Victoire des travailleurs contre la charte sans valeur

La guerre de classe qui a fait rage à propos de la «Charte des valeurs authentiquement québécoises» (sic) nous a offert un parfait exemple du rôle et de l’action de la petite bourgeoisie (bobo) dans un combat politique sur le front idéologique de la lutte de classe en société capitaliste. Dans ce débat chaque classe sociale a défendu la ligne politique que lui dictaient ses intérêts.

La bourgeoisie monopoliste

La grande bourgeoisie est bien présente et très active dans la société canadienne et québécoise. Cependant, la bourgeoisie monopoliste n’a pas pour habitude de descendre dans l’arène politique. C’est d’abord l’économie, la valorisation de ses profits qui préoccupent ces capitalistes. Toutefois, cette caste de ploutocrates a une conscience aigüe de ses intérêts et de la nécessité de contrôler le gouvernement et ses ressources. La gestion hégémonique de l’État policier est pour elle un impératif si elle désire dominer la société, en assurer la gouvernance, faire adopter des lois bénéfiques à ses profits. C’est la raison pour laquelle, étant donné l’urgence, elle a condescendu à désigner deux de ses représentants pour administrer deux de ses formations vers la fusion (à venir n’anticipons pas) (1).

Au moment du déclanchement de l’attaque de la «Charte des valeurs chauvines exclusivement québécoises» (sic) le grand capital terminait justement de négocier l’important Accord de Libre-échange Canada-Union Européenne, un dossier drôlement plus important pour cette classe que le voile porté par quelques puéricultrices, une dizaine de Dastars portés par des urgentologues et une douzaine de kippas couvrant le chef de quelques médecins spécialistes.

La bourgeoisie sait déterminer ses priorités et juger de l’importance des menaces qui pèsent sur son capital et le voile; la kippa et le Dastar n’en font pas partie. Pourtant, possédant et contrôlant les médias de propagande, elle a fourni tout le soutien dont avait besoin les polichinelles péquistes et leurs plumitifs petits bourgeois pour créer un émoi à propos de la postérité soi-disant menacée des gènes d la race et de la nation québécoise (sic)! Pourquoi ce soutien des riches à ces péquistes hystériques?

Les Bobos de service

La petite bourgeoisie est une classe de poltrons, chien de garde et courroie de transmission entre les salariés et les patrons. Cette classe de soudoyés n’aurait jamais l’audace de lancer une polémique hargneuse contre les salariés sans l’aval de ses maîtres à penser. C’est donc auprès du capital financier qu’il faut chercher les motifs de cette diversion menée contre quelques centaines de femmes voilées soudainement promues responsables de menaces identitaires contre la «race des maîtres de souche québécoise»(sic) et contre leurs soi-disant «valeurs» authentiques et solitaires.

Il n’y a que la petite bourgeoisie des Bobos, particulièrement une portion de sa couche parasitaire des artistes, intellectuels, écrivains et troubadours, vivants des subventions de l’État, pour s’enflammer ainsi de manière aussi ostentatoire. Deux mois plus tôt, la nation des bobos au sirop d’érable se portait bien et sa police de la langue harcelait les restaurateurs de Montréal. Puis, soudain, un beau matin, lever de bouclier au signal d’un ex-journaliste affrété ministre «chartiste et suprématiste domestique».

Examinons maintenant le rôle des autres segments de petit-bourgeois vacillants, empressés de trottiner sur les talons de leurs patrons des conseils d’administration. Ils ont pétitionnés, ils ont marchés sur les talons des Jeannette, des Jeannot et des Femens de la laïcité hypocrite. Elles se sont dites apeurées d’être soignées par des infirmières voilées-profilées. Elles ont maugréé contre ces femmes grimées dessous leur voile discriminé. Ils et elles ont décrétés que ces étrangères, que personne n’avait remarqué par le passé, étaient soudain devenues la source de tous les dangers pour la laïcité dénaturée. Plus le chien aboyait fort plus il s’éloignait de la parade montréalaise, esseulé à Trois-Pistoles et à Hérouxville, et son «Code de vie», où un adjoint du maire avait mis fin quelques années auparavant aux «lapidations en plein-air» (sic), pratique fréquente dans ce patelin perdu n’ayant jamais connu une immigrante.

