Récession: ceux qui rassurent et ceux qui disent la vérité…

Par Marc Rousset.

 

La revue Capital, dans son dernier numéro de septembre, veille sur nous et tient à nous rassurer. Capital estime à 20 % de probabilité que « l’économie devrait reculer », à 60 % que « l’économie devrait ralentir » et à 20 % que « l’économie mondiale devrait repartir ». Mais ce que la revue oublie de préciser, c’est que, systématiquement, lors des sept dernières récessions, partout dans le monde, les médias ont toujours  estimé à environ 20 % de probabilité la venue de ralentissements et de récessions, alors que les crises et les krachs ont toujours eu lieu dans les douze mois qui suivaient la courbe de l’inversion des taux de rendement aux États-Unis.

 

 

Capital nous précise que les organisations internationales ne prévoient pas de catastrophe avec un rebond de croissance à 3,6 % en 2020 pour l’OCDE, sans nous avouer que, même si elles en prévoient une, elles nous tiendront toujours des propos rassurants avec des chiffres optimistes tronqués. Un petit paragraphe de lucidité sur trois pages de texte est quand même là pour protéger le magazine au cas où les événements tourneraient au vinaigre : « Nous sommes loin d’être à l’abri d’une crise financière. Excès de liquidités, surendettement de nombreux acteurs, Bourses qui tutoient des sommets sans véritables raisons, banques en difficulté… les bombes sont nombreuses et prêtes à exploser. »

 

L’Argentine s’enfonce dans la crise avec une inflation de 55 %, un endettement public de 100 % du PIB, un rééchelonnement demandé pour 50 milliards de dollars de la dette, le classement par Standard & Poor’s des obligations argentines en catégorie spéculative, le spectre de la banqueroute et du défaut de paiement.

Au-delà des derniers discours apaisants de Trump et des Chinois, des droits de douane bien réels de 30 % au lieu de 25 % ont frappé, ce dimanche, 250 milliards de dollars de produits chinois et frapperont 175 milliards de dollars de produits supplémentaires à 15 %, le 15 décembre, soit, alors, la totalité des importations chinoises. Quant à la devise chinoise à 7,17 yuans pour 1 dollar, elle n’a jamais été aussi basse depuis onze ans pour contrer les droits de douane américains.

 

Mme Lagarde se déclare prête à soutenir l’économie avec de nouvelles mesures de la BCE car « l’expansion économique de la zone euro a ralenti récemment et les perspectives de croissance sont en baisse » : Lagarde veut encore baisser davantage les taux (négatifs depuis 2014) de rémunération des dépôts bancaires et le principal taux de refinancement, nul depuis mars 2016. Elle reconnaît, pourtant, que les taux bas ne sont pas la panacée car ils « ont des implications pour le secteur bancaire et la stabilité financière en général ».

 

Attention ici chers lecteurs – il importe de bien comprendre le phénomène économique complexe que décrit notre collaborateur Marc Rousset:  A) tout commence par la surproduction des marchandises (biens et services). B) Surproduction relative, car les besoins existent mais le pouvoir d’achat de la clientèle s’amenuise – donc la demande diminue – alors que l’offre de biens et de services augmente.  C) Ce qui entraine la guerre commerciale internationale – chaque grand conglomérat industriel cherchant à s’emparer des marchés de ses concurrents (ici, la hausse des tarifs douaniers est la manière par laquelle l’État des riches supporte ses multinationales).  D) Afin de booster artificiellement le pouvoir d’achat anémique, et soutenir la demande, le circuit financier ouvre les vannes du crédit en folie (l’argent ne coûte plus rien et peu à peu ne vaut plus rien)  – d’où, l’endettement catastrophique des États, des consommateurs et des entreprises. E) Cela entraine le renversement de la courbe de rendement des investissements – (face à la crise en folie – il devient trop risqué pour le capital d’acheter des obligations d’épargne gouvernementales à long terme et le capital spéculatif se rabat sur les obligations à court terme donnant momentanément un meilleur rendement. F) En corollaire, les banques imposent des taux d’intérêt négatifs = les banques centrales font payer les banques qui gardent de l’argent en réserve afin de forcer artificiellement la circulation du capital.  G) Le capital financier en surabondance ne peut circuler car il ne trouve pas preneur puisqu’il est inutile d’investir productivement et de lancer la production de nouveaux biens et services quand il y a déjà surproduction (voir le point A ci-haut).  H) Inévitablement, le capital argent spéculatif (les bourses commencent à donner des signes d’essoufflement) et le capital financier hyper-inflationniste (en trop grande quantité sur les marchés) entraînent une dévaluation de la monnaie de réserve internationale (le dollar US pour le moment – alors que l’or-refuge prend de l’ascendant), puis la dévaluation de toutes les autres monnaies par la suite. I) Le crash boursier (les bulles spéculatives éclatent) manifeste la récession puis la dépression économique systémique. Robert Bibeau. Éditeur.

