Une fierté qui a une odeur de fumier

Quel cafouillis, mes amis, que cette histoire des FIER dont on a abondamment parlé toute la semaine à l’Assemblée nationale, un réseau que le premier ministre Jean Charest a qualifié de « réussite », tandis que son ministre des Finances et du développement économique, le suave Raymond Bachand était propulsé dans l’eau bouillante par les questions pointues de l’opposition.
Au moment où Charest se pétait les bretelles, son ministre annonçait pourtant une enquête interne sur ces sociétés de capital de risque financées aux deux tiers par notre argent.
Mais cette enquête, on la confie non pas à un vérificateur indépendant, mais à Investissement Québec où siègent Lisa Frula et Sébastien Lamoureux, deux libéraux inconditionnels,ce qui a fait dire à Pauline Marois que Bachand demande à l’IQ d’enquêter sur eux-mêmes parce que Investissements Québec avait dans un premier temps innocenté tout le monde.
Et François Legault qui menait la charge du côté de l’opposition devait retourner le fer dans la plaie en revenant sur le cas du FIER Boréal 02 et du FIER Ville-Marie, dirigés tous deux par les très libéraux Pietro Perrino et Valier Boivin. Or, ces deux FIER ont investi 375 000$ et 1 million dans les systèmes BUS, dont Boivin était à la fois administrateur et actionnaire. La même compagnie, largement subventionnée par vous et moi, a par la suite été revendue à perte pour un demi million. Or, selon le PQ, Valier Boivin (toujours lui) avait entretemps perçu des honoraires de 200 000$, en tant qu’avocat de la jeune entreprise en 2006 et 2007 !
Pour ne pas être en reste, Agnès Maltais en a rajouté en rendant public l’investissement du FIER Monrestrie dans une auberge de grand luxe pour chiens et chats…Quel investissement visionnaire !
Succédant à Monique Jérôme Forget, les temps sont donc difficiles pour M. Bachand dont la rumeur veut qu’il soit le successeur de Jean Charest. Il n’en menait pas large cette semaine et on dit que François Legault jouait avec lui comme un chat qui fait durer le plaisir avant d’attraper une souris.
Le prétendant n’avait de toute évidence pas fait ses devoirs. Il a même demandé au député de Rousseau de signaler à Investissements Québec les cas qu’ils jugeait irréguliers. Voudrait-il que l’opposition fasse son boulot ?
Depuis le début de cette autre affaire nébuleuse, Raymond Bachand s’est empressé d’embrouiller les choses. Et qu’en est-il des FIER ID, de Montréal, Anges Québec, ID Capital et Télésystèmes, une société de Charles Sirois et de sa famille, dont les quatre entités partagent la même adresse ?
Est-ce qu’un investisseur peut démarrer un fier, obtenir deux fois son investissenent de l’argent des contribuables, siéger au conseil d’administration de ce FIER et réinvestir ces fonds dans ses propres entreprises ?, a demandé François Bonnardel , député adéquiste de Shefford.
Toutes cette bouillie pour les chats, qui a culminé avec l’exemple de l’hôtel VIP Muso aux abords du canal Lachine, démontre une fois de plus que ce gouvernement gère le Québec comme s’il administrait une étable, odeur de fumier en prime.
De toute évidence, Jean Charest s’en fout. Il joue le rôle pour lequel il est payé et n’oublie surtout pas de favoriser les amis du régime.
Quant à Raymond Bachand, ancien « souverainiste circonstantiel », il a été directeur de cabinet du ministre du Travail Jacques Couture (PQ), de 79 à 81 avant de devenir, tenez-vous bien, secrétaire particulier de René Lévesque de 1979 à 1981.
On peut donc dire de lui qu’il a défroqué pour se ranger du côté du pouvoir et de l’argent…
comme son grand ami Pierre-Marc Johnson, ancien premier ministre du PQ, qui est maintenant dans les bonnes grâces de Jean Charest, qui lui a encore une fois confié cette semaine un important contrat pour négocier avec l’Union européenne.
Le pouvoir…et l’argent, mais nous sommes loin de la gloire, car l’Histoire retiendra de ces deux larrons qu’ils ont abandonné l’indépendance de leur pays pour arriver à leurs fins personnelles en pactisant avec le diable.

