15 La formation parentale

Il faut inculquer aux parents et gardiens une compétence éducative minimale par le biais de modules de “formation parentale”. Pensons à un module de formation de 60 heures pour enseigner aux parents et gardiens les rudiments essentiels de ce qu’un éducateur compétent devrait avoir comme comportement et devrait transmettre comme apprentissage à l’enfant durant une (1) année.

Ainsi, trois (3) modules de formation (FP0, FP1 et FP2), pourraient “capaciter” les premiers éducateurs de l’enfant à assumer leur responsabilité envers celui-ci durant les trois premières années de sa vie

. Si on réussit à donner cette formation de façon efficace, on réduira d’autant l’écart entre le bagage que reçoivent avant leur entrée à l’école les enfants des “riches/ universitaires” et les enfants des “pauvres/ non-instruits”. Ceci est une mesure de justice sociale primordiale et il n’en est pas d’autre qui puisse produire autant de résultats pour si peu d’efforts.



60 heures de formation pour savoir comment orienter le développement d’un enfant durant une année, est-ce assez? Certainement pas; il est clair que l’on ne peut pas, en 180 heures de formation, donner à celui qui ne l’a pas la culture qui lui servirait à éduquer ses enfants comme des enfants de parents ayant joui d’une éducation supérieure. Mais c’est un pas en avant. Faisons le plutôt que de tergiverser.

L’impact d’une mesure corrective sur un enfant avant l’âge de trois ans, même insuffisante et imparfaite, est évidemment plus efficace que si on ne cherche à intervenir que lorsque l’enfant arrive à l’école. Commençons par des modules de 60 heures offerts aux parents dans le cadre de la formation continue du Ministère de l’éducation.

Si les résultats sont positifs, on pensera à aller plus loin dans cette voie. À introduire, par exemple, les cours de formation parentale au curriculum du tronc commun de l’éducation générale. Savoir éduquer ses enfants, n’est ce pas, en définitive, la plus essentielle des formations que l’on puisse recevoir? 


Comment les parents réagiront-il à l’offre de formation parentale? On ne peut traîner de force les parents à un cours de formation parentale, mais on peut les motiver de deux (2) façons à s’en prévaloir :

La première façon, c’est qu’on peut motiver les parents à suivre les modules de formation parentale en rendant le paiement des allocations familiales conditionnel au suivi des modules pertinents par l’un ou l’autre des parents de l’enfant. Mais c’est une méthode imparfaite, car on devrait considérer l’allocation familiale comme un paiement à l’enfant, dont son gardien n’est que le gérant.

Dans cette optique, on ne pourrait, bien sûr, réduire le montant qui est versé à l’enfant sous prétexte que le dit gérant n’est pas qualifié! De tout façon, on peut inciter ainsi le parent à assister aux cours de formation parentale, mais évidemment pas à y prêter attention, à en comprendre l’essentiel et encore moins à en appliquer les préceptes.

On ne peut enlever la garde de leurs enfants aux parents qui échouent aux examens de formation parentale… ! Que faire, alors, pour les enfants des “parents ânes” que l’on amènera à la rivière, mais qui ne voudront pas ou ne pourront point boire? La DPJE vérifiera de plus près que ces parents ne sont que bêtes – et non pas méchants – puis on s’en remettra à un système de mini-garderies pour remédier au problème.

Quiconque veut travailler à garder des enfants devra avoir non seulement suivi mais RÉUSSI les modules de formation parentale correspondant aux âges des enfants sous sa garde. Inversement, quiconque à suivi et réussi ces modules sera jugé apte à garder des enfants de l’âge correspondant. L’enfant mis en garderie sera donc sous l’influence de quelqu’un qui aura suivi et réussi les cours de formation parentale.

C’est un palliatif intéressant à l’ineptie des parents, mais ce n’est pas tout: la mini-garderie nous procure aussi une deuxième façon d’amener les parents à rendre au sérieux la formation parentale… en les payant. 

Supposons une rémunération journalière pour chaque enfant gardé, payée par l’État jusqu’à un maximum de 8 enfants par gardien, celui-ci devant avoir réussi les cours de formation parentale appropriés.

Rien n’empêche quelques parents de s’entendre pour que l’un d’eux, obtenant un permis à cet effet, devienne une mini-garderie et recueille ainsi un revenu intéressant. 