 

Aux États-Unis, les dernières données de l’association ISM (Institute for Supply Management) mesurant l’activité manufacturière dans la région de Chicago laissent entrevoir un ralentissement général de l’activité économique et, toujours selon ISM, les entreprises ralentissent déjà leurs investissements (et leur production. NDLR). En Allemagne, les exportations reculent de 1,3 % au deuxième trimestre par rapport au premier, un rythme inédit depuis six ans. Selon le président de l’IFO (Institut für Wirtschaftsforschung/Institut pour la recherche économique), « les signaux indiquant une récession sont de plus en plus nombreux ».

 

Le taux de rendement des bons du Trésor à 30 ans est tombé à 1,906 %, un record historique. Le rendement à 10 ans (1,46 %) est, une nouvelle fois, inférieur à celui à 2 ans (1,50 %). Le compte à rebours avant la récession a commencé, selon l’économiste américain Tony Dwyer car « lors des sept derniers cycles économiques, chaque récession a été précédée d’une inversion de la courbe des taux ».

 

Le grand média chinois Global Times évoque le retour du standard or. Après un gain récent de 20 %, « une nouvelle hausse de l’or de 25 % pourrait se déclencher », selon les experts de Citi. La dédollarisation est en marche, l’or étant prêt à reprendre sa place de roi légitime sur le trône des valeurs refuges. Mark Carney, président de la Banque d’Angleterre, a lancé une bombe, lors de la grand-messe des banquiers centraux à Jackson Hole, en affirmant la nécessité d’un nouveau système monétaire, que le dollar allait perdre son statut de monnaie de réserve. Il n’y a qu’un seul véritable candidat pour le remplacer : l’or, vieux de 5.000 ans !

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

5 pensées sur “Récession: ceux qui rassurent et ceux qui disent la vérité…

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    5 septembre 2019 à 13 01 53 09539
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    Pour résumer, il y a toujours deux lectures qu’il faut faire des données et analyses économiques qui se font tous les jours, la première est rationnelle qui est celle de la réalité des marchés, de la récession, de l’inflation, de la croissance, des équilibres financiers et économiques et des conséquences positives et négatives subies par les économies dans leur ensemble, et c’est cette lecture qui concerne en premier lieu les opérateurs, les acteurs économiques, les salariés et les travailleurs, les classes sociales, et les pays émergents ou du  »tiers-monde » sans exception. Ensuite il y a la lecture pragmatique, celle des économies dominantes, des superpuissances en guerre, et les techniques impitoyables auquels ils ont recours, moyens dénués de toute déontologie ou éthique,pratiques non équitables, injustes, superficielles, irresponsables qui les maintiennent pourtant en bonne place !

