174. La fin des complots

L’histoire de la gouvernance est celle du mensonge. Le mensonge, qui n’est au départ qu’un accessoire de la force, mais s’y substitue dès que personne ne peut plus avoir seul l’avantage contre tous et doit donc s’en remettre à des alliances. Alliance veut dire loyauté, mais aussi, surtout, intérêt. On peut bâtir des alliances sur la crainte, bien sûr, mais elles sont fragiles; il suffit de baisser sa garde.  Les alliances bâties sur des promesses et des récompenses permettent, au contraire, d’aller dormir tranquille. La promesse veille, vivante dans l’esprit de celui à qui l’on a promis. Naturellement, si l’on promet beaucoup, remplir ses promesses devient plus ardu et ne pas les remplir de plus en plus avantageux.

Le mensonge, en gouvernance, a commencé sa longue carrière au temps béni des mimiques, précédant celui des onomatopées, dès qu’on a pu réussir à faire croire que montrer ses dents n’était pas une menace de mordre, mais un sourire. Les meilleurs jours du mensonge, toutefois, sont venus avec l’intelligence, avec l’astuce, avec le raffinement. Il est tellement plus facile de tromper quelqu’un qui fait déjà la moitié du chemin en s’inventant sa propre histoire ! Le mensonge étant un jeu qui se joue à deux, toutefois, on en arrive alors vite au point où personne ne croit plus rien ni personne et c’est la force qui reprend ses droit, jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où l’on pense « démocratie ». La démocratie à cet avantage que le mensonge y est à sens unique. La promesse va de celui qui veut gouverner vers celui qui va le lui permettre, jamais dans l’autre sens. Voilà qui permet de jouer sur du velours et de mettre, chacun dans son propre écrin, tous les petits bijoux de mensonges qu’un politicien peut inventer. Ce sont, littéralement, les joyaux de la couronne. A beau mentir qui a seul accès au micro.

Mensonges pour être élu, mais ce sont des pêchés véniels. Mensonges, surtout, sur ce que l’on fait et sur ce qu’on en retire. Qui sait vraiment ce qui se trame dans les officines de l’État ? Qui sait les canaux occultes qui vont de ces officines vers les banques et les paradis fiscaux ? Qui sait qui dîne avec qui, dans ces délicieux petits salons décorés Régence, avec vue sur la place Vendôme ? Quelles sont les affaires qui s’y négocient ? La gouvernance ­ et la richesse – qui n’en est que le reflet sur l’écran pour les badauds – se déplacent bien discrètement. Les médias traditionnels sont comme ces glaces sans tain qui permettent de voir sans être vu. Le pouvoir voit ce que pensent ses sujets, mais pas ceux-ci ce que font leurs maîtres. Tout est très bien ainsi. Relations politiques et économiques, relations nationales et internationales, il n’en transparaît qu’une image d’Épinal, qui a la couleur rose pour rasséréner le bon peuple et le pouvoir magique de susciter en lui des ambitions motivantes, mais modérées. Travaillez plus…

C’est dans ce monde parfaitement organisé que sont arrivés l’Internet et les blogues. Chaque joueur de poker, au casino du pouvoir et des affaires, sent tout à coup grouiller derrière lui plein de gens qui pourraient voir ses cartes. Or, un signal discret à l’adversaire est si vite arrivé. Il n’est plus nécessaire que le planton, le chauffeur ou la fille du vestiaire ait un pote journaliste, pour que les choses entendues à mi-voix se sachent. Chacun peut faire que le lendemain l’information soit accessible sur 100 millions d’écrans, de Ouagadougou à Varanasi.

Indiscret, mais il y a pire. Comment jouir de la crédibilité que donne la richesse – et mettre fin aux qu’en dira-t-on et aux rumeurs que véhiculent les moins-que-rien, en opposant la hauteur à la vérité et la parole du Duc à celle de son valet – si chacun a dans sa poche la petite caméra vidéo qui lui permet de transformer sa parole en vérité et de démontrer que c’est Sa Grâce qui à menti? Comment défendre la raison d’État, quand tous les complots sont éventés ?

