190 Dieu est nègre

Aux USA, l’élection d’Obama sera le test ultime pour l’expérience séculaire de fusion des ethnies, puis des races dans le grand chaudron de Mère Nature. Il était temps…

Grand temps qu’on y arrive, car les races déconsidérées n’ont guère atteint, jusqu’à présent, que la victoire sémantique de ne plus en être, remplacées par des « haplogroupes regroupant des individus ayant en commun un ADN mitochondrial présentant des similitudes) ce qui n’est pas très consolant quand on vous traite de haut. Aux USA, nous l’avons dit, l’élection de Obama et son mandat seront un quitte ou double d’ou sortira gagnant le bon sens… ou un racisme encore plus militant.

L’impact d’une présidence d’Obama ne s’arrête pas aux frontières de l’Amérique, cependant. Il s’étend au monde entier et cet impact n’est pas conditionnel au succès d’une Présidence Obama. Il se produit et est irréversible dès que celui-ci est élu, qu’il fasse ou non des miracles et que l’Amérique ensuite l’idolâtre ou le brûle en effigie. Le geste significatif, c’est qu’il ait été choisi, qu’il puisse s’asseoir au Salon Ovale et que des Blancs accourent lorsqu’il les sonne.

Quand ils le font, ce sont des siècles d’arrogance de la supériorité présumée de la persona caucasienne qui sont anéantis. Quand Obama entre à la Maison Blanche, c’est la chanson de Leo Ferré qui ce jour–là se réalise : « Dieu est nègre »

C’est à la un’ des quotidien, Ca fait du tort aux diplomates… Ca fait du bruit dans l’monde entier À fair’ danser tous les cim’tières

Obama a le pouvoir. Il tient la foudre. Chaque Africain va se sentir parent du pouvoir. Evidemment, ce sera une illusion, car Obama ne sera parvenu là, justement, que parce qu’il n’est pas culturellement un Africain et n’est pas perçu comme tel. Mais pour l’Africain qui se voit noir et qui depuis longtemps ne voit que ce masque, le pouvoir d’Obama va faire la preuve que la « couleur » n’a plus d’importance.

Et elle n’en aura plus, car personne ne regardera plus jamais un homme noir de la même façon. … et les hommes noirs vont changer. Ils vont changer dans leur perception d’eux-mêmes et dans leur comportement collectif, car qu’ils ne trouveront plus « normal » que leurs dirigeants se conduisent comme ils se conduisent.

La couleur dépassée, l’Afrique va pouvoir s’attaquer au problème culturel qui est son vrai problème. Les Africains verront que leur propre président n’est ce qu’il est que parce qu’il ne se respecte pas et ne les respectent pas. Ils exigeront qu’il fasse au moins semblant d’ètre un Obama. Il exigeront la dignité.

Amstrong est r’cu chez l’Président. Il y’est allé sans sa trompett. Depuis deux jours qu’ils sont là d’dans. C’est plus du blues c’est la tempête… Dieu est nègre.

La corruption ne disparaîtra de l’Afrique pas – pas plus qu’elle ne disparaîtra des USA – mais elle ne sera plus vue et acceptée comme une astuce, mais perçue pour ce qu’elle est : une vulgarité et une trahison de la confiance que des milliers de petites gens vous ont accordée.

L’inefficacité, la paresse, le népotisme ne seront plus la norme – puisqu’on est un Noir – mais des imperfection, que l’on n’a qu’à corriger, puisqu’on peut être un Noir comme Obama….

Et dans sa gorge y’a du plain-chant Comm’ dans les bars au moyen âge. Dieu est nègre.

Et la réaction ne se limitera pas à l’Afrique ni même aux Noirs du monde entier, mais elle produira son effet sur tous les non-caucasiens, même ceux qui affichent un sentiment de supériorité, mais doivent bien constater que la civilisation occidentale est dominante depuis des siecles… et blanche. Un préjugé inconscient va s’effacer. Blanc va devenir une couleur comme les autres….

C’est bien ce que ne voulaient pas ceux du Kentucky et de la Virgine occidentale qu’Obama a pris la sage décision de même renoncer à courtiser durant les primaries. Ces gens – il y en a beaucoup aux USA, mais aussi dans le monde entier – sont rassurés de penser que même peu doués, ignorants, pauvres, ils ne sont jamais tout a fait en bas de l’échelle socioéconomique, puisque, « blancs », ils sont de droit divin supérieurs aux « autres ».

Ces complaisants paresseux, qui n’ont jamais la volonté ferme de devenir plus et mieux, ont été depuis longtemps un boulet spécifique aux société occidentales. En concurrence directe avec ceux d’ailleurs qui viennent y chercher refuge, ils constituent un terrain fertile pour le racisme et la xénophobie. C’est la même faune qui traînait en peu partout au temps « béni » des colonies et qui, d’ailleurs, ne s’est pas encore totalement recroquevillée sur l’Occident.

Le rapport entre ces « Petits Blancs » – qu’on apelle white trash aux USA – et les autres est totalement transformé, quand la dure réalité s’impose qu’ils n’ont plus de contact privilégie en Haut Lieu. Ils résisteront, bien sûr, mais pour beaucoup d’entre eux la rédemption sera possible et ils feront de nouveaux une effort sincère pour travailler, produire, améliorer leur sort.

Si Obama est élu, tous les « haplogroupes » se retrouveront égaux. On comprendra aux USA qu’il n’est pas nécessaire d’être Noir ou Latino pour occuper les emplois qui sont disponibles on comprendra en France qu’il n’est pas nécessaire d’être malien pour être éboueur. Tout ira mieux quand tout le monde aura compris que Dieu peut être nègre et que blanc est une couleur comme les autres.

Pierre JC Allard

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