PIERRE SCHNEIDER

12 pensées sur “Une fierté qui a une odeur de fumier

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    8 mai 2009 à 10 10 49 05495
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    Je m’étonne que vous sembliez vous étonner. Comment pouvez-vous dénoncer les horreurs du système et être surpris quand il n’est pas transparent, respectueux des lois et soumis aux contraintes d’un État de droit ?

    Et rien à voir avec le Québec en particulier… Relisez 1984 de Orwell: tous les gouvernements du monde sont en guerre contre leurs propres populations…

    Tous ceux qui ont un pouvoir en abusent et la seule solution est la création d’une gouvernance où l’équilibre des forces ne permet pas les abus… Madison y avait déjà pensé… Checks and balance

    Mais aujourd’hui, l’importance relative des forces en jeu a changé dans la société et l’équilibre est rompu. Ainsi, on va vite découvrir que l’argent n’est plus un outil de pouvoir mais une pure création du pouvoir. Et on va gouverner autrement. Pas nécessairement mieux, mais autrement. Le choix par l’Establishment d’Obama est le signal de ce changement.

    Charest ? Un vestige d’une époque qui s’achève. Un de ces Don Quichotte à l’envers qui courent sus à des moulins à vent pour y faire leur blé. Mais le vent se lève et, tôt ou tard, il y aura un moulin rouge…

    PJCA

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    8 mai 2009 à 12 12 05 05055
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    Quel belle citation : »l’argent n’est plus un outil de pouvoir mais une pure création du pouvoir. »

    Je travail pour une firme de consultant qui essais tant bien que mal de se battre contre le même type d’institution qu’elle représente. Comme bien de firme, son marché est assuré grâce à plus du tiers de ses contrats par l’appareil gouvernemental. J’ai eu la chance de prendre part par différent mandat à des projets de nos institutions et de voir les crabes dans certain bassin se battre pour l’élastique de leur pince jusqu’à ce qu’il pette.

    Par exemple le futur projet controversé d’infrastructure à clé publique à la RAMQ est constitué à plus de 80% de décideur externe à la RAMQ. Les décideurs du projet s’entredéchirent en se mettant des bâtons dans les roues pour gagner du terrain et s’accaparer de plus grande part du mandat. Les décisions semblent souvent prises en fonction de la favorisation d’une firme comme CGI, pour ne pas la nommer, au détriment des autres. Certains experts compétents quittes le navire tellement l’appareil coule…et pourtant personne n’en parle. Le vérificateur général n’y voit que du feu, et le ministre Bolduc continu de défendre un appareil qui devrait être réformé jusqu’au bout depuis bien longtemps maintenant. Les budgets des projets se transverse un dans l’autre au gré de l’avancement des travaux. Le scandale des FIER représente bien un projet comme celui de la RAMQ car il dépeint une réalité du monde des PPP, qu’ils soient convenus ou déguisé, par le masque des rôles stratégiques distribué aux firmes de consultants.

    Au risque de perdre mon emploi vous comprendrez que je tiendrai mon nom et mes coordonnées sous silence. Par contre il est temps que l’on cesse de laisser les firmes de consultants qui contribuent aux caisses des partis décider de l’attribution des contrats. Sans quoi, il arrivera dans tous les projets publiques ce qui se passe dans les programmes FIER. Il vaut encore mieux des portefeuilles comme ceux des SOLIDES ou des SDE qui sont gérés par des salariés de l’état de concert avec des comités d’experts souvent bénévoles ( leur salaire étant dans les réseaux de contact) plutôt que de vendre par contrat la direction de nos projets.

