243 entorses à la liberté

mutant-masque-a-gaz

Trouvé via l’Agence Science Presse, publié sur le site de l’Université Montréal, l’article nommé « Docteur, j’ai 243 produits chimiques dans mon sang… » pointe le sujet important de la toxicologie humaine. « Phtalates présents dans les jouets, solvants causant l’infertilité chez l’homme, bactéries dans l’eau potable, exposition des enfants de garderie aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, lien entre organochlorés et cancer du sein… Les problèmes associés aux produits toxiques font la manchette et l’objet de diverses publications. »

Je suis seulement en partie d’accord avec la dernière phrase, puisque je trouve que ce sujet n’est pas assez abordé dans les médias. Voilà aussi pourquoi je l’ai choisi : une brique de plus au bâtiment ne fera pas de tort… Et le sujet n’étant pas assez abordé dans les médias, l’outrance de la population s’en trouve au minimum. Pourtant, il y a là tous les ingrédients pour nous atteindre fondamentalement : biologiquement et philosophiquement.

Comment peut-on parler de liberté, de souveraineté sur son propre corps quand l’environnement est chimiquement hostile, nous inoculant de multiples et hypothétiques bombes à retardement?

Le problème, c’est que cette perte de contrôle est inscrite dans les fondements de nos sociétés basées sur les progrès. Ces progrès ayant été promus dans un emballage ultra positif, laissant les après-coups aux seules mains de la médecine qui se trouve à y trouver aussi un moteur assez performant pour la suite des choses. Cela n’est rien de moins qu’un cercle vicieux.

Nous en sommes venus à considérer ce monde contaminé comme étant seulement une fatalité que le confort « à l’occidentale » vient apaiser, mais c’est toute notre liberté qui est remise en cause. Comment se prémunir contre cette agression tout en conservant sa liberté de mouvement? Car oui, il serait possible de se terrer chez soi et de contrôler au maximum son environnement, de sortir de la maison avec un masque à gaz…

Pour illustrer plus amplement ma pensée, j’aimerais utiliser l’exemple de la cigarette. On a beau dire que les jeunes (et même les adultes) ont le choix (donc la liberté) de fumer ou non, mais il va sans dire qu’il y a une pression énorme, publicitaire et culturelle, pour qu’ils « essayent », avec les conséquences qui s’en suivent. Alors, il est bien évident qu’il n’y a pas que l’individu pour choisir de s’embarquer dans cette mésaventure, qui peut paraître comme une belle aventure pour certains, j’en conviens, mais là n’est pas le point. Un fumeur a la liberté de s’enivrer de son activité, mais ce que je dis, c’est qu’il a perdu une autre liberté a priori, puisque le phénomène du tabac est hautement circonstanciel. Si l’accident de l’inhalation de la fumée de la feuille de tabac et sa mise en marché n’avait pas eu lieu dans l’histoire, gageons que le même individu aujourd’hui fumeur heureux vomirait toutes ses tripes après avoir fait cette découverte…

Donc, c’est notre addiction à la société de consommation qui nous fait prendre à la légère ces entorses à la liberté. Comme des fumeurs heureux, nous considérons l’air toxique autour de nous comme de la fumée aromatique. L’effet calmant de l’achat compulsif est comme la première bouffée après l’attente.

Je ne pense pas qu’il faille tout freiner, mais bien de réparer les dommages en fournissant un succédané, une sorte de méthadone, pour nourrir notre dépendance au bonheur matériel — notre auguromanie — en éliminant de la chaîne les éléments pathogènes.

À l’écriture de ce billet, c’est bien l’égoïsme qui me meut, néanmoins je ne me sens pas du tout coupable…

10 pensées sur “243 entorses à la liberté

  • Ping : 243 entorses à la liberté « Renart L’éveillé / Carnet résistant

  • avatar
    22 janvier 2009 à 19 07 04 01041
    Permalink

    Nous baignons carrément dans une mer de produits chimiques! Dans les produits pour le corps, dans l’eau, dans l’alimentation et ses contenants et dans l’air que nous respirons.

    Il y a aussi toutes les ondes diverses (tel cellulaire, TV, radio, WiFi, etc) qui passent au travers de nos corps 24h sur 24, à l’année longue.

    Répondre
  • avatar
    22 janvier 2009 à 21 09 26 01261
    Permalink

    À voir le peu de réactions que suscite ton billet, ça ne semble pas émouvoir grand monde. On irait bien que nous jouons à l’autruche.

    Répondre
  • avatar
    23 janvier 2009 à 7 07 32 01321
    Permalink

    « Car oui, il serait possible de se terrer chez soi et de contrôler au maximum son environnement, de sortir de la maison avec un masque à gaz… »

    En fait, une des pires zone est à la maison. Étant en architecture, je peux vous dire que la grande quantité de colle, produits synthétiques, produits de nettoyage, peinture, cosmétiques, etc, sont une source majeure de maux chez les résidents de ces habitations. Il est très difficile de vraiment tout éliminer et d’avoir une maison complètement saine. Je pense que si vous vivez à la campagne, vous avez un bien meilleur air à respirer dehors que dans la maison. En ville, c’est une autre histoire.