    tout d’abord, Je ne suis pas sûr qu’il puisse y avoir un retour entier et total au standard Or un jour, bien que celui-ci soit amorcé à travers le recours massif à l’or valeur refuge, ou même qu’il y ait abandon du dollars américain qui se fasse de si tôt ! pour la simple raison que la quantité d’or disponible ne peut en aucun cas soutenir ou équivaloir aux capitaux en circulation dans l’économie mondiale, et que le dollar américain est devenu au fil du temps non pas une valeur monétaire et une devise intrinsèquement sûre ou fiable, mais plutôt une unité de valeur transactionnelle qui facilite et assure aussi bien aux économistes et aux opérateurs économiques mondiaux dont les compétiteurs de l’Amérique même, qu’aux gouvernements, une certaine pérennité de calcul uniquement ! surtout que tout ce débat autour de l’hégémonie du dollar américain n’est plus vraiment pertinent depuis que l’économie mondiale carbure plutôt à l’endettement massif et impensable il y a encore 50 ans, au recours massif à la planche à billets dans tous les pays, à la survalorisation et le truchement des chiffres comptables, et à une série de mesures tout aussi suicidaires et inconsistantes les unes que les autres pour maintenir la machine en marche à n’importe quel prix… un prix en passant que paient tous les jours les plus défavorisés dans ce jeu !

    Dans ce débat et analyses à la pelle donc sur la récession et l’économie mondiale, bien qu’elles soient très valides en théorie, chiffrées, réelles aussi bien sur l’état des marchés financiers que ceux des matières et des biens et des services, et traduisent la panique, l’insolvabilité, la volatilité et l’inconsistance de nos économies, je ne retiens qu’une seule chose : Depuis la crise de 1929, l’occident a appris sa leçon, et n’a plus jamais commis l’erreur de se laisser enfoncer ou entraîner par les récessions et les crises, quelque soient leur ampleur et leurs conséquences, et quelque soit leur coût social, humain et financier, et ce, même s’il devait se déclencher un troisième conflit mondial et devoir en assumer le coût ! l’occident à appris à avoir recours tout simplement à divers  »outils et méthodes de redressements » et de reprise de contrôle, les plus inimaginables qui soient, les moins éthiques, les moins logiques, mathématiques ou financiers rigoureux et les plus cruels surtout en terme de coût social !

    La dernière crise financière de 2008 nous en fournit une preuve irréfutable, Alors que des millions d’américains perdaient leurs jobs et leurs maisons, (et qui n’est pas sans rappeler une catastrophe climatique de grande ampleur ou la moitié d’un état américain se retrouve du jour au lendemain sinistré avec des centaines de milliers de maisons rayées de la carte…), on a vu comment le gouvernement Américain à pris des mesures  »exceptionnelles » pour faire des choix  »stratégiques », assumés et bien calculés, celui de laisser tomber certaines banques et entreprises et d’en sauver d’autres bien qu’elles soient toutes deux insolvables, en ayant recours à l’endettement du trésor public pour racler les fonds de tiroirs comme on dit, en plus de recourir à la planche à billet en se foutant éperdument de l’inflation, et en adoptant une batteries de mesures tout aussi aléatoires, dangereuses en théorie et superficielles pour tourner la page et afficher le sourire le lendemain comme si rien ne s’était passé ! et comme tout le monde s’en souvient, effectivement la fin de cette année là, les brokers et les financiers de ce système toucheront leurs primes indécentes quoiqu’il en soit, en choquant l’opinion publique américaine qui ne manqua pas de manifester dans les rues devant cette gabegie et cette insouciance, et elles seront réprimés dans la semaine par les forces de l’ordre comme on a vu! Et ce ne fut pas différend en Europe ! ce fut le même recours à l’endettement public qui en passant ne veut plus rien dire pour ces économies gigantesques, l’important c’est de sauver les riches, les apparences, et assurer une fluidité aux marchés financiers et ceux des biens et services comme si rien ne s’était passé !

