Trump-Clinton, quelle différence ?

Titre original : Les grandes lignes de la politique étrangère de Clinton et Trump. Source  L’Orient le Jour 2.06.2016. URL : http://www.lorientlejour.com/article/988891/les-grandes-lignes-de-la-politique-etrangere-de-clinton-et-trump.html

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(Il est à la fois amusant et tragique de lire les spéculations des plumitifs à propos des « lignes politiques » supposées opposées de Hillary Clinton et de Donald Trump. L’article ci-dessous est un classique de ce type de supputation qui vise à accréditer l’idée qu’il est important pour le prolétariat américain de voter aux présidentielles – de choisir – puisque deux stratégies leurs sont proposées. Ces bouffons présidentiables ne décident rien et ils n’ont aucune emprise sur la crise économique systémique du capitalisme. Les impérialistes américains  ne peuvent avoir une politique isolationniste et ne le souhaitent pas.  Aussi bien pour la politique intérieure que pour la politique extérieure, Clinton bonnet ou bonnet Trump ce sera du pareil au même. Bonne lecture.  Robert Bibeau. Producteur. Les7duQuebec.com)

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Hillary Clinton prône une présence américaine solide dans le monde, face à un Donald Trump aux tendances isolationnistes.

À moins d’un coup de théâtre, improbable toutefois à ce stade de la campagne présidentielle américaine, le milliardaire républicain Donald Trump devrait s’opposer à la démocrate Hillary Clinton le 8 novembre. Tout les sépare, y compris l’appréciation de l’engagement américain sur la scène internationale. Et aujourd’hui, le conflit syrien et l’État islamique (EI) figurent en tête des dossiers brûlants, sans oublier l’accord sur le nucléaire iranien, moment phare de l’administration du président sortant Barack Obama et que M. Trump s’est juré de faire annuler (voilà qui n’est pas très isolationniste. NDLR).

 

La politique étrangère a toujours eu un rôle relativement minime dans les campagnes présidentielles américaines. Comme ce fut le cas de Bill Clinton, ou encore de George W. Bush, il n’est pas vraiment nécessaire d’avoir des connaissances approfondies en politique étrangère quand il s’agit d’être élu président des États-Unis. Vu la spécificité des candidats et du contexte mondial de la campagne actuelle, Mme Clinton pourrait donc ne pas profiter de l’expérience acquise au cours de ses années passées au département d’État, au Sénat, et même à la Maison-Blanche en tant que Première dame.

(Lire aussi : Clinton-Trump-Sanders : la brutalité, pas la diplomatie…)

 

Toutefois, certains observateurs s’accordent à dire qu’un changement, même léger, pourrait avoir lieu à ce sujet. « Les Américains s’intéressent peut-être plus aujourd’hui à la politique étrangère, mais avec une certaine retenue », estime Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris, et qui donne l’exemple de la dernière campagne entre Barack Obama et Mitt Romney en 2012. À l’époque, le thème de la montée en puissance de la Chine s’était invité de manière presque incessante dans la campagne, rappelle le chercheur. Selon lui, compte tenu de la différence d’approche très forte entre Donald Trump et Hillary Clinton, la politique étrangère joue un rôle important cette année « Des débats intenses sur la politique étrangère auront lieu (entre les deux candidats) et quoi qu’on ait pu lire çà et là, je pense que M. Trump a des arguments assez solides et défend plutôt intelligemment les positions qu’il a défendues à plusieurs reprises », indique-t-il.

 

En revanche, avance Kim Ghattas, journaliste à la BBC, et auteure du livre The Secretary : a Journey with Hillary Clinton from Beirut to the Heart of American Power, il ne semble pas que la politique étrangère de l’un ou l’autre candidat ait plus d’importance cette année. Les électeurs ne vont certainement pas choisir Mme Clinton parce qu’elle propose de combattre l’EI d’une certaine manière, juge l’auteure, ou pour M. Trump et la manière dont il va gérer les relations américaines avec le Japon ou la Chine. Dans ces élections, un problème plus global transparaît, lié à la vision générale des candidats de la politique étrangère des États-Unis. Le pays passe, semble-t-il, par une phase de questionnement quant à sa place en tant que leader mondial (Voilà le type de supputation que nous offre les intellectuels universitaires – Vous croyez que le chômeur de Détroit la ville du tiers-monde en faillite au cœur de l’Amérique en faillite se questionne sur le positionnement du porte avion Abraham Lincoln sur les mers du monde ? NDLR)

 

