27.La question autochone

TEXTE SOUMIS DANS LE CADRE DE L’ENQUÊTE SONDAGEM

LE PARTENARIAT AUTOCHTONE

Tout se passe présentement comme si les nations autochtones constituaient, au sein du Québec, autant de greffons étrangers que le corps national cherche à rejeter. C’est une situation navrante et dangereuse qui ne se terminera que lorsqu’on aura fait accepter quelques constats élémentaires.

D’abord, celui que les cultures amérindiennes ont bien le droit ne ne pas vouloir être assimilées. Il va donc falloir que cohabitent les Québécois et ces Autochtones qui choisissent de ne pas être Québécois. Ensuite, le constat que cette cohabitation ne peut-être qu’à l’échelle du territoire tout entier; découper le Québec en « réserves » sur la base de l’occupation ne créerait que des droits précaires, le faire au prorata des populations donnerait des résultats aberrants.

Les Autochtones, partout au Québec – et du simple fait « racial » qu’ils le sont – devront donc jouir de droits et obéir à des règles différentes des autres Québécois. Ceci est aux antipodes de la pensée actuelle et du discours politique « correct ». C’est un inconvénient, mais l’histoire a prouvé que le discours cède toujours devant les exigences de la réalité. Revenons donc une fois pour toute à la réalité.

Il existe au Québec des minorités nationales amérindiennes auxquelles on reconnait le droit à la différence. Il faut savoir qui elles sont, combien d’individus s’identifient à chacune d’elles et qui sera le porte-parole légitime de chacune. Il faut prioritairement régler ces questions préalables. Ensuite, il faut savoir de chacune d’elles, par son porte-parole, en quoi consistera dans les faits, cette différence qu’elle revendique.

Veut-elle ses propres écoles avec ses propres programmes? Veut-elle gérer son propre système de sécurité sociale? Veut-elle administrer un territoire, avec les pouvoirs d’une municipalité, d’une MRC ou d’une région administrative? Veut-elle être exemptée de l’application de certaines lois, fiscales ou autres ou de certains règlements? Tout ce qui ne remet pas en cause la souveraineté nationale, les accords internationaux ou l’ordre public devrait lui être accordé, à la seule condition que le coût par tête des exemptions, normes et programmes spécifiques à une nation amérindienne ne dépasse pas le coût moyen des services correspondants offerts à la population non autochtone.

Ceci fait, regardons les choses en face. Les nations amérindiennes constituent, au sein du Québec, des entités économiquement faibles; ce sont, par analogie, des nations en voie de développement. Il importe de devenir les partenaires de leur développement, demandant à chacune de présenter, à sa convenance, un plan de développement à long terme et finançant la réalisation de ce plan à la mesure de nos moyens et de notre générosité, comme nous le ferions pour Haïti, le Mali ou la Birmanie. Sans cesser d’être eux-mêmes, les Autochtones qui habitent au Québec cesseront progressivement d’être des défavorisés.

Ce concordat avec les nations autochtones affirmera notre reconnaissance de leur existence comme entités nationales distinctes. Toutefois, ceci ne doit pas devenir la négation des droits des individus. Tout Amérindien qui le souhaite doit pouvoir en tout temps renoncer irrévocablement à son statut d’autochtone et faire le choix de devenir un Québécois. C’est son droit et nul de devra jamais le lui contester.

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