Revirements tectoniques en Arabie, sur fond de purge politique

Par Lawrence Desforges (revue de presse : globalepresse – 1/11/17)*

 

Le roman-feuilleton géopolitique moyen-oriental ne cesse de surprendre par ses changements soudains et inattendus, si bien qu’en dépit de certains signes avant-coureurs décelés par les meilleurs analystes les gens peuvent, comme pris de court, se laisser embarquer par le discours le plus dominant, c’est-à-dire le plus relayé par la presse occidentale.

Au cours de ces derniers jours Mohammed ben Salmane, Prince héritier du trône saoudien, a procédé à une violente et radicale purge politique au sein de certaines des institutions les plus puissantes du Royaume. Au cours de celle-ci, un Prince saoudien est mort dans un accident d’hélicoptère, tandis qu’un autre était abattu parmi ses gardes du corps, alors qu’il « résistait à son arrestation ». Le Premier Ministre du Liban Saad Hariri, qui possède la double nationalité libanaise et saoudienne, a été contraint à la démission tandis que rien, extérieurement, ne semblait présager d’un tel événement.

Que se passe-t-il donc en Arabie Saoudite? Certains avancent que Riyad répond aux exigences de son allié secret israélien qui, en désarroi face à l’échec patent de sa stratégie de balkanisation de la Syrie (le « plan Oded Yinon »), chercherait à ouvrir un nouveau front par le Liban, en œuvrant à déstabiliser ce pays. Cependant le Liban, tout comme la Syrie, a su résister aux tentatives de déstabilisation israéliennes par l’entremise des divers groupes « djihadistes » ou « révolutionnaires » de la région, et Riyad sait très bien que l’Arabie Saoudite figurait aussi dans les cibles du plan Oded Yinon tandis que la monarchie a des raisons de craindre que son protecteur étasunien, inquiet des rapprochements saoudo-chinois et du tarissement inévitable de la manne pétrolière saoudienne, ne cherche à la renverser pour installer un régime encore plus fantoche à sa place.

Ainsi donc, à la roulette du pouvoir les tables tournent et avec, des changements géopolitiques d’ordre tectonique deviennent envisageables, tandis que la monarchie saoudienne lutte pour sa survie en pariant sur des projets pharaoniques dans sa « Vision 2030 », et en abjurant de se défaire de ses traditions wahhabites enfin reconnues comme d’un autre âge.

Adam Garrie, directeur de la rédaction de site TheDuran.com, devenu ces derniers temps une référence en la matière, nous en livre son analyse à Londres, le 6 novembre 2017.

*Source : globalepresse.net

 

3 pensées sur “Revirements tectoniques en Arabie, sur fond de purge politique

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    15 novembre 2017 à 9 09 41 114111
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    Salut tout le monde,

    À propos d’Israël, il dit à 11’51 » : « certains l’appellent le 51ème État (des USA) et je l’appelle le premier État profond qui, sincèrement, contrôle l’Amérique!»

    C’est évidemment faux, comme expliqué ici :

    http://mai68.org/spip/spip.php?article5864

    Et Hassan Nasrallah, du Hezbollah libanais, dit évidemment la même chose que moi :

    http://mai68.org/spip/spip.php?article11506

    Extrait : « Les bandes sionistes qui agissent en sous-traitance pour le compte de l’impérialisme US… »

    Bien à vous,
    do
    http://mai68.org/spip2

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      15 novembre 2017 à 10 10 15 111511
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      @ DO

      Cette fois tu as entièrement raison DO

      La chaloupe de sauvetage ne dirige pas le porte-avion amiral.

      Un PIB de 240 milliards de dollars ne controle pas un PIB de 10 000 milliards de dollars
      Un État de l’union fut-ce le 51e ne dirige pas la fédération pas plus que la Californie dirige les États-Unis

      Les USA sont l’ennemi et Israël leur torpilleur méditerranéen aussi

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    15 novembre 2017 à 17 05 26 112611
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    En fait ce qu’il dit vraiment est que la plupart des hommes politiques US sont a la botte du puissant lobby AIPAC . J’ ajoute qu’aussi plusieurs hommes politiques us, détenant des postes clefs, ont la double citoyennetés et qu’ils agissent en fonctions des objectifs de leurs nationalité première .

    Une interview de Nasrallah de 2006 et une comparaison de pib ne représente pas d’arguments en défaveur de l’affirmation de cet expert, a mon avis.

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