173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple

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Mercredi, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme dépendant de la Cour des comptes, a publié un rapport titré Entreprises et « niches » fiscales et sociales, qui n’a pas échappé à Hervé Nathan qui s’étranglait hier dans Marianne : Les avantages acquis du Medef ? C’est 173 milliards ! Le CPO « a recensé les dispositifs dérogatoires de toutes sortes dont peuvent bénéficier les entreprises en France. Il dénombre pas moins de 293 «dépenses fiscales», représentant 35 milliards d’euros, soit près de la moitié du coût des «niches fiscales» officielles (74,8 milliards). Il faut ajouter les niches fiscales «déclassées», c’est-à-dire considérée comme une modalité normale de l’impôt, depuis 2006, dont «le poids» s’élève à 71,3 milliards. Il faut aussi compter avec les niches «sociales», en fait des réductions de cotisations sociales (dont celles des médias…). Elles pèsent 66 milliards d’euros. Au total, on parvient à un chiffre proche… du déficit public ! (…) En France, un groupe peut sortir de son bénéfice imposable les produits de participation (les dividendes) de ses filiales, s’il possède plus de 5% de leur capital. Autant dire… presque toutes. Renault, PSA, L’Oréal, BNP-Paribas etc. peuvent dire merci, puisque dans d’autres pays, il faut au moins posséder 10% à 15%  du capital. Le coût note le CPO «est exponentiel» : 1 milliard d’euros en 1990, 27,3 milliards en 2008 et… 34,9 milliards en 2009 ! En fait les grands groupes échangent désormais d’abord des flux financiers. Et le système «mère-fille» leur permet d’éviter l’impôt. ? Quelles conséquences aura le rapport du CPO ? Sans doute peu, car les niches fiscales des entreprises sont défendues mordicus par le Medef. Et Laurence Parisot est bien décidée à  conserver chaque avantage acquis. Son slogan c’est «la compétitivité équitable», au nom de quoi elle demande encore  plus d’avantages fiscaux, alors que la droite vient de réduire de 7 milliards d’un coup les taxes sur les entreprises, par la réforme de la TP ! En l’occurrence, les syndicats de fonctionnaires sont bien flexibles, comparés au patronat qui est totalement conservateur. »

Et le gouvernement a clairement choisi son camp : « la réforme des retraites est celle du Medef » , constatait Ségolène Royal durant l’émission (de propagande) de France 2 consacrée au sujet. Un propos incontestable : « l’effort » réclamé pèse en effet à 85% sur les salariés ! Voilà clairement mesurée l’équation de la droite : on fait un cadeau de 173 milliards par an aux grandes entreprises et on oblige en contrepartie le peuple à trimer deux ans de plus, pourtant usé par une vie de labeur. Et l’on nous sort toujours les mêmes âneries, que les entreprises ne pourraient pas supporter des charges supplémentaires, qu’elles devraient alors licencier, délocaliser… Citons le tract des syndicalistes unitaires pour la grève générale (billet du 22 septembre) : « Avant la fin du travail des enfants, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant la journée de 8 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant les 40 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant les 35 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant la retraite à 65 ans, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! » Avant la retraite à 60 ans, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! » Chaque victoire pour les salariés a dû être arrachée au patronat. Mais avec le néo-libéralisme triomphant, il se sent désormais les coudées franches. Et entend continuer tranquillement de multiplier les profits et les dividendes distribués aux actionnaires au détriment d’une main d’oeuvre payée au lance-pierre. Mais les Français ont (enfin) fini par s’apercevoir de la manipulation et c’est l’ensemble de son oeuvre qu’est en train de payer Sarkozy, avec ce mouvement massif d’opposition à la contre-réforme des retraites. Ce que le socialiste Gérard Filoche résume sur sa page Facebook, dans son habituel style offensif : « Les Français révoltés par la situation economique… c’est le moins. Ce pillage par les spéculateurs, les banques, le CAC 40, la finance, le Fouquet’s, des richesses produites par 92 % de la population active, les salariés… Tout ce qui a été enduré depuis trois ans, de « casse » sociale, services publics, hôpitaux, école, salaires, sécu, retraites, s’accumule, se solde, se paie… » Ne lâchons rien*, présentons-leur l’addition !

Merci à l’ami LutoPick pour le logo exclusif (!) Plume en grève.

*Le deuxième syndicat de la RATP, l’UNSA, renonce ce matin à appeler à la grève mardi prochain. « Nous étions mardi sur le point de déposer un préavis de grève reconductible. Mais quand on a vu ce que ressentaient vraiment les gens, on s’est dit qu’on ne pouvait pas y aller, déclare l’un de ses représentants, cité par Le Nouvel Observateur. Les gens sont majoritairement opposés à la réforme, mais il y a une certaine lassitude ». Il ajoutait à l’instant dans le journal de France 3 que la loi avait déjà été votée à l’Assemblée nationale,  qu’elle allait l’être au Sénat… Que les salariés pensaient que c’était « plié ». Voilà ce qu’il faut surtout éviter : si se battre ne garantit pas la victoire, baisser les bras revient à accepter la défaite.

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