Une Saint-Barthélemy boursière !

Publié le 24/08/2015 à 18:43 par monde-antigone  URL :  http://monde-antigone.centerblog.net/4130-une-saint-barthelemy-boursiere

bourse

 

Les bourses dégringolent. En quelques semaines, les turbulences chinoises se sont peu à peu étendues aux voisins asiatiques, puis aux pays émergents. Elles ont fini par atteindre les places financières européennes et enfin Wall Street en fin de semaine dernière. En faisant les comptes vendredi, on s’était aperçu que les indices new yorkais avaient connu leur pire semaine depuis 2011. Aujourd’hui l’ampleur des pertes rappelle les pires heures de 2008. Les principales bourses mondiales ont dévissé aujourd’hui d’environ 5 % à la clôture, après s’être fait très peur en ouvrant parfois à – 8 %.

Les autorités chinoises ont utilisé des moyens radicaux pour tenter d’endiguer la chute des bourses de Shanghai et Shenzhen. Elles ont suspendu des cotations, elles ont interdit de vendre, elles ont obligé les fonds publics à racheter leurs actions, elles ont injecté des milliards dans les tuyaux, elles ont baissé les taux, elles ont dévalué le yuan 3 fois en 48h… et malgré ça, Shanghai plongeait de 8 % ce matin ! Sans ces artifices, le krach aurait été vertigineux. La Banque centrale de Chine paraît totalement dépassée et démunie. On dit qu’elle pourrait redévaluer le yuan, juste pour donner l’air de faire quelque chose (pour « rassurer »)…

Que se passe-t-il ? Pourquoi ce plongeon ? Les investisseurs sont en train de découvrir brusquement que les chiffres que donnait depuis des mois et des mois le bureau de la propagande de Pékin, et qu’ils gobaient jusque là les yeux fermés, sont faux, archi-faux. La croissance chinoise n’est pas de 7 %, la bonne blague ! Un analyste de Natixis a calculé ce taux autour de 2 % (voir l’article de La Chronique Agora en dessous), mais pour certains, il est plus proche de zéro et pourrait même basculer dans le négatif avant la fin de l’année.

Avec beaucoup moins d’activité économique, l’offre ne trouve plus preneur. La production manufacturière patine et contribue à un début de déflation. La consommation recule. Les stocks s’accumulent. Les cours des matières premières chutent tout à fait logiquement, le pétrole, mais aussi le cuivre. Par voie de conséquence, la valorisation des actions s’en trouve très fortement corrigée à la baisse. Et comme le poids de l’économie chinoise n’a rien de comparable avec la Grèce, les turbulences sont très violentes, particulièrement en Asie où les économies sont très dépendantes du commerce avec la Chine.

Mais la chute n’est pas finie parce que les chiffres américains qui font croire au plein emploi sont faux, eux aussi. Il va bien falloir que la patronne de la Fed lève le voile sur son bluff et reporte son relèvement de taux à la St Glinglin. En réalité, si la situation de dégradait davantage, Yellen pourrait préparer un méga QE4 qui représenterait 10, 20, 50 fois peut-être le plan Paulson (700 milliards de dollars) de septembre 2008 qui avait empêché l’écroulement du système financier après le krach de Lehman.

Gardons à l’esprit que 5.400 milliards de dollars de crédits ont été consentis à l’industrie US du gaz de schiste et ils ne pourront pas être remboursés avec un pétrole à 35 $. N’oublions pas non plus que les 100 plus grosses sociétés les mieux valorisées au monde pèsent pour plus 16.000 milliards de dollars, presqu’autant que le PIB des Etats-Unis. Or ces valorisations délirantes reposent sur du vent…

