Élection 2011: Renart Léveillé

Je vote (même si c’est à reculons)

Par Renart Léveillé

Oui, je vais aller voter. Pas que je sois extrêmement excité par l’exercice, mais je vais y aller. Oui, notre système parlementaire est désuet, mais ce n’est pas une raison. Ce n’est pas un jeu, alors de se dire que les règles ne nous plaisent pas alors on ne joue plus, c’est un mélange de puérilité et d’irresponsabilité. Mais bon, je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier parce que pour certains, c’est plus une réflexion gangrenée par cet utopisme qui fait théoriser bien sérieusement dans le sens qu’on peut faire avancer les choses en ne bougeant pas… Ce sont bien sûr des boutades, mais seulement pour ce qui est de la forme.

Même si c’est à reculons, je vais aller voter parce qu’en mon for intérieur je ne crois pas que n’importe quel résultat, c’est du pareil au même. Et dans les faits, c’est ridicule de penser, par exemple, qu’une décision de Harper ou de Layton, en situation de gouvernement minoritaire, c’est du pareil au même. Encore plus de penser que ça revient au même un gouvernement majoritaire ou minoritaire. Ça se vérifie avec n’importe quel scénario. L’Histoire n’est jamais dessinée d’avance, malgré les pronostics que quiconque peut faire. Justement, qui aurait prédit la montée actuelle du NPD dans les intentions de vote?

Oui, sûrement qu’au bout du compte on va se faire avoir encore par les promesses gonflées à l’hélium, mais de ne pas voter n’a aucune chance de changer quoi que ce soit à ces hypothétiques résultats. L’abstentionnisme n’est qu’un message trop flou pour être compris à sa juste valeur, contrairement à l’annulation du vote. Au moins, là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté possible.

Mais je ne suis pas plus pour l’annulation du vote que contre l’abstention. Parce que cette décision m’apparaît trop comme le résultat de la frustration de ne trouver aucun parti qui nous va comme un gant. Les individus étant à la base dissemblables, il faudrait alors autant de partis politiques que d’individus… Oui, en le regardant du côté négatif, il faut alors voter pour son moins pire, même si c’est à contrecœur : au moins, ça met une chance de plus de défaire son pire choix!

Par contre, je ne peux pas faire preuve de mauvaise foi, l’annulation du vote pourrait donner un sacré signal si cela atteignait quelque chose comme le nombre de votes d’un des partis en tête. Ou mieux encore, une majorité. Mais pour ça, il faudrait que cette majorité use de ses muscles jambiers et fessiers… Et mon petit doigt me dit que c’est loin d’être gagné!

Alors, oui à la votation même si elle est imparfaite. À moins d’un vrai soulèvement citoyen, notre démocratie continuera de faire son chemin avec ou sans nous. Aussi bien embarquer dans le train et se croiser les doigts pour que ça passe le mieux possible.

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