La petite bourgeoisie des Bobos troubadour n’a toutefois jamais fait front commun dans ce déshonorant combat contre quelques salariées voilées, ostracisées. Une fraction d’entre eux – à Montréal particulièrement – s’est opposée à cette attaque et a menacé d’en appeler aux tribunaux, procès que la Commission des droits de la Personne a décrété gagné d’avance. Qu’avait donc à gagner ces plouks péquistes surexcités, pendus aux basques d’un ministre d’arrière banc et d’un prétendant à la papauté de l’Assemblée (Lisée)?

Québec Solidaire (QS)

Les plus incommodés dans ce guêpier furent les Solidaires (QS). Des Bobos recyclés des années soixante-dix, ayant migrés de leurs organisations gauchistes et féministes avortées vers ce groupuscule social-démocrate «nationaleux». Comment cette formation politique opportuniste pouvait-elle tenter de faire du pouce sur cette thématique chauvine sans s’aliéner son électorat montréalais excédé par cette échauffourée anti-salariée? Québec SoliTaire n’y est pas parvenu et s’est lui-même cloitré-ghettoïsé dans son réduit du centre-ville montréalais d’où il n’est pas prêt de sortir, n’en déplaise aux analystes de haut vol qui s’épivardent en ce moment dans les médias à la solde.

La classe ouvrière

Voyons maintenant quelle fut la position des ouvriers et de leurs alliés étudiants et immigrants récents dans ce combat sur le front idéologique de la lutte de classe. La classe ouvrière québécoise a été peu contaminée par les idées nationalistes, populistes, chauvines et racistes malgré le travail acharné des escadrons gauchistes surmenés, des Bobos féministes hystériques et des bureaucrates syndicaux acoquinés avec des milliardaires et des mafieux.

Depuis les années soixante les travailleurs ont majoritairement rejeté les options et les remontrances de la petite bourgeoisie dans ses neuvaines xénophobes et paranoïaques. Ce refus catégorique explique pourquoi l’opposition à la «Charte des valeurs exclusivement québécoises» est demeurée élevée parmi la population (plus de 43% de rejet et 70% des gens qui s’opposaient aux congédiements pour motifs religieux). C’est d’ailleurs cette imperméabilité aux idées nationale-chauvines et sociales-xénophobes du prolétariat montréalais qui explique les deux échecs référendaires de la bourgeoisie et de ses affidés petits-bourgeois dans le passé et qui garantit l’échec cinglant du prochain rendez-vous référendaire si jamais il avait lieu.

Pour nous partisans ouvriers, ce combat pour la défense de nos camarades travailleuses issues de l’immigration (qu’elles soient nombreuses ou pas n’importe pas – chaque segment de notre classe doit être défendu) – pour leurs emplois et contre l’intrusion de l’État policier dans nos vies, dans nos foyers et dans nos communautés, contre les idées nationalistes-fascistes, a été une victoire, comme le fut notre travail de propagande dans les rangs étudiants, fils et filles d’ouvriers, l’an dernier (Printemps érable – 2012).

Le Parti Libéral de Jean Charest avait attaqué un segment de notre classe – les étudiants fils et filles de salariés – et il a été congédié. Le gouvernement Marois chartiste-chauvin-xénophobe a attaqué un segment de notre classe (les travaillantes immigrantes) et il a été châtié et congédié comme il se doit. Que la bourgeoisie se le tiennent tour dit, chaque parti politique bourgeois qui attaquera un segment ou un autre de notre classe rencontrera notre opposition dans la rue et dans les quartiers et sera renvoyé dans l’opposition à l’Assemblée (2).

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(1) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/qui-lemportera-du-milliardaire-ou-du-multimillionnaire/
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9rouxville . Nos éditoriaux précédents sur la lutte de résistance contre la «Charte des valeurs chauvines québécoises». Machiavel Drainville et les «chartistes» : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/machiavel-drainville-et-les-chartistes/ et Les resquilleurs de la charte des valeurs québécoises : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-resquilleurs-de-la-charte-des-valeurs-quebecoises/

5 pensées sur “Victoire des travailleurs contre la charte sans valeur

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    18 avril 2014 à 9 09 02 04024
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    J’ai regardé ton c.v. sur ton site Robert et j’ai fait des recherches sur l’internet. T’es un vrai petit bourgeois vivant une retraite dorée obtenue par ta complicité avec le système, t’a jamais été un ouvrier donc tu n’a jamais fais partie de la classe ouvrière, t’es de la classe des bobos. Je ne lirai plus ni ne commenterai ton blog car tu n’es qu’un hypocrite, tu pourra me traiter de tous les noms de ton vocabulaire pseudo-marxiste pour me discréditer je m’en fou. T’es plus crédible et hors jeux de toute façon.

