“Terrorisme d’État”, “Terrorisme salafiste”, même combat !

Par Dunières Talis. Décembre 2015.  Guadeloupe. Nouvelles Étincelles.

DAESH

La France a peur, elle est en état de choc. Le peuple, traumatisé au possible, k o.. debout ne sait pas à quel saint se vouer. Les médias aux ordres, “concurrence libre et non faussée”, oblige, se livrent une guerre impitoyable pour être celui qui diffusera en boucle, qui surexploitera le plus cyniquement, les souffrances, les témoignages les plus douloureux, les plus poignants des survivants et des familles des victimes.

 

Sans preuve aucune, les bazanés, les beurs, ceux qui selon Nadine Morano ne font pas partie de la nation française, refoulés, tapis dans les banlieues sordides, défavorisées, sont naturellement désignés comme complices ou sympathisants des terroristes ou de leur idéologie. On oublie tout simplement de préciser que 60 % des victimes du terrorisme salafiste sont musulmans : Irak, Libye, Syrie, Tunisie, Afghanistan, Maroc, Somalie…

Aucun gouvernement, fut-il musulman ou occidental, qualifié de “mécréant”, n’échappe à la vindicte de Daesh, au sort que lui réserve, la “Gestion de la barbarie” prévue par l’État Islamique.

 

Terrorisme d’État contre Terrorisme salafiste

 

Face à ce péril, face aux menaces, aux actions terroristes prévues par Daesh dans son manifeste “Gestion de la barbarie”, le compte à rebours a commencé.

Le président Hollande prévient : “les réprésailles seront terribles” ! “L’état d’urgence nationale dont la dernière application remonte à la deuxième guerre mondiale est décrétée, les frontières sont fermées.

 

Députés et Sénateurs sont réunis à Versailles afin de cautionner la mise en place d’une sorte de “Patriot Act” à la française?

 

À quoi les mesures du “Patriot Act” américain ont-elles servi ?

 

À réduire encore plus les libertés individuelles. A quoi a servi la manifestation du 11 janvier 2015 après la tuerie à Charlie Hebdo ? Nous avons déjà répondu : Collaboration de classe, privation de liberté, acceptation du pouvoir hégémonique de la bourgeoisie.

 

Les réprésailles des États-Unis  suite au 11 septembre 2001 (3 000 morts) ont coûté la vie à des millions d’innocents, ont justifié les guerres d’occupation où bon leur semblait.

La destruction de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye, de la Somalie, de la Syrie, le pillage du pétrole par les multinationales occidentales, la faim, la misère, ont été la cause majeure du chaos au Moyen-Orient, le déclencheur principal qui a créé le surgissement et la consolidation de Daesh.

 

Ernesto Bustos journaliste cubain écrit : “La France soutient Al-Nosra en Syrie, les Etats-Unis fournissent des armes à Daesh, l’Arabie Saoudite et le Qatar libèrent des criminels prisonniers pour rejoindre l’armée de rebelles terroristes  et Israël les soigne dans ses hôpitaux et les soutient avec des frappes aériennes en Syrie. La France, membre de l’OTAN agresse des peuples et détruit leurs pays, le terrorisme d’Etat c’est ça.”

 

Vers une troisième guerre mondiale ?

 

La disparition de l’URSS, en dépit des erreurs commises, constituait malgré tout, un rempart contre les agressions répétées de l’impérialisme et son chef de file, les Etats-unis d’Amérique du Nord.   L’URSS présente, la décolonisation du tiers-monde est presque arrivée à son terme. L’internationalisme prolétarien n’était pas un vain mot, l’équilibre de la terreur assurait aux peuples un avenir moins douloureux.

 

Depuis la prise de pouvoir de la mondialisation capitaliste, les féodalités financières règnent en maître sur l’économie mondiale. Un constat, l’économie capitaliste mondialisée n’a servi qu’à appauvrir les peuples, soumis à la dictature du capital financier.

Les riches sont plus riches et plus puissants. Les pauvres s’enfoncent chaque jour un peu davantage dans le chômage, la misère et le désespoir.

 

L’Occident a réussi une partie de son programme : installer durablement le chaos en Afrique et au Moyen Orient, faire de l’Occident tout puissant, une zone de paix, de bonheur et de prospérité.  Malheureusement, il n’avait pas prévu un retour de bâton aussi douloureux en créant lui-même les conditions idéales pour l’émergence des terroristes de Daesh.

 

Les deux rives de la Méditerranée sont violemment impactées par le chaos et le terrorisme aveugle. Ainsi donc, deux terrorismes s’affrontent : un terrorisme d’Etat, un terrorisme salafiste !   Que va faire la bourgeoisie pour défendre ses intérêts et sa population menacés, face à l’insolence, la détermination, le fanatisme des terroristes salafistes ?

 

“La race dominante”

 

Du passé colonial, Charles de Gaulle, ni Nadine Morano n’ont fait table rase. Ils ont toujours conçu et vécu la France comme une “nation blanche”, appartenant à la “race dominante.” Ce fantasme qui remonte  aux temps des traites négrières, de l’esclavage, et de la colonisation n’a jamais disparu !   “Ainsi, écrit Sadri-Khiari, la race dominante s’autodéfinit comme chrétienne, européenne, blanche, civilisée, occidentale, rationnelle, démocratique, laïque, féministe, antiraciste, fan de Charlie hebdo, groupe de pays les plus riches, Français de souche, Neuilly, Otan, etc.” (…) “La race dominée quant à elle, est définie comme sauvage, barbare, nègre, indigène, orientale, immigrée, clandestine, racaille, en voie de développement, pays les moins avancés, candidats à la diversité, musulman, terroriste, polygame, quartiers sensibles.” (1)

 

Les méfaits, les conséquences désastreuses du terrorisme d’État, ajoutés aux effets négatifs, révoltant des vexations quotidiennes subies par les “colonisés de l’intérieur”, la race dominée, (Manuel Valls disait apartheid) ont eu pour effet, la création d’une situation explosive, apocalyptique, opposant, mettant face à face “terroristes d’État” et “terroristes salafistes.” A qui la faute ?  En dépit de ces menaces, l’impérialisme et son chef de file les USA, n’arrêtent pas de susciter l’organisation de coups d’état en Amérique latine, n’arrêtent de mener des campagnes mensongères contre la Russie et la Chine, puissances rivales de l’Occident.

 

Tous les peuples du monde qui ont un autre projet que celui du “Terrorisme d’État” doivent lutter pour la constitution d’un vaste mouvement pour imposer la paix, la considération, la solidarité entre les peuples.

Nous saluons avec émotion et respect la mémoire des nombreuses victimes innocentes tombées sous les balles d’une bandes de barbares assoiffés de sang. Nous nous associons aux douleurs ressenties dans leur chair par les familles de celles-ci.

 

 

Dunières TALIS

 

(1) Sadri Khiari : “La contre-révolution coloniale en France”, de Gaulle à Sarkozy.

 

 

Une pensée sur ““Terrorisme d’État”, “Terrorisme salafiste”, même combat !

  • avatar
    26 décembre 2015 à 10 10 41 124112
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    L’ennemie numéro un du peuple n’est pas Daesh mais la bourgeoisie car Daesh travaille pour la bourgeoisie. Le mal absolue c’est la bourgeoisie occidentale, donc vous êtes avec nous, contre la bourgeoisie, ou pour le mal absolue. Remarquez que vous pouvez être pour le mal absolue mais ce choix améliore-t-il vraiment votre qualité de vie et celui des gens que vous aimez?

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