Notre chien de garde a faim


Une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démolit la plupart des mythes de la droite économique. Que ce soit le « travaillez plus » de Lucien Bouchard, l’enrichissement individuel de Pauline Marois ou le « moins d’État » de Jean Charest, toutes les élites de droite en prennent pour leur rhume. Évidemment, voilà une recherche dont vous entendrez très peu parler les éditorialistes en chef de La Presse…

Concrètement, on y confirme ce qui ne fait plus grand doute dans l’esprit des gens: les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Ce qui est nouveau, plutôt, c’est la compréhension de la façon dont se produit cet accroissement des inégalités sociales. De 1976 à 2006, l’économie québécoise a cru de 71%. Au même moment, la majorité des gains de revenu a été au 10% des gens les plus riches pendant que les 70% les plus pauvres ont vu leur assiette fiscale régresser. Tous les déciles sous le décile 8, à l’exception des ultra-pauvres, ont subi une détérioration de leurs revenus au cours de cette période.

Or, c’est précisément à partir de la fin des années 70 et du début des années 80 qu’ont eu lieu les premières réformes néolibérales et le début du désengagement de l’État. Désassurance dentaire, hausse des frais de scolarité, diminution des prestations d’assurance-emploi, baisse des impôts aux compagnies et aux plus fortunés, cette période de trente ans a constitué l’âge d’or de ceux qui ont toujours affirmé – et qui affirment encore aujourd’hui, malgré les tourments économiques que leur idéologie a créés – qu’il fallait rendre la vie plus facile aux plus riches afin qu’ils contribuent à tirer la société vers le haut. Ce qu’on constate, aujourd’hui, est précisément l’inverse: les mieux-nantis se sont effectivement envolés avec l’argent, mais le reste de la société, à l’exception des plus pauvres, a perdu de son pouvoir d’achat. Il s’agit du constat d’un échec et d’un sérieux avertissement à ceux qui seraient tentés de croire, notamment, que le Parti Québécois ferait un bon choix en favorisant l’enrichissement individuel.

Au travail, esclaves!

À tous les Lucien Bouchard et autres soi-disant lucides qui affirment que nous ne travaillons pas assez, l’étude démontre également que l’appauvrissement collectif de la classe moyenne s’est produit au même moment où le nombre de semaines de travail de celle-ci augmentait de près de 16,5%! Parallèlement, les mieux-nantis ont vu leur charge de travail diminuer de près de 6%! Concrètement: en trente ans, l’économie québécois s’est embellie de plus de 71%, la classe moyenne travaille plus de 16,5% de plus, mais elle est plus pauvre, au moment même où lui casse les oreilles avec les soi-disant bénéfices de réformes économiques de droite! Vous y comprenez quelque chose?

En fait, le problème vient principalement du fait que l’État ne joue plus suffisamment son rôle de redistribution de la richesse. L’étude le note pertinemment bien: l’augmentation des revenus après impôts des déciles les moins riches n’était que de moitié de celle enregistrée pour le décile le plus riche. Les auteurs de l’étude notent:

L’impact de l’intervention de l’État est primordial. L’écart observé dans les gains distribués par le marché est plus faible lorsque nous considérons les effets des transferts et des impôts sur les revenus. Mais si l’État limite la croissance des inégalités, ses actions ne sont pas suffisamment vigoureuses pour pouvoir renverser ou simplement freiner cette augmentation.

Le budget de tous les dangers

Ce constat constitue la pire des critiques adressée au dernier budget provincial. Si l’État n’en fait pas suffisamment, depuis une trentaine d’années, pour limiter les inégalités sociales et tous les troubles qu’elles entraînent, le budget Bachand, avec son lot de mesures régressives (200$ pour la santé pour qui gagne 15 000$; 200$ pour la santé pour qui gagne 1 500 000$), ne pourra qu’aggraver la situation actuelle et permettre la continuation de la chute des revenus disponibles pour la classe moyenne et les plus démunis.

Et malheureusement, puisque le PQ de Pauline Marois semble avoir adopté la même idéologie de hausses de tarifs et de taxes alliées aux baisses d’impôts, cela ne laisse rien présager de bon pour l’avenir, advenant l’élection du Parti Québécois aux prochaines élections.

Affamer la bête

Tout ceci nous ramène insidieusement à la définition de l’économiste Paul Krugman, qui parle de la stratégie orchestrée pour affamer l’État. Comme l’explique Josée Legault:

Leur stratégie fut baptisée « affamer la bête ». Elle commence par une réduction d’impôts – un geste toujours populaire. Puis, les revenus de l’État étant diminués, à la moindre crisette, le déficit augmente ou réapparaît. Les gouvernements se disent alors « forcés » de couper les services publics. Et une fois qu’on a bien « affamé la bête » étatique en baissant les impôts souvent au bénéfice des entreprises et des mieux nantis, ils coupent dans les services publics pour retrouver un équilibre budgétaire qu’ils ont détruit eux-mêmes. C’est précisément ce qui s’est passé à Québec et à Ottawa.

Cette étude de l’IRIS, c’est le rapport de l’état de santé des citoyens qui doivent, théoriquement, se faire protéger par la « bête étatique », notre chien de garde collectif. Après des années de baisses d’impôts, de hausses de tarifs et de coupures de services, la bête est devenue tellement épuisée, affamée et rachitique qu’elle ne peut plus jouer son rôle d’assistance aux citoyens, eux qui sont maintenant de plus en plus « libres » de se retrouver isolés, à la merci des aléas du hasard, dans une jungle néolibérale leur proposant le projet de société d’avoir à se combattre les uns les autres pendant qu’une minorité de privilégiés continuent leur party.

