Tina le tabou économique

Le tabou TINA est le titre d’un article paru dans le journal Metro. C’est aussi le nom  donné à la théorie  réactionnaire «There Is No Alternative» («Il n’y a pas d’autre choix»). TINA est une doctrine économique et fiscale qui a fait des ravages sous la houlette des chefs d’État américains et britanniques dans les années 1980.  La  réduction de la taille de l’État et la fausse diminution  de son rôle dans la société étaient alors devenue une nécessité aux dires des capitalistes et des politiciens, constate Fahmy la sociologue du journal Metro (1).

 

Les économistes Luc Godbout et Claude Montmarquette, sollicités par le gouvernement québécois pour donner leur opinion sur les meilleures mesures à prendre pour rétablir «l’équilibre budgétaire», déclarent : « Les conditions qui ont mené à des déficits importants et quasi structurels devront être corrigées. On ne peut plus échapper à cette situation ». 

 

À ces nécessaires coupures dans les services publics et ces nécessaires hausses de taxes et d’impôts pour les salariés, on ne peut échapper, prétendent les économistes à la solde.

 

La jeune sociologue s’indigne, rabroue les économistes, ces pseudo analystes, et déclame, à juste titre, que : « N’oublions pas que, dans un budget, il y a deux colonnes, il y a aussi les revenus.  Et depuis 15 ans, ces revenus stagnent.  Depuis le début des années 2000, la part des revenus autonomes dans les revenus totaux de l’État québécois, c’est-à-dire les revenus qui ne proviennent pas des transferts fédéraux – en l’occurrence les taxes et les impôts –, est passée de 86,3% à 77,5% » (2).  

 

Nous pourrions ajouter que la part des impôts et des taxes payés par les particuliers (salariés en majorité) constituait plus de 62 % des revenus de l’État québécois en 2012 et la portion des sociétés capitalistes ne constituait que 6 % de ces mêmes revenus de l’État des riches (3).

 

Les efforts de la sociologue Fahmy de l’Institut du Nouveau Monde sont louables, mais futiles. En effet, les politiciens bourgeois, les économistes, les analystes, les journalistes à la solde, y compris ceux de Radio-Canada présentement menacés d’être congédiés, et les capitalistes qui leurs commandent, connaissent ces chiffres, mais ils ne peuvent tout simplement pas taxer ni imposer les sociétés – les milliardaires – les capitalistes – les riches, leurs maîtres à penser et à agioter.

 

L’an dernier, quand l’ex-première-Première ministre Marois a fait mine de hausser les tarifs d’électricité des alumineries monopolistes multinationales installées au Québec, ces entreprises ont aussitôt menacé de fermer leurs usines au Québec et de déménager ailleurs dans le monde. Les otages-ouvriers de Baie-Comeau, de Sept-Îles, de Shawinigan, de Bécancour,  de Portneuf  et de Beauharnois ont aussitôt protesté, défendant les privilèges tarifaires de leurs exploiteurs corporatifs, afin de conserver leurs emplois d’esclaves salariés expropriés de leur surtravail (4).

 

Tant que l’État bourgeois est sous la gouvernance des riches et de leurs thuriféraires politiques, et aussi longtemps que la société capitaliste sera sous la botte des impérialistes, il n’y a pas d’autres choix que de danser la valse des profits maximums  avec le diable exploiteur. Changer cet état de chose, voilà le véritable tabou dans notre société «démocratique».  

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  1. http://journalmetro.com/opinions/492058/le-tabou/
  2. http://journalmetro.com/opinions/492058/le-tabou/
  3. http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2013/03/note_fiscalite2013-03.pdf
  4. Les otages d’Hydro-Québec et d’ALCOA http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-otages-dhydro-quebec-et-dalcoa/

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