A Davos, les rois déchus sont nus !

A Davos, c’est le règne des délégations chinoises et indiennes. Ce sommet prestigieux, autrefois temple de la finance Occidentale et modèle de son capitalisme victorieux, est aujourd’hui devenu un terrain de jeu quasi entièrement dominé par l’Est (l’Asie) et par le Sud (l’Amérique Latine). Dans un tel cadre, il devient urgent de changer également de vocabulaire car impossible aujourd’hui de continuer à employer le terme de « marchés émergents » … à moins de parler de certains pays d’Europe périphérique ou de certains Etats américains au bord de la faillite!

Effectivement, alors que l’incertitude régnait encore naguère quant à la pérennité de ces économies nouvelles considérées comme volatiles et peu fiables, c’est actuellement les perspectives concernant nos nations Occidentales qui sont sévèrement jaugées. Quelles sont les chances que l’Union Européenne puisse éviter une faillite qui serait tout à la fois humiliante et catastrophique à certains de ses membres? S’enfoncera-t-elle à nouveau dans la récession alors que les taux d’intérêts à long terme entament une remontée inéluctable? Le Japon – dont la notation vient d’être rabaissée – se sortira-t-il un jour de sa « décennie perdue » qui dure depuis bientôt trente ans ou se dirige-t-il droit vers les abysses? Les Etats-Unis parviendront-ils à éviter une catastrophe annoncée par des déficits sans précédents et par un chômage qui y devient endémique?

En réalité, cette version 2011 du Forum de Davos témoigne de la nervosité – voire de l’anxiété – de l’Ouest dont les politiques et les économistes se contentent de re servir les mêmes plats composés de complaintes à l’encontre de la Chine (accusée de sur évaluer sa devise) et de l’Inde (de ne pas s’ouvrir suffisamment aux investisseurs étrangers). Bref, pendant que l’Occident accuse les pays à fort développement de lui voler ses emplois, l’Inde accuse les USA de protectionnisme et la Chine pointe du doigt les déficits américains. Sur plus de six cent  accords commerciaux, les Etats-Unis ne sont-ils en effet pas signataires que d’une petite vingtaine…? Dans ces conditions, rétorque l’Inde, pourquoi ce protectionnisme serait-il à sens unique?

Il n’y a pas de doute: Ici à Davos, l’Asie a pris le pouvoir pendant que l’Europe et que les Etats-Unis tentent de survivre.

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