Et si on se décidait enfin à hausser un peu leurs impôts et à les forcer, eux aussi, à participer à l’amélioration de la société?

Notre chien de garde étatique nous a sorti de la misère dans les années 60 et il nous a jamais laissé tomber depuis; ne le laissons pas crever de faim. Ce n’est pas à notre avantage collectif.

Publié sur : louisprefontaine.com

18 pensées sur “Notre chien de garde a faim

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    21 mai 2010 à 2 02 13 05135
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    Ce qu’il faut remarquer dans ce commentaire est que M. Prefontaine assume que tout écart entre les riches et les pauvres est mauvais.

    Ce qui n’est pas dit explicitement mais clairement implicite dans le texte est que ceux qui acquièrent de la richesse le font au détriment des autres.

    Puisque tout la pertinence des ces propos et ces chiffres repose sur une base morale: l’écart de la richesse est un fait négatif, regardons donc le coté moral.

    Premièrement, il est facile lorsque l’on parle de richesse de penser que tout ces gens ont acquis celle-ci de façon malhonnête. Il y en a plusieurs dont c’est les cas mais de voir toute personne riche comme soit un fraudeur, soit un profiteur par exemple des p’tits-zamis du pouvoir une fausseté. La très grande majorité des gens riche ont gagnés leur argent de façon très honnête.
    En fait, il ne faut pas oublier que dans un système capitaliste pur (ie: sans manipulation des gouvernements), la seule façon (légale) de faire des profits est d’offrir des produits et services que les gens veulent. Plus on satisfait la société par ce que l’on offre, plus on est récompensé.
    Avec ce principe, est-ce que la richesse est mauvaise ? Certainement pas.

    A partir de l’acceptation que les gens les plus nantis se sont enrichis de façon totalement honnête, comment est-ce possible, moral, de dénoncer l’écart entre ces gens et les autres ?

    Ce que M. Préfontaire désire est une part du gâteau. Il semble impliquer qu’une part de cette richesse lui revient ( à lui et les autres… )
    Mais ce qu’il faut alors poser comme question est: pourquoi ? Selon quel principe moral est-ce que ce qu’une personne réussi à gagner est un bien collectif ? Selon quel principe moral est-il possible de revendiquer le bien d’un autre ?

    Le principe avancé est l’équité.
    Le principe que la richesse doit être partagée.
    Mais ce principe est totalement immoral !
    Il y a une différence entre rêver, espérer que tout le monde soit riche, que tout le monde vive heureux et de revendiquer le droit à l’avoir des autres.

    Il y a une différence entre le fait d’aider les plus pauvres à vivre dans des conditions humaines décentes et revendiquer sur une base de fausse moralité l’avoir des autres…

    La seule façon de trouver cette situation moralement correcte est d’accepter que des gens doivent vivre, produire pour le profit d’autres.
    Ces gens qui ont des idées, des initiatives, des ambitions et qui sont récompensés par la réussite économique doivent être des bêtes de sacrifice pour les autres.
    Et ce, selon un principe moral….
    Une morale qui dit que le riche doit payer pour le bien de la société et que le pauvre doit parasiter pour son bien personnel.
    Une telle morale est celle d’un parasite.

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    21 mai 2010 à 4 04 48 05485
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    Cessez donc vos sophismes, monsieur François J..
    Vos propos ne tiennent pas la route … l’équité serait complètement immorale? Un bel exercice de dissonance cognitive, s’il en est un, tiré directement du roman de George Orwell, 1984!
    Et puis sachez qu’il n’est pas ici question de communisme ni même de redistribution absolue de la richesse.

    L’équité dont il est question ici vise à donner à chaque homme et femme une chance de gagner sa vie noblement, même si le talent qui lui a été donné ne figure pas à l’ordre du jour des argentiers de ce monde. Car s’il faut vous le répéter, la vie humaine n’est pas une marchandise.

    Bien sur une téléphoniste (pour prendre exemple) n’a pas le même profil que le PDG d’une entreprise cotée en bourse. Mais pourquoi doit-elle subir une diminution de son pouvoir d’achat alors que l’économie a explosé? C’est EXACTEMENT le propos de cette étude.

    Madame ne demande pas l’aumône. Elle ne demande pas d’être payée le même salaire que l’incompétent de PDG qui ne reconnaît pas la valeur de son travail. Elle demande de pouvoir bien vivre de son labeur, de pouvoir se loger, s’habiller et manger convenablement et pouvoir s’en coller un peu pour ses vieux jours.

    Or l’étude dit que l’érosion est telle que cette téléphoniste, ainsi que la grande majorité des travailleurs, se voient brimés. Ils ont été forcés au mode survie. Et aujourd’hui ils sont en beau joualvert parce que le pays a connu un boum économique auquel ils ont participé en travaillant plus mais en gagnant moins.

    Excusez-nous de ruer dans les brancards quand ces fameux PDG s’offrent prime après prime qu’ils vont déposer dans leur compte Suisse (quand ce n’est pas dans un compte ‘inexistant’ de la Clearstream); Excusez-nous de ruer dans les brancards quand on paye par-dessus des taxes pour des services aux citoyens alors qu’on multiplie les baisses d’impôts, les subventions et les exemptions au gratin et aux transnationales (qui ne créent même plus assez d’emplois pour la peine) ; Excusez-nous de ruer dans les brancards parce les grands conglomérats trouvent qu’on fait trop de bruit quand on respire; Excusez-nous de ruer dans les brancards quand parti après parti succombent aux dictats des lois du marché et du lobby corporatif, dénaturant leur relation au bon peuple qui le met au pouvoir. Quels intérêts servent-ils vraiment? ; Excusez-nous de ruer dans les brancards quand on applique a satiété les principes de la tricle-down economy même si il est amplement prouvé que l’argent ne se rend plus au plus bas de la pyramide depuis longtemps.

    En d’autres mots, une situation d’iniquité manifeste, où 10% de la population se gave du profit auquel tous ont participé et un gouvernement vendu d’avance à cette idée. Une situation … fondamentalement immorale dans le sens le plus strict du terme, que vous déformez pour tenter de vous convaincre qu’elle n’existe pas.

    Sans rancune

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    21 mai 2010 à 15 03 47 05475
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    @ François J.

    « que dans un système capitaliste pur (ie: sans manipulation des gouvernements), la seule façon (légale) de faire des profits est d’offrir des produits et services que les gens veulent. »

    Faux. C’est l’offre qui contrôle la demande. C’est l’une de choses qu’il faut changer.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/19/les-joueurs-bien-eleves/

    « Selon quel principe moral est-ce que ce qu’une personne réussi à gagner est un bien collectif ? »

    Parce que toute production en société est collective; nul ne pourrait produire sans la collaboration des autres. Le seul débat sensé est au palier du partage selon le mérite des fruits de cette production essentiellement commune.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/la-division-du-travail/

    Pierre JC Allard

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    21 mai 2010 à 16 04 48 05485
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    Cette étude est très intéressante et mérite des précisions.

    Quel est le décile qui a obtenu la plus grande augmentation de ses revenus au cours de la période étudiée? Réponse: le décile 1, soit les plus pauvres! Leurs revenus ont augmenté de 20% en dollars constants de 2006 (voir tableau 8.1 page 34). L’autre décile à s’être le plus enrichi est le 10e, soit les plus riches.

    Notez d’ailleurs que tous les déciles ont connu une augmentation de leur revenu: tout le monde s’est enrichi. Quel est le mal à ce que les plus talentueux s’enrichissent davantage?

    D’ailleurs, si on observe le graphique 10.3 de la page 47, on constate que les déciles les plus pauvres représentent une proportion plus faible de la population, tout comme les déciles de la classe moyenne, alors que la proportion des riches a augmenté. N’est-ce pas désirable?

    L’argument fondamental de cette étude est que l’écart entre riches et pauvres a augmenté, ce qui est grotesque. L’important c’est que tout le monde s’enrichisse et voit son niveau de vie augmenter. Le Bangladesh est un des pays du monde où l’écart riches/pauvres est le moins élevé….quand est-ce que Louis Préfontaine (et les auteurs de l’étude) vont émigrer dans ce paradis « d’égalité »? Dans la semaine des quatre jeudis d’après-moi.

    Maintenant, j’attirerais votre attention sur le billet suivant, beaucoup plus pertinent:

    http://www.minarchisteqc.com/2010/05/riche-en-pauvres-pauvre-en-riches/

    On y constate que le modèle Québécois, bien qu’ayant un Gini moins élevé, génère plus de pauvres que l’Alberta, la C.B. et l’Ontario.

    Ensuite, selon Louis Préfontaine, le gouvernement Québécois est « affamé » (i.e. manque de revenus) pour dépenser à sa guise! Elle est bonne celle-là!

    Voici les chiffres concernant les dépenses du gouvernement Québécois.

    http://www.antagoniste.net/2010/03/31/passez-go-payez-200/

    La gauche et les chiffres, c’est vraiment pathétique!

    Vous pourrez constater sur le graphique ci-bas que notre gouvernement est très bien nourri!

    Ce que la gauche ne réalise pas est qu’en voulant redistribuer la richesse pour réduire les inégalités, le gouvernement en détruit une grande quantité, ce qui engendre de la pauvreté. Et la grande victime de ce manège est la classe moyenne.

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    21 mai 2010 à 18 06 20 05205
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    @ Minarchiste

    «Le Bangladesh est un des pays du monde où l’écart riches/pauvres est le moins élevé»

    Pourquoi ne pas prendre comme exemple le pays qui a le Gini le moins élevé, soit le Danemark ? C’est sûr que cela nuirait à votre argument…

    Cela dit, même s’il est moins rebutant que le Bengladesh, le Danemark ne m’attire pas… Et vous, votre déménagement à Singapour ou en Alberta, c’est pour quand ? 😉

    «Ensuite, selon Louis Préfontaine, le gouvernement Québécois est “affamé” »

    Ce n’est pas ce qu’il écrit. Il avance, comme Krugman l’a fait pour les États-Unis et Josée Lagault pour le Québec et le Canada (j’ai moi-même déjà mentionné cette tactique sur des blogues), la tactique qui consiste à diminuer les revenus (surtout les impôts, le moyen de financement gouvernemental le plus progressiste) de l’État en période de croissance pour ensuite évoquer les déficits qui feront surface au premier ralentissement venu pour justifier des compressions aux programmes gouvernementaux. Même le PQ a tenté le coup dernièrement, mais a été freiné par ses militants.

    «On y constate que le modèle Québécois, bien qu’ayant un Gini moins élevé, génère plus de pauvres que l’Alberta, la C.B. et l’Ontario.»

    Il est ridicule de ne mesurer la pauvreté qu’avec les revenus. Même le Gini est incomplet, entre autres parce qu’il ne capte pas la valeur des services gouvernementaux. Il faut aussi tenir compte des prix des biens marchands (comme le logement, beaucoup moins cher au Québec) et des épargnes entraînées par les services gouvernementaux, comme les services de garde, l’assurance-médicaments et bien d’autres dont on bénéficie au Québec et pas ailleurs.

