16. Budget  » Choix multiples »

Montréal financera ses activités futures à partir de ses propres taxes, complétées d’un octroi du Gouvernement du Québec. Cet octroi mettra fin à la contrainte d’assurer toutes les dépenses de la Ville à partir d’une ponction sur les seuls propriétaires et commerçants et permettra donc de réduire leur fardeau fiscal. Ce nouveau mode de financement, toutefois, ne changera pas, du seul fait qu’il est mis en place, les besoins de la Ville ni le montant global perçu de la population. Ceci est une autre décision.

La décision d’augmenter ou de réduire les dépenses de la Ville dépend de notre projet de société. Rien n’est gratuit. On n’a que les services collectifs municipaux dont on est disposé à assumer les frais. Qui prétend le contraire trompe la population. Un régime compétent, c’est celui qui peut offrir un meilleur rapport qualité-prix – c’est-à-dire services-taxes – et chaque administration, sur ce point, doit être jugée à son mérite. Elle ne peut l’être qu’à la fin de son mandat.

Ce qui importe, en début et en cours de mandat, c’est de choisir un juste point d’équilibre entre les deux options extrêmes dont la première consiste à privilégier le meilleur service à tout prix (au meilleur coût possible, bien sûr), et la seconde à adopter le budget le moins gourmand… tout en maintenant les services les moins médiocres que ce budget permet. Il faut faire ce choix d’un point d’équilibre. Cacher la nécessité de ce choix sous de vagues promesses, c’est aussi mentir à la population.

On peut faire ce choix discrètement entre élus: c’est le pouvoir qu’accorde la loi. Mais on peut aussi consulter la population, en lui offrant des plans d’action alternatifs cohérents dont chacun à son coût. En donnant son avis sur ces plans, la population indique clairement à quels engagements elle veut consentir et ce qu’elle souhaite recevoir en retour. C’est un pas de plus vers la vraie démocratie. La mise en place de la Carte de Citoyen permettra de consulter aisément et à peu de frais la population sur ce point.

Montréal présentera chaque année à la population, à partir de 1996, au moins trois plans d’action dont chacun déterminera un budget et correspondra à un taux d’imposition bien concret.Au moins un de ces plans correspondra à un budget égal ou inférieur à celui de l’année précédente et donc à une baisse du taux d’imposition global des contribuables montréalais. La population étant ainsi consultée quand à ses préférences concernant ces trois plans d’action, le payeur de taxes aura son mot à dire dans les choix que fait la Ville en son nom.

Les citoyen seront consultés. Ceci ne veut pas dire que la Ville abdiquera sa responsabilité de décider en dernier ressort de ce qui doit être fait; mais la population pourra savoir quand ses dirigeants auront suivi ses désirs et quand ils auront jugé préférable de privilégier une autre approche. Lorsque l’administration leur rendra des comptes, on peut penser que les électeurs auront – à juste titre – tendance à juger plus sévèrement des décisions néfastes qui auraient été prises envers et contre la sagesse populaire.

Ceci dit, la solidarité que nous voulons vivre à Montréal exigera que ne soient jamais sacrifiés ceux qui n’ont pas de comptes de taxes à recevoir, tout simplement parce qu’ils n’ont rien d’autre à donner que leur travail.

Montréal défendra les droits des moins nantis. Aucune proposition ne sera soumise à l’avis des citoyens dont on ne se sera pas préalablement assuré qu’elle protège les droits des plus faibles et va dans le sens de la justice sociale.

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