De tout temps, c’est uniquement par des « complots » qu’on a mené le monde. Un complot, ce n’est rien de plus que quelque chose que l’on sait, que d’autres ne savent pas et qu’on ne veut pas qu’ils sachent. Votre vie est une suite de complots. La société est un aggrégat de complots et la gouvernance de la société par ceux qui la gouvernent est simplement le plus sérieux de ces complots. Si le mot « complot » vous choque, vous pouvez remplacer par discrétion, secret, confidentialité, mais la réalité demeure que le monde fonctionne sur ce que certains savent et ne disent pas.

La transparence qui nous arrive par l’internet est les blogues est la révolution la plus lourde de conséquences pour la gouvernance depuis qu’il existe une gouvernance. On ne semble pas en voir encore toutes les conséquences. Rien ne se fera plus qui ne sera pas su. Inutile d’espérer passer inaperçu. On n’ignorera aucun de vos gestes. Si Katia vous quitte et que vous vous mettez noir avec le premier Russe venu, ça se saura. S’il y a des jours où vous n’aimez pas la Marine ou les marins, ça se saura aussi.

Et si vous mettiez la Tour Eiffel par terre pour construire une autre Tour Montparnasse, en croyant que personne ne croira à un tel forfait ? N’en soyez pas si sûr. Un éboueur, doctorant à ses heures, pourrait prendre à la sauvette une photo où l’on verrait que le clochard qui a mis le sac de thermiteprès du pilier portait les mêmes bottes que les CRS.  C’est comme ça qu’on vient de coincer des agents provocateurs au Canada, il n’y a pas trois semaines.

Toute cette histoire du 911 aurait été acceptée à sa face même et serait passée à l’oubli, comme Pearl Harbour si, par une ironie tragique du Destin saluant le Chef le doigt bien dressé, l’événement n’avait coïncidé avec une multiplication par dix (10) du nombre des internautes dans les années qui ont suivi et une logorrhée comme l’Histoire n’en avait jamais connue. Une Némésis facétieuse est venu arracher la couverture, au moment précis où ont été posés les gestes honteux. On en a beaucoup parlé…

Ne comptez donc plus désormais sur le mensonge: c’est la fin des complots. On saura. Sachant, on sera pour ou contre vous, et ceux qui s’opposent à vos gestes tenteront de vous empêcher de les poser. Il va falloir maintenant que tout le monde devienne complice. Il va falloir une nouvelle façon de gouverner.

Est-ce à dire que tout le monde saura toute la vérité ? Oui… et non. Oui, dans la mesure où la vérité sera là et sera nue. Non, dans la mesure où tout le monde ne regarde pas nécessairement au bon endroit et au bon moment. Si on ne regarde pas où il faut regarder, on ne voit pas ce qu’il y a à voir. La nouvelle façon de dissimuler et donc de gouverner ­ passe donc ainsi maintenant pas deux (2) démarches complémentaires. La première, déjà bien rodée, c’est de ne plus cacher, mais de distraire. Parler de tout et donc de rien. En dire beaucoup. Ne pas remplacer les textes censurés par des « blancs », mais par des annonces, ou mieux, par des images porno. Tarzan est heureux.

La deuxième est l’effet Milgram. Le jiu-jitsu qui permet de saisir solidement lambda par la manche de sa veulerie, de s’appuyer sur son ignorance, de le faire pirouetter dans sa complaisance et de le projeter loin dans la soumission. On passe de l’approche « sombres mystères » – voir naguère l’affaire Ben Barka – ­ à celle de l’insolente admission aujourd’hui de la torture par le gouvernement Bush. On ne tente plus de cacher les faits, ils seraient de toute façon découverts. On passe à un niveau supérieur de manipulation.

La manipulation avancée, quand on passe de Bernays à Milgram, c’est quand on ne nie plus rien. Pour les cas qui ne défient que le bon sens, un haussement d’épaule est une parade suffisante. « La Tour # 7 du WTC est tombée sans qu’un avion la frappe ? Et alors ? De quoi j’me mêle ? Vous croyez aux complots ? Monsieur est un « conspirationniste » ? M’énervez pas avec la Tour # 7 ! » Question réglée. Quand les faits défient la bonne conscience, cependant, il faut faire mieux.

