Lordius: La libération explosive de l’âme

Liberationexplosive

DANIEL DUCHARME   Loin de moi l’idée de critiquer la critique, d’autant plus qu’étant moi-même éditeur de l’ouvrage on serait en droit d’affirmer que je me trouve en situation de conflit d’intérêt. Toutefois, je m’inscris en faux contre la succincte critique de Tinusia, l’auteure d’un billet déposé sur le blogue du Club de lecteurs numériques relatif au roman de Lordius : La libération explosive de l’âme, une aventure de Max Peine. J’ai moi-même rédigé de nombreuses critiques littéraires, tant sur le webzine d’ÉLP et que sur ce blogue, mais jamais je n’ai publié une critique négative d’un jeune auteur. Pourquoi ? Parce que l’esprit d’ÉLP en matière de critique consiste à partager des œuvres, à les faire connaître aux autres, et non à dire qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas. Derrière cette volonté de partage on retrouve l’idée intrinsèque, toute simple au fond, que ce qu’on n’aime pas, on ne le partage pas… surtout quand il s’agit d’un auteur inconnu du grand public.

Oublions, si vous le voulez bien, la triste critique de Tinusia, et tournons vers celle que Paul Laurendeau a publié sur le webzine d’ÉLP. D’emblée l’approche est plus vaste, plus pénétrante car, pour Laurendeau, il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer, mais de comprendre. Tout comme Tinusia, il estime que La libération est un roman violent, mais il ne s’en étonne pas outre mesure puisque, après tout, il le qualifie de « roman de gars », un roman où le rythme est essentiel à la compréhension de la démarche de l’auteur. Cette démarche s’apparente à la culture du jeu vidéo, laquelle s’avère rarement pris en compte par le milieu littéraire. D’ailleurs, le nom du « héros » renvoie directement à Max Paine, célèbre jeu développé en 2001 par la société finlandaise Remedy et commercialisé par Rockstars Games pour les consoles Xbox, Playstation et GameBoy Advance. Sauf que, contrairement au protagoniste de ce jeu vidéo, Max Peine n’est pas un flic, mais un ex-garde du corps dont la vie a dérapé après qu’il ait liquidé sa femme dans des circonstances obscures. Emprisonné dans un établissement carcéral, puis interné dans un hôpital psychiatrique, il s’échappe pour retrouver une liberté dont il a bien du mal à profiter. Certes, La libération explosive de l’âme n’est certes pas un roman à mettre entre les mains de vos enfants. C’est un roman violent au rythme soutenu que vous lirez en quarante-cinq minutes. Un roman qui confirme l’énoncé selon lequel la liberté n’est rien sans la libération. Et quand elle explose, c’est encore mieux… Inutile, donc, d’aller chercher plus loin.

Lordius, La libération explosive de l’âme, ÉLP éditeur, 2012, 1,99 euros. Disponible sur toutes les plateformes et, sans DRM, à la librairie 7switch.

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Daniel Ducharme

Né à Montréal, Daniel Ducharme est archiviste, éditeur, écrivain et webmestre du site elpediteur.com

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