    Le meilleur indicateur de pauvreté est la mesure du panier de consommation. À http://www.rhdcc-hrsdc.gc.ca/fra/publications_ressources/recherche/categories/inclusion/2009/sp-909-07-09/page10.shtml , on montre (tableaux 8) que le Québec avait en 2007 l’incidence du faible revenu la plus faible après l’Alberta. Pour 5 des 8 années des tableaux, l’incidence était même plus faible au Québec, qui n’a pourtant pas autnat de pétrole que l’Alberta… Les tableaux 10 montre qu’en plus les «pauvres» du Québec l’était moins que ceux de l’Alberta (0,322 par rapport à 0,355), non seulement en 2007, mais dans toutes les années du tableau ! Comme le reste du Canada, et l’Alberta en particulier, ont subi plus durement que nous les effets de la dernières récession, il sera intéressant de voir les données pour 2009 dans 2 ans.

    Même le lucide Luc Godbout a produit avec d’autres un document qui montre que les Québécois subissent une charge fiscale nette plus faible que dans le reste du Canada et dans les autres pays du monde. Voir https://acpcol01.usherbrooke.ca/prod/recherche/chairefisc.nsf/alldoc/A84A834EE94A7E26852576E9005459A7/$file/Charge%20fiscale%20nette%20QC%20et%20G7_%20annee%202008_version%20mars%202010.pdf?OpenElement .

    Et, ce sont ces succès de notre modèle que les chercheurs de l’IRIS, Louis et moi ne voulons pas perdre par le discours idéologique qui appuie les mesures budgétaires du gouvernement actuel.

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    22 mai 2010 à 2 02 48 05485
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    @Obiwanceleri:
    «Vos propos ne tiennent pas la route … l’équité serait complètement immorale? Un bel exercice de dissonance cognitive, s’il en est un, tiré directement du roman de George Orwell, 1984!»

    «L’équité dont il est question ici vise à donner à chaque homme et femme une chance de gagner sa vie noblement, même si le talent qui lui a été donné ne figure pas à l’ordre du jour des argentiers de ce monde.»

    Evidemment que l’équité n’est pas immorale. C’est ce que vous en faites en se nom qui l’est.

    Il y a toute une différence entre la possibilité de pouvoir «gagner sa vie noblement» et dénoncer les écarts de richesse et réclamer une part de celle-ci au nom de l’équité.

    «Madame ne demande pas l’aumône. Elle ne demande pas d’être payée le même salaire que l’incompétent de PDG qui ne reconnaît pas la valeur de son travail. Elle demande de pouvoir bien vivre de son labeur, de pouvoir se loger, s’habiller et manger convenablement et pouvoir s’en coller un peu pour ses vieux jours.»
    Et ceci démontre bien ce qui n’est pas accepté dans notre société: la justesse pure et dure du capitalisme. Madame pense qu’elle mérite le salaire de son PDG, mais Madame ne veux pas avoir à faire son travail pour en mériter le salaire.
    Si le salaire de son PDG est plus grand, c’est que la société a plus besoin de PDG et qu’elle considère que ceux-ci rapportent plus qu’une téléphoniste, ainsi que l’offre de PDG est moindre que celle de téléphonistes dans le marché.

    Pour dénoncer cette situation comme immorale, il faut faire fi du fait que ce PDG a travaillé en conséquence, qu’il a choisi d’orienter sa carrière dans cette direction.
    Il faut considérer que Madame a des droits sur les efforts qu’a fait ce PDG, ce qui est encore plus immoral que l’inégalité entre les deux salaires.

    Je suis entièrement d’accord de regarder de plus près pourquoi ces gens vivent moins riches qu’il y a quelques années (ce dont je ne suis même pas certain mais c’est un autre sujet), mais ce fait ne donne aucunement de droit moral à prendre aux autres ce qu’ils ont gagnés tout à fait moralement.

    Vous me dites que vous ne pronez pas le socialisme pur et dur, soit. Mais comme on dit: piquer c’est voler. De dire que vous ne visez pas une équité totale de redistribution de richesse est la même chose qu’un voleur qui dit: je n’ai pas l’intention de tout voler dans le commerce…

    «En d’autres mots, une situation d’iniquité manifeste, où 10% de la population se gave du profit auquel tous ont participé et un gouvernement vendu d’avance à cette idée.»
    Voici un point que j’entends souvent et pour lequel je suis entièrement en désaccord.
    Premièrement, les profits, ils sont pour l’entreprise. Seul les socialistes considèrent que les profits d’une entreprises sont le dû des employés. Seul ceux-ci sont assez naif pour croire qu’une entreprise n’est que question d’employés. Que le risque de la création de celle-ci n’existe pas, que les choix de marché ne sont pas pertinents, que tout ce qui compte est l’effort qu’y mettent les employés.
    Ces employés qui considèrent l’entrepreneur comme de la merde n’ont qu’à démarrer leur propre entreprise si cela est si simple. Pourquoi ne le font-ils pas ? L’entrepreneuriat est un métier à haut risque. La preuve étant que tous ceux qui font cela sont des gens qui ont réussis…. Les autres ont disparus…
    Votre «Madame» qui ne demande qu’une pension et plus d’argent, est-ce qu’elle contribuera à aider ces entrepreneurs pour lesquels le projet n’a pas fonctionné ? Celui qui a investit toutes ses économies pour démarrer un projet qui s’avère ne pas fonctionner…. En quoi ces besoins sont moins légitimes que ceux de Madame ?

    Non, il n’y a pas de demi-mesure. Il est et sera toujours immoral de vivre au dépends des autres. Quelle que soit la façon que la situation est présentée, les besoins de Madame n’auront aucun droit moral sur ceux de M. PDG.