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Alerte sur la croissance chinoise… un krach durable
par Mory Doré
La Chronique Agora – 24 aot 2015
http://la-chronique-agora.com/croissance-chinoise-krach/
La Chine a publié un chiffre de croissance de 7 % au 2e trimestre 2015…
Cependant, alerté par une série d’évolutions très défavorables…
– forte perte de compétitivité de l’industrie avec la hausse rapide des coûts salariaux ;
– saturation des besoins en logements, en infrastructures, d’où le ralentissement de l’investissement en construction ;
– forte réduction des exportations de produits assemblés en Chine, avec la hausse des coûts salariaux
– recul des besoins d’investissement
… Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis essaie d’estimer la « vraie » croissance de la Chine dans la période récente en partant de relations statistiques supposées stables entre:
– le PIB et les importations;
– le PIB et la production d’électricité;
– le PIB et le fret (routier, ferroviaire, maritime).
Ceci le conduit — non, vous ne rêvez pas — à une estimation de la croissance de la Chine au 2e trimestre 2015 de l’ordre de 2 % en rythme annuel, en prenant la moyenne des différentes estimations. Rappelons tout de même que cette croissance était officiellement de 7 % sur cette même période…

D’un point de vue économétrique, (l’économétrie est une branche de l’économie qui a pour objet de vérifier la relation entre des variables économiques et de quantifier concrètement ces relations à partir de séries statistiques) l’analyse de Natixis est cohérente. La relation entre les variables explicatives (importations, production d’électricité et fret) et la variable expliquée est quantifiée.

Quels sont les vrais chiffres ?
La sensibilité (dans le jargon des économistes/économètres, on parle aussi d’élasticité) estimée des importations au PIB est de 1,93. Cela veut dire qu’une hausse de 1,93 % des importations entraîne une hausse de 1 % du PIB. Si la croissance sur un an du PIB était donc vraiment de 7 % au 2e trimestre 2015, on serait en droit d’attendre une croissance des  importations de 13,5 %. Or nous avons observé une croissance en rythme annualisé  de 4,3 % des importations au 1er semestre 2015, ce qui est plutôt compatible avec une croissance du PIB de seulement 2,2 %.

L’élasticité estimée de la production d’électricité au PIB sur la période 1996-2013
est de 1,77.

La croissance observée sur un an de la production d’électricité en Chine au 2ème trimestre 2015 est compatible avec une croissance du PIB de 2,4 %.
Enfin, l’élasticité vis-à-vis du PIB estimée sur la période 1996-2013 est de:
– 0,92 pour le fret routier ;
– 1,43 pour le fret ferroviaire ;
– 0,60 pour le fret maritime.
Avec les évolutions observées du fret, les calculs de Natixis feraient ressortir la croissance du PIB de la Chine sur un an à + 5,8 % (si l’on retient le fret routier), à – 8,7 % (si l’on retient le fret ferroviaire) et à + 5,0 % (si l’on retient le fret maritime), soit + 0,7 % en moyenne pondérée.

En supposant une relation stable entre la croissance du PIB et celle des importations, de la production d’électricité, du fret (routier, ferroviaire, maritime), on parvient à une estimation de la croissance du PIB de la Chine de l’ordre de 2 % par an au début de 2015. Le krach boursier chinois serait donc loin d’être fini. Quelles sont les couvertures et les stratégies les plus appropriées pour vous couvrir contre la poursuite d’une catastrophe sur les indices boursiers chinois ?

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La Bourse de Shanghai plonge, entraînant les places asiatiques
par Pete Sweeney et Samuel Shen
Reuters, Boursier – 24 aot 2015
http://www.boursier.com/actualites/reuters/la-bourse-de-shanghai-plonge-entrainant-les-places-asiatiques-179014.html
SHANGHAI – Les marchés asiatiques ont plongé lundi, entraînés par une nouvelle débâcle de la Bourse de Shanghai, qui a perdu 8,5 % en clôture, son plus net recul en séance depuis 2007, au plus sur fort de la crise financière mondiale, sur fond d’inquiétudes persistantes pour la croissance chinoise. Le ralentissement de la 2e puissance économique de la planète, les turbulences sur ses places financières et la dévaluation du yuan il y a près de 2 semaines continuent de perturber les marchés à travers le monde.

