23.La santé bien encadrée (2)

La proposition #23 venait compléter la proposition #03. Ensemble, elles apportaient une solution au « problème » que pose l’extraordinaire développement de nos connaissance et de nos moyens d’action dans le domaine médical. Un problème? En fait, ce développement est la plus grande bénédiction de notre époque, un progrès qui promet une vie plus longue, plus agréable, plus active. Il faut que nous soyons bien bêtes et le système bien méchant pour ne pas comprendre qu’il n’y a pas là un problème mais un trésor à mettre en valeur

Une richesse que nous pouvons d’autant plus facilement exploiter que l’automation – qu’on perçoit comme une cause de chômage – libère les ressources humaines dont nous avons besoin pour le faire. Le défi, c’est de nous dégager d’un préjugé qui limite la nature, le nombre et la mission des intervenants médicaux. Quand les machines produisent, que font les êtres humains? Ils pensent, ils éduquent, ils amusent … ils soignent.

Comment la situation du système de la santé a-t-elle évolué depuis 7 ans? Elle s’est détériorée au-delà des projections les plus pessimistes que l’on aurait pu faire et, le blâme en ayant été mis sur les aspects financiers du système – nécessité d’équilibrer le budget, croissance des coût, etc. – la proposition de mettre à profit le bénévolat et de confier une responsabilité accrue à l’individu sur sa propre santé semble arriver bien à point.

La proposition #23, de diverses manières, suggère de répartir entre plus d’intervenants les fonctions qui sont actuellement dévolues aux médecins et autres professionnels de la santé, afin d’avoir PLUS de ressources et MOINS de frais. C’est la seule solution qui n’équivaut pas à renoncer à ce que la médecine peut apporter de plus pour notre bonheur sous prétexte que quelqu’un s’est arrogé le droit d’exiger un droit de péage pour y avoir accès.

La question est maintenant de savoir si on peut cesser de penser à une société encore primitive, orientée vers la production, où il y a un médecin pour 500 personnes, pour prévoir une société de mieux-être où 20% de l’activité professionnelle sera consacrée à garder les gens en santé, à les soigner et à les guérir. C’est un passage vers un niveau supérieur. Comment vivre cette transition?

D’abord, il faut préparer l’individu lui-même à s’autodiagnostiquer et à se soigner dans les limites de ce qu’on peut apprendre à une adulte raisonnable. C’est une mission pour la réforme d’un système d’éducation tout autant que pour la réforme du système de santé: nos objectifs d’apprentissage actuels sont simplement aberrants. Ensuite, il faut utiliser la notion de bénévolat et mettre à la disposition de toute la collectivité les connaissances plus complexes qui devraient faire partie de toute formation supérieure – encore une tâche pour pour le système d’éducation ! – et doter ces bénévoles des outils informatiques ou autres qui leur permettront d’agir utilement – au palier du diagnostic, par exemple.

Dans un troisième temps, il faut créer toute une armée d’intervenants professionnels à temps partiel, de « paramédics » de bénévoles formés à cette fin qui assumeront les fonctions de garde à domicile et de soutien moral des malades, vieillards, accidentés, etc. Puis, au palier intermédiaire entre le médecin omnipraticien que nous connaissons présentement et les infirmièr(e)s, il nous faut des « maîtres-médecins » qui seront les ressources spécialisées de demain: oncologue, cardiologue, pédiatre, etc

Enfin, au faîte de la pyramide, le Docteur en médecine qui assurera la coordination interdisciplinaire qu’exigera parfois – mais pas toujours! – le suivi médical des patients

Pierre JC Allard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *