2 Premier virage – « Rather bear those ills.. »

Le premier virage de cette campagne est un spectaculaire dérapage. Un capotage, en fait, du Maire Tremblay et cette première étape pourrait s’appeler « Chronique d’un scandale annoncé ». Il aurait été invraisemblable que la Ville de Montréal aille au bout de cette aberration d’investir 615 millions – et Dieu sait à quel chiffre on se serait rendu avec l’inflation qui va venir ! – pour installer des compteurs d’eau. À ce prix, on arrête de diagnostiquer et on soigne. On RÉPARE les infrastructures.

On savait que le scandale viendrait. Ce qu’on ne savait pas, c’est quand les joueurs fournisseurs de Montréal seraient avertis que le temps de remplir leurs paniers en courant dans toutes les allées du supermarché était écoulé et qu’il fallait maintenant se hâter vers la sortie. Maintenant, c’est fait. Le vérificateur général s’en est chargé. Reste à savoir si le Maire Tremblay va partir tout de suite, ou rester jusqu’à ce que les chanceux aient terminé l’emballage.

Comme l’a dit si bien Jean Cournoyer « Si j’étais lui. Je sacrerais mon camp ! » Il paraît si surprenant qu’il ne le fasse pas, qu’il faudrait se demander si on ne lui fait pas des menaces. Mais ça, c’est une autre histoire. Où en sommes-nous des élections ? Peut on imaginer qu’il sera candidat malgré tout ? La logique voudrait que son parti, Union Montréal, nomme un autre candidat avant la date butoir du 2 octobre. Mais qui ?
Le temps presse. La révélation, la semaine dernière, du passé quasi-felquiste de André Lavallée prend tout à coup une importance qu’elle n’avait pas lorsqu’on en a eu vent. Tout se passe comme si une intelligence divine qui connaît l’avenir était intervenue. Une providence qui n’aime pas Union Montréal.

Quoi qu’il en soit, que Gerald Tremblay s’accroche ou décroche, Union Montréal, après ce tonneau, ne semble plus vraiment dans la course. 5% d’intentions de vote perdues en 24 heure, c’est cataclysmique… car les gens ne réagissent pas vite. Jour après jour ils vont lire, se parler, comprendre… et choisir. À moins qu’on n’aille chercher un messie comme Labaume, je serais surpris que le 2 octobre il reste plus de 20% de supporters pour Union Montréal dans les sondages. Madame O’Sullivan est bien gentille, mais n’est pas dans la course. Ou seront les autres 80 % ?

« Si la tendance se maintient… » on aura le scénario que j’avais prévu dans mon billet précédent : un passage en masse vers Bergeron des Anglophones, et aussi des Francophones fermenent fédéralistes qui font une crise d’urticaire à imaginer Louise-la-Séparatiste en Mairesse… et ralliement des autres à Harel.

On devrait donc avoir rapidement un partage à 40-40 des intentions de vote entre Bergeron et Harel, avec une bataille féroce à prévoir pour s’approprier le 20 % d’Union Montreal qui s’effritera plus ou moins vite et qui fera finalement la différence.
Quelles seront les forces qui influeront sur le choix des Unionistes orphelins ?

Surtout, bien sur, le pouvoir libéral à Québec et tout l’Establishment qu’il represente. Quelqu’un, à cette heure, est certainement à se demander s’il est plus mauvais de favoriser l’accès au pouvoir des indépendantistes de Harel, le mal qu’on connaît… ou de permettre l’apparition sur la scène politique d’une variable totalement inconnue comme Richard Bergeron.

Bergeron, un Monsieur Net qui, n’ayant pas de squelettes à porter, peut se déplacer très vite, est totalement imprévisible et pourrait mettre un pagaille inouïe dans l’échafaudage de manigances et de magouilles que la population, à tort ou a raison, soupçonne la gouvernance actuelle d’avoir installé au gouvernement de Québec comme à Montréal.

Un choix cornélien à faire pour la pouvoir en place, dont le poulain s’et transformé en baudet. Un choix Shakespearien, en fait, car Bill a même écrit une ligne la-dessus : … Rather bear those ills we have, than fly to others that we know not of…
« Fascinating » dirait Mr Spock… j’y reviendrai.

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