.

Cette annonce a fait chuter à travers le monde des marchés qui avaient déjà accusé le coup de l’effondrement des Bourses chinoises au début de l’été puis de la dévaluation surprise du yuan, le 11 août dernier.

« Je pense que cette volatilité devrait persister au moins jusqu’à la fin de l’année », observe Nigel Green, directeur général de deVere Group.

« Pour la plupart des investisseurs à long terme, les craintes d’une apocalypse financière à courte échéance sont exagérées », ajoute-t-il toutefois.

APPLE PERD PLUS DE 6%

Aux valeurs, Apple, pénalisé par son exposition à la Chine, a accentué ses pertes des derniers jours et cédé 6,12%.

Le secteur des médias a continué de souffrir, à l’image de Netflix, qui a perdu 7,58%.

Les ténors de la cote n’ont pas été les seuls à passer une mauvaise journée. L’indice Russell 2000 des « small caps » est lui aussi officiellement en correction avec un recul de 10% par rapport à son pic du 23 juin.

La Bourse de New York avait déjà perdu plus de 2% jeudi, passant en territoire négatif sur l’année 2015.

Les craintes qu’inspire le ralentissement chinois et une inflation aux Etats-Unis jugée trop basse conduisent certains investisseurs à parier contre un relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale dès le mois prochain.

Sur le marché des changes, les nouvelles venues de Chine et le recul de la probabilité d’une hausse des taux mi-septembre ont fait souffrir le dollar. L’euro a ainsi progressé de plus de 1% face au billet vert avant de fléchir un peu.

Sur le front obligataire, les Treasuries ont joué leur rôle de valeur sûre face aux turbulences des actions, le rendement du papier à 10 ans tombant à 2,06% contre 2,08% jeudi soir et 2,20% il y a une semaine.

(Patrick Vignal pour le service français)

 

Le fonds souverain norvégien, qui détient à lui seul environ 1,3% des actions cotées dans le monde, a vu ses actifs fondre de quelque 9 milliards de dollars au deuxième trimestre.  

19 08 2015-Le fonds de pension public norvégien dans lequel le pays place une partie de ses importants revenus pétroliers et gaziers a perdu 73 milliards de couronnes (8,8 milliards de dollars) au cours de deuxième trimestre, soit une baisse de 0,9% en données séquentielles, indique ce matin la Banque centrale de Norvège, chargée de sa gestion. Il s’agit de sa première perte en trois ans. Au cours du deuxième trimestre 2012, le fonds, dont les actifs sous gestion s’élèvent à 6.897 milliards de couronnes (870 milliards de dollars) à fin juin 2015, avait en effet consigné un rendement négatif de 2,18%.

 

Selon l’Institut SWFI, le fonds souverain norvégien est le troisième plus gros fonds au monde, derrière deux fonds de pension, un américain et un japonais. Il détient à lui seul environ 1,3% des actions cotées. A fin juin, ses avoirs se répartissent ainsi : 62,8% en actions (62,5% en mars), 34,5% en revenus à taux fixe (dont plus de la moitié en obligations souveraines) et 2,7% en immobilier.

La valeur de ses positions en actions a fondu de 0,2% au deuxième trimestre, celles en taux fixe de 2,2%, tandis que ses placements immobiliers ont progressé de 2%.

Les stigmates des spéculations sur une hausse des taux aux Etats-Unis

« L’économie mondiale s’est quelque peu améliorée au cours du deuxième trimestre après un début d’année qui a surpris par sa faiblesse », recontextualise la Banque de Norvège dans sa présentation trimestrielle des performances du fonds, même si « les perspectives de croissance pour les marchés

 émergents restent faibles. » Aux Etats-Unis par exemple, les dépenses de consommation ont notamment progressé plus rapidement au deuxième trimestre qu’au cours des trois premiers mois de l’année, en partie grâce à un marché du travail en meilleure santé et à la faiblesse des prix de l’énergie. Mais cette embellie de l’économie outre-Atlantique est venue heurter les positions actions du fonds en cela qu’elle crédibilise le relèvement, cette année, des taux d’intérêt par la Fed, la banque centrale américaine. Les actions américaines détenues par le fonds souverain (33,1% du portefeuille de valeurs mobilières) ont ainsi perdu 1,4%.

Les trois plus grosses lignes du fonds sont Nestlé, Apple et Novartis. La pharmacie est très représentée puisque Roche et Sanofi figurent également dans le Top 10. Ce sont toutefois les valeurs télécoms (rendement de 2,3%) qui ont enregistré la meilleure performance sectorielle du portefeuille, portées par l’espoir d’opérations de fusions-acquisitions.

La crise grecque est également venue plomber les performances du fonds, écrit la Norges Bank Investment Management qui relativise toutefois : « [Elle] a eu seulement un effet limité sur l’ensemble du marché actions au cours du trimestre. » Si bien que les actions européennes que le fonds détient en portefeuille ont clôturé le deuxième quart de l’année à l’équilibre. En revanche, la crise grecque a déclenché une poussée des rendements obligataires des pays périphériques de la zone euro, provoquant une baisse de la valeur des titres de dette et donc une baisse des performances pour le fonds norvégien qui compte notamment dans ses placements à taux fixe 10,9% d’obligations souveraines de la zone euro.