« Gendarme du monde »
Ainsi, Hillary Clinton reste favorable à une présence, et à une responsabilité, très marquée des États-Unis dans le monde. Elle-même s’est beaucoup impliquée dans différentes crises, notamment au Moyen-Orient, lorsqu’elle a été secrétaire d’État, notamment en Libye. On voit clairement qu’elle s’inscrit dans la continuité de la présidence de son mari Bill Clinton dans les années 1990, selon Barthélémy Courmont. « On parlait à l’époque des États-Unis comme le « gendarme du monde« , et effectivement, Mme Clinton estime que c’est là le rôle presque messianique des États-Unis », estime l’expert (Quel expert en effet? NDLR). Il n’est pas anodin d’ailleurs, rappelle-t-il, qu’on voit paraître à ses côtés des personnalités comme Madeleine Albright, qui fut secrétaire d’État de Bill Clinton lors de son second mandat. Également très engagée sur les grands dossiers au cours de sa carrière politique, Mme Albright a de tous temps prôné l’obligation presque morale des États-Unis à s’ingérer dans des dossiers-clés.  (« Les grands dossiers »  qu’il écrit le larbin… invasions – crimes de guerre – destructions – les USA ont lancé 201 conflits militaires à travers le monde depuis 1945…ils poursuivront leurs agressions habituelles voilà tout, avec Clinton ou avec Trump. NDLR).

 

Donald Trump, par contre, chercherait à remettre en question des alliances traditionnelles des États-Unis dans le monde, mais surtout au Moyen-Orient, notamment celle qui unit Washington à Riyad, envers lequel le milliardaire se montre bien plus circonspect que Mme Clinton, ou même le président sortant Barack Obama. Le slogan de Donald Trump, « make America great again » ( « Nous rendrons sa grandeur à l’Amérique » ), tend à rendre les gens nostalgiques d’un temps qui n’a jamais vraiment existé, et durant lequel les États-Unis étaient respectés, puissants, libres de tout faire sur la scène internationale, souligne Kim Ghattas. « Le slogan de Trump ne fait pas seulement référence à l’industrie américaine et à son appauvrissement, mais à la place de l’Amérique sur la scène internationale », estime la journaliste. Moins que de l’isolationnisme pur et dur, ce serait plutôt une forme de retrait que cherche le candidat républicain, avec la possibilité de choisir « à la carte » les conflits dans lesquels s’engager, sans pour autant s’y engouffrer tête première. (On croirait rêver – le scribe déclare que les USA choisiront les conflits où s’engager – quand tout le monde sait que ce sont eux les Etats-Unis qui engagent les conflits – provoquent les guerres – envahissent les pays et les occupent jusqu’au jour où ils sont expulsés-chassés comme en Irak et en Afghanistan. NDLR).  Fondamentalement, la grande différence entre les deux est vraiment dans cette manière de concevoir le lien avec les amis et les alliés : soit on les responsabilise, de manière à les rendre moins dépendants des États-Unis, soit on vient à leur secours quand ils en ont besoin (les Etats-Unis veulent que leurs alliés payent la facture militaire que les USA engagent dans leurs agressions comme l’Arabie Saoudite le fait déjà. NDLR).

 

(Lire aussi : La ferveur, denrée rare de la campagne de Hillary Clinton)

 

Pour sa part, Hillary Clinton a en outre commis l’erreur de ne pas clarifier en profondeur sa position aux électeurs américains. Pourquoi estime-t-elle que l’Amérique est une nation indispensable au reste du monde, s’interroge Mme Ghattas, qui rappelle que les discours de campagne des candidats de tous bords portent essentiellement sur des questions nationales, comme l’emploi, le port des armes, l’immigration, etc. La campagne de la candidate démocrate « ignore donc en quelque sorte ce sentiment de profond malaise ressenti par les Américains et qui vient de leur questionnement sur la place de leur pays dans le monde », déplore l’auteure. (Ridicule petite intellectuelle – la masse des américains ordinaires n’a rien à faire de la place des multinationales américaines dans le monde alors que 50 millions d’entre eux  courent les soupes de charité et les friperies de la misère. On croirait rêver à lire ces crétins. NDLR).

 

Seul le dossier israélo-palestinien constitue le seul point sur lequel les deux candidats se rejoignent d’une manière ou d’une autre, tandis que se dégage clairement l’impression qu’il y aura eu une sorte de parenthèse avec la présidence d’Obama, marquée par un refroidissement des relations avec Israël. « Quel que soit le vainqueur de la présidentielle, les relations iront en s’améliorant, les deux candidats semblant être beaucoup plus sensibles à une réaffirmation de ce lien stratégique », conclut M. Courmont.  (Il se trompe l’expert Courmont.  NDLR)

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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