Washington / Iran et les faux-semblants

Présentement à Genève on nous joue la scène de la négociation avec l’Iran.
Comme si les choses avaient soudainement changé!
Comme si Washington ne cherchait plus un moyen pour coincer les dirigeants iraniens et parvenir à faire avaler au monde entier qu’il faille envahir ce Pays souverain pour mettre fin à une menace nucléaire terrible.

Il s’agit, bien entendu, d’un cirque, une tartufferie, qui nous sera révélée tôt ou tard et probablement assez tôt.  Les prédateurs voulant remettre la main sur l’Iran dont ils ont été chassés en 1979 n’ont sûrement pas abandonné leur objectif de reprendre le contrôle de cet État trop nationaliste et aussi toujours riche en pétrole. 

Depuis la défaite de la bataille contre la Syrie on cherche à mettre en place une nouvelle stratégie.  On note clairement qu’une approche inédite et assez remarquable est en cours.  Depuis la dernière élection présidentielle iranienne, on nous joue la comédie du nouveau président iranien, Rohani, nettement plus ouvert que le méchant Ahmadinejad.  On nous joue l’euphorie de la discussion sereine.  Avec Rohani, tout est devenu possible !   C’est fou ce que le bataillon médiatique peut   « en un rien de temps »   le voir d’une modération époustouflante ce Rohani ainsi que d’entrevoir une ouverture étonnante face à des pourparlers sur les brulants dossiers iraniens. 

On le dit « réformateur ». 
Le bataillon médiatique nous a présenté hier une sorte de preuve nous montrant que Rohani était un vent de fraicheur qui déferlait sur l’Iran.  En effet, Zahra Eshraghi, 49 ans, la petite fille de l’Ayatollah Khomeiny, celui qui fut l’Iman tout puissant qui libéra l’Iran pour le plonger dans la dictature religieuse, est en pleine campagne pour que la femme iranienne puisse porter un peu de couleur (sans doute un peu comme notre Québécoise Dalila que nous avons vue avec son joli voile coloré à «Tout le monde en parle»).   Y aura-t-il une nouvelle révolution colorée, cette fois-ci pour libérer la femme iranienne de la grisaille ?

On dit que le président Rohani appelle la police à être plus tolérante concernant le port du voile.

Mme Eshraghi avait aussi été remarquée par notre bataillon médiatique en janvier 2013 alors qu’elle demandait des réformes et fustigeait, disait-on, le président de l’époque, Ahmadinejad.

Cette campagne de «la petite fille de Khomeiny» est-elle vraiment reliée à ce nouveau président ou si l’Iran suit tout simplement son évolution ?

Il ne faut pas compter sur le bataillon médiatique pour creuser la réponse.  Le rôle du bataillon présentement est de mousser le nouveau Président en nous disant que Rohani est la fraicheur des réformes et l’ouverture à la négociation avec l’ennemi de toujours. 

Selon le bataillon médiatique, Rohani serait donc plus « négociable » que ces prédécesseurs !  Cependant, le gouvernement Rohani tient exactement le même discours qu’Ahmadinejad.  Il dit que l’Iran veut développer son nucléaire à des fins énergétiques et non militaires.  C’est ce qu’Ahmadinejad disait tout au long de son mandat. Bien sûr, la caricature qu’on nous faisait d’Ahmadinejad à travers de ridicules bribes de ses déclarations nous le peignait comme un des pires méchants de l’axe du mal.  Vous savez, l’axe du mal !

Rohani ne ferait donc pas partie de ces méchants qui composent l’axe du mal.  Il serait un bon «ou presque» dans ce club désigné des méchants représentants de cet axe à qui nous devons faire la guerre. 

La suite du scénario sera sûrement intéressante.  Combien de temps va-t-on nous présenter Rohani comme un « bon » ?   Probablement le temps de trouver une solution pour revigorer la campagne de propagande visant à faire accepter l’invasion de l’Iran, la grande convoitée du Moyen-Orient.  Cette pause de détente est sans doute due à la défaite syrienne.

Le cirque des négociations (sic) Washington / Iran est donc à suivre avec un bon Pop Corn.  Ces négociations pourraient être inscrites dans la course aux Oscars.

 

Serge Charbonneau

2 pensées sur “Washington / Iran et les faux-semblants

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    16 octobre 2013 à 11 11 47 104710
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    Merci M. Charbonneau.

    C’est en effet que que nous montre l’actualité en surface. Mais, il s’est passé quelque chose qu’on n’ébruite pas dans les médias:

    Le mardi 3 septembre 2013 Israël a testé son bouclier anti-missiles Arrow 3, en tirant des missiles simulant des Scuds. Immédiatement le ministère de la défense russe a donné l’alerte après la détection, par sa station radar d’alerte avancée de la mer Noire. Après avoir dans un premier temps démenti, Israël a assuré par la suite qu’il s’agissait d’un tir de missiles Sparrow.

    Arrow et Sparrow, toute la nuance est ici.

    Septembre a a été un mois de révision complète de la statégie Americano-Israélienne.

    En octobre le ton change, tous les médias aux ordres rapportent que:

    Les accords sur le désarmenent chimique de la Syrie entre la Russie et Washington débloquent.
    Obama impressionné par le pape François
    Rohani, nettement plus ouvert que Ahmadinejad
    etc..

    À mon avis, la démonstration fut faite que le bouclier antimissile israélien n’est pas prêt si l’Iran réplique à une frappe israélienne contre la Syrie. On se le demandait déjà en 2012. ref: http://www.slate.fr/story/60753/bouclier-antimissile-iran-israel-guerre

    Notons que les russes sont à installer leurs radars de nouvelle génération de type Voronej-M et Voronej-DM en mesure de surveiller jusqu’à 500 cibles simultanément dans un rayon d’action de 6.000 km.

    DG

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      16 octobre 2013 à 19 07 08 100810
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      Votre message implicite est clair.

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