    Quel que soit ce qui est dit, le seul système social juste et équitable est le capitalisme.

    @PJCA:
    J’ai lu votre texte et non, je ne suis pas d’accord que c’est l’offre qui contrôle la demande.
    Il est certain que parfois l’offre est contrôlée par un genre de cartel, il est vrai que la demande est sujette à l’offre: vous ne pouvez acheter que ce qui existe…
    Mais à la base, c’est la demande qui a le dernier mot. Autrement, c’est dire qu’il suffit de mettre en marché quelque chose pour que les gens en veulent… C’est faux. D’ailleurs, on ne voit sur le marché que des entreprises qui vendent des produits que les gens désirent. Est-ce parce que ces producteurs contrôlent ce que les gens veulent ou bien que les autres, ceux qui offraient ce que les gens ne veulent pas ne sont tout simplement plus là ?

    Il n’est pas la même chose de dire que parfois s’installe des cartel, des collusion pour contrôler l’offre et dire que l’offre est ce qui contrôle la demande.
    En tout temps, (dans un marché libre), ce cartel est à la merci de celui qui offrira une nouvelle technologie, une nouvelle approche.

    « Selon quel principe moral est-ce que ce qu’une personne réussi à gagner est un bien collectif ? »
    Parce que toute production en société est collective; nul ne pourrait produire sans la collaboration des autres. Le seul débat sensé est au palier du partage selon le mérite des fruits de cette production essentiellement commune.

    Mais le salaire gagné par cette personne est justement fonction de «son mérite des fruits» de sa production. Chacun gagne selon l’offre et la demande de ses compétences et selon la part de productivité, de profit à laquelle il contribue à une entreprise.

    Son gain est déjà collectif: les profits de l’entreprise sont selon les désirs, les besoins de la société. Son gain est fonction de la rareté de ce qu’il offre et de l’apport aux profits qu’il génère à cette entreprise….
    Quoi demander de plus ?

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    22 mai 2010 à 4 04 19 05195
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    @ François J

    « c’est la demande qui a le dernier mot »

    OUI. La demande a le « dernier mot »puisque le systeme a jugé qu’il était efficace de le lui laisser, pour départager les gagnants des perdanst dans le jeu de rivalité infinie qui amuse la caste dominante. Mais ce dernier mot n’a qu’un influence infime sur le choix des moyens pour satisfaire les besoins. L’arbitrage du condommateur n’est permis qu’entre les alternative que les producteurs ont jugées acceptables.  » any colour you want… if its black »

    La comparaison saute aux yeux avec une « dénmocratie » où le peuple a aussi le dernier mot, mais pour choisir entre deux candidats dont le systeme n’aura permis qu’ils deviennent des alternatives que qu’ils sont tous deux gagnés aux interets de la caste doninante et interchangeables en toutt ce qui a une importance réelle.

    « ce cartel est à la merci de celui qui offrira une nouvelle technologie, une nouvelle approche. »

    Heureux que vous le mentionniez: c’est ce que j’explique dans l’article suivant celui que je vous citais tout à l’heure:

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/19/les-joueurs-bien-eleves/

    Chacun gagne selon l’offre et la demande de ses compétences.

    Oui, mais cette rareté est manipulée. C’est la demande des compétences par les producteurs qui agit sur l’État pour que soient formés – ou importés – les travailleurs nécesaires en surabondance… gardant discrétionnaire la part du revenu de la production qui leur est versée.

    Pierre JC Allard

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    22 mai 2010 à 4 04 52 05525
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    Je me suis concentré sur l’étude qui est très éclairante, et que l’article complète bien.

    Je dois dire qu’il ne me semble pas y avoir l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre cette étude-là et celle que vient de reprendre le mag « Fakir » sur la France et ses écarts de revenus.

    C’est un scandale permanent que ceux qui nous tondent cachent si bien leur vol et trouvent toujours des larbins pour relayer leurs mensonges comme leurs pénibles jérémiades.

    Je ne pense qu’on pourrai faire l’économie de pousser hors du pouvoir à grands coups de rangers cette racaille qui prolifère dans les pseudos-représentants de l’Etat et se goinfre sans complexe tout en nous imposant rigueurs après rigueurs.

    Dernier exemple en date en France : Estrosi, ministre. On a découvert qu’il a non pas un mais DEUX appartements de fonction, en plus de son salaire énorme évidemment;

    Vous croyez que cet individu en laisserait un, par simple dignité, par souci citoyen, pour ne pas se conduire comme un petit roi ?…Alors que le logement en France est extrêmement cher dans n’importe quelle ville de France, courramment plus de 500€ pour le loyer d’un appartement de 40m2, et souvent sans les charges…

    Eh non, bien sûr, il truste pouvoir, fortune, medias et se conduit encore comme un Harpagon du XXIème siècle. Ce type est emblématique du « décile superflu », mieux du « décile du décile ».

    Un pour cent qui se goinfre. Il faudra leur casser les dents pour leur arracher le morceau.

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    22 mai 2010 à 10 10 03 05035
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    @Darwin

    « Pourquoi ne pas prendre comme exemple le pays qui a le Gini le moins élevé, soit le Danemark ? C’est sûr que cela nuirait à votre argument… »

    Je voulais simplement démontrer qu’il est absurde de viser un Gini bas. Ce qu’il faut c’est créer de la richesse. Et comme l’article le démontre, l’important est que tout le monde voit son revenu augmenter. Il ne sert à rien de faire en sorte que les revenus de tout le monde augmente au même rhytme parce que ce faisant, on ralentit tout le monde, surtout les plus talentueux.

