Retraite : voici les réformes appréhendées suite à la présidentielle (France)

Par   Thomas Le Bars. Le 14.02.2017.  Capital  Url : http://www.capital.fr/a-la-une

 

Retraite : voici les réformes qui vous pendent au nez après la présidentielle 2017
De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par François Fillon, presque tous les principaux candidats à la présidentielle comptent réformer les retraites, avec des visions radicalement opposées de l’un à l’autre. Dans le viseur, notamment : l’âge légal de la retraite, qui pourrait tomber à 60 ans ou être allongé à 65 ans selon le vainqueur.

Et une nouvelle réforme des retraites ! Les Français n’échapperont probablement pas à une refonte en profondeur des règles en matière de liquidations de leurs droits. La plupart des favoris pour l’élection présidentielle de 2017 comptent en effet mettre en place des mesures détonantes, en particulier concernant l’âge de la retraite, que ce soit pour l’avancer ou le reculer. Revue de détails des propositions de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.


François Fillon : il veut augmenter l’âge légal de départ à 65 ans

L’âge légal de départ avant lequel il n’est pas possible de liquider ses droits (hors retraite anticipée), actuellement fixé à 62 ans, passerait à 65 ans. L’ancien Premier ministre compte aussi harmoniser les systèmes de retraite du public et du privé, en faisant en sorte que la pension de retraite des fonctionnaires soit calculée sur les 25 meilleures années de leur carrière, primes comprises, comme c’est le cas dans le privé, alors qu’actuellement elle dépend de la rémunération des 6 derniers mois (hors primes). Par ailleurs les régimes spéciaux (dont bénéficient notamment les agents de la SNCF et de la RATP), plus favorables que le régime général, seraient supprimés.

Benoît Hamon : il compte revaloriser les petites retraites

Des 5 favoris pour la présidentielle, le vainqueur de la primaire de gauche est le plus prudent sur le front des retraites. Dans son programme, il se borne à défendre une revalorisation de 10% des minima sociaux, ce qui inclut donc l’ex-minimum vieillesse, l’Allocation de solidarité aux personnes âges (ASPA). Dans une interview récente à Notre Temps il promet aussi une revalorisation des petites et moyennes pensions de retraites. Il estime par ailleurs que les retraités modestes seront favorisés par sa refonte de l’impôt sur le revenu. Enfin, il prône une revalorisation des pensions selon les prévisions d’inflation plutôt que sur l’évolution des prix constatée sur les 12 derniers mois.

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Marine Le Pen : elle défend toujours la retraite à 60 ans

Le rétablissement de la retraite à 60 ans était l’un des axes majeurs de son programme de 2012. Il devrait encore y figurer en bonne place en 2017, à en croire Challenges qui s’est procuré un document résumant ses principales propositions. Par ailleurs, la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein tomberait à 40 ans alors qu’elle est actuellement de 41,5 ans pour les générations 1955 à 1957 et doit progressivement augmenter à 43 ans pour ceux nés en 1973 et après.

Emmanuel Macron : il vante une retraite à la carte

C’est potentiellement le projet le plus ambitieux… mais aussi le plus flou : l’ancien banquier prône davantage de flexibilité en matière d’âge de départ à la retraite. « Certains veulent la prendre à 60 ans, d’autres à 65, d’autres encore à 67. Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations. », a-t-il ainsi souligné dans une interview à l’Obs. Reste à savoir ce que cela implique réellement : suppression de l’âge légal (actuellement de 62 ans), facilitation des départs avant 62 ans, diminution de l’âge du taux plein (actuellement à 67 ans) ?

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Jean-Luc Mélenchon : il défend comme Marine Le Pen la retraite à 60 ans

Côté retraite Mélenchon est sur la même ligne que la candidate FN avec un retour à une retraite à 60 ans et une durée de cotisation pour obtenir le taux plein fixée à 40 annuités, comme il l’a défendu sur RMC début janvier. Pour financer cette réforme, il propose une solution pour le moins originale : augmenter le salaire des femmes afin de l’aligner sur celui des hommes aux mêmes postes, ce qui augmenterait les cotisations retraite…

Thomas Le Bars

 

Temps de travail : comment les candidats à la présidentielle veulent tout faire sauter

François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon… tous les favoris à la présidentielle veulent, d’une manière ou d’une autre, réformer les 35 heures, afin de réduire ou d’augmenter le temps de travail. Le point sur leurs propositions.

