Deuxième gauche — Réformisme et lutte de classe (Daniel Poncet)

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Daniel Poncet (2016), Deuxième gauche — Réformisme et lutte de classe —Des années 60 à aujourd’hui — Réflexions, éléments d’histoire sur: les gauches, les révolutionnaires, les syndicats, Éditions prolétariennes, 506 pages.

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Cet ouvrage couvre une période de 20 ans (des années 68 aux années Mitterrand) et montre ses conséquences actuelles au moment même où la crise économique et les disparitions d’emplois s’accélèrent, où des luttes importantes comme celle contre la loi travail (El Kohmri) réactive la lutte des classes, dans un contexte démontée des risques de guerres et de fascisme.

L’ouvrage commencé en juin 2014 et terminé en juin 2016 donne des éléments précis sur la tactique et la stratégie des syndicats (principalement CFDT et CGT) . Il montre sur quelle base la CGT s’est «affranchie» du contrôle par le PCF. Il revient sur les luttes ouvrières emblématiques des années 70 (Joint français, Lip, Imro, Bourgogne-électronique, sidérurgistes…).

Il aborde des questions comme celles:
— de l’évolution du courant de l’écologie politique ;
— de la stratégie opportuniste de l’union de la gauche ;
— des origines et de la tactique des différents courants se réclamant de la révolution en France et dans le monde

Il revient plus précisément sur:
— l’évolution du PCF, de la CGT, de la CFDT ;
— l’histoire du mouvement marxiste-léniniste et ses rapports avec les syndicats et la gauche ;
— le passage d’une fraction de la petite bourgeoisie, du gauchisme en rupture avec le marxisme vers un courant idéologique proche de l’extrême droite ;
— L’évolution opportuniste et révisionniste du PCF jusqu’à sa participation au dénigrement et à la criminalisation du communisme par Robert Hue.

L’ouvrage pose des questions et donne des éléments de réponses:
En quoi les années 68-88 sont-elles déterminantes? Sont-elles le creuset idéologique, politique, économique, culturel d’un recul important du mouvement révolutionnaire mondial? La deuxième gauche (principalement celle d’Edmond Maire: CFDT et de Michel Rocard: PSU) n’est-elle pas finalement responsable en grande partie du désarroi et du défaitisme des années 80 et suivantes? Comment la deuxième gauche a pu influencer, tromper des générations de militants? Comment le poison de cette «nouvelle gauche» toujours à l’œuvre, développe et se nourrit de la confusion idéologique? Comment la deuxième gauche fut complice active de l’offensive idéologique contre le marxisme? Quel rôle joua la référence à l’autogestion mis en avant par la CFDT et le PSU? Comment la deuxième gauche fut un élément central de la stratégie et des illusions électoralistes mises en avant par le PS ou le PCF? Le recentrage de la CFDT fut-il le commencement ou la fin d’un processus? Une ligne momentanée ou celle de toute une période? Pourquoi et comment la CFDT à évoluer vers un syndicalisme de collaboration de classe impliquant l’unité de pensée et d’intérêt avec le MEDEF et le PS?

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Préface de l’ouvrage par Jean Jullien (2 juin 2016). Daniel Poncet, au chômage depuis son licenciement fin 2008 après 35 ans d’usine, cet ancien ouvrier marxiste-léniniste de la chimie, écrit ici un ouvrage de référence sur une période-clé du reflux du mouvement communiste en France.

L’expérience du combat politique et syndical, celle d’une SCOP tenue à bout de bras par ses proches, l’ont conduit tout d’abord à coucher noir sur blanc les dommages causés à la classe ouvrière par le réformisme.

Initialement consacrée à l’évolution de la CFDT qu’il a vécue de l’intérieur, son étude a inévitablement embrassé de façon matérialiste dialectique les rapports entre syndicats, partis et mouvements de masse, leurs conséquences pratiques, en suivant le fil d’Ariane de la lutte idéologique entre bourgeoisie et prolétariat au sein du mouvement ouvrier, entre marxisme-léninisme, révisionnisme et réformisme, et tout particulièrement les avatars du courant de pensée intitulé «deuxième gauche», véritable cheval de Troie du capital et de l’anticommunisme.

Son travail n’est pas celui d’un historien rassemblant simplement des données afin d’interpréter le passé, mais d’un militant cherchant à en tirer des leçons pour reconstruire l’outil indispensable de la classe ouvrière, le parti communiste. Son étude est marquée par une empreinte de classe qui ne se dissimule pas derrière l’hypocrite «objectivité» des historiens bourgeois, mais affirme clairement sa position. C’est en défendant le point de vue de ceux qui n’ont rien à perdre que leurs chaînes qu’il a pu réaliser un travail scientifique, en procédant à la critique et à l’autocritique des divers partis et organisations – y compris marxistes-léninistes – qui composent la «gauche» et «l’extrême-gauche» de cette époque.

Tirant ses sources d’une vaste bibliographie, notamment celle sur le mouvement marxiste-léniniste qu’il a lui-même collectée dans le cadre des Editions Prolétariennes, Daniel produit une somme scientifique sur une période de vingt ans, de 1968 à 1988. Il y retrace l’évolution de la « nouvelle gauche », en la reliant aux renoncements successifs qui ont marqué les progrès du révisionnisme dans le PCF, aux tentatives infructueuses des marxistes-léninistes du PCMLF et du PCRml pour reconstruire un nouveau parti communiste, et aux causes de ces échecs.

Les masques sont tombés, l’unité de pensée et d’intérêt du Medef, du PS et de la CFDT est aujourd’hui une évidence pour le plus grand nombre et s’affiche sans vergogne. Reste à faire table rase des thèses qui ont fait le lit de la « nouvelle gauche », dans le contexte historique de l’opposition au révisionnisme et de la montée de l’anticommunisme, d’examiner sans honte et sans crainte nos erreurs parce que la vérité est révolutionnaire.

L’actualité des «nuits debout» exprimant le rejet des partis bourgeois et simultanément le désarroi de l’absence de perspective, le renouveau de la lutte de classe prolétarienne, coïncident de façon inexprimée à un double impératif dialectique : ce sont les masses qui font l’histoire et «pour faire la révolution il faut un parti révolutionnaire».

Parce que le poison idéologique de la «nouvelle gauche» est toujours à l’œuvre, l’ouvrage de Daniel constitue un élément de réponse à la question pourquoi en sommes-nous là et comment en sortir? Il établit par là un lien entre les anciennes générations, et la jeunesse qui se dresse face à l’État bourgeois, mais cette fois non plus par idéal romantique ou par révolte hédoniste, mais parce que son avenir est sombre et que le capitalisme fait obstacle à son épanouissement, à son travail, à sa famille et à tous ses espoirs, et qu’il doit nécessairement être renversé.

Cette jeunesse a pour cela besoin de s’approprier la mémoire du mouvement ouvrier révolutionnaire de notre pays, ses expériences et ses tentatives même infructueuses, pour avancer.

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POUR OBTENIR L’OUVRAGE EN PDF:   edi.prol@yahoo.fr

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