    « «Ensuite, selon Louis Préfontaine, le gouvernement Québécois est “affamé », Ce n’est pas ce qu’il écrit.  »

    Relisez le titre du billet…et le dernier paragraphe:

    « ne le laissons pas crever de faim.  »

    Il appert que, même si les impôts en % ont baissé ces dernières années, le gouvernement québécois dépense de plus en plus par habitant. Ce n’est pas ce que j’appelle crever de faim. Il le fait notamment avec l’argent reçu des autres provinces…qui ne se permettent même pas de telles dépenses. Ce n’est vraiment pas un modèle que j’admire.

    « Comme le reste du Canada, et l’Alberta en particulier, ont subi plus durement que nous les effets de la dernières récession, »

    Ouais, les récessions sont moins dures ici, du moins celle que l’on vient de passer, mais qu’en est-il le reste du temps? Voir ceci:

    http://www.antagoniste.net/2010/05/20/arguing-with-idiots-bernard-landry/

    « Et vous, votre déménagement à Singapour ou en Alberta, c’est pour quand ?  »

    Il y a une opportunité qui se dessine présentement (ma firme a des bureaux dans plusieurs pays), mais ce n’est pas pour Singapour ni Alberta. Mais ne vous inquiétez pas, même d’ailleurs je continuerai à débattre avec vous 🙂

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    22 mai 2010 à 12 12 20 05205
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    @ Minarchiste

    «mais qu’en est-il le reste du temps?»

    Jean-François Lisée a bien répondu à cela et j’y ai ajouté mon grain de sel (commentaires 3 et 4) :

    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/les-quebecois-plus-travaillants-que-les-americains/3638/?cp=all#comments

    L’écart se réduit depuis le milieu des années 1990, bien avant la récession ! Juste avant la récession, il n’était plus que de deux points de pourcentage, en fait un seul si on tient compte des différences de définition entre les deux pays. Et ce point de pourcentage s’explique très bien par la plus grande proportion d’emplois saisonniers au Québec (construction, forêt, tourisme, etc.).

    Mais, tout cela n’est pas directement lié au billet de Louis… Vous n’avez pas commenté le fait que l’incidence du faible revenu et son ampleur sont plus faibles que dans le reste du Canada, sujet qui, lui, est directement lié à son billet.

    «Je voulais simplement démontrer qu’il est absurde de viser un Gini bas. »

    Pas d’accord. En diminuant la proportion et l’ampleur de la pauvreté, on atténue un des facteurs les plus importants de la pauvreté de la génération qui suit. Cela contribue à moyen terme à créer de la richesse. Il en est de même pour les dépenses publiques, qui permettent d’avoir une population plus scolarisée et en meilleure santé, autres facteurs importants pour la création de richesse et surtout pour leur qualité de vie ! Cela aide aussi la population à être plus libre, moins contrainte par leur situation socio-économique.

    En outre, comme l’utilité marginale de la monnaie est bien plus forte chez les moins nantis que chez les riches, on maximise ainsi l’utilité globale de la richesse.

    «Relisez le titre du billet…et le dernier paragraphe:

    “ne le laissons pas crever de faim. ”»

    C’est bien ce que je disais. Si on dit qu’on ne veut pas qu’il soit affamé et qu’on désire éviter de le laisser crever de faim, c’est qu’il n’est pas encore affamé et ne crève donc pas de faim actuellement. Cela signifie par contre qu’il risque de crever si on laisse nos gouvernements poursuivre les politiques actuelles de réduction des impôts et de baisse des dépenses publiques.

    «Il y a une opportunité qui se dessine présentement »

    Donc, si je comprends bien, votre déménagement serait davantage liées aux opportunités qu’au manque le liberté que vous déplorez au Québec… Bonne chance !

    «je continuerai à débattre avec vous »

    Ça, on verra. Je trouve qu’on se répète souvent… Vous avez peut-être remarqué que je n’interviens pas depuis quelque temps aux billets de Philippe… ni d’ailleurs aux billets de Louis qui portent sur l’immigration ou sur la langue ! 😉

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    22 mai 2010 à 13 01 47 05475
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    @ tous:

    Je pense qu’on feraitplus de progres si on scindait le dossier en plusieurs élements au lieu d’en faire une question de dogme.

    Si on pense a confier à l’État pour redistribution une plus large part du revenu national, j’y suis favorable. Côté social, il faut réduire les écarts de richesse et, côté économique, il faut rendre le demande plus effective en réduisant la thésaurisation qui, dans une société d’abondance, est contreproductive.

    Si on pense a confier plus de responsabilité d’exécution à des employés de l’État, toutefois, je pense qu’on fait fausse route.

    Le rôle de l’État doit être de planifier par objectifs, de définir les termes de références, de faire des appels d’offres HONNÊTES, de contrôler la qualité du travail fait.

    Pour l’exécution même, personne ne fera mieux les choses que celui qui trouve son avantage personnel à les faire vite et bien. C’est l’entrepreneuriat qu’il faut encourager.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/letat-producteur/

    Pierre JC Allard

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    22 mai 2010 à 13 01 51 05515
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    @ tous:

    Je pense qu’on ferait plus de progres si on scindait le dossier en plusieurs élements au lieu d’en faire une question de dogme.

    Si on pense a confier à l’État pour redistribution une plus large part du revenu national, j’y suis favorable. Côté social, il faut réduire les écarts de richesse et, côté économique, il faut rendre le demande plus effective en réduisant la thésaurisation qui, dans une société d’abondance, est contreproductive.

