Ukraine, les ouvriers n’ont pas parlé

 

ROBERT BIBEAU :

Que voilà une affaire compliquée que ce calvaire ukrainien meurtrier. La guerre civile n’est pas enclenchée malgré ce que colportent les médias à la solde des puissances occidentales. Quelques milliers de casseurs encerclés à Kiev ne font pas une insurrection populaire que le peuple ukrainien ne souhaite pas de toute façon.

L’Ukraine,  c’est 600 000 km2 de plaine généreuse. Mais c’est surtout 46 millions d’habitants dont 8 millions d’origine russe et 25 millions de russophones, alors que l’on ne compte pratiquement aucun étatsunien, aucun français, aucun anglais dans le pays en plus de quelques germanophones arrivés suite à l’écroulement de l’empire soviétique en  1991.

L’Ukraine c’est le voisin de la Russie (1500 kilomètres de frontières communes) dont il dépend pour son approvisionnement en énergie, et avec qui il fait le gros de son commerce extérieur et de son profit, et avec qui il conserve des liens historiques profonds. Rien de tel entre le peuple ukrainien et les peuples de France, des États-Unis ou du Royaume-Uni. Les russes ont libéré les ukrainiens pendant que Churchill tergiversait devant les plages normandes.

À côté de l’Ukraine, c’est la Biélorussie et la Russie impérialiste qui sont revenues de leur torpeur post-glasnost et qui commencent à résister aux assauts de l’impérialisme occidental pour protéger les néo-colonies de son glacis continental. À des milliers de kilomètres de Kiev – il y a Washington et le Pentagone. Plus près, mais lointain tout de même, il y a Paris et Bernard-Henry Lévi – encore lui (!) qui, quand tout sera détruit, place Maïda à Kiev, retournera au Café Les deux Margot siroter un bourbon et sucer quelques bonbons.

L’impérialisme occidental croyait, au lendemain du Mur de 1989, que l’empire Russe était défait – éteint à tout jamais et pour lequel Zbigniew  Brzezinski avait émis des projets de partition en États, provinces, départements, dépendances, colonies et no mans land comme si le peuple Russe trépassait. Brzezinski se meurt et la Russie aligne ses pions en Syrie, en Serbie, en Ossétie, au Kazakhstan, en Biélorussie et en Ukraine.

Rien pour rassurer le peuple ukrainien pris en otage – entre deux feux – entre deux belligérants sur son sol national sanglant. D’un côté, ce sont les bandits et les mercenaires libertaires armés-entraînés-payés et, pour certains exfiltrés, par quelques puissances impérialistes étrangères, excluant l’Allemagne, mais incluant la France impériale – encore ce trouble-fête; décidément Hollande n’en n’a pas assez avec ses frasques matrimoniales – et le Royaume de Cameron qui tire à l’aveugle dans cette affaire. Selon certaines sources peu crédibles, le Département d’État étasunien aurait allongé 5 milliards de dollars dans ce coup d’État foireux. Personnellement, je ne crois pas que les sommes soient aussi importantes, mais des subsides aux magouilleurs des  «révolutions colorées», il y en a eu, c’est assuré. C’est la réponse américaine à l’échec de l’invasion syrienne.

De l’autre côté des barricades de la révolte importée et imposée, un pouvoir présidentiel et législatif inféodé à l’ours Russe, son allié naturel. Un pouvoir faible que le sort a placé au mauvais endroit à un mauvais moment et qui prend ses ordres directement du Kremlin. Une chose est certaine, toutefois, quel que soit l’endroit où la potiche Ianoukovitch prend ses ordres, cela ne concerne que le parlement et le peuple ukrainien et nullement ces vauriens que le pouvoir ukrainien a commencé à identifier et à éliminer physiquement, systématiquement, comme à Homs au Proche-Orient….Vous connaissez ?

Les ouvriers  ukrainiens n’ont pas la main dans cette affaire. Ils n’ont aucun contrôle sur aucun des camps, ils n’ont pas d’organisation de classe et ils n’ont pas l’initiative révolutionnaire. Les ouvriers ukrainiens ne serviront que de chair à canon dans cette guerre des canonnières. Ils mourront sans gloire et sans avantage…inutilement.

Il est temps que le prolétariat ukrainien expulse ces troublions infiltrés, ces assassins venus d’Occident avec leurs chaînes dorées pour remplacer celles que le nouveau tsar du Kremlin leur a tissées. Les ouvriers doivent tirer les conclusions de ce coup fourré mal engagé et apprendre de ce soulèvement avorté. Qu’ils trouvent des armes et les planques et qu’ils se préparent pour la prochaine tournée où, cette fois, ils devront diriger l’action et ne pas laisser des néo-nazis et des brigands diriger les ouvriers révoltés.

 

4 pensées sur “Ukraine, les ouvriers n’ont pas parlé

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    21 février 2014 à 10 10 49 02492
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    Les capitaliste connaîtrons eux aussi l’enfer.

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    22 février 2014 à 9 09 10 02102
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    Le sol de ce pays est le lieu de contact entre les sionistes du clan Rothschild et celui tourné vers le clan de Poutine. Des étrangers sont impliqués dans le clan anti gouvernemental. On reçoit des informations à savoir qu’un ancien officier israélien aurait un quelconque rôle de responsable, un policier international «officiant» contre le gouvernement,etc. En un mot, nous assistons à une autre ramification d’une tentacule de la pieuvre sioniste

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    22 février 2014 à 22 10 18 02182
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    Le mal absolu prend d’innombrables visages. Ceux qui ont choisit de servir le mal absolu paieront au centuple tout les souffrances qu’ils ont permis par leur appuis au mal absolu.

    Bénis celui qui est plein d’amour et de compassion pour son prochain.

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    23 février 2014 à 11 11 58 02582
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    Je doute fortement que les considérations d’ordres ‘prolétarienne’ change quoi que ce soit aux évènements Ukrainien tout comme en Syrie.

    Ca ce passe a un niveau supérieur a ces considérations.

    L’Ukraine est divisé entre des forces capitalistes qui s’affrontent sur plusieurs front, a la grandeur de la planète dans un objectif de domination planétaire et de maintient de leur influences économiques.

    Bloc de l’est versus bloc de l’ouest avec au centre tout ce qui penche d’un coté ou de l’autre selon les avantages qu’il en retire.

    Le prolétariat comme les autres aspire a travailler, nourrir sa famille et maintenir son style de vie, avec espoir de l’améliorer.

    Ce n’est qu’une opinion …qui vaut n’importe quelle autre !

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