Le monde est ce que vous êtes

« Tu dois être le changement que tu souhaites voir dans le monde. » Gandhi

Bon dimanche à tous. Il est écrit quelque part que les 12 jours précédants Noël sont la résonnance des 12 mois qui viennent de s’écouler dans l’année, cette déchirure dans le Temps permettant à chacun de faire un retour en arriere et contempler son action … Après quelques billets où j’ai tenté de calligraphier mon experience selon ma couleur, je vous propose un choix de palettes provenant d’autres peintres … on est, selon ma perception, sur une dernière ligne droite au niveau de notre société … on peut considérer ce point de vue sous l’angle catastrophique, ou telle une fourmi sachant que l’hiver arrive, se préparer en conséquence , matériellement et mentalement , chacun selon son harmonie de couleurs et sa saison … alors, qu’avez vous fait cette année ? Tout est notion de choix.Votre choix.

« Un point commun à tous les prétendus opposants au système les réunit dans leur incompétence, celui de l’incapacité d’analyser la situation, et de se servir d’outils justes et limpides. (..) On ne peut donc rien attendre de ce système, ni des partis politiques. Les quelques authentiques opposants au système de domination ne seront jamais élus, et n’obtiendront jamais suffisamment de couverture médiatique pour instruire la population. Nous le savons. Que reste-il donc ? Que faire face à la gravité d’une telle situation ?Il est temps de s’allier, de se réunir – non pas pour combattre un système imbattable – mais pour organiser une résistance active : celle de l’avenir, de la vie. Il est temps de se demander ce dont on a réellement besoin pour la vie, de organiser afin de ne pas avoir à subir la dictature à venir. « (J.Teil)

« …Les hommes sont des machines. Les machines doivent être aveugles et inconscientes, elles ne peuvent pas être autrement, et leurs actions doivent correspondre à leur nature. Tout arrive. Personne ne fait rien. ‘Progrès’, ‘civilisation’, au sens propre, n’apparaissent que par des efforts conscients. Ils ne peuvent pas apparaître d’actions mécaniques inconscientes. » (Gurdjieff – 1912)

« Lorsque nous voyons que presque toute notre existence n’est que répétition mécanique, nous quittons automatiquement ce schéma et rentrons dans l’observation. (Qui suis-je ? Jean Klein)

« En tant qu’individus, nous faisons l’expérience douloureuse d’un enfermement continuel. Le corps, les émotions et le mental semblent nous soumettre à leur dictat. Dans ces conditions, nous sommes comme des esclaves.L’être humain est prisonnier d’une perception de lui-même qu’il ne remet pas en question et quand, par hasard, il effleure sa véritable nature, la peur s’empare de lui et il retourne compulsivement à sa prison. Il est possible de mettre fin à cet enfermement par une détermination impérieuse à franchir le barrage de la peur et des symptômes psychologiques, physiques ou émotionnels qui se manifestent au seuil de la révélation de notre nature véritable. Cette détermination ne demande pas de qualité particulière, sinon cette grande inspiration à ne plus demeurer prisonnier.

Nous devons être « présents » et faire l’expérience sans détour de « ce qui est », à tout moment, quelle que soit la nature de « ce qui est ». Que nous vivions un malaise ou une satisfaction, nous accompagnons, sans manipulation, sans fuite et sans entretenir non plus, ce qui se manifeste.Cette attitude va immanquablement éveiller la peur qui, dans un premier temps, nous conduira certainement à reproduire nos schémas de fuite. Nous préférons la prison à ce qui commence à se révéler. Mais cette ferme inspiration à ne plus être prisonnier amènera sa récompense.

