Rebond boursier dans l’attente de l’explosion à venir

Par Marc Rousset. Le 1.02.2019. Sur Boulevard Voltaire.

 

Selon Martin Tarlie, gestionnaire du fonds américain GMO LLC et économiste théoricien reconnu, spécialiste de la bulle, « la volatilité que nous connaissons est cohérente avec l’explosion d’une bulle », même si la correction du dernier trimestre 2018 est peut-être un faux départ avant le gonflement d’une nouvelle bulle, comme ce fut le cas en 1998-2000. Le mouvement sur le prix des actions des trois derniers mois de 2018 peut être comparé, par sa durée et son ampleur, à ce que l’on a connu pendant le krach de 1929 et l’explosion de la bulle Internet en 2000.

 

La France fait face à des problèmes structurels avec un endettement public qui s’est envolé de 20 % à 100 % du PIB depuis 1980. Certains gilets jaunes désespérés, en voie d’appauvrissement, se trompent de combat en voulant prendre l’argent aux riches pourvoyeurs et créateurs d’emplois qui restent encore en France. Ce qui importe avant tout, pour améliorer leur sort d’une façon durable et certaine, c’est de réformer et faire maigrir l’État français, mettre fin à la ruineuse invasion migratoire ainsi qu’aux inévitables délocalisations du libre-échange mondialiste par la mise en place d’un protectionnisme européen, d’une stratégie industrielle nationale et européenne, tout en encourageant l’innovation technologique et l’entrepreneuriat.

 

L’État français obèse et spoliateur employait 5.666.000 fonctionnaires au 31 décembre 2017, soit une hausse de 47 % depuis 1980, alors que la croissance de la population n’a été que de 24 %. Les dépenses publiques atteignent le chiffre démentiel de 57 % du PIB. La France représente 1 % de la population mondiale, 3 % de la production mondiale mais, à elle seule, 15 % des aides sociales de la planète entière ! Un grand nombre de gilets jaunes font donc fausse route s’ils demandent encore davantage de redistribution socialiste et gauchiste, victimes d’élites décadentes incapables qui n’incitent pas à l’effort, mentent et savent seulement voler dans la poche de ceux qui travaillent encore et créent des richesses.

 

Quant aux États-Unis, c’est un village Potemkine de la prospérité économique hyper-endetté. Le marché de l’emploi est officiellement très tendu, mais il faut savoir que le Département du travail comptabilise deux emplois mi-temps occupés par une même personne comme deux emplois distincts. La dette globale des étudiants vient de dépasser 1.500 milliards de dollars, avec une dette moyenne par étudiant de 26.600 dollars pour obtenir un diplôme. Il en résulte une paralysie de l’économie et de la situation financière de millions d’emprunteurs.

 

Le Japon continue, lentement mais sûrement, à se diriger tout droit vers le mur et l’explosion finale, sans espoir de sortir du cercle vicieux dans lequel il s’est installé. La politique d’assouplissement quantitatif continue de plus belle, avec impossibilité absolue de faire marche arrière. La très faible inflation empêche la dévalorisation de la dette publique et l’archipel nippon, face au protectionnisme mondial, a enregistré pour la première fois un déficit commercial en 2018.

 

En Europe, Mario Draghi continue la politique de la fuite en avant, promettant de ne pas augmenter le coût du crédit en 2019, de réinvestir à l’échéance les 2.600 milliards d’euros déjà accumulés par la BCE lors des rachats d’actifs. Draghi devrait annoncer, le 7 mars, une nouvelle vague de refinancements « LTRO » des banques qui permettent à ces dernières d’obtenir des ressources garanties à un taux fixe et faible sur quatre ans, indépendamment des aléas des marchés. Les banques d’Italie, d’Espagne, de Grèce ont déjà abondamment souscrit chaque trimestre de juin 2016 à mars 2017. Le renouvellement en 2020 est vital pour de nombreuses banques italiennes en quasi-faillite.

