Ma défunte Lesbos

ALLAN ERWAN BERGER   Je suis en train de corriger et mettre en forme un ensemble de poésies que nous a proposé une dame Corinne LeVayer, qui vit entre Québec et Acadie. Parmi toutes les beautés assez secouantes du recueil, je tombe ce matin sur celle-ci, que je reproduis avec l’autorisation que l’auteure, insomniaque ou pas encore couchée, m’a immédiatement accordée. À chaque fois que je la lis, je pleurniche comme un saule. Et vous ?

Ma défunte Lesbos

Ruisselets mélodieux, daignez prêter vos voix
À la chanteuse amoureuse qui vient d’éclore en moi.
Arc-en-ciel, mon copain, extirpe de ton cœur
Les plus brillants pastels, les plus jolies couleurs.

Car, en ce matin clair, il me plaît d’évoquer
La douce souveraine au castel de mon cœur,
Celle que toute fille rêve de rencontrer
Sur la route de la vie, encombrée de marcheurs.

Ma défunte Lesbos, je le sais, ils arrivent un peu tard
Ces sentiments joyeux, ces accords de guitare.
Chaude étoile enfermée dans un nuage sombre,
M’entends-tu, sous les blés, du tréfonds de ta tombe ?

Je respecte ton ordre, je respecte ta loi :
J’ai promis, j’ai juré. Je ne pleurerai pas.
Je chanterai, de toi, ta nature pétulante
Sur une mélodie endiablée, éclatante,
Au présent, au présent,
Au présent, au présent.

Ma défunte Lesbos, ton sourire a assaini mon sang.
Mon amante, ton regard fit rebattre mon cœur.
Et les prés et les champs ont perdu leur verdeur
Quand nos deux voiles unis se séparèrent au vent.

Une aura de beauté enveloppe ton corps
Et ton âme est la gemme au boîtier de Pandore.
Tes yeux seuls suffiraient, par l’amour qui s’y fit
À rendre les torrents révoltés à leur lit.

Ma défunte Lesbos, je le sais, ils arrivent un peu tard,
Ces sentiments joyeux, ces accords de guitare.
Chaude étoile enfermée dans un nuage sombre,
M’entends-tu, sous les blés, du tréfonds de ta tombe ?

Je respecte ton ordre, je respecte ta loi :
J’ai promis, j’ai juré. Je ne pleurerai pas.
Je chanterai, de toi, ta nature pétulante
Sur une mélodie endiablée, éclatante,
Au présent, au présent,
Au présent, au présent.

J’ai connu bien des gouines qui ne te valaient pas.
J’ai écrit des sonnets pour des tribades de peu.
De ces chants malsonnants, j’ai fait hier un feu.
Mon corps entier s’emplit
Du doux désir de toi.

Je suis là, je contemple ce triste chenal.
Et voilà que je crie ton doux nom dans le val.
Et l’écho des plus grandes montagnes à ce jour
Est trop faible et ne peut répéter mon amour.

Ma défunte Lesbos, je le sais, ils arrivent un peu tard
Ces sentiments joyeux, ces accords de guitare.
Chaude étoile enfermée dans un nuage sombre,
M’entends-tu, sous les blés, du tréfonds de ta tombe ?

Je respecte ton ordre, je respecte ta loi :
J’ai promis, j’ai juré. Je ne pleurerai pas.
Je chanterai, de toi, ta nature pétulante
Sur une mélodie endiablée, éclatante.
À jamais, à jamais,
À jamais, à jamais.

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Allan Erwan Berger

Le grand point est d’avoir l’oeil sur tout.

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