    Nous sommes bombardé par plus de 100 000 produits chimiques dont 95% n’ont pas été l’objet d’assez de recherches pour savoir s’ils ont des effets pervers sur notre santé et environnement.

    Comme Redge le disais, il y a aussi la pollution électromagnétique qui est sans précédent. Des médecins ont émis un communiqué disant qu’ils prévoient deux cents millions cas nouveaux de cancer du cerveau causés par les téléphones cellulaire. Les lampes fluocompactes (LFC), qui sont sensées sauver la planète, émettent des champs électromagnétiques dépassant de plus de 100 fois les normes acceptables. Tout ce qui est technologie sans fil, lignes de haute tension et prises de courant près de la tête, sont susceptibles d’être néfastes pour la santé et le corps.

    Il y a aussi le cas des engrais chimiques, des pesticide et herbicide, du fluorure contenu dans ces derniers et aussi dans l’eau potable jusque dans votre pâte à dent qui gruge de 5 à 20 points de QI, les colorants alimentaires qui en mangent un autre 5 points de QI, les OGM qui modifient les organes internes, la pollution mondiale causé par la radioactivité des armes (nucléaire) à l’uranium appauvri, le mercure dans les vaccins, la viande froide clonée qu’on a commencé à introduire dans la chaine alimentaire sans vous demander votre avis, l’aspartame et le MSG, les agents chimiques qui modifient les hormones et font baisser notre fertilité.

    La liste est longue…

    On en vient à se demander si ce n’est que du hasard et que de l’incompétence à chaque fois qu’une décision d’introduire ces agents chimiques est prise (comme s’ils étaient vraiment tous des caves épais), ou s’il n’y a pas une volonté de nous rendre et maintenir malade; pire: un agenda de dépopulation de la planète???(système fasciste de désaxés et psychopathes, mais intelligents, qui ne pensent qu’à leur profit au détriment du reste du monde et de la planète – des gens sans âme et démunis d’empathie)

    Qu’en pensez-vous?

    François M.

    Répondre
  • avatar
    23 janvier 2009 à 11 11 55 01551
    Permalink

    …et d’ailleurs à cause de toute cette chimie, c’est bien ici que nous connaissons la plus haute espérance de vie, comme disait ma grand-mère fumeuse de gitanes morte à 87 ans…
    égoïstement vôtre 😉

    Répondre
  • avatar
    23 janvier 2009 à 13 01 11 01111
    Permalink

    François M.,

    quand j’ai écrit « il serait possible », c’est bien sûr dans un sens plus hypothétique que réaliste. Je pensais en écrivant au film « Thomas est amoureux », fiction futuriste où un homme vit en ermite chez lui sans contact autre avec l’extérieur que son écran.

    Mary Kant,

    mais on en vient à se demander si cette espérance de vie ne va pas tomber radicalement dans le futur… Ou juste rester la même seulement pour ceux qui en auront les moyens…

    Répondre
  • avatar
    23 janvier 2009 à 13 01 59 01591
    Permalink

    @Renart: Ha ha ha! Je vois le topo! Je sentais bien ta pointe cynique.

    @Mary Kant: Je pense que c’est plus pour d’autres raison que l’espérance de vie a augmenté, comme l’immense amélioration de l’hygiène générale. Votre grand-mère aurait peut-être vécue plus longtemps que 87 ans, même si c’est déjà très bien comme âge!

    Répondre
  • avatar
    24 janvier 2009 à 17 05 01 01011
    Permalink

    Je suis d’accord, nous n’avons pas le choix que de changer drastiquement nos habitudes de consommation. Et cet individualisme profond, cette avarice démesurée, cet égoisme sans-fond; qui pousse certains dirigeants d’entreprises à camoufler les poisons qu’ils injectent dans leurs produits…

    Et ça veut aller au paradis. Bande d’imbéciles…

    Répondre
  • avatar
    24 janvier 2009 à 20 08 58 01581
    Permalink

    Et oui, renartleveille, car la petite nièce a déjà tous ces poisons à la naissance, et au vu de l’ignominie des multinationales aidées par les gouvernements…
    car, lutopium, on aura beau, nous individuellement ‘changer drastiquement nos modes de consommation’ – d’ailleurs c’est le fait même de con-sommer qui est en cause – ce n’est qu’une goutte d’eau, comme disait le colibri

    Répondre
  • avatar
    12 juin 2011 à 8 08 53 06536
    Permalink

    J’aime beaucoup votre travail, surtout 243 entorses à la liberté. Je passe mon bac cette année, option art plastique, & j’ai choisis dans mes planches contact d’y glisser votre référence. Il est clair que l’occident nous permet certaines libertés , il est vrai aussi que la multitude de produits chimiques qui peuplent l’atmosphère ne cesse chaque jour de prendre de l’ampleur , & je trouve la réaction des gens, comme le dit Michel Monette, c’est une attitude d’autruche . J’admire beaucoup votre travail, & sa portée. Merci de garder les yeux ouvert,& de faire écarquiller les nôtres.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *