Problèmes de gars

Par lutopium – Il y a quelques semaines, j’apprenais qu’un jeune homme de la région avait perdu la vie dans un accident de la route. Je connais son père, que je cotoie à tous les étés dans notre ligue amicale de softball. Selon le service de police, l’alcool et la vitesse pourraient être à l’origine de l’accident. L’explication semble plausible. Il était quatre heures du matin et la petite Subaru Impreza roulait à toute vitesse dans une zone limitée à 50 kilomètres à l’heure.Le jeune homme était assis sur le siège du passager. La voiture a frappé un arbre de plein fouet. On a constaté son décès peu après son arrivée à l’hôpital.

Après avoir témoigné notre sympathie à la famille, plusieurs joueurs de la ligue se sont retrouvés ensemble, ce qui est plutôt rare au mois de mars. La confrèrerie estivale est rapidement réapparue. Évidemment, les gars avaient besoin de parler de l’accident. Les causes, les hypothèses, les cas similaires, le « pourquoi ».

« De 2000 à 2004, 14 082 personnes ont perdu la vie dans un accident de véhicule à moteur au Canada. De ce total, 3 417, soit près du quart (24 %), avaient de 15 à 24 ans. Quel que soit le groupe d’âge, les taux de mortalité étaient systématiquement plus élevés chez les personnes de sexe masculin que chez celles de sexe féminin. Les jeunes hommes de 15 à 24 ans étaient particulièrement exposés au risque, le taux de mortalité chez eux étant de 22,8 décès pour 100 000 comparativement à 8,8 décès pour 100 000 chez les femmes du même âge. » – Statistiques Canada

Problème de gars. La vitesse, le culte du char. Se défoncer avec l’alccol et les drogues et conduire son char. Autour de la table, les gars se regardent, avec un air coupable et un désir de rédemption.

Et la violence? Un autre problème de gars? Elle est partout. Dans les sports, les jeux vidéos, les guerres aux quatre coins de la planète. Les militaires, les chefs d’état, les terroristes, les tueurs… une affaire de gars. Elle est également conjugale la violence. Faut bien avouer que la plupart du temps, les femmes sont victimes de notre violence.

« … L’étude a montré que les auteurs d’un homicide ou d’une tentative d’homicide sur le conjoint étaient en majorité des hommes (82 %), comparativement à 18 % qui étaient des femmes. La proportion d’auteurs d’homicide sur le conjoint qui étaient des auteurs récidivistes de violence conjugale était 3,5 fois plus élevée que celle de leurs homologues féminines. » – Statistiques Canada

Parmi nous, un travailleur social nous rappelle que même si les décès liés au suicide sont en baisse au pays, il est plus fréquent chez les hommes.

« Surveillance de la mortalité par suicide au Québec : pour l’année 2006, 1136 personnes sont décédées par suicide au Québec, dont 883 hommes et 253 femmes. » – Institut national de santé publique du Québec

On s’est promis de réagir à toute situation où la violence est banalisée. Certains parlent des matches de hockey, des combats de boxe. D’autres dénoncent les jeux vidéos. Counter Strike.

À chaque fois où l’occasion nous est donnée, il faut court-circuiter les facteurs qui peuvent justifier la violence. Il faut arrêter d’adorer les chars et d’associer la vitesse à un sport, un exploit. Nous sommes tous un peu responsables de ce lavage de cerveaux. De petits gestes peuvent faire la différence. Entre gars.

Photo: Pete Potter – Flickr

8 pensées sur “Problèmes de gars

  • Ping : Problèmes de gars « lutopium

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    2 avril 2009 à 7 07 35 04354
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    Lutopium

    Des expériences ont été faites en laboratoire sous imagerie médicale .

    Devant une télévision, le spectateur « vit » ce qu’il voit exactement comme si ces événements lui arrivaient personnellement dans la vie réelle .

    Le cerveau active exactement les mêmes zones que dans la réalité.

    Dès que je retrouve l’article je vous publie un lien.

    De là nous pouvons en déduire le lien entre ce dont vous parlez dans votre article …

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    2 avril 2009 à 8 08 05 04054
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    Un jour, on pourra éradiquer la violence masculine à la naissance, en tripotant dans le cerveau ou à l’aide d’une drogue quelconque.
    En attendant, les hommes sont et resteront violents.
    Certains se contrôlent toute leur vie, d’autres pas…

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    2 avril 2009 à 10 10 50 04504
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    Garamond…

    Selon vous, ce serait une bonne ou une mauvaise chose  »’d’éradiquer la violence masculine à la naissance, en tripotant dans le cerveau ou à l’aide d’une drogue quelconque ».

    Si vous aviez un enfant, vous lui donneriez cette drogue?

    Croyez-vous que l’instinct ou la capacité de survie de votre enfant serait diminué ou augmenté par cette procédure?

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    2 avril 2009 à 17 05 38 04384
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    @ Laliberté: faut pas tout prendre au premier degré dans la vie…
    Éradiquer la violence, d’une façon ou une autre, ça va mieux comme ça ? bon !….

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  • Ping : Une maudite bonne question… « Le sofa

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    2 avril 2009 à 19 07 50 04504
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    @Liberty: toute information scientifique ou technique qui pourraient accompagner ce modeste et naif billet est la bienvenue!

    @Garamond: comme dans le Meilleur des Mondes…

    @Aimé: je crois que de tout petits gestes peuvent être posés au quotidien. Un peu moins de temps devant les écrans, faire la promotion de la non-violence dans les sports, prévenir l’exclusion des jeunes, donner le bon exemple. Un environnement où il fait bon être ado.

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  • Ping : Propagande Féministe Mensongère en Grande Bretagne

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