Balzac: Maître Cornélius

Louis XI, roi de France. Wikipédia.fr
Louis XI, roi de France. Wikipédia.fr

DANIEL DUCHARME   À l’instar de L’Enfant maudit, des Proscrits et de bien d’autres ouvrages de la série des Études philosophiques de la Comédie humaine, ce roman – ou grosse nouvelle, c’est selon – s’inscrit dans le contexte de l’histoire de France, sans qu’il puisse être qualifié de roman historique au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Maître Cornélius se déroule à Tours vers 1479, soit trois ans avant la mort du roi Louis XI qui a cinquante-sept ans dans ce roman et qui joue un rôle de premier plan dans son dénouement. Comme cela arrive souvent chez Balzac, le roman raconte une histoire qui enchevêtre deux récits distincts.

Le premier récit peut être considéré comme une histoire d’amour. Georges d’Estouville est éperdu d’amour pour Marie de Saint-Vallier, épouse d’un vieil homme jaloux qui la fait souffrir. À l’église, il réussit à tromper la vigilance du vieil homme et prévient Marie qui la rejoindra chez elle cette nuit-là. Entre temps, Marie, fille du roi Louis XI, réussit à lui faire parvenir une missive pour lui confier son malheur. Pour accéder à la demeure de sa bien-aimée, il passe par la maison de Maître Cornélius qui le prend pour un voleur. Cette première intrigue connaît un dénouement heureux, bien que légèrement tortueux…

Le deuxième récit raconte l’histoire de ce mystérieux personnage, Cornélius Hoogworst, usurier de son état et, comme cela sied si bien à ce genre de métier, avare. Il habite une étrange demeure au centre de Tours en compagnie de sa sœur, vieille femme acariâtre aussi avare que lui et, pour la légende, un peu sorcière. Convaincu qu’il se fait constamment voler par son personnel (il fera pendre plusieurs apprentis…), il finit par se replier sur lui-même, modifiant sa demeure en forteresse imprenable. Ce deuxième récit connaîtra un dénouement moins heureux que le premier… mais cela sera plus conforme à l’esprit du temps.

À l’instar de plusieurs romans classés dans les Études philosophiques, ce roman, non dénué de mysticisme, s’avère très agréable à lire. Dès les premières lignes, on se laisse emporter par le rythme que Balzac insuffle à son récit. Le personnage de Maître Cornélius est fascinant, certes, mais beaucoup moins que celui du roi Louis XI, sans doute le souverain le plus intéressant de l’histoire de France.

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Daniel Ducharme

Né à Montréal, Daniel Ducharme est archiviste, éditeur, écrivain et webmestre du site elpediteur.com

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