(Thierry Vissac)

« Il n’est pas besoin d’opter pour un nouveau mode de vie qui, inéluctablement, deviendrait un système comme tout autre. Lorsque l’attention est bipolaire, on observe au début le soi-disant monde extérieur mais l’accent est mis sur les mouvements intérieurs. Ensuite, ces mouvements, les sympathies et antipathies, deviennent eux-même objet de l’exploration. De cette manière nous devenons plus intimes avec nous-mêmes, plus conscients de la façon dont nous fonctionnons d’instant en instant dans la vie de tous les jours. (Jean Klein)

« La première chose est de réaliser que le problème du monde est le problème de l’individu ; c’est votre problème et mon problème, et le processus du monde n’est pas séparé du processus de l’individu. Ils sont un phénomène commun, et donc ce que vous faites, ce que vous pensez, ce que vous ressentez, est beaucoup plus important que d’introduire une loi ou d’appartenir à un parti ou un groupe particulier de personnes.

C’est la première vérité dont il faut prendre conscience, cela est évident. Une révolution dans le monde est essentielle, mais la révolution selon un modèle particulier d’action n’est pas une révolution. Une révolution ne peut avoir lieu que lorsque vous, l’individu, vous comprenez vous-même et de ce fait, créez un nouveau processus d’action. Certes, nous avons besoin d’une révolution parce que tout part en pièces – les structures sociales se désagrègent, il ya toujours et encore plus de guerres.Nous sommes au bord d’un précipice, et, bien entendu, il doit y avoir une sorte de transformation, car nous ne pouvons pas continuer comme nous sommes.
La gauche offre une sorte de révolution, et la droite propose une modification de la gauche.
Mais ces genres de révolutions ne sont pas des révolutions ; elles ne permettent pas de résoudre le problème, parce que l’entité de l’homme est beaucoup trop complexe pour être comprise par le biais d’une simple formule. Et comme une révolution constante est nécessaire, elle ne peut commencer que par vous, avec votre compréhension de vous-même. C’est un fait, c’est la vérité, et vous ne pouvez pas l’éviter, quelle qu’en soit votre angle d’approche.

Après avoir vu la vérité de cela, vous devez établir l’intention d’étudier l’ensemble du processus de vous-même parce que, ce que vous êtes, le monde l’est : Si votre esprit est bureaucratique, vous allez créer un monde bureaucratique, un monde stupide, un monde de la paperasserie ; si vous êtes avide, envieux, borné, nationaliste, vous allez créer un monde dans lequel il y a le nationalisme, qui détruit les êtres humains, une structure sociale fondée sur la cupidité, la division, la propriété, et ainsi de suite.

Alors, ce que vous êtes, le monde l’est, et sans votre transformation, il ne peut y avoir aucune transformation du monde.

Mais, s’étudier soi-même exige un soin extraordinaire, une flexibilité extraordinairement rapide, et un esprit alourdi par le désir d’un résultat ne peut jamais suivre le mouvement rapide de la pensée.
Ainsi donc, la première difficulté est de voir la vérité que c’est l’individu le responsable, que c’est vous le responsable de l’ensemble du désordre, et lorsque vous verrez votre responsabilité, l’autre difficulté sera d’établir l’intention d’observer, et donc de provoquer un changement radical en vous-même.
Nous comparons et jugeons parce que nous sommes conditionnés à tout regarder dans notre vie, avec condamnation, comparaison ou justification ; jamais à regarder les choses telles qu’elles sont, sans rien de tout ceci. Alors, vous constaterez que la vie devient très simple : il suffit d’observer.

(Œuvres collectées, Krishnamurti)

Pour faire face à soi-même de façon scientifique nous devons accepter les faits tels qu’ils sont, sans accord, désaccord ou conclusions. Ce n’est pas une acceptation mentale, d’idées, mais une acceptation totalement pratique, fonctionnelle. Cela demande simplement de la vigilance.( Jean Klein)

Cette attitude nouvelle et naturelle qui consiste à s’ouvrir à « ce qui est » à tout instant n’est pas une nouvelle manipulation de l’ego spirituel. Ce n’est pas une autre de ces actions entreprise dans l’espoir d’atteindre quelque niveau « plus élevé » ou quelques états « plus agréables ». Si nous demandons à nous ouvrir de cette façon, nous ne faisons que perpétuer la névrose du coureur spirituel. Si nous nous ouvrons sans attente à ce qui est, une clarté nouvelle va rapidement se révéler. Une clarté simple, sans feu d’artifice mais qui porte en elle la réponse à nos attentes véritables. Nous libérons une énergie et une clarté bridée par nos instincts de protection. Ce nouveau regard sur la vie quotidienne est le sens profond de l’enseignement. Nous sommes enseignés naturellement, sans cesse et de manière lumineuse par toute chose.

Etre ouvert à cet instant, et au suivant, au suivant, sans lassitude, sans attente, sans anticipation, est l’éveil spirituel. (T.Vissac)

En pratiquant cette impeccabilité dans chacun des actes de sa vie quotidienne, le chercheur de vérité reçoit des aides impersonnelles, qui émanent du vivant. Un peu ce que les chrétiens appellent la grâce divine, mais sans dieu. Pour sortir du contexte religieux qui est inapproprié, disons que les aides reçues par le guerrier impeccable s’apparentent à ce que le psychanalyste Carl Jung appelle des synchronicités. Juan Matus les désigne sous le nom de pouvoir personnel. L’impeccabilité, pour le chercheur, c’est la condition de toute interprétation du voir, hors conditionnement, hors croyance, hors conclusion pré-fournie par d’autres ce qui devient l’Initiation, à un autre système cognitif. Par système cognitif, je me référe à la définition courante de la cognition : « les processus qui permettent d’appréhender la vie quotidienne, processus qui incluent mémoire, expérience, perception, ainsi que la maîtrise de toute forme de syntaxe ». .. non, vous n’êtes pas en dehors de la matrice, mais vous venez de mettre un pied hors ses illusions avec un rayon d’action élargi ..

Est ce que vous vous rendez compte à quel point, individuellement, vous avez déjà un pouvoir de changement ?

Fin de transmission
Marc Lafontan

8 pensées sur “Le monde est ce que vous êtes

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    12 décembre 2010 à 4 04 03 120312
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    Honnêtement, ça fait du bien de lire ça. Dans le contexte du temps de Noël, c’est une superbe réflexion. Ça fait un bon moment déjà que je le dis, la prochaine révolution sera intérieure et personne, pas un gouvernement, par un État policier et de surveillance, pas une armée ne pourra l’arrêter. Et cela, c’est déjà en train de se passer.

    Un gros merci, Marc.

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    12 décembre 2010 à 16 04 46 124612
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    @François : un sourire du destin ça fait du bien de temps en temps…
    @Guillaume : bonen journée mon homme.. merci à toi aussi 🙂

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    12 décembre 2010 à 18 06 18 121812
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    Une très belle réflexion Marc… 😉

    Louise

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    13 décembre 2010 à 12 12 01 120112
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    A dire vrai, je ne sais trop quoi te dire Marc …
    J’ai du mal à casser l’ambiance , mais je pense que tu te fourvoies .
    L’homme replié sur lui même est la proie des prédateurs .
    Et il ne manque pas d’exemples dans l’histoire pour rappeler qu’une absence de discernement peut provoquer de grands malheurs auprès de gens qui n’y sont pour rien .
    Tz.

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    13 décembre 2010 à 12 12 45 124512
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    Y a pas de problémes, chacun sa vision et son cheminement … au delà de la portée recherche sur soi-même je pense qu’il y a une application sociale à la réflexion proposée et à sa mise en pratique … là où tu vois « repliement » je vois recentrage des valeurs basées sur sa propre experience , et là où tu vois « absence de discernement » je vois au contraire absence d’illusion .. là où tu vois prédateurs je ne vois qu’un pouvoir qui s’écroulera si assez de monde refuse de jouer selon leurs rêgles …

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    14 décembre 2010 à 11 11 23 122312
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    Mood du jour : 🙂

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