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      18 avril 2014 à 11 11 26 04264
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      Bonjour Cougio, J’ai déjà fait ces recherches dans le passé et me suis posé les mêmes questions. Ce que vous exposez est une possibilité, pas nécessairement la vérité. Pour porter un jugement juste, il faudrait bien connaître la personne et puisque cet apprentissage se fait par bribes à la mesure de ses publications, je crois qu’il est de mise de laisser la chance au coureur pour éventuellement obtenir une image juste. Je ne défend pas l’homme mais les principes.

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    18 avril 2014 à 11 11 45 04454
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    Cougio le webzine LES 7 DU QUÉBEC et ses textes n’est pas vraiment l’endroit où faire le procès personnel – intime – publiquement d’un militant, ni de vous ni de moi.
    Je vais tout de même compléter votre information comme j’ai du le faire dans d’autres horizons ou des agents de police sur le net – plutôt que de discuter des lignes politiques – ce en quoi ils ne connaissent rien et sont vite à bout de refrains – attaquent les militants sur une base personnelle.
    1) Je ne vous connais pas COUGIO. Moi je n’utilise pas de pseudo. Robert Bibeau est mon vrai et unique nom (;-)) accessible sur Google très facilement – toute ma littérature récente.
    2) Je fus enseignant – militant syndical CEQ opposé à la bureaucratie syndicale des années 1970-1980 et militant communiste à cette époque.
    3) Je fus professionnel au MEQ – militant syndical lors des grandes grèves en front communs (2e vague) et opposé aux bureaucrates syndicaux et communiste non affilié
    4) Je suis aujourd’hui un petit employé d’épicerie – je pousse des sac de biscuits sur les tablettes au salaire minimum (non syndiqué cette fois) et ma femme est préposée aux bénéficiaires aussi au salaire minimum (et aussi non syndiquée – noire et ostracisée) et je suis toujours aussi farouchement opposé à toute cette fange de merdeux de bobos – de bureaucrates syndicaux – de petits-bourgeois qui trahissent ma classe et toujours aussi communiste depuis 40 ans non affilié et plus révolté que je n’ai jamais été même si vieux et enragé (;-)).

    Il vous faut d’autres infos monsieur le policier ?

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    18 avril 2014 à 11 11 55 04554
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    Dernier commentaire a COUGIO
    Nous aimerions nous tous des 7 du Québec que tu t’appliques à commenter le contenu des textes – à argumenter sur les lignes politiques – les idées – les faits – les données – les arguments – à apporter des contres – arguments, à brasser des idées quoi – c’est l’endroit pour cela.
    Si tu lances d’autres attaques personnelles – des injures personnelles à l’un ou l’autre d’entre nous (tu peux insulter les politiciens dans tous tes commentaires aucun problème) nous devons te proscrire de ce site.

    Tu parles politique – tu écris politiquement sur la politique à tous les niveaux tu es le bienvenue – tu lances des insultes personnelles à l’un ou à l’autre d’entre nous – insultes n’ayant aucun mais alors aucun intérêt pour la communauté des internautes – et pour les travailleurs québécois et canadiens – et tu n’es plus le bienvenue.

    Merci de revenir à un argumentaire de contenu et d’idées et de concepts et de clairvoyance politique – économique – juridique – diplomatique – militaire – militant mon cher ami que je ne connais pas.

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    19 avril 2014 à 7 07 53 04534
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    On devrait se voter une charte contre la bêtise humaine comme ça on n’aurait pas les politiciens qu’on a et qui sont toujours à trahir leur parole, celle de défendre les intérêts de la majorité pour défendre les intérêts d’une minorité celle des financiers.

    Cougio devrait fumer un bon joint de marijuana comme ça il serait moins parano.

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