    Bien entendu, il y a un coût énorme à tout ceci que aucuns n’assument sauf, les travailleurs, les petits entrepreneurs, et les classes sociales défavorisées en occident comme d’habitude et le tiers-monde encore et toujours bien entendu, car en plus de subir les contre coups d’une crise purement fabriquée et causée en occident en premiers lieu, il devra passer à la caisse et payer, continuer à faire des concessions, et surtout continuer à payer les intérêts de ses dettes au cent près, étant soumis aux règles économiques et financières les plus strictes, qui ne s’appliquent jamais aux grands ni aux riches ! Et voyez-vous, pour venir à bout de la machine économique et hégémonique occidentale qui fait la loi et le beau temps depuis toujours, il faudra lui marcher sur son cadavre et ses ruines, il faudra l’anéantir presque physiquement, la rayer de la carte ! et ça, des pays comme la Chine ou la Russie, l’ont réalisé très tôt et depuis, ont tout simplement rejoint la partie en jouant des mêmes méthodes, instruments et mécanismes financiers, monétaires et économiques, ceux réservé aux  »grands » de ce monde ! L’enjeu donc dans la guerre économique qui se joue devant nous avec les risques de récessions graves qu’elle incluent depuis toujours n’étant jamais de protéger les acquis sociaux de quiconque, assainir les économies, les rendre plus transparentes, c’est plutôt le contraire, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un jeu de  »survivalistes » de qui va durer le plus longtemps, aller jusqu’au bout de ses objectifs, parer aux coups de l’adversaire, faire des profits et le plus de victimes et perdurer… au détriment des réalités sociales !

    Aujourd’hui encore, et j’en suis très largement convaincu, cette recession mondiale réelle qui est déjà amortie et ira en s’aggravant, et même dans le pire scenario ou elle déboucherait sur des conflits armés, des famines, de guerres civiles, ou un scénario de science-fiction ou les riches se verront construire des cités forteresses en acier et en béton, elle ne fera au final que menacer et affecter directement les pauvres, les travailleurs, les petits entrepreneurs, les monsieur madame tout le monde qui font toute leur vie des sacrifices pour y arriver en occident et le tiers monde ! et ne peut en aucun cas, affecter ceux qui possèdent le pouvoir, les armées, les banques et les ressources !

    Lorsque je vois tous les jours comment les constructeurs auto sont entrain de s’enrichir en vendant des camionnettes géantes ford, gmc, dodge par millions d’unités à un marché classique de citadins n’en ayant nullement besoin aux états-unis ou au Canada, et qui consomment deux à trois fois ce que consomme une voiture ordinaire, avec un prix de l’essence en constante évolution en plus, et des défis climatiques gigantesques…ou lorsqu’on constate comment on refourgue à des travailleurs des biens de luxes inutiles dans ce secteur en pleine croissance alors que l’argent manque et que la majorité des gens croulent sous les dettes, et lorsque je constate comment américains, européens, chinois, russes et autres sont entrain d’investir massivement dans la technologie, les ressources naturelles, les matières premières, les mines toujours plus au nord du globe dans la nouvelle conquête de l’arctique, je me dis tout simplement qu’il n’y a que nous, ceux qui peinent à joindre les deux bouts, et qui font une lecture saine de l’économie qui s’en soucient ! car il n’y a que nous qui subissons justement les règles sans pitié de l’économie, et il n’y a que parmi nous que des gens perdent leurs maisons, leurs retraite, leurs épargne si ils en ont une, mais c’est pas du tout la règle qui s’applique aux riches !

    et je finirai avec une anecdote qui m’est récemment arrivée en visitant pour le travail des gens riches et supposément endettés en millions, et sont effectivement endettés au delà de 200 ou 300 millions sur l’entreprise familiale, il n’y a strictement rien qui indique qui vivent dans le stress ou l’insomnie! au contraire, ils passent la moitié de l’année en vacances dans les plus beaux et les plus chers endroits de la planète, ils possèdent du personnel de maison aussi nombreux qu’une PME, ils bouffent, gaspillent et dépensent tous les jours des fortunes rien qu’en entretien de leur train de vie et leurs maisons, et ils se foutent presque éperdument de leurs dettes, car justement, ils ont l’appuis des banques et des fournisseurs de marchés juteux en permanence, on fait confiance à leur stature et leur pouvoir de se refaire en une année, et rien que le parc automobile dont ils se servent tous les jours doit dépasser allègrement les deux millions de dollars et qu,ils changent presque à chaque année ! Alors recession vous dites, oui pour moi en tous cas, elle est sans pitié depuis un moment, et pour le commun des idiots qu’ils ont fait de nous ! et je me contenterai de cela !