C’est cette solution qui sera encouragée, mais rien n’empêche que l’un ou l’autre des parents d’un enfant – ayant la formation parentale requise – puisse s’inscrire comme gardien et recueillir alors la subvention gouvernementale pour garder lui-même son ou ses enfants au tarif prévu.

Il suffira qu’il accepte d’y consacrer son temps et donc de ne pas occuper d’emploi salarié. Ceci devient l’équivalent de payer l’un des parents pour rester chez lui et les garder… s’il a suivi avec succès les cours de formation parentale. Ceci devient une motivation non négligeable pour les parents qui hésiteraient à s’inscrire à ces cours.

Cette approche qui consiste à intéresser des parents raisonnablement formés à l’éducation de leurs enfants – en leur offrant une rémunération d’appoint – et à promouvoir des mini-garderies qui sont, en fait, des collectifs communautaires de voisinage immédiat offre une solution efficace à plusieurs problèmes.

– Elle fixe un plancher minimal de la compétence des éducateurs de première ligne que sont les parents.


– Elle renforce des liens de voisinage, favorisant ainsi l’éclosion de petites cellules de coopération, ce qui est un élément essentiel d’une nouvelle société.

– Elle favorise une socialisation plus efficace de l’enfant, progressive et sans solution de continuité.

-Elle permet l’affectation à une tâche vraiment utile de milliers de personnes qui, faute d’une préparation professionnelle adaptée aux exigences du marché du travail, ne pourraient pas trouver facilement aujourd’hui un travail, mais qui, parce qu’elles ont l’empathie et la motivation nécessaires pour l’être seraient tout à fait aptes à être “gardien(ne)s” après une formation simple.

Pierre JC Allard

7 pensées sur “15 La formation parentale

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    19 octobre 2011 à 8 08 33 103310
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    Monsieur PJCAllard, Ph.D

    Votre texte fait appel à la « Socialisation », mais le problème est en amont où personne ne veut aller à cause de l’idéalisation maternelle. Personne, jamais, en dépit de quelque socialisation ou conditionnment ne réussira à mettre l’amour dans le coeur d’un femme qui ne voulait pas d’un enfant ni ne pourra l’empêcher de martyriser cet enfant, EN PRIVÉ. Les Médées et autres enragées de la mythologie existent toujours.

    Premier de 3 textes traitant de l’amont de ce qui fait une Société humaine.

    L’INÉGALITÉ ORIGINELLE

    1-La commission d’enquête fédérale appelée  » Comité canadien sur la violence faite aux femmes  » est composée en majorité de femmes. Cette entreprise féminine a accouchée en juillet 1993, après deux années d’une dispendieuse gestation, d’une créature parfaitement stérile.

    2-Ce monstre à cinq cent têtes crache à la face de la population canadienne que des enfants de la majorité des mères canadiennes deviennent des brutes sadiques qu’elles ne peuvent plus contrôler et demande au Père symbolique, l’État canadien, de jouer au préfet de discipline.

    3-Il s’agit d’un aveu d’impuissance et d’un constat d’échec qui s’exprime comme suit :  » Le matériel de guerre est certes fabriqué par des hommes, mais la confusion dans leur tête est le produit final de pratiques éducatives et de traitements dont se sont rendus coupables des hommes et des femmes des générations passées. Le pouvoir absolu d’une mère sur son petit enfant ne connaît aucune limite. On n’exige d’elle aucune qualification. Il est donc on ne peut plus urgent d’examiner de plus près l’effet d’un tel pouvoir exercé sans contrôle, et d’en prendre conscience, de manière à réduire à l’avenir les risques qu’il comporte.  » (Miller, Alice, La souffrance muette de l’enfant, p. 154, Aubier)

    4-Quelle est la valeur des cinq cent recommandations de ce monstre mort-né lorsqu’elles sont considérées à la lumière de la plus importante source, réelle et susceptible d’une amélioration et même d’une prévention tangible, de ce qui est perçu comme des manifestations d’agressivité contre les femmes ?

