129. America irredenta

J’ai dit dans un article précédent, il y a quelques mois, que je ne parlerais plus des États-Unis jusqu’à ce que j’aie du bien à en dire. Il m’a fallu quelque temps, mais je viens m’exécuter. Depuis quelques semaines, je suis inondé plus que jamais de lettres qui viennent me dire pour la N ième fois, mais avec encore plus d’insistance, qu’il y a l’Irak, qu’il y a Guantanamo, que les scandales n’arrêtent pas dans l’administration Bush, qu’il va y avoir bientôt l’Iran, et que, en somme, on est bien justifié de répéter que les États-Unis sont une menace pour la paix du monde, comme le croient d’ailleurs la plupart des gens. Rien de nouveau, rien à ajouter.

Il y a quelques jours, cependant, j’ai pris connaissance d’un dossier tout à fait inusité sur Internet. Un de ces dossiers de complots sur lesquels on attire souvent mon attention. Un dossier bien documenté qui explique pourquoi le 11 septembre n’a pas pu avoir lieu… Je ne tire pas de ce dossier la même conclusion que ceux qui m’en ont parlé.

Le 11 septembre n’a pas pu avoir lieu, s’entend, tel qu’on nous dit qu’il s’est passé. Toute une panoplie d’experts viennent nous expliquer pourquoi les tours ne pouvaient pas tomber, à moins qu’on ne les ait bourrées d’explosifs, et comment il y a bien eu, dans les semaines qui ont précédé l’attentat, des va-et-vient étranges qui auraient permis qu’on les bourre d’explosifs.

Toute une kyrielle de témoins oculaires viennent jurer aussi qu’ils n’ont rien vu. Naturellement, c’est un principe bien établi que voir quelque chose en fait la preuve, mais qu’on ne peut jurer qu’il ne s’est rien passé simplement parce qu’on n’a rien vu ! Il y a des détails, toutefois, qui laissent songeur. Prenons cette explosion au Pentagone. Pourquoi PERSONNE n’a-t-il vu cet avion qui est venu percuter l’édifice ? Pourquoi n’en a-t-on retrouvé aucun débris ? Pourquoi un appareil non identifié, qu’on a bien vu, lui, survolait-t-il le Pentagone au moment de l’explosion, alors que tous les autres avions des États-Unis étaient retenus au sol ? Pourquoi les dommages causés au Pentagone sont-ils tout à fait conformes à ce qu’aurait produit un missile air-terre, du type de ceux que l’on utilise en Irak ? Je ne m’étendrai pas davantage, consultez le site. Il en vaut la peine. www.loosechange911.com

Un dossier bien monté. En même temps, un autre dossier met en lumière un faisceau de références à des groupes de pouvoir qui préconisent une domination américaine sans partage sur le monde et qui viennent dire, avec un à-propos tout à fait remarquable, que malheureusement la population américaine n’acceptera jamais que l’on fasse ce que l’on devrait faire pour assurer cette supériorité, à moins qu’il ne se produise un événement du genre Pearl Harbour…. Une coïncidence qui laisse aussi songeur. Global Dominance

Nous ne parlons pas ici de groupes extrémistes, marginaux, lunatiques. Nous parlons de groupes de pouvoir auxquels appartiennent les plus hauts responsables de la politique américaine, dont l’impopulaire Ministre de la défense et le Vice président Cheney lui-même. Inquiétant… Mes contacts s’inquietent.

Inquiétant ? Au contraire, toutes ces rumeurs vraies ou fausses, toutes ces critiques virulentes et tous ces ragots me rassurent.

Je ne veux pas dire qu’il ne soit pas inquiétant que les hauts responsables de la politique américaine se rassemblent dans des groupes de pressions d’extrême droite pour discuter de suprématie globale et semblent appeler de leurs voeux une catastrophe comme celle du World Trade Center. Je veux dire qu’il est rassurant, si de tels groupes existent et que de telles phrases sont prononcées, qu’il soit tout de même possible de les débusquer, de les dénoncer, de les publier. Ces dossiers bien montés sont sur Internet. Le texte que vous lisez est sur Internet. Alors que, de passage à Cuba l’an dernier, j’ai pu constater de visu que mon site, qui pourtant ne dit que du bien de Cuba et de Castro, n’y est PAS accessible. Censuré à la sortie par les USA, ou par Cuba à l’entrée ? Allez donc savoir…

L’important, pour les fins de notre présent argument, c’est qu’il ne l’est pas aux USA. Ce qui est infiniment rassurant, car il importe peu, dans une perspective historique, qu’un chef de l’État soit maboul ou que des cohortes de conspirateurs apparaissent, pour autant qu’existe constamment la possibilité de les identifier et de s’en défaire. C’est ce que permet encore la démocratie américaine. C’est pour ça que l’on peut encore faire confiance à l’Amérique, alors que j’attends toujours qu’on me convainque qu’un Premier Ministre français, qui devenait bien gênant, s’est vraiment suicidé avec le pistolet de son garde du corps.

Il est plus rassurant, en fait, de savoir que des crimes ont été commis et dénoncés, que de n’entendre jamais parler de crimes, tout en soupçonnant qu’il s’en passe peut-être beaucoup qu’on garde sous silence. Il y a tellement de choses que l’on ne dit pas, tellement de choses dont on n’entend jamais parler. Malgré ses défauts, l’Amérique – qui est si vulnérable à la propagande, au lavage de cerveau et à un effroyable bourrage de crâne – est invulnérable à la censure. Il y reste toujours une porte ouverte, quelque part, à la possibilité d’une recherche des faits et à une interprétation correcte – ou incorrecte – de la réalité.

Je ne sais pas – et l’on ne saura jamais avec une totale certitude – si cette interprétation de l’affaire du 11 septembre comme le résultat d’un complot de ceux qui dirigent discrètement l’Amérique est ou n’est pas vraie. On ne saura jamais, sans un doute raisonnable, si les terroristes – si même terroristes il y a eu ! – n’ont pas été que les instruments, manipulés par ceux qui avaient intérêt à ce que le peuple américain se mobilise.

Ce qui ne fait aucun doute, toutefois, c’est que, même si l’horreur de ce scénario était avérée, la possibilité de ce complot demeurerait encore néanmoins, à long terme, un fait moins déterminant que l’extraordinaire capacité qu’a su construire l’Amérique, par sa constitution et toute son histoire, de permettre que tout soit dit et donc d’espérer que tout se sache et que toute horreur soit un jour corrigée.

C’est ça la grandeur de l’Amérique. Rien ne peut la lui enlever.

Pierre JC Allard

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