46. La voie du praticien

Comment devenir un spécialiste dans l’une ou l’autre des branches de la médecine ? A la fin de son Cycle général d’enseignement – il a dix-sept (17) ans – celui qui veut faire carrière en médecine s’inscrit à l’Université, au cours de Sciences médicales. Ce cours dure un (1) an et c’est le passage obligé. C’est là qu’il apprend le tronc commun de toutes les spécialités dela médecine . Il y acquiert ce qu’il faut pour en parler le langage, en être conscient des problématiques et en connaître les outils de recherche et de référence. Il se familiarise avec les instruments et les équipements du travail et développe une dextérité dans leur utilisation.

Hormis ces notions bien pratiques, on ne lui demande de connaître du tronc commun de la science médicale que les prérequis indispensables à l’apprentissage de toute spécialité et ce qu’il faut en connaître des rudiments pour pouvoir déceler, le cas échéant, qu’un problème n’est pas de la spécialité qu’on aura choisie et renvoyer alors le patient vers l’expert en diagnostic. Un (1) an de cette formation universitaire en Sciences médicales doit lui permettre d’atteindre le carrefour d’où partent toutes les ramifications de la médecine moderne, dont celle de la spécialité qu’il choisira exercer.

Quand il termine avec succès cette formation de tronc commun et reçoit le diplôme qui en fait foi, c’est le moment pour lui de s’orienter vers la discipline de son choix. Il sera aidé pour le faire par son orienteur, le conseiller en orientation sur lequel peut compter tout au long de sa vie active chaque individu d’une Nouvelle Société. Il choisira selon ses goûts, mais son orienteur cherchera à le guider vers une carrière gratifiante tout en lui évitant des frustrations.

Les frustrations qui le menacent, s’il choisit une carrière sans garder un il sur les besoins de la société. Il peut être frustré déjà au palier de l’admission à la formation spécialisée qu’il voudrait suivre, car le système vise à ajuster l’offre à la demande et l’admission est par concours. Ce concours est d’autant plus ardu dans une spécialité que les besoins à y combler sont moindres et ses chances de le réussir diminuent si les candidats sont nombreux. Cette information sur les besoins et le nombre de candidats est publique, ouverte à tous, à lui aidé de son orienteur d’en tirer les conclusions. Il est libre de choisir la spécialité qu’il veut, mais il a intérêt à choisir avec discernement.

Suivons le cheminement normal de celui qui a fait ce choix avec discernement et a été admis. Quelle que soit la spécialité qu’il a choisie ­ devenir ce qu’on appelle aujourd’hui omnipraticien et qu’on appellera alors « médecin » étant simplement l’une d’entre elles – l’aspirant va recevoir trois (3) ans de cours en Institut, après quoi, s’il y réussit les examens prescrits, il sera diplômé et recevra sa maîtrise dans cette spécialité. Sauf incident imprévu ­ ou un manque de diligence de sa part – il y parviendra sans trop de difficultés ; la sélection par concours à l’entrée aura été assez discriminante pour qu’il s’agisse uniquement de vérifier qu’il a bien acquis les connaissances prévues.

Trois (3) voies s’ouvrent devant celui qui a obtenu sa maîtrise, dont la plus fréquentée est devenir un praticien autonome dans cette spécialité qu’il a choisie. Nous parlons des deux autres dans un autre texte. Pour devenir praticien autonome, il lui faut poursuivre un stage de deux (2) ans auprès d’un praticien chevronné de cette spécialité, habilité comme « parrain ».

Devenant stagiaire, sa condition économique change. Sa formation professionnelle était à sa charge, alors que stagiaire il devient un travailleur et touche une rémunération. Pour que cette rémunération soit garantie, il se présente donc d’abord au concours de certification à la catégorie professionnelle de stagiaire dans la spécialité dont il est diplômé

Obtenir cette certification dépend encore une fois du nombre de postulants et des postes à pourvoir, puisque le nombre de ceux qui l’obtiendront sera égal à celui des postes de stages disponibles. La Régie connaît le nombre de postulants comme celui des parrains et fixe la barre au concours de certification. Elle contrôle donc les taux de réussite et le nombre de nouveaux stagiaires.

Accepté, le nouveau stagiaire travaille sous la surveillance de son parrain qui lui confie le suivi d’une partie de sa clientèle, comme prévu au contrat de stage. Cela avec le consentement de ces clients bien sûr, et sans abdiquer sa responsabilité envers eux. Simultanément, le stagiaire cherche et trouve aussi ses propres patients ; il est à se bâtir une clientèle.

20% du revenu procédant des patients du stagiaire va au parrain en rémunération de son parrainage. Si le revenu du stagiaire n’atteint pas celui minimum établi par le système pour un spécialiste stagiaire, la Régie lui versera le montant mensuel pour faire l’appoint et l’affectera à des tâches dans le système de santé pour justifier cette rémunération complémentaire.

Le diplômé peut être accepté comme stagiaire par un parrain même s’il échoue au concours de certification, mais sans certification il n’a pas la garantie d’un revenu minimal. Il y a un concours de certification tous les ans et il peut s’y représenter indéfiniment. Rien, toutefois, ne lui garantit qu’il sera éventuellement accepté, car à chaque concours se présente une nouvelle cohorte de diplômés sur lesquels il n’a pas préséance.

S’il n’a pas choisi une spécialité où il y a une forte demande et n’est pas des meilleurs, il peut donc être frustré dans ses ambitions, risquant d’être un diplômé dont la certification sera sans cesse reportée. Il est donc important que l’aspirant spécialiste aidé par son conseiller aiet bien évalué la demande du marché, ses aptitudes et sa motivation.

Après deux (2) ans en stage, le stagiaire peut demander une attestation de stage et se présenter au concours de certification comme praticien autonome dans cette spécialité.

Pierre JC Allard

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