    5-Quelle est cette source ?  » Les deux côtés de l’homme sont transmis par l’éducation. Le bon côté par la socialisation, les normes communiquées consciemment par les parents. Le mauvais côté par les plus anciennes perceptions du comportement parental qui ne se montre à nu que devant son propre enfant utilisé comme exutoire. »( Miller, Alice, L’enfant sous terreur, p.84)

    6-Comment s’exprime le mauvais côté ? « Les hommes se vengent sur les femmes et les petites filles de ne pas avoir été respectés par leur mère. »( Ibid., p.84)

    7-Ce rapport fait l’autruche, il s’adresse à la socialisation au lieu de contempler la source du mauvais côté.  » Et dire que ce dont souffrent les femmes, ce sont elles qui l’ont engendré en revendiquant pour elles seules l’éducation du jeune enfant, dire que les futurs misogynes dont souffriront leurs filles, ce sont les mères qui les préparent. « ( Olivier, Christiane, Les enfants de Jocaste, p.72,Paris, Denoël/Gonthier)

    8-Ce mort-né est certainement aussi un appel au secours lancé par ces femmes inconscientes que la solution est dans leur sein. Pourtant le problème n’est pas récent :  » Mes actes, je les ai subis et non commis, s’il m’est permis d’évoquer ceux de mes père et mère… J’ai subi des épreuves qui ne s’oublient pas. Œdipe par Sophocle.  » (cité dans Ibid., p.73)

    9-Ce rapport mort-né, comme la psychanalyse « … spécialisée dans les conflits pulsionnels du patient, s’occupe exclusivement du dernier acte d’un drame dont la découverte entière serait inconciliable avec le 4ième commandement. L’enfance de Laïos, autrement dit le prélude à l’histoire de l’enfance d’Œdipe, lui est restée cachée et n’a pas éveillé sont intérêt. »( Miller, Alice, L’enfant sous terreur, p.159, Aubier)

    10-Des religions ont tenté d’apporter un remède à la prière d’Œdipe, mais l’ont rendu aveugle :  » L’accès aux traumatismes narcissiques de la petite enfance lui est interdit par la loi qui dit qu’on ménage les parents en culpabilisant l’enfant. « ( Ibid., p.27) Ce rapport culpabilise aussi les fils des mères canadiennes.

    11-Le Père fédéral, avec ce rapport stérile, est-il invité à mettre en place un programme d’éducation universel destiné à monter la maternité au rang des spécialités professionnelles, investissant ainsi les ressources collectives dans une mission génératrice de richesse humaine à court et à long terme ? N’est-il pas plutôt manipulé habilement à augmenter l’agressivité du système et donc l’entropie au sens d’Henri Laborit dans son Éloge de la fuite, p.27 ?

    12- » Il y a ici confusion très révélatrice de la cause avec son effet, et l’on combat comme source du mal quelque chose que l’on a soi-même fait naître. Ce type de phénomène ne se produit pas uniquement en pédagogie mais aussi dans les domaines de la psychiatrie et de la criminologie. Une fois que l’on a suscité le  » mal  » par la répression du vivant, tous les moyens sont bons pour le combattre chez la victime. « ( Miller, Alice, C’est pour ton bien, p.45, Aubier)

    13-La conclusion s’impose d’elle même. Il est évident que la dernière hypothèse sera retenue car elle est la plus  » naturelle « , la plus susceptible d’assurer la pérennité des structures parasitaires actuelles. C’est même cette optique polluante qui est la plus génératrice d’emplois, de débouchés pour les futurs diplômés d’une société de plus en plus répressive. http://www.psychohistory.com/htm/06a_25year.html

    Jean-François Belliard
    Publié : Le Devoir, 18 août 1993

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    19 octobre 2011 à 13 01 48 104810
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    A Gaiagenaire:

    Ce site est un peu la « banque centrale » de mes textes; on y refere souvent, mais il s’y fait peu de « transactions » et je n’y engage pas de grands débats. Des que vous faites un effort significatif pour faire avancer un débat, lcomme c’est le cas maintenant, la bonne voie est de publier sur Centpapiers où vous serez accueilli avec plaisir et aurez un auditoire qui justifiera vos efforts.

    pjca

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    20 décembre 2011 à 12 12 28 122812
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    vous êtes pas un peu frappé?

    Un parent n’est pas un éducateur. Educateur c’est un métier!

    Et les permis c’est pour conduire ou chasser!

    Salutations

    Pépé

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