Salut et Merci, Monsieur Parizeau

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(Bien que nous ne soyons pas en accord avec le texte du post mortem que présente Monsieur Serge Charbonneau à propos de l’ex-ministre des finances et ex-premier ministre du Québec nous publions tout de même son laïus. Quand à nous – nous présenterons demain  – 3.06.2015 – notre texte in memoriam sur  ce millionnaire nationaliste réactionnaire. Robert Bibeau).  

 

Par Serge Charbonneau. 2.05.2015

 

Je crois que seuls ceux qui ont vécu le 15 novembre 1976 peuvent ressentir l’ampleur  « émotionnelle » de ce départ. Comme si, non pas un personnage politique important nous quittait, mais comme si toute une époque quittait le présent pour se confiner désormais à l’Histoire.

 

C’est avec une très grande émotion que j’ai appris le décès de Monsieur Jacques Parizeau. Un des derniers piliers de ce que fut pour moi, «le» plus grand gouvernement du Québec, celui qui fut élu le 15 novembre 1976. Ce gouvernement de 1976 fut l’un des gouvernements regroupant le plus grand nombre de gens dotés des plus grandes compétences dans la plus grande diversité.   De véritables professionnels de la langue à la médecine, des communications à la poésie, de la jeunesse à l’expérience, de la philosophie à l’économie. L’économie… c’est lors de son mandat en tant que ministre des Finances que Jacques Parizeau fut à son meilleur.

 

Pour moi, Jacques Parizeau n’a jamais été un grand chef. Je ne crois pas que ceux qui ont vécu le Québec du 15 novembre 1976 vibrent avec une grande émotion du Jacques Parizeau premier ministre.   Je crois que pour nous, c’est le Jacques Parizeau de 1976 qui nous faisait l’admirer et le respecter. Un Monsieur important et admirable dans ce gouvernement. Un économiste souverainiste compétent qui nous laissa, entre autres, la Caisse de dépôt et la Régie des rentes.  Reposez en Paix, Monsieur Parizeau et merci pour votre apport à l’économie, à l’Histoire du Québec et à la marche vers le Pays.

Aujourd’hui, la marche vers le Pays se poursuit.

Comme vous disiez, Monsieur Parizeau, le soir du 30 octobre 1995, ce soir où la victoire nous a été volée: « …On a été battu par quelques dizaines de milliers de voix. Ben, dans ce temps-là, qu’est-ce qu’on fait ? On se crache dans les mains et pis on r’commence ! »

 

Oui, la marche se poursuit et, un jour, le Pays dans lequel vous avez vécu et où nous vivons toujours sera reconnu distinct, souverain et Indépendant. Et ce jour de l’Indépendance, entouré de vos camarades les Lévesque, Laurin, Godin, Garon, Burns, Lazure, Léger, sur votre nuage, vous pourrez enfin déboucher un grand cru.

Serge Charbonneau.  Québec

 

4 pensées sur “Salut et Merci, Monsieur Parizeau

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    2 juin 2015 à 12 12 15 06156
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    Merci pour la publication de cet hommage à Monsieur Jacques Parizeau.

    Toutefois, permettez-moi de trouver un peu déplacé cet entête à lire avant mon texte.
    Je respecte les vues des 7 du Québec, mais je crois que cet avis de la direction, à mon sens, aurait dû être mise à la fin du texte, par simple respect pour mon hommage.

    On peut considérer ce riche comme étant un «millionnaire nationaliste réactionnaire», mais son importance dans l’Histoire politique de notre Pays est indéniable. On ne peut nier et rejeter du revers de la main des décennies d’Histoire.
    Je crois qu’on doit avoir un certain respect pour ceux qui font l’Histoire, que l’on soit pour ou que l’on soit contre.

    Malgré tout, je remercie les 7 du Québec pour la publication de mon hommage et de mon rappel à ce grand événement du 15 novembre 1976.

    Salutations,

    Serge Charbonneau
    Québec

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    2 juin 2015 à 12 12 18 06186
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    Repentigny, 15 novembre 1976. On avait fait rentrer Parizeau dans l’Assomption avec 20,000 voix de majorité. Son adversaire local, un ex-indéracinable du nom de Comtois, avait perdu son dépôt. J’avais dix-huit ans, comme mon ami Gaétan. Et là, oui là, on a vraiment cru qu’on changeait le monde. Aujourd’hui Gaétan est mort, Parizeau est mort et je ne me sens pas bien moi non plus…

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      2 juin 2015 à 12 12 27 06276
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      Le 15 novembre 1976, moi, j’avais 21 ans et j’étais à Bordeau en France. Mes amis français interprétaient le résultat électoral comme si le Québec venait de déclarer son Indépendance !

      C’était l’euphorie en France et bien sûr, nos cousins me montraient fièrement leur sentiment d’avoir participé via le Général de Gaulle à cette Indépendance du Québec !

      Vive le Québec liiibre !

      Serge Charbonneau
      Québec

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    2 juin 2015 à 13 01 12 06126
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    Merci Serge pour cet homage In Memoriam.

    Homage à Monsieur qui a su dépasser l’étât de porteur d,eau que nous étions avant le Québec inc. D.apparence austère British, Monsieur Parizeau savait écouter avec affabilité et analyser avec rationalité les situations les plus diverses, cet homme m’a profondément marqué suite à deux rencontres au début de ma carrière en finance (GRE) et demeurera un père fondateur du Québec moderne que nous espérions tous. Vivement une statue au parlement pour se souvenir.

    DG

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