RÉFORMER LE CAPITALISME (IM)POSSIBLE?

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Vincent Gouysse.  Octobre 2014.  Source :  Que Faire ?  http://www.orgcomfr.com/QUE_FAIRE_04.pdf

 

Interview de E. Macron, Ministre français de l’économie et ex-Banquier d’affaires chez Rotschild.

 

Le mot est à la mode en France. C’est un mot qui ne fait pas peur. Réforme des retraites, réforme de l’hôpital, réforme territoriale, réforme du droit du travail (ANI), réforme des professions réglementées, réforme de l’attribution des prestations sociales, réforme de l’assurance chômage.

 

Depuis plus de dix ans, qu’ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements français ont TOUS insistés sur la nécessité de « faire des réformes ». Le 11 Octobre dernier, E Macron (Ministre de l’Économie) interrogé par un journaliste déclare :

 

Question : « La croissance est en panne, le chômage très élevé, les comptes dans le rouge, Bruxelles et les agences de notation pointent nos faiblesses… Le gouvernement fait-il assez de réformes ?

 

Réponse : C’est le moment pour la France de repartir à l’offensive. L’Europe a besoin d’un New Deal : la France s’engage à poursuivre et même à intensifier ses réformes.

 

Question : Hormis la baisse du coût du travail, beaucoup de textes ne sont toujours pas votés…

 

Réponse : Demandez aux entreprises si rien n’a changé! Beaucoup de réformes ont été votées et engagées : le Cice (Crédit d’impôt compétitivité emploi, NDR), le pacte de responsabilité et de solidarité, l’accord de janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi. L’État, la sécurité sociale et les collectivités font des efforts considérables pour réduire nos dépenses publiques de 50 milliards en trois ans… C’est historique! Faire changer les choses, c’est toujours prendre un risque. C’est comme rentrer dans la vallée de la Mort : jusqu’au dernier moment, on ne sait pas quand on va en sortir; mais la pire des erreurs est de faire marche arrière. Nous avons six mois pour créer une nouvelle donne en France et en Europe.

 

« Rentrer dans la vallée de la Mort » !!!, mais comme il y va notre ministre. C’est un peu effrayant, non ? Pour lui c’est un « challenge » comme on dit dans son monde de banquiers. Car Mr Macron est un pur produit de la Banque Rothschild. Mais pour nous, comme pour nos camarades européens c’est trop tard, nous sommes déjà rentrés dans la « vallée de la mort ».

 greve-enseignant

Allons faire un tour au Portugal. Le SMIC portugais est à 554 euros. Le salaire moyen d’un ouvrier y est d’environ 1000 euros. On parle de brut, évidemment. Pour rappel, en France le SMIC est à 1353 euros, et un ouvrier gagne entre 1500 et 2000. C’est ça qu’ils appellent la compétitivité. (Il faut savoir pour nous américains que la standardisation des prix par l’imposition de l’euro- monnaie unique-  fait en sorte que le coût de la vie est aussi dispendieux au Portugal, en Grèce, en Espagne qu’en France,  en Italie, et en Allemagne. Alors à chacun d’approximer ce que put être le pouvoir d’achat d’un travailleur portugais dans cette galère européenne. NDLR).

 

En clair, le travailleur portugais gagne près de la moitié moins que son homologue français pour un travail identique (en 2012, au nom de la « compétitivité » le gouvernement portugais a décidé de relever les cotisations salariales de 11 % à 18 % et de réduire les cotisations patronales (improprement appelées “charges” pour des raisons idéologiques) de 23,75 % à 18 % Alors ce qu’il faut comprendre c’est que si les capitalistes sont arrivés, avec la collaboration de TOUS les partis politiques et de TOUS les syndicats, – au fil des années et des gouvernements – à faire avaler la couleuvre des « réformes » c’est que le SMIC, c’est trop, beaucoup trop ! La sécu, c’est trop aussi, le chômage pareil (payer quelqu’un à rien faire pour un capitaliste, c’est du gaspillage). (NB Pour un prolétaire aussi le fait de payer quelqu’un à ne rien faire c’est du gaspillage. C’est le motif pour lequel,  nous communistes authentiques  préconisons le renversement du mode de production capitaliste inopérant et son remplacement par le système socialiste seul capable d’assurer du travail à tous et pour tous –  travailleurs et travailleuses du monde entier. NDLR).