« Les marchés paniquent. Les choses commencent à ressembler à la crise financière asiatique de la fin des années 1990. Des spéculateurs se débarrassent des actifs qui semblent les plus vulnérables », avance Takako Masai, directeur de recherches à la Shinsei Bank de Tokyo. Shanghai, qui a dévissé de plus de 11 % la semaine dernière, a entamé la dernière semaine d’août sur un nouveau dérapage incontrôlable. L’indice CSI300 a terminé en baisse de 8,75 %, sa plus forte baisse depuis le 27 février 2007, à 3.275,53 pts, à son plus bas depuis le 24 décembre 2014. L’indice composite de la Bourse de Shanghai s’est lui aussi effondré. Il a perdu 8,46 %, également sa plus forte baisse en séance depuis le 27 février 2007, à 3.210,90 pts. Les indices sont passés sous leur niveau du 9 juillet, considérés comme étant les niveaux que Pékin souhaite défendre. Tous les contrats à terme sur indices accusent leur plus forte baisse autorisée de 10 %, ce qui tend à annoncer de nouvelles baisses dans les jours à venir.

De nombreux acteurs des marchés espéraient que la Banque populaire de Chine (BPoC) interviendrait au cours du week-end en réduisant les sommes que les banques sont tenues de garder en réserve. Une initiative de ce type aurait pu soutenir les marchés d’actions en augmentant les liquidités et constituer une réponse à la faiblesse de l’industrie manufacturière chinoise. Rien de tel ne s’est produit, hormis l’annonce formalisant la possibilité pour les fonds de pension d’acheter des actions, une disposition déjà présente. « L’aversion au risque qui s’intensifie renforce l’inquiétude sur la croissance chinoise », écrivent les économistes d’ING dans une note de recherche. « Il n’y a aucune bonne nouvelle, les actions sont encore chères et il n’y a pas d’argent frais qui arrive », explique Qi Yifeng, analyste chez CEBM.

La Bourse de Tokyo a également dévissé. L’indice Nikkei a accusé une perte de 4,61 % en clôture, étant repassé sous la barre des 19.000 à 18.540,68 pts, en recul de 895,15 pts. Le Topix, plus large, a perdu encore plus de terrain, soit 5,86 % à 1.480,87 pts, sous les 1.500 pts. La tendance est identique à Hong Kong, où l’indice Hang Seng perd 4,9 %, et à Taipeh, où le principal indice taiwanais, le TAIEX, a chuté de 4,84 % en clôture. L’indice régional MSCI des actions des marchés d’Asie-Pacifique hors Japon recule de 4,81 %.

« La Chine pourrait être contrainte de dévaluer encore le yuan si son économie fléchit, et les marchés actions doivent gérer la perspective d’un yuan plus faible amplifiant l’impact négatif d’une économie chinoise léthargique », commente Eiji Kinouchi, analyste chez Daiwa Securities à Tokyo. La peur d’une contagion à l’échelle mondiale du ralentissement de la 2e puissance économique de la planète avait déjà fait vivre vendredi à Wall Street sa pire séance depuis près de 4 ans, les trois indices de référence ayant perdu plus de 3 %.

La déprime touche aussi les matières premières. Le cuivre, considéré comme un baromètre de la demande mondiale, a atteint lundi son cours le plus bas depuis 6 ans et demi. Publié vendredi, l’indice PMI Caixin/Markit a révélé que le secteur manufacturier chinois s’était contracté en août à un rythme jamais vu depuis près de 6 ans et demi sur fond de baisse des commandes intérieures et à l’exportation. Cette semaine encore, les investisseurs vont surveiller de près la Chine dans l’attente de mesures de stimulation de la part de Pékin afin de freiner le ralentissement. Mais d’autres facteurs pèsent sur les marchés financiers.