Ce sont les actions chinoises (3,2% du portefeuille) qui, en définitive, ont le plus progressé sur le trimestre, avec un rendement moyen de 9,2%. Plus globalement, le rendement des actions asiatiques (21,4%) s’est apprécié de 1%. ME

Chute des cours du pétrole : la monnaie du Kazakhstan dévisse, le rouble recule

20/08 2015-C’est une des conséquences de la chute des cours du pétrole : les pays producteurs sont à la peine. C’est le cas particulièrement du Kazakhstan où la monnaie ne cesse de perdre de sa valeur, au point que les autorités ont décidé ce jeudi de ne plus intervenir sur le marché des changes pour encadrer les mouvements de la monnaie. La Tenge, nom de la devise kazakh, a aussitôt perdu 20% de sa valeur.
Ce qui complique encore plus la situation, c’est la forte dépendance de l‘économie kazakh à la Russie. Les deux pays sont voisins. Or, la Russie est en proie à la récession. En cause : les sanctions occidentales liées à la crise en Ukraine, et la baisse des revenus pétroliers. Comme au Kazakhstan, la monnaie russe perd de sa valeur. Pour la première fois depuis plus de 6 mois, l’euro a dépassé le seuil symbolique des 75 roubles.

La Russie s’enfonce dans la récession

LE MONDE ECONOMIE |

11 08 2015_La crise économique qui frappe la Russie est loin d’être terminée. Elle s’est même aggravée singulièrement au second trimestre de l’année 2015, selon les chiffres communiqués, lundi 10 août, par le service fédéral de statistique Rosstat.

Entre avril et juin, le produit intérieur brut (PIB) russe a reculé de 4,6 % par rapport à la même période de l’année 2014, soit la pire performance jamais enregistrée depuis la récession de 2009. Surtout, cette contraction de l’activité marque une nette dégradation par rapport à la baisse du premier trimestre (– 2,2 %), mais aussi une déception pour le gouvernement, qui tablait sur un recul limité à – 4,4 %.

Quoique plus mauvais qu’attendu, ces chiffres ne constituent pas une surprise complète. L’économie russe accuse les effets de la crise monétaire qui frappe le pays depuis décembre 2014. Sur les douze derniers mois, le rouble s’est déprécié de 43 % face au dollar, handicapant fortement le pouvoir d’achat et la consommation. Illustration de cette faiblesse, les chiffres de vente de voitures neuves, annoncés lundi, montrent un recul au mois de juillet de 27,5 % sur un an.

Toujours en juillet, l’inflation s’est établie à 15,6 %, ce qui constitue un léger mieux par rapport aux 16,9 % atteints en mars (la pire performance en treize ans) mais reste largement insuffisant pour pouvoir renverser la tendance. Le Fonds monétaire international (FMI) prédit un taux d’inflation sur l’ensemble de l’année 2015 à 18 %, bien plus que les quelque 10 % prévus par la banque centrale russe.

Crédit inaccessible

Le choc est d’autant plus rude pour les consommateurs que les prix des produits alimentaires, pour moitiés importés, ont encore plus grimpé sous l’effet de l’embargo imposé par le Kremlin et qui a été reconduit jusqu’au 5 août 2016, en réponse aux sanctions prises notamment par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.

Lire aussi : Moscou prolonge d’un an l’embargo sur les produits alimentaires européens

L’aggravation de la récession russe s’explique aussi par les mauvaises performances de l’industrie. En juin, la production industrielle a reculé de près de 20 %. Les mesures drastiques prises dès le mois de décembre 2014 par la Banque centrale pour soutenir le rouble ont rendu le crédit inaccessible aux entreprises. Son taux directeur actuel, à 11 %, est bien en deçà des niveaux de l’hiver, mais reste dissuasif pour l’activité.

Les économistes s’accordent à penser que la période présente constitue le pic de la crise. « La baisse du taux de chômage, passé de 5,9 % de la population active en mars à 5,4 % en juin, et la stabilisation de la baisse de la consommation sont des signes encourageants, note Natalia Orlova, chef économiste chez Alfa Bank, mais il ne fait aucun doute que la reprise n’interviendra pas cette année. La tendance reste mauvaise pour les troisième et quatrième trimestres. »

« Crise structurelle »

Le scénario des autorités russes, qui espèrent une amorce de reprise dès le troisième trimestre et une croissance de plus de 2 % en 2016, paraît très optimiste, d’autant que le prix bas des hydrocarbures noircit un peu plus le tableau. La plupart des estimations se fondent en effet sur un baril à 60 dollars, quand celui-ci plafonne ces dernières semaines en dessous des 50 dollars. Les hydrocarbures représentent 25 % du PIB russe, 70 % de ses exportations et 50 % de son budget. Les récentes discussions sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite – actuellement à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes –, et la baisse des pensions montrent que le pouvoir se prépare à affronter des jours plus difficiles encore.

Dans ces conditions, les milieux d’affaires et les réformateurs ne cachent pas leur inquiétude. « Nous sommes au centre de la tempête », expliquait au Monde, fin juin, l’ancien ministre des finances, Alexeï Koudrine, appelant le Kremlin à des réformes de fond.

« La crise actuelle n’est pas seulement une question de conjoncture, elle est structurelle, estime aussi Igor Nikolaïev, directeur de l’institut d’analyse stratégique FBK. Elle vient de notre dépendance critique aux hydrocarbures, de l’inefficacité des institutions, du manque de réformes, de l’augmentation continue des budgets militaires… La preuve en est que, jusqu’à l’année dernière, lorsqu’il n’y avait pas de sanctions et que les prix du pétrole étaient raisonnables, la croissance était déjà atone»

 

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