 

Pas possible en France ? Mais bien sûr que si. On ne touche pas trop la TVA on pique du pognon sur les retraites, les salaires, etc .. par le biais de la CSG et le tour est joué. Et comme le préconise un larbin de la presse «« Socialistes, soyez plus intelligents que les autres, faites-les sans le dire, les réformes. Planquez-les, les réformes, dans les projets de loi les plus inattendus, sur la pêche, le bâtiment, la taille des petits pois. » (D.  Schneiderman, Nouvel Obs). Bien entendu toutes ces « réformes » mises en oeuvre depuis plus de 40 ans ont un point commun : elles n’ont jamais produit le moindre des effets pour lesquels elles ont été vendues ! Tout ce qui était censé faire baisser le chômage n’a fait que l’aggraver. Pour le reste, elles ont saccagé les Services Publics, et plongé les peuples dans la misère. Depuis des dizaines d’années TOUS les partis de « gauche » ont joué à fond la carte des élections et des « partenaires sociaux ». Croire qu’on change le monde ou la société par des élections ou par des discussions feutrées avec le patronat, ça s’appelle du … réformisme. Et depuis des dizaines d’années, cette gauche réformiste, syndicale et politique, nous a mené à l’abattoir (la Vallée de la Mort de Mr Macron).

 

Le contraire de réforme ? : Révolution, et ça c’est un mot qui fait peur. Révolution, «c’est la dictature, la violence, c’est pas la démocratie, » nous dit-on à longueur de télé, de radio …. Mais que vaut cette démocratie qui nous conduit à la misère ? Les licenciements, les gens jetés à la rue, ceux qui ne peuvent plus se soigner, 10% de plus chaque années aux restos du coeur, c’est pas de la violence ça ! En Union Soviétique, pays de la Révolution d’Octobre, les travailleurs bénéficiaient de la gratuité des transports et des soins. L’école elle aussi était gratuite. Dans ce pays les capitalistes avaient été expropriés de leurs usines et de leurs terres. Interdit de trafic et d’exploiter les hommes. C’est ça la violence révolutionnaire : interdire aux capitalistes de faire loi, de dicter leur politique de misère et de guerre. C’est pour cela que les communistes disent non aux réformes (impossibles), oui à la révolution. Non aux capitalistes, place à la classe ouvrière !

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 « L’exemple » allemand ?

 

L’Allemagne moteur de l’Europe, le miracle Allemand, les journalistes aux ordres ne tarissent pas d’éloge sur le pays qui serait « le bon élève » de l’Europe. Regardons  y de plus près :

 

Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres… et la pauvreté, en hausse constante, touche un enfant sur cinq en Allemagne (!)

 

Pour les femmes qui travaillent à plein temps, c’est la galère. Peu ou pas de crèches, pas de cours l’après-midi dans les écoles allemandes… et si les gamins ou les gamines n’aiment pas le sport, la seule alternative c’est regarder la télé tout l’après-midi sous la surveillance de la grand-mère ou de la grand-tante – en espérant qu’elle n’habite pas trop loin.

 

La fameuse prospérité que nos élites nous vantent ne se traduit en rien de façon concrète pour le ménage allemand… En revanche, quelle fierté légitime que de savoir que grâce à 10 ans de régression salariale et sociale, les finances du pays sont à l’équilibre ! et la pauvreté en Germinal !   Je plaisante ! C’est un peu comme si l’on demandait en France aux habitants des zones industrielles sinistrées de Bretagne ou de Lorraine s’ils sont fiers de savoir que Versailles, le Louvre et le Mont Saint-Michel sont visités chaque année par 50 millions de touristes et qu’il s’agit d’un record planétaire.

 

La « fierté de »… ça ne fait pas bouillir la marmite, ça ne donne pas de boulot aux travailleurs-travailleuses !  Même que ce sont les capitalistes du tourisme qui empochent et pas du tout les besogneux de la visite sur site.

 

À suivre demain ici même – « Le bonheur sous le capitalisme d’équilibre budgétaire  selon la classe hégémonique française ».

 

 

Une pensée sur “RÉFORMER LE CAPITALISME (IM)POSSIBLE?

  • avatar
    31 octobre 2014 à 18 06 10 101010
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    Le capitalisme va disparaître et la révolution bourgeoise sera en faillite. Nous retournerons au féodalisme, aux croyances religieuses et aux superstitions surnaturelles, la peur et l’ignorance seront les meilleurs compagnons du peuple et la force celle des puissants seigneurs guerriers qui domineront la terre de demain.

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