« Au premier abord, il serait aisé de désigner du doigt le ralentissement de la croissance de la Chine, la chute des prix du pétrole et la guerre des devises sur les marchés émergents comme les raisons du vif recul mondial des marchés actions cet été« , écrit Sean Darby, chef stratégiste de Jeffries pour les marchés d’action, dans une note. « Cependant, un mélange de forces désinflationnistes et déflationnistes, un resserrement des conditions monétaires mondiales et une détérioration des bénéfices sur les marchés émergents sont des facteurs encore plus puissants« , ajoute-t-il.

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Les Bourses asiatiques décrochent, suivies par les places européennes
AWP/AFP, Romandie news – 24 aot 2015
http://www.romandie.com/news/Les-Bourses-asiatiques-decrochent-suivies-par-les-places-europeennes/623386.rom
SHANGHAI – (…/…)
Rien ne semblait apaiser le regain d’inquiétude des investisseurs sur la conjoncture mondiale dans son ensemble, à l’orée d’une semaine riche en publications de statistiques aux Etats-Unis et en Europe. Mais la Chine dominait toujours les préoccupations, alors que s’enchaînent les indicateurs décevants attestant de l’essoufflement de la 2e économie mondiale. « Nous avons tous les ingrédients pour assister sur les marchés mondiaux à la pire journée depuis 5 ans », avait commenté Evan Lucas, du courtier IG Markets, en début d’échanges asiatiques. « Les réactions des marchés asiatiques reflètent la conviction des investisseurs qu’un atterrissage brutal (de l’économie chinoise) est inévitable », a-t-il ajouté.

Ce nouveau reflux prononcé des Bourses d’Asie faisait suite à une chute de plus de 3 % du Dow Jones vendredi à Wall Street, à son plus bas niveau de l’année. Un indicateur manufacturier de référence publié vendredi en Chine avait alimenté la fébrilité des marchés mondiaux: il s’est établi à son plus bas niveau depuis plus de 6 ans, signalant une violente contraction de l’activité manufacturière chinoise en août. Dans la foulée, la Bourse de Shanghai avait accentué ses pertes. Elle s’est effondrée de 11,5 % sur l’ensemble de la semaine dernière.

La dévaluation surprise du yuan le 11 août – perçue comme un effort désespéré des autorités chinoises pour relancer ses exportations et l’activité économique – n’ont fait qu’aviver l’inquiétude générale, provoquant une onde de choc sur les marchés financiers. Soucieux de rassurer, Pékin a certes annoncé dimanche que le gigantesque fonds de pension chinois allait être autorisé à investir une partie de ses colossaux actifs dans les Bourses locales. Mais l’annonce n’a pas rassuré les investisseurs chinois (pour la plupart des particuliers et petits porteurs), d’autant que persistent les craintes de « bulle » – de survalorisation des marchés locaux déconnectés de l’économie réelle. « L’économie chinoise va plutôt très mal, certains secteurs sont survalorisés, et les pressions à la vente partout sur les marchés mondiaux contribuent à plomber le moral » des investisseurs, a résumé Wu Kan, gérant du fonds JK Life Insurance, cité par Bloomberg News.

Pour enrayer la spectaculaire débâcle des Bourses chinoises, Pékin est fortement intervenu depuis fin juin, des organismes publics réalisant des achats massifs d’actions. Mais, en dépit des assurances du gouvernement, les investisseurs chinois redoutent désormais un retrait prématuré de ces mesures de soutien. Dans tous les cas, « les interventions des autorités chinoises ne seront pas capables d’interrompre la correction des marchés sur le long terme », a prévenu Ken Chen, analyste de KGI Securities, cité par Bloomberg. De l’avis général, la Bourse de Shanghai apparaît quasi-condamnée à s’enfoncer sous 3.000 points. « C’est un vrai désastre et il semble que rien ne puisse l’arrêter« , a renchéri Chen Gang, analyste chez Heqitongyi Asset Management, prévenant que de nombreux fonds d’investissement se trouvaient contraints de réduire drastiquement leurs actifs sous peine de faire faillite.