    Si on pense a confier plus de responsabilité d’exécution à des employés de l’État, toutefois, je pense qu’on fait fausse route.

    Le rôle de l’État doit être de planifier par objectifs, de définir les termes de références, de faire des appels d’offres HONNÊTES, de contrôler la qualité du travail fait.

    Pour l’exécution même, personne ne fera mieux les choses que celui qui trouve son avantage personnel à les faire vite et bien. C’est l’entrepreneuriat qu’il faut encourager.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/letat-producteur/

    Pierre JC Allard

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    22 mai 2010 à 14 02 54 05545
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    @ PJCA

    «Si on pense a confier plus de responsabilité d’exécution à des employés de l’État, toutefois, je pense qu’on fait fausse route.

    Le rôle de l’État doit être de planifier par objectifs, de définir les termes de références, de faire des appels d’offres HONNÊTES, de contrôler la qualité du travail fait.»

    Mis à part chez les idéologues, iI n’y a pas de telles choses que le rôle l’État et le rôle du
    privé dans la production de biens et services. Penser que les employés de l’État sont automatiquement moins motivés et moins performants est une aberration. Tout cela peut dépendre des individus et des situations. Croyez-vous vraiment que les enseignants, les infirmières et les préposés aux bénéficiaires du secteur public sont moins motivés et moins performants que leurs collègues du privé ? Chez bien des employés de l’État, la valorisation du travail accompli et leur contribution au mieux-être de leurs concitoyens vaut bien plus que les incitatifs de travailler pour faire augmenter les profits d’une entreprise privée. Si on les respectait davantage, leur motivation ne pourrait que s’améliorer.

    Où s’observent les pires cas de mauvais soins aux personnes âgées ? Où les exigences d’embauche sont-elles les plus laxistes ? Si le secteur public embauche un seul enseignant grâce à une exemption du permis d’enseigner, on en parle comme un scandale dans les journaux. Mais le fait que la majorité des préposés aux bénéficiaires du secteur privé ne possèdent aucune formation (au public, on exige au moins un DEP) ne semble susciter aucune grogne… C’est normal, semble-t-il…

    Cela ne signifie pas que tout doit être fait par le secteur public. Dans certains cas, il n’y a pas de doute que les incitatifs du privé peuvent avoir de bons résultats. Pour la production, la distribution et la vente des produits de consommation, le secteur privé se débrouille très bien, mais le secteur public ne doit pas y être disqualifié pour autant. C’est du cas par cas, en évaluant les avantages et désavantages. Pour les services publics, la balance penche presque toujours du côté du secteur public, ce qui ne veut pas dire qu’on doive en exclure nommément le secteur privé. Je le répète, c’est du cas par cas.

    Quant aux appels d’offre, un des problèmes est que, pour atteindre les objectifs de compressions (genre ne remplacer qu’un employé sur deux), les employés de l’État ne possèdent maintenant pas toujours suffisamment de compétences pour assurer un bon contrôle des appels d’offres et de leur exécution.

    Bref, les deux secteurs, publics et privés, peuvent bien faire le travail. Exclure un des deux secteurs automatiquement relève de l’idéologie.

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    22 mai 2010 à 19 07 11 05115
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    On ne va rien arriver en haussant les impôts, là où nous sommes grugés de l’intérieur, c’est avec notre système économique basé sur la dette et le système fractionnaire bancaire.

    Il est techniquement et mathématiquement impossible de rembourser nos dettes, parce qu’on doit plus d’argent (littéralement) qu’il en existe, et ça, c’est en plus des intérêts faramineux sur la dette que nous arrivons à peine à payer.

    Un système fait sur mesure pour appauvrir graduellement.

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    23 mai 2010 à 3 03 47 05475
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    Je suis particulièrement étonné de voir ces posts où l’Etat ne serait en définitive qu’une sorte de flic, de repoussoir permettant de fluidifier les appétits privés.

    Les appétits ont bride lâchée depuis pas mal d’années. On voit le résultat en termes économiques et sociaux. Une véritable catastrophe qui consacre des inégalités immenses sur toute la planète, une insécurité de chacun dans le travail et la retraite, un apprauvissement constant et une occulatation des valeurs qui fondent une société – solidarité, partage, égalité – au profit des rapacités les plus évidentes.

    L’Etat en tant que coeur agissant du développement d’une société doit retrouver sa prééminence. Les écarts de revenus commentés par l’article ne sont que l’illustration d’une défaillance que la plupart regrettent, en France du moins, ou l’ultra-libéralisme de Sarkozy l’a fait chuter à 70% d’opinon défavorables.

    La crise des subprimes et aujourd’hui la spéculation la plus terrible sur les bonds grecs ou l’euro sont l’image mondiale des ravages causés par cette idéologie du « moins d’état », qui pour être clair et cru, ne cache, à mon avis que des mains qui se tendent sous les tables et des appels à carrière, notamment dans la politique, la finance ou le journalisme.

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    23 mai 2010 à 8 08 09 05095
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    Je ne suis pas sûr que tout le monde ici a bien lu cette étude…

    Tout d’abord, Louis Préfontaine affirme: « Au même moment, la majorité des gains de revenu a été au 10% des gens les plus riches pendant que les 70% les plus pauvres ont vu leur assiette fiscale régresser ».

    Ce n’est pas ce que dit l’étude. Un meilleur copier-coller aurait permis d’éviter de faire cette erreur.

    Ce que l’étude montre hors de tout doute c’est que tous les déciles sans exception ont vu leur pouvoir d’achat augmenter. Tous. Sans exception.

