RÉFÉRENDUM EN CATALOGNE, UN SCRUTIN QUI DÉCHIRE L’ESPAGNE

Entrevue avec   Luc Michel.  Sur  PressTv Iran et sur PCN-TV  02.10.2017.

 

LA FACADE « DÉMOCRATIQUE » DE L’UE S’EST LÉZARDÉE A BARCELONE …

 

«L’Espagne traverse l’une de ses pires crises politiques depuis le retour à la démocratie, après la mort du dictateur Franco en 1975. Les autorités catalanes étaient déterminées à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de la Catalogne, dimanche 1er octobre. Un scrutin illégal aux yeux de la justice espagnole et que le gouvernement de Madrid a tout fait pour empêcher. Cette consultation à haut risque soulève bien des questions. La Catalogne, région de 7,5 millions d’habitants située dans le nord-est de l’Espagne, à la frontière franco-espagnole, dispose déjà d’un statut de communauté autonome. Elle possède son Parlement et son gouvernement avec des compétences étendues. Mais les indépendantistes font valoir que leur région, qui possède sa langue et sa culture, est une « nation » et non une « nationalité » comme le stipule la Constitution espagnole de 1978. Ces éléments justifient selon eux qu’ils disposent de leur propre État. Ils avancent également un argument économique. La Catalogne est la région la plus prospère d’Espagne : elle représentait à elle seule 19% du PIB du pays en 2016, au coude-à-coude avec Madrid. Aux yeux des indépendantistes, elle verse une contribution financière trop élevée à l’État espagnol, et son économie serait bien plus vaillante si elle était indépendante.

D’une manière générale, le gouvernement espagnol reproche aux indépendantistes d’alimenter le populisme et de tenter de tirer parti du marasme économique et de la crise politique, alimentée par les nombreuses affaires de corruption qui éclaboussent la famille royale. En laissant la Catalogne organiser un référendum sur la question, Madrid ouvrirait en outre la porte à des scrutins semblables dans d’autres régions traversées par un sentiment indépendantiste. À commencer par le Pays basque.

Le gouvernement catalan proclame l’indépendance de la Catalogne ,cette éventualité contraindrait Madrid à réagir. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, pourrait appliquer l’article 155 de la Constitution qui l’autorise à suspendre l’autonomie de la Catalogne et prendre le contrôle de sa police. Il pourrait aussi arrêter des dirigeants catalans, tel le président Carles Puigdemont. Mais l’image de ces personnalités encadrées de policiers risquerait de faire le tour du monde et donnerait aux indépendantistes l’occasion de « passer de la logique de l’indépendance à celle de la défense de la démocratie contre un État répressif ». Le ton est monté entre indépendantistes catalans et autorités espagnoles, dimanche 1er octobre, alors que 5,3 millions de personnes étaient appelées à voter lors du référendum d’autodétermination de la région. Personnes âgées évacuées manu militari, irruption de la police antiémeute dans les bureaux, heurts avec les militants… La journée de vote a été marquée par plusieurs scènes fortes.

Luc Michel, géopolitologue et Pierre Dortiguier analyste politique nous donnent plus de détails à ce sujet.»

 

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/10/02/537225/Rfrendum-en-Catalogne-un-scrutin-qui-dchire-lEspagne

 

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