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      23 septembre 2019 à 11 11 52 09529
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      Bravo Sam… Je n’aurais rien de plus à ajouter… Si ce n’est : Sortons de ce système en visant l’autonomie alimentaire et energetique et en s’organisant entre citoyens conscients…

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    18 septembre 2019 à 23 11 02 09029
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    Pour une fois, je suis bien d’accord avec Robert. Il faut même rajouter que quand la banque centrale d’un pays pratique des taux d’intérêts négatifs, ceux-ci fonctionnent comme un gigantesque aspirateur du cash de tout le pays. Les riches s’en fichent car ils ont peu de cash mais des placements dans l’immobilier et dans les bourses qui ne sont pas touchés par ces taux négatifs. Par contre pour nous les travailleurs et les pauvres, tout est aspiré car nous nous retrouvons à payer des intérêts d’abord sur nos retraites, et ensuite comme en Suisse sur les comptes courants ou comptes salaires car les banques suisses vont commencer au début de l’année prochaine à répercuter ses taux négatifs sur les comptes privés des gens.

    à noter que les entités privées et publiques qui gèrent l’épargne retraite la placent dans les bourses et qu’elles doivent les ressortir des bourses pour les transformer en liquidités pour pouvoir payer les rentes. Ce sont ces liquidités qui sont touchées par ces taux négatifs et cela représentent des sommes énormes qui chaque année partent dans les caisses des banques. De plus il y a une relation directe entre l’épargne disponible et les investissement dans les entreprises. Moins il y a d’épargne, moins il y a d’investissement possible. Bref, les banques se fichent de nous sur toute la ligne.

    On peut encore ajouter un autre élément: le réchauffement climatique. Des études ont montré que nous ne sommes pas loin, tout au plus quelques dizaines d’années, du jour où les effets du réchauffement climatique vont avoir une influence directe et désastreuse sur l’économie mondiale et provoquer son effondrement, ceci indépendamment de ce qui est décrit dans cet article. Nous serons alors au niveau mondial dans une situation encore pire que celle décrite dans le tableau de Goya « Le colosse ». Quand je l’ai vue au musée du Prado à Madrid, les plaques explicatives nous disent que Goya n’était pas fou (comme le prétendent les bourgeois) et que pendant sa période noire, il n’avait fait que peindre ce qu’il voyait tous les jours quand il se rendait de son atelier de peintre royal à chez lui dans une Espagne qui subissait en même temps une guerre civile, une famine et une épidémie de peste, ceci pendant que les riches continuaient à s’en ficher et à faire la fête. Le colosse du tableau représente les riches. Ce tableau est pour moi la meilleure oeuvre d’art que je connaisse car en une image, Goya a su montrer à la fois la nature profonde de notre société et son horreur quotidienne. Un autre tableau de cette période de Goya, « Ulysse dévorants ses enfants », montre un mec au corps couvert de sang et aux yeux exorbités en train de dévorer comme un chien un gamin à qui il manque déjà une jambe et la tête.

    Enfin tout ceci n’est rien car depuis Goya, nous avons industrialisé ce mode de vie suprématiste, ce qui la transformé en une véritable solution finale par extermination systématique du vivant. Plus de 60% de cette solution finale est déjà réalisée et le reste de cette extermination systématique car systémique continue à un rythme qui accélère avec chaque nouvelle technologie industrielle. Ceci ne menace pas que notre mode de vie et ses collaborateurs comme les patrons nous appellent, mais bel et bien notre survie en tant qu’espèce et celle de toutes les autres espèces vivantes qui n’ont pas déjà été exterminées. Dans ce contexte, il est illusoire de croire que la société industrielle d’exploitation, de consommation et de destruction de masse puisse être réformée car elle est si intimement liée au capitalisme qu’elle n’est pas plus réformable que ce dernier.