    Alors lorsque obiwanceleri demande: « Bien sur une téléphoniste (pour prendre exemple) n’a pas le même profil que le PDG d’une entreprise cotée en bourse. Mais pourquoi doit-elle subir une diminution de son pouvoir d’achat alors que l’économie a explosé? », il fait fausse route. La diminution du pouvoir d’achat dont il parle n’existe statistiquement pas. Dans aucun décile. Bien sûr qu’il est possible de trouver une personne au Québec qui a vu son pouvoir d’achat diminuer pour une raison incontrôlable. Mais c’est tellement exceptionnel que les statistiques compilées par un groupe à tendance de gauche n’en parlent même pas.

    Et Francois J, lorsqu’il dit: « Je suis entièrement d’accord de regarder de plus près pourquoi ces gens vivent moins riches qu’il y a quelques années (ce dont je ne suis même pas certain mais c’est un autre sujet)… » n’a pas tort mais aurait pu appuyer ces dire à l’aide des données de l’étude.

    Autre commentaire faux de Louis Préfontaine: « En fait, le problème vient principalement du fait que l’État ne joue plus suffisamment son rôle de redistribution de la richesse. »

    Voyons voir: en 1976, le coefficient de Gini (cG) avant impôt était de 0,44 mais l’effet de l’impôt a réduit le cG à 0,34. En 1976 l’impôt réduisait le cG par un facteur 1,29. En 2006, le cG avant impôt était de 0,51 et l’impôt le ramenait à 0,37. En 2006, l’effet de l’impôt sur le cG était de le réduire d’un facteur 1,38.

    On voit donc que l’effet de l’impôt sur le coefficient de Gini est plus fort qu’auparavant. Ce n’est donc pas la faute du gouvernement si les inégalités s’accroissent; au contraire il fait son possible pour atténuer cet accroissement.

    Bref, lire l’opinion de Louis sur l’étude et lire l’étude ça permet de comprendre les choses différemment.

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    23 mai 2010 à 8 08 40 05405
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    Darwin:

    Si les Victoriens se retiraient entre hommes au moment du porto pour discuter de choses sérieuses, ce n’est pas que les femmes ne pensent pas, c’est que les hommes souvent ne peuvent penser à autre chose quand les femmes sont là.

    Parfois, sur un blogue, l’envie de gagner à tout prix un débat face à une galerie qu’on veut séduire, pousse ceux qui discutent à s’écarter de la bonne foi. Juste le temps d’un argument dont ils savent tout comme leur adversaire qu’il est fallacieux, mais dont ils estiment que Quidam Lambda qui assiste à l’échange ne verra pas la faille.

    Ceux qui comprennent conviennent de prendre pour arbitres ceux qui ne comprennent pas tout: c’est un jeu d’avocats… C’est aussi l’essence de la démocratie allant de paire avec la possession tranquille de la panoplie du parfait élitiste.

    Une discussion qui implique un clin d’oeil à l’adversaire peut devenir bien jouissive, mais il est clair que les protagonistes en sortiront avec tous leurs préjugés intacts – puisqu’il n’auront confrontés que leurs talents d’escrimeurs – et que QL, lui, n’en aura rien appris du tout.

    Si au lieu de se piéger pour séduire QL et l’entrainer dans les alcoves de la droite ou de la gauche, nous tentions de dire les choses comme nous savons qu’elles sont ?

    1. NON, les employés de l’État ne sont pas AUTOMATIQUEMENT moins motivés. C’est l’autonomie qui est le grand motivateur.

    2. OUI, lier la rémunération et autres avantages à la performance va, dans la plupart des cas et ceteris paribus, améliorer la motivation et la performance.

    3. OUI, on doit tenter de traiter au cas par cas… mais la casuistique doit référer à une norme. Ici, on parle de normes. Si on donne un sens péjoratif a idéologue, il faut trouver un autre mot pour celui qui réfléchit au palier du général et non du particulier.

    4. Le mandat de la collectivité à l’État est de DÉCIDER en son nom. Exécuter est affaire d’opportunité – de casuistique – et, au vu de l’énoncé #2 supra, il vaut mieux, en tout ce qui touche la fonction de gestion de l’État et non sa gouvernance, en privilégier la délégation a des entrepreneurs, définis comme des autonomes payés aux résultats. L’État ne doit garder que le contrôle, par son pouvoir et son autorité.

    5 Si les ressources assignées sont insuffisantes, le résultat sera insatisfaisant, qu’on parle du public ou du privé.

    6. La « main invisible » n’assigne pas les ressources en fonction du bien général, mais du bien de la majorité effective, c’est à dire du plus petit nombre de ceux qui, ensemble, ont le pouvoir de prendre les décisions dans leur propre intérêt. Que ceux qui ont ce pouvoir le détiennent par leur richesse ou par la force de l’État, le résultat est le même

    Cela ne changera pas. Ce qui peut changer, c’est la diffusion de ce pouvoir. Mais c’est une autre histoire.

    Pierre JC Allard

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    24 mai 2010 à 1 01 24 05245
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    @ PJCA

    J’abandonne. Si vous croyez que de ne pas accepter les dogmes du type «Pour l’exécution même, personne ne fera mieux les choses que celui qui trouve son avantage personnel à les faire vite et bien. » est être de mauvaise foi, je n’ai plus rien à faire sur votre blogue.

    Ce n’est pas une posture que je me donne. Je crois sincèrement que la main invisible est plus efficace à transmettre les enveloppes brunes qu’à assurer une juste allocation des ressources.

    Libre à vous de penser que vos blogueurs de droite sont de bonne foi et que ceux qui les contestent ne le sont pas, surtout lorsqu’ils osent contester un de vos commentaires.

    Adieu.

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