71. Le système en action

Le système de santé répond à une demande et satisfait des besoins. Il est extrêmement complexe et utilise des montagnes de ressources, mais du point de vue de l’utilisateur, il doit être simple. Comment fonctionne le système de santé ?

Quand malgré tous les efforts de prévention un individu croit avoir besoin de soins – nous ne parlons pas ici d’urgence, nous y reviendrons plus loin – il consulte d’abord Esculape et répond aux questions qu’on lui pose. Si Esculape ne réagit pas en lui disant d’aller dormir tranquille, l’individu peut communiquer avec son médecin ou, s’il s’agit d’un épisode d’une condition déjà connue, avec le spécialiste approprié avec lequel il est déjà alors en relation continue.

Plus simplement encore, après avoir consulté Esculape et en avoir reçu le prédiagnostic que ce système-expert est là pour produire, il peut donner instruction à Esculape d’aviser son médecin et/ou son spécialiste et de leur transmettre le rapport faisant état de ses malaises qu’il vient de compléter. Le médecin – et le spécialiste s’il y a lieu – sont instantanément mis au courant du problème de leur patient. À leur convenance, ils font apparaître à l’écran le dossier complet de leur client et le dernier rapport qu’il a reçu d’Esculape.

À partir de là, ce qui qui suit dépend du médecin ou du spécialiste. À lui de juger de l’urgence, à lui de déterminer quand et comment il réagira à la situation. Tous les cas de figure sont possibles. Selon son évaluation des faits et le rapport qu’il entend garder avec son client, il peut se précipiter chez le malade sans une minute de retard… ou ne retourner l’appel que la semaine suivante. Prenons le cas le plus fréquent. Il s’agit d’un premier malaise et le patient, par le retour du courrier internet, se voit fixer rendez-vous au cabinet de son médecin ou de son spécialiste dans les heures ou les jours qui suivent.

L’attente n’est pas très longue. Les professionnels de la santé restent des personnes occupées; mais ils sont plus nombreux à offrir leurs services, ils exercent généralement en équipe pour se répartir le travail en période de pointe et ils ont été soulagés de beaucoup de leurs tâches. Si le client n’est pas satisfait, il peut changer de médecin ou de spécialiste ; s’il y a eu apparence de négligence et des conséquences néfastes, ce dernier devra aussi rendre compte. Il ne tardera pas à répondre.

Vu par son médecin, le patient passe les sans délais les tests requis, en cabinet ou en polyclinique. Le médecin prescrit lui même les traitements que nécessite l’état du patient ou, s’il le juge utile, le réfère au spécialiste approprié. Dans la majorité des cas, le patient connaît déjà ce spécialiste ; c’est le sien, payé par capitation et avec lequel il entretient une relation en dormance que cette référence active. Les spécialistes à l’acte sont intervenus pour les tests et reviendront peut être plus tard pour des actions ponctuelles.

Le spécialiste prend charge. Il prescrit les traitements adéquats, qui se prolongeront le temps qu’il faudra. Si ces traitements exigent une assistance infirmière, cette ressource est aussi prescrite, pour le temps qu’il faut. Lorsqu’un cas requiert hospitalisation, c’est le spécialiste au dossier qui fait les procédure d’admission, mais le médecin du patient doit être tenu au courant du dossier.

D’abord, parce que c’est le médecin qui connaît le patient et la signification de tous les éléments de son dossier qu’on ne demande pas au spécialiste de pouvoir interpréter. Ensuite, parce que le médecin a un rôle de soutien psychologique du patient, avant et durant son hospitalisation. Enfin, parce que le médecin qui éprouve le moindre doute quant à la pertinence du traitement que reçoit son patient doit pouvoir intervenir et au besoin référer le cas à un généraliste qui, après examen, pourra mander le patient en consultation chez un autre spécialiste.

Le patient est normalement hospitalisé à l’hôpital où exerce son spécialiste. Si une chirurgie ou une autre intervention « à l’acte » est le motif de l’hospitalisation, cependant, il pourra l’être à l’hôpital où institut où est inscrit le chirurgien ou autre spécialiste à l’acte qui interviendra. Quand le patient est admis à l’hôpital, son spécialiste ou tout autre intervenant à l’acte à son dossier peut prescrire son prescrire son assignation aux soins intensifs sous constante et haute surveillance infirmière et médicale.

S’il n’est pas assigné aux soins intensifs, le patient est hébergé en dortoir ou en chambre, la qualité son hébergement variant selon les distinctions que le système voudra permettre et dont le secteur privé déterminera les coûts. La présence infirmière minimale est déterminée par les exigences du traitement. Au-delà de ce seuil jugé nécessaire au traitement lui-même, Le patient peut obtenir une présence infirmière supplémentaire, mais à ses propres frais.

C’est le Bureau de Nursing qui assigne la ressources infirmière prescrite, mais le médecin ou le spécialiste peuvent demander l’affectation d’une ressource infirmière en particulier et, à moins que le Bureau de Nursing n’ait une excuse valable à offrir, il devra accéder à cette demande. Le patient peut aussi toujours, dans les limites du raisonnable, demander qu’on lui assigne une autre ressource. L’infirmier aura d’ailleurs le même privilège. Il est sain que le patient ait le choix de son infirmier et que celui-ci puisse aussi avoir pour patient une personne envers qui il éprouve une certaine sympathie. S’ils abusent de ce privilège, l’autorité reprendra ses droits, mais, en principe, il faut donner une chance à l’empathie.

Parfois, au lieu de l’hospitalisation, c’est l’admission dans une résidence de longue durée qui est prescrite, ou un séjour en centre de prévention, de convalescence, voire in suivi à domicile. La procédure est la même. S’il s’agit de personnes incapables de former un jugement ­ qu’on les assimile ou non à des cas de psychiatrie – un ordre de la cour est nécessaire pour l’admission . Si le patient s’y oppose, le Protecteur des malades intervient d’office pour piloter le dossier.

Pierre JC Allard

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