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La Chine fait trembler l’Australie
par Élodie Largenton
ABC Radio Australia – 24 aot 2015
http://www.radioaustralia.net.au/french/2015-08-24/%C3%A9conomie-la-chine-fait-trembler-laustralie/1485094
La bourse australienne a perdu plus de 60 milliards de dollars en valeur, aujourd’hui. Un plongeon dû à la faible croissance chinoise. L’Australie n’est pas le seul pays dans le monde à redouter un ralentissement brutal en Chine. Les ratés de la croissance chinoise, les turbulences sur ses places financières (la bourse de Shanghai a dévissé de plus de 11 % la semaine dernière) et la dévaluation du yuan perturbent les marchés dans tous les grands pays de la planète.

Mais l’Australie est particulièrement concernée, notamment parce qu’une grande partie de ses revenus dépend de la vente de matières premières à la Chine. Or, le cuivre a atteint aujourd’hui son cours le plus bas depuis 6 ans et demi. Les compagnies minières australiennes BHP Biliton et Rio Tinto ont dévissé d’environ 5 %, ce lundi. (…) En attendant, le dollar australien continue sa chute, passant même sous la barre symbolique des 0,7250 dollars américains.

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Les matières premières au plus bas depuis 16 ans, entraînées par le pétrole
AFP avec Bloomberg news, Romandie news – 24 aot 2015
http://www.romandie.com/news/Les-matieres-premieres-au-plus-bas-depuis-16-ans-entrainees-par-le-petrole/623399.rom
SINGAPOUR – Les cours des matières premières évoluaient lundi à des plus bas de 16 ans, plombés par la chute du brut, les craintes pour l’économie chinoise entraînant les investisseurs vers des valeurs refuge telles que l’or. L’indice Bloomberg des matières premières, qui répertorie 22 matières brutes, a plongé de 1,7 % à 86.3542 pts lundi, son plus bas niveau depuis août 1999.

Les matières premières se sont effondrées cette année en raison des préoccupations accrues concernant la faiblesse de la demande de la Chine, 2ème économie et 1er consommateur mondial, qu’il s’agisse de métaux, d’énergie ou d’alimentation. Les inquiétudes ont atteint un sommet lorsque la Chine a dévalué le yuan il y a deux semaines, une initiative interprétée par nombre d’observateurs comme un signe que l’économie se porte encore plus mal qu’attendu. La dévaluation est susceptible d’affecter le pouvoir d’achat du géant asiatique pour des matières premières libellées en dollars.

La dégringolade des matières premières s’explique par le pessimisme envers la Chine, dont les marchés d’actions sont en déroute, a déclaré à l’AFP Daniel Ang, analyste en investissement chez Phillip Futures à Singapour. Les investisseurs redoutent que la baisse des prix se poursuive et placent des fonds dans des valeurs refuge comme l’or et le yen japonais, a-t-il ajouté. Ce n’est pas vraiment réconfortant de voir augmenter des valeurs refuge pendant que des valeurs plus risquées baissent, car cela montre à quel point l’environnement mondial est instable, écrit Phillip Futures dans une note de marché. Lundi, le cours du baril de WTI, la référence pour le pétrole brut américain — pour livraison en octobre ,– cédait 1,29 $ à 44,27 $ dans les échanges de l’après-midi, après être passé temporairement sous le seuil psychologique de 40 $.

Les nouvelles baisses des cours des matières premières interviennent après l’annonce vendredi du lourd recul de l’activité manufacturière chinoise, selon un indice de référence tombé à son plus bas niveau depuis plus de six ans. Cela avait provoqué à Londres des ventes massives qui ont entraîné des matières premières agricoles et des métaux à de nouveaux plus bas depuis des années. En revanche, l’or était stable, bénéficiant du statut de valeur refuge en période de turbulences. Dans les échanges lundi après-midi à Singapour, l’once d’or était en légère baisse de 0,2 % à 1.158,10 $.