La torture ? Quelle torture ? Ce que vous croyez voir n’est pas ce que vous voyez. Souvenez-vous de cette scène merveilleuse de 1984, où la victime voit vraiment les six doigts de l’interrogateur. Ce que vous voyez, d’ailleurs, n’a pas du tout le sens que vous lui prêtez. Pensez à Sylla, expliquant au Sénat romain qu’il ne se passe rien à Rome… seulement quelques mauvais sujets qu’on égorge… On ne ment plus, on ne peut plus. C’est sur le sens, maintenant, que le Pouvoir doit jouer.

Le pouvoir bushiste ne cache pas qu’il fait des choses déplaisantes. Il dit simplement, avec assurance, qu’elles ne sont pas si déplaisantes. Si vous avez vécu dix fois l’angoisse d’une noyade et que vous ayez révélé ce que vous ne vouliez pas révéler, ce n’est pas qu’on vous a torturé ; c’est simplement que vous avez subi une légère contrainte… M’énervez pas avec la torture ! Vous, la-bas, vous êtes bien d’accord ? Soyez d’accord. Évitez vous une légère contrainte. Frappez le sol, quand vous atterrirez dans la soumission, ça vous évitera de vous rompre les os.

La nouvelle façon de gouverner, c’est cartes sur table. L’hypothèse de départ est que, si on gratte l’hypocrisie, il suffit d’avoir la garde prétorienne à portée de voix pour que ce ne soit pas l’indignation qu’on trouve dessous, mais le cynisme. On prend pour acquis que, bien renseignée, la majorité effective va s’avouer froidement qu’elle n’a pas d’autre but que de tirer tout ce qu’elle peut de ceux qui ne font pas partie de la majorité effective.

Au lieu de gouvernements de salauds qui manipulent des populations innocentes, nous aurons donc, puisqu’il n’y a rien qu’on puisse cacher au peuple et que la transparence oblige à la complicité, des gouvernements de salauds qui transformeront leurs citoyens en salauds eux aussi. On a ici l’occasion d’atteindre un nouveau niveau d’abjection dans la manipulation de l’âme humaine.

La transparence force les peuples à devenir complices de leurs gouvernants. Préparons nous donc à une gouvernance transparente, plus franche, infiniment plus démocratique. Ce sera la réalisation involontaire de toutes les promesses qu’ont faites ceux qui n’y croyaient pas à ceux qui voulaient croire n’importe quoi. On en parlait, maintenant, on y est. La transparence arrive et avec elle la vraie démocratie. La nécessité croissante d’aller vers le consensus. Avec elle vient cependant la responsabilité, aussi, pour tous et chacun, de choisir s’il veut plus de justice ou va simplement exiger, pour lui et seulement pour lui, une plus large part du butin.

Est-ce qu’on arrivera à l’honnêteté et à la décence, ou seulement à une plus grande complaisance ? Dans la transparence, les choix sont plus clairs. Les conséquences aussi, car les justiciers autoproclamés ont bien moins de scrupules, quand il ne reste plus de Justes dans Gomorrhe.

Pierre JC Allard

16 pensées sur “174. La fin des complots

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    26 avril 2009 à 19 07 29 04294
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    Merci monsieur Allard pour ce texte; Malgré beaucoup de références culturelles qui ne sont pas les miennes, j’ai bien apprécié l’ensemble.

    Il serait bien d’ajouter une date de publication pour que l’on sache quand et dans quel contexte il a été rédigé.

    Aurevoir et à bientôt …

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    26 avril 2009 à 22 10 31 04314
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    @ ploutocrash: Merci à vous. Les dates de publications sont indiquées en haut, au centre de la page, sur les articles du SITE. Cette information n’a pas été amenée sur le blogue et l’y introduire maintenant serait un travail bien fastidieux…

    PJCA

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    29 août 2009 à 6 06 55 08558
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    Vous avez écrit:
    « Au lieu de gouvernements de salauds qui manipulent des populations innocentes, nous aurons donc, puisqu’il n’y a rien qu’on puisse cacher au peuple et que la transparence oblige à la complicité, des gouvernements de salauds qui transformeront leurs citoyens en salauds eux aussi. On a ici l’occasion d’atteindre un nouveau niveau d’abjection dans la manipulation de l’âme humaine. »

    Je retiens surtout ceci de votre texte!