 

Certains investisseurs prédisent que l’or pourrait bientôt atteindre les 1.500 dollars l’once. Il est significatif que des projets de loi visant à investir en or et en argent 10 % des réserves des fonds publics viennent d’être déposés dans les deux États américains de l’Arizona et du Wyoming.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

3 pensées sur “Rebond boursier dans l’attente de l’explosion à venir

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    4 février 2019 à 8 08 00 02002
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    « Ce qui importe avant tout, pour améliorer leur sort d’une façon durable et certaine, c’est de réformer et faire maigrir l’État français, mettre fin à la ruineuse invasion migratoire ainsi qu’aux inévitables délocalisations du libre-échange mondialiste par la mise en place d’un protectionnisme européen, d’une stratégie industrielle nationale et européenne, tout en encourageant l’innovation technologique et l’entrepreneuriat. »

    Voila un programme que l’extrême-droite ne renierait pas. Or non, l’avenir de l’humanité n’est pas dans plus de productivisme industriel, il n’est pas dans de nouvelles technologies qui ne font qu’ajouter une couche supplémentaire d’exploitation, de domination et de destruction à celles existantes.

    Le travail industriel est hautement hiérarchisé et cette hiérarchisation s’ajoute à celles de la richesse et de la politique pour contribuer à créer la plus inégalitaire, violente et mortifère de toutes les sociétés humaines. Non au productivisme industriel!

    L’industrialisation a déjà niqué 60% du vivant et presque personne n’entre en résistance. Comme à Nuremberg, nous ne pourrons pas dire à nos enfants que nous ne savions pas. Non au productivisme industriel!

    De plus, pour construire le progrès industriel et son travail inégalitaire et aliéné, nous avons besoin du capital. Qu’il soit privé ou public ne change rien. Non au productivisme industriel!

    La gauche, la droite et les écolos ne sont que des opportunistes uniquement intéressés à conserver les contradictions d’un système dont ils sont les chiens de garde. Non au productivisme industriel!

    Ce n’est pas la non violence qui a stoppé les nazis. Aujourd’hui le productivisme industriel et son mode de vie, la société industrielle de consommation, de domination et de destruction de masse, ont déjà exterminé 60& du vivant dont nous faisons partie pour le meilleur et pour le pire. Le même mot doit résonner partout: Résistance!

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      4 février 2019 à 8 08 54 02542
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      @ Dominique

      Merci beaucoup pour votre post qui exprime le ras-le-bol de la classe prolétarienne face aux rapports de production capitalistes.
      Malheureusement je dois vous dire que vous vous trompez de cible = vous frappez l’ombre de l’assassin comme le fait Monsieur Rousset dans son article que nous publions pour ses statistiques économiques davantage que pou ses recommandations – qui font fausses routes et ça se comprend.

      Dominique vous écrivez ceci entre autre : « Voila un programme que l’extrême-droite ne renierait pas. Or non, l’avenir de l’humanité n’est pas dans plus de productivisme industriel, il n’est pas dans de nouvelles technologies qui ne font qu’ajouter une couche supplémentaire d’exploitation, de domination et de destruction à celles existantes. » FAUX – FAUX Dominique.

      Au début de l’industrialisation de l’Angleterre – la première puissance industrielle capitaliste mondiale au XIXe siècle MARX a du affronter les LUDDITES qui brisaient les métiers à tisser qui leur volaient leurs jobs disaient-ils

      La technologie ne vole aucune job et ne met personne au chômage au contraire – la technologie pourrait rendre le travail moins pénible – plus efficace – plus productif – donc produisant plus de richesses et de biens pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population du monde dont 2 milliards vivent avec moins de 2 dollars par jour – À Madagascar dont je reviens entre autre – parler de société de consommation à Madagascar est proprement indécent.

      QUEL EST LE PROBLÈME ALORS ? Le problème ne réside pas dans la technologie ou l’immigration qui n’est qu’un faux paliatif à la crise économique. LE PROBLÈME CE sont les rapports de production capitalistes dont le fondement est la propriété (privé ou étatique capitaliste) des moyens de production.

      Ainsi le fruit des avancées technologiques qui devraient nous permettre de travailler moins d’heures et plus relax est accaparé par le capital dans sa mission de reproduction élargie = pour son profit = visant l’accumulation. Ainsi, ce qui devrait être une avancée de l’humanité = la machine qui peine à notre place = devient une calamité sociale et provoque chômage et misère – accélération des cadences infernales et maladies industrielles – accidents au travail et le reste

      Sur la question des migrants = Nous prolétaires révolutionnaires sommes opposées aux migrations forcées – et nous savons que les populations préfèrent vivre dans leur région d’origine avec leur famille = c’est à la société locale de leur assurer sécurité et confort – Nous dénonçons l’industrie des passeurs et leurs ONG subventionnées. C’est le développement capitaliste qui impose les migrations forcées qu’il faut dénoncer sans pitié.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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