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Bourses chinoises: Les petits actionnaires suspendus aux interventions de Pékin
par Benjamin Haas
AFP, France24 – 24 aot 2015
http://www.france24.com/fr/20150824-bourses-chinoises-petits-actionnaires-suspendus-interventions-pekin
PÉKIN – Les yeux rivés sur les écrans, de petits investisseurs pékinois ayant investi leurs économies en Bourse jaugent leurs lourdes pertes avec résignation – mais certains se raccrochent toujours à l’espoir que Pékin finira par intervenir pour stopper la débâcle et faire remonter les cours. « Les dirigeants nationaux se soucient du peuple, comment pourraient-ils nous regarder perdre tout notre argent sans réagir ? », s’interroge Ni Dongxia, ouvrier à la retraite de 72 ans, en examinant le déferlement de couleur verte autour de lui.

Partout sur les écrans accrochés aux murs, des chiffres en vert clignotent sur les colonnes listant les titres cotés. Une mauvaise nouvelle pour les boursicoteurs venus suivre la séance dans cette salle de courtage du centre de Pékin: en Chine, le vert signale les cours qui plongent, tandis que le rouge – jugé de bon augure – est la couleur des hausses. Or la Bourse de Shanghai s’est effondrée lundi de 8,49 %, sa plus forte baisse journalière depuis 8 ans. Après 2 mois de débâcle, elle a désormais effacé ses gains de l’année, tombant sous son niveau du 31 décembre 2014.

M. Ni a investi plus de la moitié de ses économies sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen. « Le gouvernement ne permettra jamais que les marchés s’enfoncent trop bas, ils vont agir pour les faire remonter », se persuade-t-il. Assis autour de lui, d’autres investisseurs – pour beaucoup des retraités – boivent à petites gorgées le thé de leurs thermos, et se lèvent par moments pour consulter un ordinateur et effectuer une transaction.

Sur les 90 millions d’investisseurs des Bourses chinoises, la quasi-totalité sont des particuliers et petits porteurs – à l’inverse des pays occidentaux, où dominent les investisseurs institutionnels. « Au début, je boursicotais pour m’amuser, pour tromper mon ennui, passer le temps », raconte à l’AFP Ni Dongxia. Il ne comprend « pas grand chose » au fonctionnement des marchés et investissait principalement sur les titres des groupes étatiques qui « faisaient les gros titres des journaux ». « Mais à présent, je me dis que je n’aurais peut-être pas dû placer autant d’argent », admet-il. Pourtant, les Bourses apparaissaient depuis l’an dernier comme dépourvues de risques, un eldorado où l’on gagnait (gros) à tous les coups.

Suite à la chute du marché immobilier chinois, après des années de surchauffe, le gouvernement a encouragé activement les ménages à se tourner vers la Bourse… et à financer ainsi l’essor du secteur privé. Motivés par ces encouragements répétés, nombre de particuliers chinois – d’habitude très prudents – ont commencé à acheter des actions, la plupart s’endettant même pour investir. Résultat: la Bourse de Shanghai s’est envolée de 150 % en l’espace d’un an… de façon totalement déconnectée de l’économie réelle. Une situation intenable: elle s’est finalement effondrée de 30 % en 3 semaines à partir de mi-juin.

« Je pense qu’il n’y a aucun espoir. Même si la Bourse rebondit, ce ne sera qu’un sursaut temporaire, elle retombera juste après », soupire Lu Zhongjie, une employée de bureau. « J’aimerai vendre toutes mes actions, mais je n’ai même pas d’opportunité pour m’en débarrasser », raconte-t-elle à l’AFP. La chute des titres étant limitée à 10 % par jour, les ventes sont en effet bloquées une fois atteint ce seuil. Le gouvernement chinois – soucieux de sa crédibilité – est certes lourdement intervenu depuis fin juin pour enrayer la débâcle, des organismes publics réalisant notamment des achats de titres à grande échelle. Mais sans succès et sans convaincre, les investisseurs continuant de fuir les marchés dans un climat d’affolement général.