    Il serait intéressant de dénoncer les moyens pour y parvenir, en particulier avec les médias!

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    29 août 2009 à 8 08 54 08548
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    Par exemple, nous sommes tous maintenant des délinquents:
    * routiers… nous avons été pratiquement tous pris au moins une fois en délit de dépassement de vitesse sur la route!
    * fumeurs, alcooliques…
    * écolos… Nous achetons des voitures qui consomment beaucoup d’énergie, nous consommons trop de carbone… la liste des délits est trop longue pour la donner! Nous sommes dans une société de consommation, donc nous consommons trop… de produits qui ne durent que très peu de temps, car faits pour ne pas durer!
    Dans mon cas particulier, je suis un super délinquent qui ose se plaindre en justice d’abus de pouvoirs de sa municipalité dans une affaire politico juridico mafieuse… a découvrir mes textes pour comprendre avec les mots clé mafia sud france, blog du nouvel observateur…

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    17 mars 2010 à 18 06 14 03143
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    Merci pour ce texte Pierre… (et tous les autres que je viens lire de temps en temps au fil des derniers mois.)

    j’ai lu celui-ci grace à votre commentaire sur le billet Télé-réalité : ce soir la mort en direct de Agoravox http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/zone-xtreme-la-tele-m-a-tuer-71343.

    Le hasard s’il exitait, n’existe plus maintenant.

    S’agit-il de banaliser la torture par un jeu virtuel télé?
    De réprimer la révolte citoyenne en nous déculpabilisant d’un possible  »laisser faire »?
    Puisque la psychologie (Milgram + jeu Télé à la Big Brother) nous dicte qu’il est normal pour un être humain de suivre la meute, il deviendra banal et même irritant d’en discuter dans quelques semaines.

    Comme vous le dites si bien dans votre texte ici  »On passe à un niveau supérieur de manipulation. » Cette transparence vertueuse qui cache mieux que l’opaque nous prépare à quoi?

    On a vu venir les guerres en Afghanistan et en Irak avant même 2001. Mais là, j’avoue humblement que, même avec mon expérience financière mondiale (GRE) où j’ai pu, avec d’autres, présentir certains coups quelque mois avant la grande majorité des observateurs sérieux, j’avoue que je suis dans le brouillard complet.

    Sans tomber dans le complotisme, Pierre, il se trame quelque chose d’ignoble qui va nous tomber dessus.

    Aidez nous de votre sage réflection. Un billet de votre part sur le sujet serait le bienvenu.

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    17 mars 2010 à 21 09 09 03093
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    @ Denis G:

    « S’agit-il de banaliser la torture…  » Justement, je ne sais pas. « De quoi s’agit-il » demandait toujours Foch d’entrée de jeu. Votre hypothèse qu’on veuille nous culpabiliser est à considerer.

    Tout le pouvoir de l’Église s’est bâti sur la démonisation du sexe, le poison que tout le monde prenait et dont « mourrait » votre âme, si on ne lui administrait pas l’antidote de la confession… que seule l’Église détenait. Ainsi, pendant des siècles, tous les adolescents de monde se sont levés damnés par la masturbation et donc sous le pouvoir de l’Église pour être pardonnés…. Ignoble. Génial. Aujourd’hui, les Verts sont à bâtir une religion, instrumentant cette même notion de culpabilité… À suivre.

    Mais c’est une hypothèse. Comme vous le dites, « quelque chose d’ignoble va nous tomber dessus« , mais cet « ignoble », vu par l’autre bout de la lorgnette, sera aussi génial…. Il n’y a pas à s’étonner d’être dans le brouillard: les plus grands cerveaux de la planete travaillent à concevoir de meilleures manipulations.

    On cherche aujour’hui à faire du « complotisme » une bêtise, une sorte de péché…. Toute la vie en société étant, à sa face même, un enchevêtrement de complots, on cherche à nous vendre une « foi ». La croyance en une État qui ne complote pas, ce qui est du pur déni. On nous menace d’être excommunié de la communauté des bien-pensants rationnels si nous de renonçons pas à l’hérésie du complotisme… La foi. « Quia absurdum« …

    Banaliser la torture ? Montrer la faiblesse humaine et exiger plus d’encadrement ? Discréditer au contraire l’État – car le virage libertaire aux USA est LA grande nouvelle variable en politique ? Je ne sais pas. Je cherche.

