25 Les violents récidivistes

De tous les crimes, ceux qui répugnent le plus à une société civilisée sont ceux qui utilisent la violence. On ne parle pas d’une taloche, mais de la violence grave qui recouvre le fait ou la menace de causer la mort ou des blessures sérieuse. Ces crimes répugnent, parce que nous sentons tous qu’après des millénaires d’efforts, on devrait avoir dépassé au moins cette étape de la force brute.

Le but avoué d’une Nouvelle Société, est de mettre à l’écart ceux pour qui la violence est une méthode acceptable d’obtenir ce qu’ils veulent. Il ne s’agit pas de les mettre à l’écart le temps de respirer un peu, mais de les garder à l’écart aussi longtemps qu’ils n’ont pas cessé d’être une menace. Quand on pense aux récidivistes, il s’agit en fait de les retrancher de la société.

Un tout petit nombre d’éléments antisociaux sont responsables de l’immense majorité des crimes de violence commis dans la société. Quand il s’agit de violence grave 75% des crimes sont commis par des récidivistes. 55% par des individus qui ont déjà reçu deux (2) condamnations. Pour certains types de crimes – comme les vols de banques à main armée – la proportion des crimes commis par des récidivistes “spécialistes” est telle, que les attaques sont presque “signées” et que l’apparition d’un nouvel acteur est une surprise.

Il est clair que la protection efficace de la société passe nécessairement par l’identification et la surveillance des individus à risque. La sentence qui est imposée a pour but PRINCIPAL de définir les conditions de cette surveillance. Quand il s’agit de violence grave, la surveillance efficace doit avoir lieu hors de la société.

Encore une fois, il ne faut pas penser en termes de châtiment de celui qui a commis un acte violent, mais de protection de la société contre la violence. Dans cette optique, la distinction entre criminels violents, fous, psychopathes, ou entre celui qui a agi sous le coup de la passion et celui qui a prémédité son crime, ne devient significative que dans un deuxième temps. Nous ne disons pas qu’il n’y a pas de différence entre un fou et un criminel; nous disons seulement que, s’il y a eu violence et victime, la décision importante pour la société consiste à mettre l’auteur hors d’état de nuire. Parce que, du point de vue de la victime, c’est du pareil au même. La raison importe peu.

Dans un premier temps, il suffit de savoir qu’un acte de violence grave a été commis et qu’il ne s’agissait pas de légitime défense, la SEULE excuse acceptable pour ce genre de crime. La commission de l’acte est, en elle-même, une raison suffisante pour que celui qui l’a commis soit mis à l’écart de la société. Une première offense lui vaudra une mise à l’écart de1 à 5 ans, à la discrétion du juge, selon la nature du crime, à moins qu’il ne soit trouvé mentalement incompétent, auquel cas, il sera mis à l’écart pour une période indéfinie, conditionnelle à sa guérison.

Un deuxième crime de violence grave signifie une mise à l’écart permanente. Deux crimes de violence graves doivent toujours mériter une sentence à vie. Pas pour punir le criminel, mais pour protéger la liberté des autres, des innocents. Quand il aura été décidé de cette mise à l’écart et alors seulement, psychologues, psychiatres, criminologues et autres experts pourront discuter entre eux et déterminer qui n’est qu’un criminel et qui, au contraire, est un malade et doit être soigné. La justice entérinera leur décision sans discussion. Ce sont eux, les experts.

Il est bien possible qu’on en arrive, demain ou plus tard, à la conclusion que la violence est toujours une pathologie et qu’il n’y a donc pas de criminels violents, seulement des malades. Ceci ne changera rien au principe que nous énonçons ici. Les auteurs de crimes avec violence, qu’on les dise malades, fous ou criminels, n’ont pas leur place en liberté dans une société civilisée. On a le droit d’exiger qu’on ne les relâche plus.

Parce que le but n’est pas de punir, on doit revoir aussi la notion de prison – cellules, barreaux, discipline rigide et surveillance constante dans un milieu clos ­ pour penser à des endroits ouverts, sans cachots ni clôtures, mais où l’individu dangereux serait tout autant hors d’état de nuire. Un endroit dont on ne s’enfuit pas: île, désert, l’Arctique. On peut parler de Communauté de Détention en Zone Éloignée (CDZE). Il serait plus simple de parler de bagne, mais il faudrait d’abord que le mot soit vidé de sa connotation négative. Cayenne et les goulags ont mauvaise presse, mais le “bagne”, repensé pour notre époque et purgé de son rôle punitif, serait une approche moins coûteuse et plus humaine que les prisons actuelles.

Pierre JC Allard

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