    La crise actuel fera sûrement sortir quelques scandales qui ne portent pas de couleur politique car même si la roue tourne elle avance dans la même boue.

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    8 mai 2009 à 12 12 53 05535
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    En effet, ça ne sent pas bon. Et comme le souligne « buffle », l’odeur est partout… Le Parti Libéral semble aux prises avec un problème de corruption interne qui dépasse la fiction. Cependant, je n’irais pas jusqu’à dire que M. Bachand « a défroqué ». Tout parti politique qui existe depuis plus d’une trentaine d’années et qui a eu l’occasion de prendre le pouvoir est sujet à ce genre de problèmes. Ça commence dans les associations de circonscription où des ambitieux de pacotille croient qu’on leur doit tout parce qu’ils ont contribué à une levée de fonds. Avec les années, ils s’installent confortablement, prennent le contrôle et finissent par obtenir un certain pouvoir.

    Ces associations se comportent comme un club des Chevaliers de Colomb, proche de la chambre de commerce du coin, de la mairie, des réseaux d’influence et du travail au noir.

    Ça frappe (encore) le PLQ et c’est surement déjà arrivé chez les péquistes… Quand on impose un candidat sans investiture, on sait que quelque chose ne tourne pas rond: l’absence de démocratie à la base même du parti. Peu importe sa couleur.

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    8 mai 2009 à 15 03 29 05295
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    @lutopium – les liens de la classe politique transcendent les partis, les philosophies et même les nations. La classe politique mondiale est maintenant au service des banques centrales, qui elles servent le FMI et la Banque Mondiale ainsi que l’agenda d’un gouvernement mondial de l’ONU.

    Prenez l’exemple de Michael Sabia, maintenant président de la Caisse de dépôt. Ex-membre du conseil privé canadien, diplômé d’oxford, etc. On ne peut plus « insider » que ça. Je ne serais pas surpris qu’il fût membre du collège « all saints » (à Oxford) également, ce qui serait un signe évident qu’il fait parti d’un très petit groupe de mondialistes dont les racines remontent aux années 1800 et dont les fondateurs étaient Cécil Rhodes et Lord Milner – eux-mêmes à la solde de la famille Rothschild, propriétaire des banques centrales de Londre, Paris et Berlin.

    Carroll Quigley, professeur à l’université Georgetown et mentor de Bill Clinton, a bien documenté tout ça dans deux ouvrages: The Anglo-American Establishment et Tragedy and Hope.
    L’empire britannique sous un nouveau déguisement fort plaisant pour le nouveau millénaire….

    En passant, avez-vous vu « The Obama Deception » sur youtube ou google vidéo? Même gang de mondialistes…

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    8 mai 2009 à 19 07 14 05145
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    @MissiveDuTexas: Oui, j’ai vu The Obama Deception. Bouleversant. À prendre avec l’angle qu’il faut prendre avec les documentaires-choc d’Alex Jones. Pour ce qui est de Michael Sabia, je crois qu’il a eu une belle carrière car il a su se faire recfonnaître comme un redresseur d’entrerpise efficace. Privatisation, sous-traitance et mises-à-pied forment sa marque de commerce. Demande aux employés du CN et de BCE… Cette semaine, M. Sabia a montré ses dents: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200904/30/01-852094-les-tetes-roulent-a-la-caisse-de-depot.php

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    8 mai 2009 à 19 07 35 05355
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    @ lutopium – belle façon de se débarrasser de ceux qui sonnaient l’alarme quand c’était le temps. À preuve celle qu’il place au poste de gestion du risque. Surement qu’elle sait se taire quand on lui dit.

    Il serait intéressant de savoir ce que tous ces employés peuvent révéler, maintenant qu’ils n’ont plus de raison au silence….