Ce sera sans nul doute l’un des sujets phares de l’élection présidentielle. Le temps de travail ne laisse en effet aucun des candidats indifférents, que ce soit pour faire travailler davantage les Français (comme le souhaitent Fillon et Le Pen), leur accorder davantage de repos (comme le défendent Hamon et Mélenchon) ou faire varier cette durée selon l’âge (c’est l’option Macron).

Ce débat n’a d’ailleurs pas échappé à France Stratégie, l’organisme de réflexion placé auprès du cabinet du Premier ministre. Dans une note publiée mardi, ces experts tentent de juger des qualités et des défauts de chacune de ces visions. Ils estiment qu’une baisse du temps de travail pourrait « conduire à des créations d’emplois et à une baisse du chômage à court terme » mais que cette stratégie devrait s’accompagner d’une modération salariale pour que l’effet soit durable.

A l’inverse, une hausse du temps de travail « risque d’entraîner à court terme une hausse du chômage, dans la mesure où les entreprises auront tendance, à niveau donné de leurs carnets de commande, à ajuster leur cible de main-d’œuvre à la baisse ». Mais à long terme le gain en compétitivité pourrait « contribuer à stimuler la production, les marges, l’investissement et in fine l’emploi ».

Pour vous faire une meilleure idée des intentions de chacun des candidats à la présidentielle sur la question du temps de travail, voici les mesures prônées par les 5 favoris : François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

 

François Fillon : il compte instaurer les 39 heures dans le public et laisser les entreprises décider de leur temps de travail

Le candidat de la droite compte fixer la durée légale du travail à 39 heures par semaine dans le public. Dans le privé, les entreprises décideraient seules du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, dans la limite du plafond de 48 heures hebdomadaires fixé par la réglementation européenne. Le plafond de 39 heures du public serait censé leur donner une indication du « temps de travail cible ». Par ailleurs il veut supprimer un jour férié pour gagner un jour de travail annuel.

Benoît Hamon : il veut inciter les entreprises à baisser le temps de travail

Le tout récent vainqueur de la primaire de la gauche veut maintenir la durée légale à 35 heures, mais il compte en parallèle inciter financièrement les entreprises à valoriser la réduction du temps de travail, selon des formes multiples : semaines de 4 jours, congé sabbatique, temps partiel…

Lire aussi : Le programme du vainqueur de la primaire de gauche Benoît Hamon

Marine Le Pen : elle est favorable à des accords de branche permettant de travailler 39 heures

La candidate du Front National ne dévoilera son programme qu’en février mais elle s’est d’ores et déjà déclaré favorable dans une interview en janvier au Parisien à une renégociation du temps de travail par branche d’activité (et non au niveau des entreprises comme le propose François Fillon). « On pourra donc, en fonction de ces négociations, travailler 39 heures, mais payées 39 ! » déclare-t-elle. Un projet plus offensif qu’en 2012, lorsqu’elle affirmait ne pas vouloir toucher aux 35 heures.

Emmanuel Macron : il défend un temps de travail modulable selon l’âge

L’ancien ministre de l’Economie ne présentera son programme qu’en mars. Mais il a prôné dans une interview à l’Obs un temps de travail modulable selon l’âge du salarié : il serait ainsi plus élevé pour les jeunes et plus faible à l’approche de la retraite. « On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long ».

Jean-Luc Mélenchon : il veut revaloriser les heures sup’ et discuter des 32 heures

Dans une interview sur BFM et RMC début janvier, le candidat de la « France Insoumise » s’est déclaré favorable à une réduction du temps de travail. Il a ainsi plaidé pour « rétablir les 35 heures », via une meilleure rémunération des heures supplémentaires. Il considère en effet que les 35 heures sont « déjà finies » car « l’heure supplémentaire ne coûte pratiquement plus rien ». Il s’est dit par ailleurs « d’accord pour que l’on discute des 32 heures ».

Thomas Le Bars

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