L’Assimilande (Paul Laurendeau)

DANIEL DUCHARME   Quand j’ai appris que Paul Laurendeau, un ami et collaborateur de longue date d’écouter lire penser, avait publié un roman, je me suis précipité sur le site de l’éditeur pour le commander sur-le-champ. Une fois le livre lu, j’ai décidé d’en faire une note de lecture, car je ne pouvais passer sous silence la parution de L’Assimilande, premier roman de Paul Laurendeau publié en novembre 2007 aux éditions Jets d’encre et qu’ÉLP éditeur vient de rééditer en version numérique.

L’Assimilande est un roman d’un peu plus de cent pages qui a pour héroïne Kimberley Parker, une doctorante torontoise fascinée par la langue française. Un jour, sa directrice de thèse, Odile Cartier, lui propose d’orienter ses recherches sur l’expérimentation d’un petit objet appelé le glottophore. Une fois cet objet fixé à son oreille, Kimberley s’ouvre en profondeur à la culture linguistique de l’autre, assimilant la langue de son interlocuteur à une vitesse fulgurante. C’est ce qui fait d’elle l’assimilande, c’est-à-dire un sujet en processus continu d’assimilation d’une langue. Décidée à tester sur elle-même l’impact psycholinguistique, voire ethnoculturel, de cette invention, Kimberley se met au travail sans tarder. Après quelques jours – et de nombreuses discussions avec sa colocataire Melissa Dassou, une ressortissante de Pondichéry, poche francophone de l’Inde depuis des générations -, elle décide de se rendre à Montréal pour livrer le résultat de ses recherches au congrès des Sociétés savantes. Le roman se clôt à la conférence de Kimberley à laquelle assistent Odile Cartier, Mélissa Dassou et différentes personnes dont de dignes représentants du fédéralisme canadien et du nationalisme québécois. Entretemps, le glottophore provoque des effets secondaires inattendus… que nous ne révélerons pas ici pour ne pas gâcher le punch de la fin. Citons simplement l’auteur qui estime que « le glottophore amplifie les capacités d’apprentissage linguistique du sujet qui le porte par une hyperstimulation relativement inoffensive des zones corticales présidant au langagier » (p. 18). Comme vous pouvez le constater, on nage en pleine linguistique fiction. Mais rassurez-vous: sous la plume ludique de Paul Laurendeau, la linguistique devient soudain une discipline simple, accessible, limpide.

L’Assimilande est un roman qui se lit d’une seule traite et qui, par conséquent, est à la portée de tous, même s’il suscitera sans doute plus d’intérêt chez les ressortissants des pays comportant plus d’une langue officielle comme le Canada, la Belgique ou la Suisse, car le glottophore, petit appareil apparemment inoffensif, peut devenir, entre de mauvaises mains, un redoutable outil d’assimilation linguistique. Fasse le ciel que cette invention ne quitte pas le domaine de la fiction.

J’aime l’univers féminin que dépeint Paul Laurendeau dans ses textes, publiés tant dans la revue Virages que sur écouter lire penser. J’aime le côté ludique de son écriture, sa façon de considérer la fiction comme un jeu. Dans L’Assimilande, j’ai retrouvé tous les éléments qui font la personnalité littéraire de Paul Laurendeau, c’est-à-dire un homme qui voit le réel à travers le miroir déformant de la fiction et qui, pour finir, nous renvoie l’ascenseur du réel en pleine figure. À cet effet, je vous invite à lire, si ce n’est pas déjà fait, L’autobus montagnard où mademoiselle Wolf a dit non. Vous comprendrez alors pourquoi je ne peux que vous encourager à vous procurer ce roman au cours duquel, je vous le garantis, vous ne vous ennuierez pas

Paul Laurendeau, professeur de linguistique au département d’Études françaises de l’Université York à Toronto pendant plus de vingt ans, vit aujourd’hui à Montréal où il exerce les activités d’écrivain, de traducteur et d’éditeur. L’Assimilande est son premier roman. Il a maintenant plusieurs titres à son actif. Pour en savoir davantage, je vous invite à consulter sa fiche collaborateur.

Lien vers la fiche d’auteur de Paul Laurenreau sur ÉLP éditeur.

Lien vers la librairie 7switch.fr où on peut se procurer ce ouvrage au prix de 3,50 euros (5$CA).

Paul Laurendeau. L’Assimilande. Montréal, ÉLP éditeur, 2011.

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Daniel Ducharme

Né à Montréal, Daniel Ducharme est archiviste, éditeur, écrivain et webmestre du site elpediteur.com

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