Pékin a annoncé dimanche que le gigantesque fonds de pension national serait autorisé à investir jusqu’à 30 % de ses actifs en Bourse: un signal positif selon Yin Dongqing, femme au foyer d’une trentaine d’années. « Le marché va assurément rebondir, peut-être même demain », veut-elle croire. « Du coup, j’ai acheté aujourd’hui quelques titres de sociétés financières ». Mais d’autres se montrent beaucoup plus pessimistes. « Je ne ferai jamais confiance à la Bourse », soupire Zhou Aiguo, 67 ans, chauffeur de bus à la retraite. Pour lui, l’immobilier reste le plus sûr des placements. « La Bourse, ce n’est guère mieux que des paris et jeux de hasard », argumente-t-il. « Personne n’aurait l’idée de prendre l’argent dont il a besoin pour vivre et d’aller le jouer au casino ».

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Les craintes mondiales rattrapent le Dow Jones
AWP/AFP, Romandie news – 21 aot 2015
http://www.romandie.com/news/Wall-Street-les-craintes-mondiales-rattrapent-le-Dow-Jones/622981.rom
NEW YORK – Le Dow Jones est tombé vendredi à son plus bas niveau de l’année à Wall Street, chutant de plus de 3 %, soit plus de 500 pts, face aux craintes pour l’économie mondiale. L’indice vedette Dow Jones Industrial Average a enregistré son pire déclin en une séance depuis presque quatre ans en perdant 3,12 % à 16.459,75 pts, selon des résultats définitifs. Il n’était pas tombé à ce niveau en clôture depuis octobre 2014. Par rapport à son sommet de la mi-mai il a désormais perdu plus de 10 % ce qui constitue une « correction » en termes boursiers. Le Nasdaq, à dominante technologique, a encore plus lourdement baissé, de 3,52 % à 4.706,04 pts. Particulièrement surveillé par les investisseurs, l’indice élargi S&P 500 a abandonné 3,19 % à 1.970,89 pts.

« Il faut attacher sa ceinture », a reconnu David Levy, de Kenjol Capital Management. « Le sentiment général prend une tournure très négative, et on n’a nulle part où se réfugier« . Les principaux indices avaient déjà perdu plus de 2 % la veille, et plusieurs analystes estiment que Wall Street, où les valorisations des entreprises sont jugées élevées par rapport à leurs bénéfices réels, est en train d’effectuer un véritable rééquilibrage en baisse, redouté de longue date. « C’est normal que le marché se rééquilibre et on s’y attend, d’autant qu’il ne l’avait pas fait de façon conséquente depuis des années, mais c’est extrême aujourd’hui », a jugé M. Levy.

Après plusieurs coups de semonce depuis le début de l’été, Wall Street semble vraiment rattrapée par les inquiétudes sur la Chine, 2e économie mondiale après les Etats-Unis. La Bourse de Shanghai a baissé de plus de 30 % depuis la fin juin, et a encore chuté vendredi, après l’annonce d’une activité manufacturière à son plus bas niveau depuis 6 ans. Les craintes à l’égard de la Chine et plus largement de l’économie mondiale relancent les inquiétudes relatives à une normalisation trop précoce de la politique monétaire de la Fed, qui maintient ses taux à un niveau presque nul depuis la fin 2008. « Je ne sais pas si c’est la perspective d’un resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) ou tout simplement le ralentissement de l’économie mondiale », mais « les investisseurs tentent de moins s’exposer au risque, car les marchés financiers sont allés très haut par rapport à l’économie réelle », a résumé Jack Ablin, de BMO Private Bank.