    La seule bonne nouvelle est que la société industrielle est un colosse au pied d’argile. Son infrastructure est très fragile et il suffirait de faire sauter son alimentation en énergie et ses voies de communication pour s’en débarrasser et se débarrasser du même coup du capitalisme. Ce qui pose la question de savoir ce que nous voulons et donc in fine si, comme contre les nazis, de savoir si nous sommes prêt à entrer en résistance tout en sachant que notre seul allié, ce coup-ci, sera le vivant. Et en sachant aussi que le plus difficile sera non pas de faire sauter des pipelines, des pilonnes électriques et des ponts mais de construire des alternatives locales basées sur les ressources locales à la gabegie actuelle dans une société qui n’en veut pas – voir la répression féroce contre les ZADs en France ou contre les peuples premiers qui ne veulent pas du mode de vie industriel au Canada, aux USA, en Afrique, en Asie et même dans les pays « écosocialistes » d’Amérique latine.

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      19 septembre 2019 à 9 09 13 09139
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      @ Dominique

      DEUX remarques liminaires

      1) Tu écris ceci : « De plus il y a une relation directe entre l’épargne disponible et les investissement dans les entreprises. Moins il y a d’épargne, moins il y a d’investissement possible. TU AS RAISON…MAIS comment expliquer qu’il y a trop d’épargne disponible – au point que les banques centrales en soient rendues à TAXER – faire payer une amende sur les épargnes non investit = du capital non circulant ??? Parce que tu prends le problème par le mauvais bout de la lorgnette.

      2) Pour INVESTIR et accroitre la production de marchandises il faut qu’il y ait un marché… pour écouler et réaliser la plus-value… et déjà en ce jour il y a surproduction de marchandises qui pourrit dans les entrepôts. Les taux négatifs = les pénalités imposés aux petits épargnants sont une arnaque – un vol – une rançon que les banques imposent aux gens qui n’ont aucun pouvoir sur les INVESTISSEMENTS ET LA CIRCULATION DU CAPITAL – capital qui est bloqué en léthargie faute de marchés pour écouler sa camelote.

      3) Dans ton texte tu écris aussi : « La seule bonne nouvelle est que la société industrielle est un colosse au pied d’argile. » Pour ma part je n’appelle pas cette société INDUSTRIELLE mais mode de production capitaliste METTANT LE FOCUS SUR LES RAPPORTS DE PRODUCTION (capitaliste) plutôt que sur les caractéristiques des moyens de production (industrie – technologie – robotisation – informatisation). Ainsi, ce n’est pas l’industrie (et donc le prolétariat) qui pose problème mais le propriétaire des moyens de production (le capitaliste propriétaire de l’industrie et qui achète la force de travail) qui pose problème et contradiction et que nous devons déposséder de sa propriété.

      4) Au total ce n’est pas l’industrie – les machines outils – les robots et les ordinateurs qu’il faut détruire mais les rapports de production capitalistes ET ALORS nous devrons construire – ce sera la deuxième phase de la révolution prolétarienne UN NOUVEAU MODE DE PRODUCTION c’est-à-dire de nouveaux rapports de production qui SOYONS CLAIRS À CE PROPOS auront pour fonction d’organiser la manière que l’espèce humaine exploite – utilise – les ressources terrestre pour se reproduire en tant qu’espèce.

      5) Alors, toutes suggestions seront les bienvenues afin que notre empreinte écologique en tant qu’espèce soit la moins destructrice possible en se rappelant toutefois que 8 milliards d’humains ne peuvent survivre sans exploiter-transformer le substrat sur lequel ils habitent.

      Robert Bibeau
      Merci Dominique pour ton post

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        23 septembre 2019 à 12 12 01 09019
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        8 milliard d’humains pourraient très bien vivre en adoptant le modèle de la permaculture qui regenere la terre et prend soin du vivant…

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