    PJCA

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    17 mars 2010 à 22 10 32 03323
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    Sans avoir le pessisimisme existantialiste de Camus dans un credo absurde, il y a surement un glaive pour couper le noeud Gordien qui nous attache à la pierre de Sysiphe.
    Je préfère la condamnation pour hérésie en un éternel recommencement Nietzschéen que renonçer à questionner.
    Le courant Libertarien actuel est principalement porté par la popularité de certains penseurs actuels notoires et non par la pensée libertarienne elle-même. C’est mon avis sur le constat que j’en fait.

    Ce soir ce soir
    Après la roue de la fortune

    La France
    Celle dont monsieur Thier a dit qu’on la fusille

    Un PAF obscène un PAF obsène
    Est à la une.

    La coincidence ou le hasard a voulu que ces évènements arrivent avec le décès de Jean Ferrat. Au revoir Camarade. Merci Pierre.

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    17 mars 2010 à 23 11 32 03323
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    @ Denis G:

    J’en suis rendu, moi le vieux gauchiste, à appeler de mes voeux un homme providentiel. Malheureusement, je ne vois pas d’Alexandre dans le PAF… Mais je vois venir vite le temps où ce sont les Versaillais qui verront la petite lueur au bout des fusils. Il ne faut pas oublier que ce sont des libertariens qui avaient monté l’attentat de Oklahoma-city…. Il peut se produire des réactions étranges dans l’Amérique aux 400 000 000 d’armes à feu citoyennes

    En France, la révolutions sont souvent jacobines. Mais est-ce qu’un coup d’état militaire, des paras au Champ de Mars et, en hommage à Ferrat, un Potemkine en rade de Toulon ne seraient pas, finalement, le bon recommencement pour une République dont on ne sait plus s’il faut pleurer ou en rire ?

    PJCA

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    18 mars 2010 à 9 09 48 03483
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    Un Alexandre dans le PIF peut-être?

    La venue d’un Brunswick (W. Bush) menaçant de détruire Paris (911), mobilisant le citoyen pour sauver la République a fait chou blanc. Il n’y a pas eu de Valmy. Il y a eu l’Irak.

    Si Marat réclamait autant de têtes il n’en faut qu’une au peuple, à couper, pour le ralier à une noble cause.
    Mais voilà, si nous apprenons de l’Histoire, eux aussi. On pouvait cibler le noble bourgeois et le porter à la lanterne, plus maintenant. Ils ont appris et nous ont invité à la table ronde de la finance (bourse) pour nous confondre. L’illusion que nous sommes tous des actionnaires fait de nous une des multiples têtes de la Méduse financière, leur évitant la guillotine.

    Ils ont pu mettre à l’épreuve notre crédulité en septembre 2001 (WTC), en septembre 2002 (Iraq)*, en septembre 2008 (FED) et en septembre 2009 (H1N1). Les septembre noirs se multiplient en toute transparence et la lumière nous aveugle.

     »Ce n’est pas la misère qui cause les révolutions, c’est la colère. » St-Just

    *12 septembre 2002 – En s’adressant à l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président Bush appelle à une action multilatérale contre l’Iraq, tout en avertissant que les Etats-Unis pourraient intervenir de manière unilatérale. Dix jours plus tard, le Premier Ministre britannique Tony Blair publie une document concernant la détention présumée d’armes de destruction massive par l’Iraq. En janvier 2003, le secrétaire d’Etat Colin Powell sort une fiole d' »anthrax irakien » lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. En mars Bagdad croule sous une pluie de missiles.

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    18 mars 2010 à 18 06 08 03083
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    Denis G

    Les rentiers constituent un parfait bouclier humain. Ce qui rend le systeme invulnérable aux actions traditionnelles – et l’insistance qu’on met sur la notion de complot – est paradoxalement l’impossibilité de conspirer. Brassens nous a averti des risques à être plus de 4 :-)). Aujourd’hui, être deux est déjà courtiser le désastre…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

    PJCA

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