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Russie: Le rouble à son plus bas de l’année
AFP, France24 – 24 aot 2015
http://www.france24.com/fr/20150824-russie-le-rouble-a-son-plus-bas-lannee
MOSCOU – La monnaie russe est tombée lundi à son plus bas niveau en 2015, l’euro dépassant le seuil symbolique des 80 roubles (RUB) et le dollar celui des 70 RUB tandis que l’indice boursier RTS chutait de près de 5 % dans la foulée de la débâcle des marchés asiatiques. Cette rechute de la devise russe fait craindre une nouvelle déstabilisation du pays au moment où l’économie russe, en récession, semble toucher le fond après des mois de brutale dégradation de son activité. L’euro a dépassé à l’ouverture 80 RUB pour la première fois depuis mi-décembre et atteint 81,58 RUB, contre 78,80 RUB vendredi soir. Le dollar est quant à lui monté à 71,10 RUB, contre 68,21 RUB vendredi.

Côté boursier, l’indice RTS des valeurs en dollars chutait de 5,01 % et le Micex (libellé en roubles) cédait 1,74 % à 09H10 GMT. Les marchés russes ont suivi le plongeon des places de marchés asiatiques, affolées par la morosité de l’économie chinoise, qui a également entraîné la chute des bourses européennes à l’ouverture lundi. La monnaie russe est également affectée par le marché pétrolier, de nouveau en baisse lundi avec un baril de Brent à 43,94 $ à Londres, à ses plus bas niveaux en 6 ans. « Le cours du rouble est avant tout influencé par les prix du pétrole, qui continuent d’atteindre de nouveaux plus bas », estiment les analystes de la banque VTB Capital. Les ventes par les entreprises russes « de devises issues des exportations, pour payer leurs impôts, peuvent soutenir le rouble cette semaine mais le plus important reste la dynamique des prix du pétrole », jugent-ils.

Jeudi, alors que la monnaie russe était tombée à 75 RUB pour un euro, son plus bas en 6 mois, le ministre de l’Economie Alexeï Oulioukaïev avait jugé le taux de change « juste », concédant toutefois que la chute du rouble se poursuivra tant que les cours du pétrole continueront de baisser. Fin 2014, la baisse des cours de l’or noir ajoutée aux sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne avait entraîné un effondrement du rouble, cette crise monétaire provoquant la récession actuelle qui touche au portefeuille la population. « On économise, on fait comme tout le monde. Si avant on se permettait des petits extras, on essaie désormais de s’en passer », témoigne Irina Danilina, une retraitée moscovite. « La vie a un peu changé, mais c’est normal, c’est pareil partout. Rien ne sert de trop réfléchir, il faut juste travailler davantage », abonde un autre retraité, Mehmam Gadjiev.

Les statistiques économiques mensuelles publiées la semaine dernière ont confirmé que la consommation et le pouvoir d’achat restaient déprimés. La production est aussi affectée par la morosité de la demande. Le gouvernement prévoit une chute de 2,8 % du PIB cette année et une reprise l’an prochain, mais il a déjà prévenu qu’il devrait probablement revoir sa copie au vu de la dégradation récente du marché pétrolier.

25/08/2015 >> Les bourses chinoises plongent une nouvelle fois: – 7,6 % à Shanghaï et – 7 % à Shenzhen.
« Les investisseurs (chinois) paniquent et vendent tous azimuts. Ils ont perdu toute confiance, et il y a de la marge pour que le marché dégringole encore (…) Le gouvernement ne va pas intervenir pour sauver le marché une nouvelle fois, car c’est une crise plus générale qui s’étale partout. Ca ne va pas marcher cette fois-ci », commentait Wei Wei, analyste du courtier Huaxi Securities, cité par l’agence Bloomberg, rapporté par l’AFP.
Pour la 2e fois en 2 mois la BPoC baisse ses taux d’intérêt (à 4,6 %) et réduit les taux des réserves obligatoires des banques (à 18 %). Ces annonces arrêtent très provisoirement l’hémorragie sur les marchés européens.


26/08/2015 >> Nouvele intervention de la PBoC qui va investir 140 milliards de yuans (environ 21,8 Mds $) dans le système financier sous forme d’opérations de liquidité à court-terme (SLO).

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