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    8 mai 2009 à 20 08 43 05435
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    Pour ajouter une couche de vomi à tout ce que nous déclarons fort et haut, s’il y a des «découvertes» de ces odeurs de fumier(s), il y a aussi tout un monde souterrain qui reste caché. Malheureusement…
    Car la «grosse» magouille a toute une progéniture de petits magouilleurs qui se font un plaisir simiesque d’imiter «Papa Magouille» comme les enfants imitent leurs parents.
    Il y a aussi ce monde souterrain de l’apparence du «tout va bien» dans certains secteurs.
    Entre autres, l’éducation. On s’arrache les cheveux et «notre argent» pour «redresser» les décrocheurs. Mais quelqu’un s’est-il posé la question à savoir si l’école elle-même n’était pas responsable du décrochage scolaire?
    Les appareils gelés, huilés d’une vieille graisse, ont l’air de rouler à billes. Mais il n’en est rien. Ils font du tapis roulant… Et encore…
    Ajouter à cela l’effet de «conscience intuitive» des masses- qui ne sont pas dupes, on en arrive à une société confuse, désorientée, n’ayant plus pour modèle que le «take the money and run»….
    Les «héros» sont des être négatifs, hypocrites, méchants.
    Comme le joker dans le film.
    Que voulez-vous que les jeunes générations se mettent sous la dent pour vivre? De l’argent?
    Ce doit être pour cette raison que les États-Unis sont les champions créateurs de super héros qui n’existent pas dans la vraie vie et qui passent leur temps à chlorer l’eau sale pour «sauver» le monde de la méchanceté, et du reste.
    Batman, Spiderman, ça soulage un peu… Ils sont forts, agiles, ils volent ( dans les airs), et débarrassent des villes entières de la corruption.
    Au Québec? On se tient sur des fragments de héros qui semblent marcher sur des cubes de glace dans le Saint-Laurent.
    Encore, faut-il se forcer un peu pour les trouver et ramasser des morceaux ici et là.
    Quand on sent s’en aller le vrai pouvoir, pour en rajouter un peu et ne pas perdre prise on crée de l’argent en trillions.

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    9 mai 2009 à 11 11 37 05375
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    Que peut-on dire ENCORE une fois sur le SUJET des MAGOUILLES et MANIPULATIONS gouvernementales autant provinciales que fédérales.
    Il n’y a presque pas une semaine qui passe sans que nous entendions parler de VOLS en chemise blanche et à cravate; CELÀ va de PIRE en PIRE.
    C’est seulement la POINTE de l’iceberg que nous voyons malheureusement.
    Je pense que nous sommes revenus aux années OÙ le patronage changeait de COULEUR selon le parti au pouvoir.
    Comment FAIRE pour changer les choses?
    Comment RÉVEILLER le peuple qui a peur de perdre les PRIVILÈGES de l’état dans des changements DRASTIQUES?
    Plusieurs ont essayés: les Créditistes, le PQ, l’ADQ et maintenant QS.
    Qu’est-ce que l’AVENIR nous réserve?
    L’UNION NORD-AMÉRICAINE avec QUOI???????????????????????????????????

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    9 mai 2009 à 12 12 07 05075
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    @fern – sautez dans l’arène:
    Informez vos voisins, votre famille, vos amis et collègues.
    Préparez-vous à ce que vous anticipez.
    Appelez les émissions lignes ouvertes.
    Etc. etc.

    L’humain a le potentiel de faire ressortir le meilleur de lui-même devant l’adversité.

    Nous avons tous ici une belle opportunité d’accomplir quelque chose de beaucoup plus édifiant que de s’asseoir sur le chesterfield à regardez le hockey avec une ‘tite bleue…

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    10 mai 2009 à 18 06 05 05055
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    Il n’y a jamais eu de démocratie et les individus, malgré les écrits, n’ont jamais eu de vrais pouvoirs, des droits, pas plus.
    Tout est illusion !

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    12 mai 2009 à 21 09 53 05535
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    Citation

    Marquis de Sade (1740-1814):

    « Prenez, prenez, tout cela ne me coûte rien, c’est l’argent de l’État. »

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