28 L’ecole et la Région

L’école appartient et est entretenue par le Ministère de l’Éducation et est gérée par le Bureau régional du Ministère. L’école est un immeuble à vocation spécialisée qui, selon sa capacité, peut accueillir un nombre indéfini de mentors avec ses élèves au niveau CG I ou un certain nombre de Familles du CG II, mais jamais les deux en même temps.

L’école peut jouer aussi un rôle d’accueil dans le cadre de la formation continue, soit exclusivement soit en parallèle avec son utilisation pour les fins du CG, mais en répartissant strictement les temps d’utilisation entre l’un et l’autre niveau.

L’école peut aussi offrir à la communauté dans laquelle elle s’insère tous les autres services prévus par la politique de l’État et rendus possibles par les ressources financières mises à sa disposition; ces services rendus par l’école, toutefois, sont distincts de sa fonction au service de l’éducation et l’on devrait être prudent afin qu’ils n’interfèrent pas avec sa fonction éducative qui doit être prioritaire.

Les mentors avec leurs élèves au CG I – ou les Familles au CG II – sont accueillis dans des écoles, mais l’école ne se mêle pas d’éducation; il faut voir désormais l’école uniquement comme un lieu physique et un centre de services. L’école est affaire de logistique et d’opportunité regroupant plusieurs mentors et leur classe du CG I, ou Familles du CG II, pour leur offrir certains services à meilleur compte et optimiser l’utilisation et l’amortissement de nos ressources actuelles.

L’immeuble qui deviendra l’école du système réformé existe déjà aujourd’hui; il sera réaménagé pour permettre l’autonomie des groupes qui y évolueront.

Parmi les services qu’elle offre, chaque école doit disposer de professeurs spécialisés dans les disciplines qui exigent une compétence “non-académique”, une compétence que le précepteur n’a pas à devoir offrir puisqu’elle diffère de celles que l’on attend du citoyen moyen. Il y a donc à l’école, rémunérés par le Ministère, des professeurs d’éducation physique, des moniteurs de sports et de loisirs, des professeurs de musique et d’arts plastiques. Des équipements, aussi, qu’il vaut mieux être plus nombreux à amortir : cafétéria, gymnase, laboratoires, ateliers.

C’est par l’entremise des Bureaux régionaux que le Ministère embauche les ressources humaines, fournit les ressources techniques, acquiert et entretient les immeuble et les équipements nécessaires, paye les intervenants qui émergent à son budget et gère l’acquisition, l’affectation, l’entretien et la mise au rancart des équipements et ressources ainsi que leur répartition entre les écoles de chaque région.

Le Bureau régional est aussi le centre de liaison entre le Ministère et la population et les autres entités gouvernementales, particulièrement la “Direction de protection de la jeunesse et de l’enfance.” Ils ont donc une fonction qui va au-delà du rôle qu’ils exercent dans le cadre du système d’éducation proprement dit. Ils assurent l’interface avec les équipements et produits culturels de la région, avec les médias dans leur rôle d’agents de formation continue, etc.

Le Bureau Régional, toutefois, est surtout, le point d’attache des conseillers pédagogiques, spécialisés dans chacune des matières qui constituent la maquette des programmes et modules. Ces conseillers pédagogiques ont un quadruple rôle:

a) 

aider les éducateurs à maîtriser le contenu, l’esprit et, le cas échéant, la pédagogie des divers programmes;

b) vérifier au moyen d’un “pré-test”, à la demande de l’éducateur – ou d’un orientateur pour les adultes en formation continue – les connaissances qu’a assimilées l’étudiant d’un module, ce qui permet de s’assurer des progrès des élèves avant qu’ils ne se présentent à au test formel du Ministère pour obtenir l’attestation pertinente à un module.

Quiconque veut obtenir une attestation pour un module donné, que sa motivation soit culturelle ou professionnelle, doit passer d’abord avec succès le pré-test avant le test lui-même. Cette approche par pré-test favorise une politique de formation continue pour les adultes, puisqu’elle ne fait pas de différence entre les divers modes d’apprentissage, mais constate seulement l’acquisition d’une connaissance.

Seul un conseiller pédagogique peut donc inscrire l’élève, ou l’adulte en formation continue, à l’examen du Ministère et il ne le fait que lorsque le pré-test a été réussi de façon satisfaisante. Le “pré-test” constitue le premier palier d’une procédure d’examen à double niveau qui est de la responsabilité exclusive du Ministère. Le pre-test permet d’éviter la présentation aux tests officiels de candidats mal préparés et aussi l’effet démotivant d’échecs trop fréquents.

Quand celui qui passe le test le réussit, sa compétence est reconnue sans autres formalités, un fait dont l’importance est considérable pour les fins de la politique de main-d’oeuvre, le partage du travail et le travail-revenu garanti.

c) maintenir un dialogue permanent conseiller-précepteur, ce qui rend possible, sans critiques ni sanctions, la correction par le conseiller des lacunes de l’enseignement de la matière par un éducateur.
Soulignons que le conseiller… conseille; il n’a ni autorité sur l’enseignant ni mandat de le surveiller et de faire rapport au Ministère. Ce sont des échecs trop fréquents de ses élèves à des modules obligatoires qui améneront automatiquement le Ministère à remettre en cause la compétence et donc le permis d’enseigner de l’éducateur.

d) collaborer à la révision permanente du contenu des modules, à la préparation des tests et à la définition du matériel didactique et autodidactique requis. Les conseillers s’acquittent de cette tâche en s’appuyant sur les résultats des pré-tests, les commentaires qu’ils recueillent des éducateurs et leurs propres recherches. Le résultat de leurs travaux est soumis à un panel d’entre eux désigné par le Ministère et qui en fait la synthèse. C’est ainsi que naissent les programmes

Pierre JC Allard

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